Vie professionnelle

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Mutualisation des services : bientôt la deuxième étape

Publié le 30/03/2018

La MSA d’Alsace a invité, le mercredi 21 mars à Schiltigheim, les délégués des échelons locaux de Strasbourg et de Molsheim à une réunion d’information. L’occasion de faire le point sur le chantier de la mutualisation des services.

La première étape de la mutualisation entre les Caisses de MSA d’Alsace, de Lorraine et de Sud Champagne a démarré en octobre dernier, explique Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace. Elle se traduit par la prise en charge par l’Alsace de l’activité santé-prestations en nature, à l’exception des indemnités journalières qui sont gérées par la Caisse lorraine. « Nous avons cédé l’activité retraite à la Lorraine (gestion des carrières) et à Sud Champagne (liquidation des retraites). » La réponse téléphonique suit les activités : les appels sont pris par les pôles téléphoniques compétents, mais les bureaux décentralisés sont toujours là pour accueillir les adhérents, c’est une exigence forte des administrateurs. La deuxième étape interviendra le 3 avril, avec la prise en charge par l’Alsace de l’activité cotisation des exploitants (hors employeurs) pour le compte de la MSA Sud Champagne. Dans le cadre de cette restructuration, l’activité prestations familiales est désormais gérée par la MSA Sud Champagne. « Les trois petits pôles devenaient trop fragiles, surtout en cas d’arrêts de maladie. Nous n’aurions pas pu tenir beaucoup plus longtemps. » La MSA Sud Champagne a étoffé son pôle prestations familiales et reprend une activité nationale, la garantie contre les impayés de pension alimentaire. Un gros effort de formation Cette nouvelle organisation entraîne un gros effort de formation : « 40 % de nos salariés sont en train de changer de métier ». Christelle Jamot a lancé un appel à l’indulgence : « Il faudra encore six mois pour atteindre la vitesse de croisière ». Deux numéros de téléphone à retenir : pour les adhérents (hors cotisations) : 03 89 20 78 68, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h du lundi au jeudi et jusqu’à 16 h 30 le vendredi ; pour les cotisants, 03 89 20 79 37 dès 8 h 30 et jusqu’à 17 h tous les jours. Une enquête récente montre que 83 % des adhérents sont satisfaits de la qualité de l’accueil téléphonique de la MSA d’Alsace, indique Christelle Jamot. Mais il est difficile de maintenir un personnel suffisant sur la plateforme téléphonique, dans une perspective de diminution des effectifs. « Nous sommes en train de mettre en place une organisation complètement différente de la plateforme de Strasbourg, avec plus de personnel, plus de rotations et une réponse à fournir sur un seul aspect, les prestations santé en nature. Nous sommes une des Caisses qui ont le moins poussé à la dématérialisation, pour permettre à nos adhérents de s’adapter progressivement et d’être formés aux outils numériques par nos formateurs. » Philippe Wolff, secrétaire de la Section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin (SDAE67), plaide pour le maintien des bureaux décentralisés afin de permettre une prise en charge locale des difficultés des adhérents, notamment des plus âgés qui ne sont pas à l’aise avec les outils informatiques. Nhan Ton TA, président de l’échelon local de Strasbourg, précise : « À la MSA d’Alsace, nous faisons tout pour garder la proximité avec nos adhérents ». 2 807 entreprises ont souscrit à la DSN en Alsace La déclaration sociale nominative (DSN) remplace désormais la majorité des déclarations sociales. « À la demande des pouvoirs publics, ce n’est plus nous qui calculons les cotisations sociales à la place de l’employeur. » Seules trois entreprises doivent encore rejoindre le dispositif. « Le démarrage a été compliqué : les logiciels des entreprises étaient obsolètes ou mal paramétrés et les contrôles effectués par le logiciel de la MSA trop lourds. Désormais, les contrôles se feront a posteriori sur les déclarations des employeurs. Quand tout fonctionnera, ce sera une simplification pour les employeurs, car la DSN leur permettra de faire plusieurs déclarations dématérialisées en un seul clic. » L’augmentation de la CSG, dont le taux passe de 7,5 % à 9,2 %, a fait couler beaucoup d’encre. Pour les non-salariés agricoles, la cotisation prestations familiales a baissé, son taux variant en fonction des revenus professionnels. En ce qui concerne la cotisation maladie, l’ancien gouvernement avait acté une baisse du taux de sept points. « Le nouveau gouvernement a décidé de manière unilatérale d’aligner le taux sur celui des autres régimes, variable en fonction du revenu professionnel. » De nombreux changements sont intervenus pour les salariés : en contrepartie de l’augmentation de la CSG, ils ne paient plus de cotisation salariale maladie. Par ailleurs, la cotisation chômage diminue, cette baisse se faisant en deux temps. À noter aussi une légère augmentation de la cotisation patronale maladie. « On observe une fiscalisation accrue de la sécurité sociale, puisque les recettes proviennent de plus en plus de l’impôt (CSG et CRDS) portant sur tous les revenus, et de moins en moins des cotisations. Cela permet de réduire les prélèvements sociaux sur les entreprises et les salariés : c’est plus équitable, puisque la sécurité sociale profite à tous les Français, et pas seulement aux actifs », précise Christelle Jamot. RCO : trop-perçu à rembourser Une erreur d’interprétation a conduit les MSA à verser trop de RCO (retraite complémentaire obligatoire) à de nombreux retraités, dont près de 4 000 en Alsace. Le montant moyen du trop-perçu est de 300 €. « Il s’agissait d’une mauvaise interprétation du Smic servant de base à la revalorisation des petites retraites agricoles. » Les remboursements sont en cours et s’étalent sur quatre mois, ou davantage si les retraités le demandent. « Nous avons réagi très tôt et prévenu les adhérents concernés avant qu’ils aient reçu leur extrait bancaire. La FNSEA et la SDAE nous ont aidés à expliquer le problème et ont négocié la neutralisation de l’impact fiscal de ce trop-versé. » La MSA va envoyer un courrier pour expliquer aux adhérents la procédure à suivre pour neutraliser l’impact fiscal de ce trop-versé. Attention : cela ne se fera pas automatiquement, il faudra faire la rectification à la main sur la déclaration d’impôt. « Nous avons demandé une revalorisation des retraites agricoles pour arriver à 85 % du Smic, indique Philippe Wolff, secrétaire de la SDAE67. Mais le gouvernement a botté en touche, nous renvoyant à la réforme des retraites en 2019. »

