Vie professionnelle

Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin

« Ne pas relâcher la pression en matière de sécurité »

Publié le 14/05/2018

La Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA) du Bas-Rhin a vécu sa 128e assemblée générale, le vendredi 27 avril à Schiltigheim. « Une structure jeune et en bonne santé », gérée par un nouveau comité directeur, a indiqué son président, Denis Ramspacher.

« La mission première de notre caisse est d’indemniser les accidents du travail et les maladies professionnelles des salariés et des non-salariés du régime agricole », rappelle le président. Après une année 2016 très peu accidentogène, 2017 connaît une légère remontée du nombre d’accidents, aussi bien chez les non-salariés que chez les salariés. Les accidents s’avèrent moins graves, mais le nombre d’accidents mortels reste préoccupant, avec le décès de trois salariés. Concernant la gestion financière de la CAAA du Bas-Rhin, les charges d’exploitation sont en baisse pour la deuxième année consécutive, alors que les produits sont en hausse de près de 500 000 €. À noter que, suite aux données récupérées via les déclarations sociales nominatives, la caisse a procédé à une régularisation de cotisations auprès de 500 entreprises, mais l’impact de ces régularisations est très limité, souligne Denis Ramspacher. « Seule ombre au tableau, la non-compensation des exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires a entraîné un manque à gagner de 35 000 €. Une nouvelle fois, nos caisses n’ont bénéficié d’aucune compensation de l’État, contrairement aux régimes sociaux du reste du territoire. Nous avons alerté le gouvernement sur cette injustice, mais il nous a opposé une fin de non-recevoir. » Malgré cela, le comité directeur a décidé de maintenir le taux des cotisations foncières 2018 au même niveau que l’année précédente. « Sur les dix dernières années, ces cotisations ont baissé de plus de 13 %, démontrant la saine gestion de notre établissement. » Un service informatique unique Le président annonce la mise en place d’un outil et d’un service informatique unique pour les trois Caisses du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. De nombreux chantiers doivent encore être menés, après la mise en œuvre de la déclaration sociale nominative : le prélèvement de l’impôt à la source, la dématérialisation des factures et l’arrivée du nouveau Tesa. Cette coopération se traduit également au niveau des actions de prévention, avec l’harmonisation entre les trois caisses des aides incitatives et la mise en œuvre coordonnée du Plan santé sécurité au travail 2016-2020. Le risque zéro n’existe pas, mais la prévention permet de limiter le nombre d’accidents et d’en réduire la gravité, souligne Denis Ramspacher. C’est dans ce but que la caisse a contribué à l’achat, pour l’ONF, d’une machine de mise sous tension des grumes. « Cette machine, qui servira à la formation des bûcherons, des élagueurs, des paysagistes et des agriculteurs, a été inaugurée récemment. » Des nuages financiers planent sur l’avenir de la caisse Comme l'indique le directeur, Pascal Jan, le résultat comptable de 274 000 € montre que l’année a été globalement positive. Mais « certains nuages financiers planent au-dessus de notre établissement, comme l’exonération des taxes sur les bas salaires qui pénalise significativement nos trois établissements ». 1 249 accidents ont été déclarés en 2017, un niveau assez bas : « Nous restons sous la barre des 1 300 dossiers. » Ces dossiers concernent 975 salariés, 242 non-salariés et 32 élèves. Trois accidents se sont soldés par un décès. « C’est un point noir que nous n’arrivons pas à supprimer. » Chez les non-salariés, c’est le secteur de l’agriculture et de l’élevage qui paie le plus lourd tribut. Les causes principales étant les tracteurs et les machines, les bâtiments et les installations, les animaux, ainsi que les maladies professionnelles, en particulier les affections périarticulaires. Chez les salariés, ce sont les secteurs du débardage et du paysagisme qui génèrent le plus d’accidents, avec un dossier sur cinq, suivi des coopératives. La plupart des accidents sont liés à l’utilisation de tracteurs et de machines, aux bâtiments et aux installations, ainsi qu’au transport (accidents de trajet). Les affections périarticulaires et les affections du rachis lombaire sont les maladies professionnelles les plus fréquentes. La rente la plus ancienne est servie depuis 1934 218 accidents et maladies professionnelles ont donné lieu à l’attribution de rentes. 63 de ces nouvelles rentes ont été versées à des non-salariés, 155 à des salariés. La CAAA compte 2 615 titulaires de rentes, pour 3 637 rentes versées. La rente la plus ancienne est servie depuis 1934. Les prestations versées l’an dernier suite aux accidents du travail s’élèvent à 12,15 M€, dont 5,5 M€ pour les non-salariés et 6,65 M€ pour les salariés, avec une part prépondérante pour les rentes (73 %), suivie des indemnités journalières (20 %), les prestations en nature représentant environ 7 % des prestations totales. Les ressources de la CAAA se sont élevées à 14,7 M€ en 2018, en progression de 3,4 %. Les cotisations représentent la première rentrée d’argent, avec 12 M€. « Plus de 90 % sont reversés à nos assurés, ce qui dénote la saine gestion de l’établissement. » 50 % du financement professionnel proviennent des cotisations foncières et 50 % des cotisations sur salaires, ces dernières étant en hausse suite à l’activité soutenue du secteur agricole. Les recours contre tiers sont à un niveau exceptionnel ; par contre, les produits financiers ont tendance à s’effriter. 172 000 € ont été consacrés à la prévention, sous forme d’aides financières incitatives et de formations à la sécurité. « 81 interventions ont été assurées par Denis Litt et Sébastien Rohmer, conseillers prévention. Plus de 1 000 personnes ont bénéficié de ces formations, dont les élèves des lycées agricoles du département. Cela démontre la volonté du comité directeur de ne pas relâcher la pression en matière de sécurité », insiste Pascal Jan.

