Vie professionnelle

Publié le 13/03/2018

Vendredi 9 mars, la chambre commerciale du tribunal de Saverne a prolongé la période d’observation de l’abattoir de volailles de Goxwiller jusqu’au 8 juin 2018. Les coopérateurs avaient obtenu un premier délai en janvier. Depuis, des pistes d’investissement se sont confirmées.

« Le navire n’est pas coulé. » Me Sainsard, avocate de la coopérative des Fermes avicoles d’Alsace réunies, se réjouit de la décision du tribunal de Saverne. L’organisation gestionnaire de l’abattoir de Goxwiller vient d’obtenir un délai supplémentaire de trois mois pour assurer l’avenir du site et des dix salariés. En grande difficulté financière, l’entreprise n’est plus maître de son destin depuis le 9 juin 2017 et son placement en redressement judiciaire. En janvier, les magistrats savernois avaient déjà prolongé de deux mois la période d’observation. Mais pourquoi ce deuxième répit ? Car la situation s’est décantée depuis le début de l’année. Les pistes évoquées en janvier par Georges Kuntz se confirment. Vendredi les coopérateurs sont venus « avec des arguments », selon leur président. La piste d’une filière canard d’Alsace se précise. L’objectif serait de créer une chaîne de production 100 % alsacienne. Les partisans de cette option tablent aussi sur les difficultés des élevages du Sud Ouest, souvent affectés par des foyers de grippe aviaires. Ainsi ces derniers jours, 11 200 canards ont été abattus en Vendée. Un créneau à prendre donc. Surtout que des clients potentiels réclament depuis longtemps une filière locale. Les foies gras Feyel-Artzner ou encore les Étoiles d’Alsace (un collectif de restaurants gastronomiques) ont dès le départ montré un intérêt pour cette matière première alsacienne. « L’abattoir n’est pas une fin en soi, précise Me Sainsard. C’est un maillon indispensable de la chaîne de production que nous essayons de mettre en place. » Caution institutionnelle Par ailleurs, les coopérateurs bénéficient désormais d’alliés de poids. Après avoir œuvré en coulisse ces derniers mois, la Chambre d'agriculture et l’Agence de développement d’Alsace affichent maintenant leur soutien aux éleveurs. Une caution institutionnelle bienvenue dans l’optique de nouveaux partenariats et contrats. Ainsi, le grossiste Soprolux, le magasin de producteurs Hop’la et l’Union des restaurateurs alsaciens seraient sur les rangs. Le ciel s’éclaircit enfin au-dessus de Goxwiller. Pourtant, la semaine avait commencé sous de mauvais auspices. Lundi 5 mars, Me Weil, l’administrateur judiciaire en charge du dossier, a en effet remis des conclusions assez pessimistes sur la situation. Le scénario de la mise en liquidation judiciaire se profile. Mais vendredi, sa plaidoirie demeure clémente. Dans la semaine, de nouveaux éléments ont infléchi la position du juriste. Pour Me Sainsard, l’attitude de ses clients a aussi joué un rôle important. Ainsi, ils se sont tous rendus à l’audience de vendredi. Une surprise pour cette avocate habituée aux salles désertes et aux clients absents. « On voit que les coopérateurs se sont battus. »

Publié le 12/03/2018

Le syndicat Brasseurs de France profite du salon de l’agriculture pour promouvoir sa toute nouvelle marque collective : « Profession brasseur. » Elle doit garantir la qualité et redorer le blason des bières françaises.