FDSEA-JA. Canton de Saverne Marmoutier

Couvrir les charges et les sols !

Publié le 30/03/2018

Ce pourrait être le résumé de l’assemblée générale du canton de Saverne Marmoutier, présent sur le front de l’action syndicale en 2017 et en pointe sur la technique du sans labour.

En 2017, les actions se sont multipliées dans le canton de Saverne Marmoutier, comme l’ont rappelé les présidents cantonaux. De nombreuses actions en supermarché ont été menées pour dénoncer les promotions abusives en productions laitière et porcine et la fausse pénurie de beurre. Laurent Lux, des Jeunes Agriculteurs, a regretté de devoir manifester pour défendre le simple droit de vivre de son métier. Thierry Willem a expliqué que ces actions s’inscrivent dans le cadre des États généraux de l’alimentation et qu’il espère « un rééquilibrage des relations commerciales face à la toute-puissante grande distribution ». Nicolas Urban, pour les JA, a rappelé les difficultés du contexte économique : « On ne comble pas à la petite cuillère un trou creusé à coups de pelle dans les trésoreries. Avec 192 rendez-vous au Point Info Installation pour 30 installations, on sent bien que la conjoncture est un frein. » Franck Sander, président de la FDSEA, a livré son analyse sur la future Pac, dont les premiers scénarios ont été publiés. « Avec le départ du Royaume-Uni, l’Union européenne perd un pays contributaire net ; le budget global est donc amoindri. Dès la semaine prochaine, au congrès de la FNSEA, nous pourrons sentir les premières tendances. Nous considérons que le rééquilibrage est aujourd’hui largement suffisant. » Konrad Schreiber, spécialiste du sans labour, a présenté les vertus qu’il porte à cette technique de production. Dans un contexte de coulées de boue, le sans labour présente un intérêt particulier, c’est également le cas pour la fixation de carbone et la biodiversité. Pour Franck Sander, « c’est l’innovation et la technique qui nous permettront de répondre aux défis de l’agriculture de demain ». La soirée s’est terminée par un débat avec le conseiller départemental Thierry Carbiener autour des terres de l’ex-golf de la Sommerau. Alors que ce dernier défend un projet conciliant agriculture et environnement, les représentants agricoles cantonaux et départementaux ont fermement affirmé la vocation agricole de ces terres !

L'agriculture alsacienne en deuil

Jean-Paul Bastian s'est éteint

Publié le 23/03/2018

A l'heure où nous terminons cette édition, nous apprenons le décès de Jean-Paul Bastian, à l'âge de 67 ans. Figure emblématique incontournable de l'agriculture bas-rhinoise depuis 40 ans, de l'Alsace à Paris et Bruxelles, du CNJA à la FNSEA, de la Chambre d'agriculture au Conseil économique et social, du Centre de fiscalité et de gestion à l'Est Agricole et Viticole, l'agriculture départementale, régionale, française, européenne et mondiale n'avait aucun secret pour lui. Nous reviendrons plus longuement sur sa vie passionnée au service de l'agriculture dans notre prochaine édition. Nous présentons à son épouse, ses filles, sa famille, nos très sincères condoléances.

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