Vie professionnelle

Assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Des chartes revisitées

Publié le 23/02/2018

Tous les acteurs du monde agricole sont mobilisés pour conduire une politique d’installation et de transmission volontaire, a affirmé le secrétaire de JA 67 lors de l'assemblée générale qui s'est tenue lundi dernier à Berstett. Objectif : impulser une dynamique d’installation durable et performante pour permettre au plus grand nombre de jeunes de s’installer. Mais pas à n’importe quel prix : « Pour nous, une exploitation agricole doit être viable, vivable et transmissible ».

Le métier d’agriculteur est à la fois contraignant et peu rémunérateur, affirme Julien Koegler, secrétaire général de JA67. Les jeunes continuent malgré tout de s’installer par passion, mais il est de plus en plus difficile de trouver des repreneurs pour les exploitants souhaitant quitter le métier. « La question du renouvellement des générations se pose de manière récurrente. » Et pour cause : les investissements colossaux, les crises répétées découragent les jeunes et les dissuadent de s’installer. Depuis toujours, JA s’est fixé pour objectif de favoriser l’installation des jeunes sur des exploitations viables. « Pour cela, il est important de leur apporter des solutions durables, une vision d’avenir. » La charte nationale pour l’installation, qui a vu le jour en 1995, a débouché sur la mise en place des répertoires départementaux de l’installation (PDI) et entraîné la création du programme pour l’installation et le développement des initiatives locales (Pidil), destiné à encourager la transmission hors cadre familial. Dans la foulée, JA est allé à la rencontre des organisations professionnelles et des acteurs du monde agricole pour mettre en place des offres particulières à destination des nouveaux installés. Des offres qui ont ensuite été déclinées au niveau local. Dès 1996, la première charte est signée avec Unicoolait, suivie rapidement par Élitest, Copvial, Costal, AGC-CFG, la sucrerie d’Erstein, le Crédit Agricole Alsace Vosges, Alsatabac, le Comptoir agricole, Alsace Lait, l’Association des maires du Bas-Rhin, et plus récemment par l’Opaba, la MSA d’Alsace et Groupama Grand Est. L’ensemble de ces chartes feront l’objet d’une mise à jour en 2018, annonce Julien Koegler. Impulser une dynamique d’installation durable et performante « Il est extrêmement difficile pour un jeune qui s’installe de réaliser un plan d’entreprise et des prévisions économiques au plus juste pour quatre ans. Pourtant, le moindre écart par rapport au PE doit s’accompagner d’un avenant. » Un manque de souplesse administrative qui complexifie l’installation, d’autant que la DJA, censée constituer un apport de trésorerie pour le jeune qui s’installe, est souvent versée tardivement. Pour limiter l’impact de ces problématiques, les JA sont allés négocier avec leurs partenaires pour faciliter les démarches liées à l’installation. « De nombreux acteurs du monde agricole ont déjà réaffirmé leur engagement auprès des futurs installés à travers des chartes ambitieuses, indique Julien Koegler. Ces documents constituent les fondations de partenariats durables amenés à se renforcer et à évoluer avec les attentes des jeunes installés. » Les deux premières conventions revisitées ont été signées à l’issue de cette assemblée générale avec deux partenaires historiques, Groupama Grand Est et Crédit Agricole Alsace Vosges. Pour porter l’ensemble de ces chartes à la connaissance des adhérents, elles seront synthétisées dans un document unique qui sera distribué lors des tournées cantonales.

Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Encourager les installations de demain

Publié le 23/02/2018

L’installation des jeunes reste la priorité absolue de JA67. Mais une simplification du parcours à l’installation s’impose : la lourdeur administrative du dossier est un frein qu’il faut lever. Il est tout aussi essentiel de donner des perspectives aux nouveaux installés, avec des partenaires prêts à les accompagner et des filières porteuses d’avenir. Thomas Gillig l’a martelé dans son rapport moral.