Publié le 13/05/2018

2017 a été une année particulière pour la coopérative Sodiaal Union entre la baisse de son résultat courant consolidé de près de 7 millions d’euros par rapport à 2016, et la hausse de 44 centimes du prix du litre de lait payé aux sociétaires. Reste maintenant à faire mieux en 2018 avec toujours le même niveau de rémunération pour les producteurs.

En 2017, dans un contexte une nouvelle fois extrêmement volatile, la coopérative Sodiaal Union s’est mobilisée pour répercuter l’évolution des cotations dans le prix du lait. Le prix moyen payé aux adhérents s’est élevé à 342 €/1 000 litres pour le lait entier, ristournes incluses, soit 44 € de mieux qu’en 2016. « 2017 a été marquée par la très forte augmentation du prix du beurre. Cela a secoué beaucoup de monde dans un marché pas habitué à de tels niveaux de valorisation. Reste à savoir maintenant si ce niveau de valorisation est durable ou éphémère. Quelle stratégie économique adopter ? C’est la vraie question », souligne le président de la section Centre-Est de Sodiaal Union, Michel Rechenmann. À défaut d’avoir une réponse précise à apporter, Sodiaal Union a souhaité faire évoluer les règles de fixation du prix afin de « sécuriser » le retour des bénéfices de la coopérative à ses éleveurs adhérents. Ainsi, dès cette année, le résultat courant sera réparti à deux tiers pour les adhérents (un tiers sous forme de ristourne en numéraire et un tiers sous forme de ristourne capitalisée), et un tiers sera mis en réserve impartageable pour les futurs investissements de Sodiaal Union. Un résultat qui, contrairement au prix du lait, a vu son chiffre diminuer en 2017 par rapport à 2016, passant de 24 à 16,7 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires consolidé de 5,1 milliards d’euros. « Clairement, ce résultat est nettement insuffisant. Nous devrons le remonter en 2018 avec un prix du lait au moins égal à celui de 2017 », annonce Michel Rechenmann. « Le souci, c’est qu’on a été pénalisé par la baisse de consommation du lait UHT et, d’autre part, par la difficulté à répercuter la hausse des cotations de la matière grasse sur les prix de vente du beurre. » Parallèlement à cette envolée du prix du beurre, celui de la poudre de lait est lui resté à un niveau « anormalement » bas. « Je dis anormal car il y a des acheteurs dans sa grande majorité. Mais les stocks ont été très mal gérés l’an passé au niveau européen, et il n’y a pas de discipline communautaire. Les choses devraient néanmoins s’améliorer », poursuit-il. De bonnes performances pour le métier fromages Pas sûr que la donne s’améliore en 2018 pour la consommation de lait UHT. Si Sodiaal compte beaucoup sur sa nouvelle marque « Les Laitiers Responsables » (voir ci-dessus) pour redresser la barre, elle reste confrontée, comme l’ensemble des entreprises laitières, à une évolution des habitudes de consommation des Français, qui consomment moins de lait d’origine bovine qu’avant pour se tourner, entre autres, vers des laits végétaux. La problématique se retrouve aussi du côté des produits frais comme les yaourts. « Là aussi, on observe désormais une baisse de la consommation. Avant, c’était surtout la gamme dessert. Aujourd’hui, le yaourt basique est fragilisé à son tour par des produits régionaux plus chers, mais en plus petite quantité. Et concernant le beurre, les ménages ne compensent plus forcément avec de la margarine en cas de besoin, mais arrêtent carrément d’en utiliser », note le président de la section Centre-Est de Sodiaal Union. Heureusement pour la coopérative, le métier fromages a enregistré de bonnes performances, tant en volume qu’en valeur, et a bénéficié des cotations élevées de la matière grasse et du lactosérum. Preuve de cette bonne santé de l’activité, le retour à l’équilibre des Fromageries Occitanes, après le plan de redressement entamé par la coopérative après la fusion avec 3A. Les voyants sont également au vert pour l’activité lait infantile. « Notre modèle fonctionne bien. Nutribio a enregistré sa meilleure année en termes de rentabilité depuis sa création. » Reste encore l’activité ingrédients qui a souffert de la conjoncture sur l’activité séchage de lait, et de la concurrence accrue sur le séchage de sérum.