Maxime Costilhes reçoit à l’abri de la foule dans le salon VIP de Brasseurs de France au salon de l’agriculture. « Nous devons assumer notre place parmi les grands pays producteurs de bière », pose d’emblée le délégué général du syndicat. Pour cela, il travaille depuis deux ans à l’élaboration de la première marque collective de bières françaises. Chose faite mi-février, avec le lancement de « Profession brasseur. » Concrètement, les brasseurs pourront accoler à leurs bouteilles le logo de la marque. Un hexagone doré floqué de la silhouette blanche d’une cuve de brasserie. Signe d’une qualité partagée avec des dizaines de confrères. Le label commercial doit assurer au consommateur la qualité du breuvage et asseoir la notoriété des brasseries membres. « L’idée est d’orienter l’acheteur grâce à une étiquette gage d’excellence », explique le jeune responsable, chemise bleu ciel déboutonnée sur le haut. Une sélection ardue D’accord, mais comment évalue-t-il la qualité du produit ? Grâce à un épais cahier des charges. Chaque candidat devra passer un audit auprès de l’organisme Certipaq. Traçabilité des matières premières, matériel de production, analyse du produit fini. Près de 420 critères entrent en jeu. Exigeant, le syndicat ? Ce n’est pas fini. Parmi les prétendants, seuls les professionnels sont admis. Le brasseur doit être propriétaire de son établissement. Et les marques de bières doivent être la propriété de la brasserie. « Afin d’éviter la sous-traitance », explique Maxime Costilhes. En plus, trois ans d’ancienneté dans le métier sont requis. À défaut d’une telle expérience, le postulant passera un test d’aptitude. Un « titre de brasseur » officialisé par le syndicat dans les prochains mois. Au final, le processus de certification peut prendre plusieurs mois, entre l’audit et le diplôme. Un vrai parcours du combattant pour les petites entreprises. Cela ne risque-t-il pas de mettre sur la touche les microbrasseries qui s’ouvrent à un rythme effréné ? « Nous n’excluons personne, le but n’est pas de fermer la profession, se défend le porte-voix de l’organisme. Seulement, nous voulons que le brasseur soit responsable de la fabrication de A à Z. » Condition sine qua non au succès de la marque auprès des clients. 50 candidats en une semaine Pour l’heure, les grosses écuries n’ont pas montré un vif intérêt pour la démarche. « Les grands groupes n’ont pas besoin d’une marque collective pour vendre, ils ont déjà un nom identifié », avance Maxime Costilhes. Chez les petits producteurs, en revanche, ça se bouscule au portillon. En une semaine, l’organisme a reçu plus de cinquante candidatures. Trois ont d’ores et déjà passé les épreuves de sélection. Parmi elles, la Grenouille Assoiffée de Vahl-lès-Bénestroff, en Moselle. « Nos clients connaissent la qualité de nos produits, expliquent Caroline Ernst et Jean-Marc Lichtle, les patrons. D’autres pourront bientôt l’identifier grâce au logo « Profession Brasseur ». » La marque devrait donc devenir un club de petites brasseries qui s’exportent souvent mal en dehors de leur région. Un cercle aux grandes ambitions. Les tenants du projet espèrent toucher entre 8 et 10 % des 1 100 brasseries françaises.

Publié le 10/03/2018

L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture et la Fédération nationale des groupes d’études et de développement agricole lancent un concours vidéo sur internet. Un moyen de stimuler les groupes d’exploitants à communiquer sur le travail collectif et les bonnes initiatives rurales.

« Les agriculteurs doivent sortir de leur côté pudique, timide. » Pour cela, Claude Cochonneau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agricultures (APCA), et Olivier Tourand, président de la Fédération nationale des groupes d’études et de développement agricole (FNgeda), ont lancé un concours de vidéos sur Youtube, lundi 26 février depuis le Salon international de l’agriculture. « Agri. mouv » doit inciter les paysans à diffuser au grand public une image positive de leurs activités collectives. D’accord, mais concrètement ? Les collectifs d’agriculteurs suivis par un conseiller Chambre ou adhérents à la FNgeda ont jusqu’au 1er juin pour envoyer leur vidéo au service communication de l’APCA (service.communication@apca.chambagri.fr). Important, les films ne doivent pas excéder deux minutes. Ils seront ensuite mis en ligne sur la chaîne Youtube du concours. Les internautes voteront durant tout le mois de juin pour leur court-métrage préféré. Les lauréats recevront jusqu’à 1 000 € de récompense et des lots de cadeaux. Laisser les groupes libres de leurs sujets Que filmer ? Presque tout ce qu’on veut. « Nous n’avons imposé aucun thème pour laisser les groupes libres de leurs sujets, explique Valentin Reulet, cheville ouvrière du projet pour l’APCA. Nous voulons montrer que le collectif est une force. » Innovation, projet de diversification, nouvelles gammes de produits, toutes les trames sont valables. À condition qu’elles soient le fruit d’un travail d’équipe. Mais le concours présente un avantage collatéral. Par sa nature multimédia, il s’adresse avant tout aux jeunes. Ces derniers n’ont pas peur de se mettre en scène et maîtrisent les outils informatiques et web. « Agri. mouv permettra de mettre en avant les nouvelles générations », confirme Claude Cochonneau. Pile dans un des principaux thèmes du salon : le renouvellement des générations d’agriculteurs.

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