L’installation des jeunes est le cheval de bataille des JA. Pourtant, les chiffres n’évoluent pas dans le bon sens. 53 jeunes se sont installés dans le Bas-Rhin en 2012, ils ne sont plus que 30 en 2017. « Tout doit être mis en œuvre pour redresser la barre, faciliter le renouvellement des générations et permettre aux jeunes de s’installer sur des exploitations viables, vivables et transmissibles », souligne le président de JA67. « Nous devons nous intéresser au soutien que nous apportent nos partenaires, à ce que proposent nos filières, pour encourager les installations de demain. » L’avenir passera aussi par la réforme des aides à l’installation. « Nous avons obtenu des avancées, avec la suppression des prêts bonifiés », dispositif créé en 1965 et rendu inopérant par la baisse des taux d’intérêt. En échange, les Régions ont la possibilité de revaloriser le montant de base de la DJA et d’instaurer une modulation en fonction du coût de l’investissement. Un vrai parcours du combattant « Ce n’est pas suffisant, car le parcours à l’installation est un vrai parcours du combattant », affirme Thomas Gillig. Plusieurs vidéos réalisées par les JA viennent confirmer ses propos. « Comment prévoir un plan sur quatre ans avec les fluctuations de prix que nous connaissons ? Où trouver de la trésorerie lorsque la DJA est versée un an plus tard ? » Autant de handicaps que les Jeunes Agriculteurs veulent lever de toute urgence. « Et surtout, quel soutien attendre du gouvernement ? Nous pensions être sur de bons rails avec les États généraux de l’alimentation. Nous y avons presque cru, mais rien n’a changé ! Pas de contractualisation, pas de revalorisation, et un florilège de promotions… Où est l’évolution ? » Bien décidés à faire respecter les promesses du président Macron, les Jeunes Agriculteurs ont mené des actions dans trois hypermarchés. « Deux d’entre eux ont porté plainte. Nous demandons le retrait de ces plaintes, le respect de la charte d’engagement signée en novembre dernier par la grande distribution, l’encadrement des promotions et le respect des règles d’étiquetage d’origine ! » Thomas Gillig espère que 2018 apporte de vraies solutions sur les prix, l’innovation technique et agronomique. Mais il craint fort que le débat sur le retrait du glyphosate, les négociations avec les pays du Mercosur et l’ouverture des discussions sur la réforme de la Pac se traduisent, une fois de plus, par une mise en péril de l’agriculture. Jeudi 22 février, 1 000 jeunes agriculteurs étaient conviés à l’Élysée. Parmi eux, dix jeunes bas-rhinois. L’occasion de voir si Emmanuel Macron entend réellement soutenir l’agriculture française. « Résiste ! Tel est notre mot d’ordre. Continuons à être force de propositions, Consolidons nos partenariats avec les acteurs du monde agricole, continuons à communiquer, jouons collectif. Avec la force de notre réseau, nous démontrerons que l’agriculture est un métier magnifique que nous sommes fiers d’exercer. »

Publié le 23/02/2018

Un rapport d'activité rondement mené, des vidéos humoristiques dénonçant, mieux que de longues tirades, les manquements de l’administration : complexité des dossiers, lenteur des décisions, délais de paiement, incompréhensions, et j’en passe. « Un humour caustique », dira l’un des invités…