Publié le 13/05/2018

Initié en 2017, le nouveau plan stratégique #Value de Sodiaal Union est effectif depuis le début de l’année 2018. L’objectif, d'ici 2025, est de permettre à la coopérative de devenir « leader » sur le prix du lait en France, et d’intégrer le top 5 des entreprises laitières européennes généralistes les plus rentables. Premier acte concret de ce plan de développement, le lancement, fin avril, de la nouvelle marque de lait demi-écrémé « Les Laitiers Responsables » de Candia.

#Value, acte 1. Depuis le début de l’année 2018, la coopérative Sodiaal Union est entrée dans la mise en œuvre opérationnelle de son nouveau plan stratégique visant à recréer de la valeur ajoutée. Baptisée #Value, cette politique initiée en 2017, et validée par le conseil d’administration en juillet dernier, doit permettre à la coopérative Sodiaal Union de devenir le « leader » dans le prix du lait en France, et de rejoindre le top cinq des entreprises laitières généralistes européennes les plus rentables. « Ce plan doit permettre à l’entreprise d’être à la hauteur de ce qu’on attend d’elle. Nous sommes dans un monde où l’on doit faire attention aux attentes des consommateurs. Ça va très vite, très fort, et ça peut aller très mal. C’est quelque chose que nous ne connaissions pas avant. Nous devons donc tenir compte de leurs envies, de leurs besoins économiques mais aussi intellectuels », développe la directrice Amont de Sodiaal Union, Florence Quioc, devant l’assemblée générale de la section Centre-Est de Sodiaal Union, le 26 avril à Sainte-Croix en Plaine. D'ici 2025, Sodiaal Union entend générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 500 millions d’euros, tout en réalisant des économies estimées à 150 millions d’euros et des investissements de 230 millions d’euros. Avec, en ligne de mire, une finalité bien établie : garantir et pérenniser des revenus rémunérateurs aux producteurs tout en permettant à la coopérative d’être efficace sur le plan économique. S’adapter aux attentes sociétales La première pierre visible de cette stratégie ambitieuse a été posée fin avril avec le lancement de la nouvelle marque de lait demi-écrémé « Les Laitiers Responsables » de Candia. « Entre 2000 et 2016, la consommation de lait demi-écrémé a baissé de 16 %. Il y a un mouvement sociétal de fond qui est là et qui nous impose de réagir. Le bio, c’est important, nous sommes présents sur ce secteur et nous allons le développer. Il y a aussi le segment du sans lactose qui progresse. Mais tout cela ne va pas nous sauver en termes de volumes. Du coup, la décision a été prise de lancer un lait demi-écrémé qui porte les valeurs du sans OGM, du pâturage, du bien-être animal et de la juste rémunération des producteurs », détaille Florence Quioc. Ainsi, « Les Laitiers Responsables » permet de reverser six centimes supplémentaires sur chaque litre vendu à l’ensemble des producteurs de la coopérative, qu’ils soient impliqués ou non dans la démarche, soit 20 000 éleveurs. Et ceux qui sont engagés recevront une prime de 1,5 centime par litre sur l’ensemble de leur production pour compenser les coûts liés au respect du cahier des charges. Avec cette nouvelle démarche, Sodiaal Union ambitionne de créer un segment aussi important que celui du bio d'ici 2020, à savoir 200 millions de litres vendus par an. D’autres nouveaux produits sont amenés à voir le jour au cours des années à venir. Pour les fromages par exemple, les équipes de Sodiaal Union développement un cream-cheese adapté aux exigences des restaurateurs asiatiques. En parallèle, le développement des fromages à forte valeur ajoutée comme les AOP et les IGP va s’intensifier, notamment sur le marché européen. Le tout en s’adaptant aux nouveaux modes de consommation du fromage que sont l’apéritif et le snacking. « C’est un secteur où l’on n’est pas très présent, et où il y a de quoi faire », estime Florence Quioc. Toujours dans l’idée de s’adapter aux nouveaux modes de consommation, Sodiaal Union va lancer un site de vente en ligne de fromage, « façon start-up ». Baptisé lesfromageurs.com, ce nouvel espace permettra aux internautes de commander tous les fromages du groupe, livrés en 24h avec Chrono Frais. Chaque fromage sera accompagné d’un témoignage d’éleveur. La valeur ajoutée sera également à chercher du côté de la nutrition infantile en Asie, où le marché croît chaque année de 10 %, et sur le marché des ingrédients avec l’idée de conforter la position de leader mondial du lactoserum déminéralisé. Et concernant les économies de 150 millions d’euros étalées sur quatre ans, elles porteront sur l’optimisation des achats, la performance industrielle et l’adaptation des fonctions support.

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