Quoi de mieux que des images pour visualiser les temps forts de l’année syndicale écoulée ? Long de quinze pages, le rapport d’activité aurait pu paraître ennuyeux. Bien au contraire ! Réunions, actions syndicales, animations et manifestations ont défilé sur l’écran à un rythme effréné. Les membres du bureau sont alors intervenus pour évoquer, qui un dossier, qui une filière. Des interventions entrecoupées de montages vidéo qui ont conquis l’assistance. Étienne Losser évoque la structuration du réseau JA : échelon cantonal, départemental, régional et national. Le réseau JA Grand Est est désormais bien organisé. Ses missions ? Le renouvellement des générations agricoles (RGA), le suivi et la défense des filières, la définition de la politique agricole - « Un vrai challenge, vu la diversité de nos départements » - et l’élaboration d’une position JA partagée. « Avec 2 450 adhérents, nous sommes la deuxième région de France. Le Bas-Rhin est bien représenté, avec 641 adhérents. » Le dossier de l’installation, Julien Koegler l’a pris à bras-le-corps. « Nous avons enregistré 192 rendez-vous au point accueil installation, établi 46 plans de professionnalisation personnalisés et réalisé 30 installations aidées. 48 % de ces jeunes se sont installés avant 25 ans et 78 % hors cadre familial. » Leurs exploitations sont très diversifiées mais, signe des temps, 60 % d’entre elles intègrent un circuit de proximité. Pour le secrétaire général, il faut mettre plus de pragmatisme dans le parcours à l’installation : « Plus de souplesse sur la forme du dossier, plus de questions sur le fond ». Anthony Carbiener, vice-président, évoque les difficultés de la filière fruits et légumes : gel printanier, problème de la main-d’œuvre, retrait de nombreuses molécules chimiques, ouverture des frontières, etc. Il salue les nouvelles aides mises en place par la Région pour soutenir les investissements de la filière (stockage, récolte, conditionnement, lutte antigel, irrigation). Parlant au nom de la commission sangliers, il dénonce « les pratiques douteuses de certains chasseurs » et le laxisme de l’administration : sur les dix battues administratives autorisées, quatre ont été organisées pour l’instant. Et le tableau de chasse est pitoyable : seuls 12 sangliers ont été abattus. « 2018 doit être l’année du changement. Stop aux chasseurs du dimanche ! » « Un centime de moins en 17 ans ! » 4 % des producteurs de lait ont disparu en 2017, annonce Nicolas Urban. À qui la faute ? Aux prix peu rémunérateurs : en 1990, le litre de lait était payé 2,14 francs, soit 0,32 €, contre 0,31 € en 2017. « Un centime de moins en 17 ans ! » Et cela, alors que les exigences des laiteries se multiplient : lait sans OGM, lait de prairie, bien-être animal, etc. Pour l’instant, les promesses faites lors des États généraux de l’alimentation de mieux répartir la marge sur l’ensemble de la filière n’ont pas été suivies d’effet, déplore encore Nicolas Urban. « Deux mois après la signature de la charte d’engagement, les distributeurs s’assoient dessus. » Autre motif de colère, le bradage de la viande de porc : elle revient moins cher que des croquettes pour chien, dénonce une vidéo. Ce jour-là, le prix payé aux producteurs était de 1,30 €/kg, alors que le coût de production est de 1,50 €/kg. « Nous perdons 18 € par cochon », relève Mathieu Schneider. Dans le même temps, les exigences des services vétérinaires sont de plus en plus fortes. Mais lorsque les éleveurs s’inquiètent de l’importation de sangliers polonais - un pays où la peste porcine fait rage - et de porcs espagnols nourris aux antibiotiques, l’administration se déclare impuissante. Heureusement, il y a des lueurs d’espoir. Les consommateurs sont de plus en plus friands de viande de qualité et de proximité, et la reprise de l’abattoir de Holtzheim pourrait ouvrir de nouveaux débouchés pour la filière porcine. Du côté des éleveurs bovins, ce sont les accords commerciaux internationaux qui figurent en tête des préoccupations, indique Julien Jacob. L’ouverture de quotas d’importation pour la viande canadienne et sud-américaine sonnera le glas de nombreux élevages. « Et le Brexit risque de causer un chaos encore plus important… » « L’agribashing sévit sur tous les canaux » Stigmatisés, montrés du doigt, pris à partie. Les agriculteurs n’en peuvent plus des reportages au contenu anxiogène, les accusant de tous les maux. « L’agribashing sévit sur tous les canaux, et il est en train de réussir son coup », déplore Étienne Losser. Il dénonce une « campagne de la peur », lancée par les associations animalistes et relayée par tous les médias. « Ils veulent faire croire que vous avez du sang sur les mains ! Sur les réseaux sociaux tout le monde y va de son petit commentaire. Même les élus départementaux s’y mettent… » Ces comportements sont liés à la reprise en masse d’informations biaisées, en partie erronées, sans vérification ni discernement, indique Christophe Haas. Pourtant, les agriculteurs bénéficient d’un énorme capital sympathie auprès du public. « À nous de communiquer de manière positive, d’investir les réseaux sociaux, d’ouvrir nos fermes en temps réel, comme le font déjà certains youtubeurs ou tweeteurs, à l’instar de #France Agri Twittos. Nous n’avons rien à cacher, nous devons montrer que toutes les agricultures sont complémentaires et ont leur place sur nos territoires. » Verdict de Thomas Gillig : « Nous sommes encore loin d’une agriculture reconnue et rémunérée à sa juste valeur… »

Pages

Les vidéos