Vie professionnelle

Publié le 13/04/2018

La société Arômes d’Alsace basée à Schnersheim et Système U Grand Est ont signé un accord de culture, mercredi 4 avril. Le distributeur s’engage à acheter 200 tonnes de produits à prix garanti. Les premières répercussions des États généraux de l’alimentation.

« Avant nous avions un gentleman agreement », illustre Thierry Boltz, président de la centrale U dans le Grand Est. Mais depuis mercredi 4 avril, un contrat d’une vingtaine de pages régit la relation entre l’enseigne et les quatre agriculteurs d’Arômes d’Alsace. Le partenariat garantit un prix minimum aux agriculteurs et un volume de livraison au distributeur. Surtout, avec cette signature, les magasins U tiennent parole. Ils respectent la charte de bonnes pratiques commerciales signée en novembre dernier à l’occasion des États généraux de l’alimentation et censée assurer un prix rémunérateur aux paysans. Une gageure. À peine signé, le document a en effet subi des attaques de toutes parts. Christiane Lambert a même accusé certains négociants de « s’asseoir dessus ». La présidente de la FNSEA a de nouveau pointé du doigt cette mauvaise volonté fin février, alors que s’achevaient les négociations entre grandes surfaces et producteurs. 200 tonnes par an garanties Mais dans la région, Système U fait figure de pionnier. « C’est la première enseigne à concrétiser des accords commerciaux depuis les États généraux de l’alimentation », se réjouit Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. Plusieurs accords ? Oui car début décembre, trois semaines après la publication de la charte, la firme signait un premier contrat de culture avec l’entreprise haut-rhinoise ID3A-Fraîcheur d’Alsace. « La politique nationale c’est bien, mais il faut que ça se traduise sur le terrain », appuie Thierry Boltz. C’est donc chose faite dans le Bas-Rhin cette fois. Ces bonnes dispositions rassurent Jean-François Vierling, l’emblématique patron de la SARL Arômes d’Alsace. Le contrat porte sur 200 t d’alliacées par an. « C’est un début mais le développement devrait suivre son cours », affirme-t-il, confiant. Car avec 100 t d’ail, 600 t d’échalotes et 1 500 t d’oignons produits en 2016, il dispose en effet d’une marge de progression importante.

Crédit Agricole Alsace Vosges

Du punch pour l’avenir !

Publié le 06/04/2018

Au Crédit Agricole Alsace Vosges, l’activité commerciale a été particulièrement dynamique dans le secteur des crédits, avec une performance historique de 1,9 milliard de nouveaux crédits. L’année 2017 se solde par d’excellents résultats financiers et un résultat net stable.

« Nous observons une progression du chiffre d’affaires des entreprises clientes et de leurs investissements, dans le cadre de la reprise qui s’installe dans notre région », souligne d’emblée le président, Henri Buecher. La confiance des acteurs économiques se confirme, malgré certaines incertitudes. Les taux d’intérêt restent à un niveau très bas, ce qui pèse sur la rentabilité des banques. La rémunération de l’épargne réglementée renchérit ces ressources. Conséquence, la marge d’intermédiation baisse inexorablement. La pression concurrentielle reste intense, poursuit le président. Les banques traditionnelles se mobilisent pour augmenter leurs parts de marché, en particulier sur le crédit aux entreprises. Et de nouveaux acteurs, les néobanques, proposent des offres bancaires sur smartphone, avec des contenus partiels et « une facturation des services opaque ». La réglementation ouvre de plus en plus le champ à la concurrence, la loi Macron favorisant la mobilité bancaire. Le numérique est d’un usage courant : 73 % des Français de plus de 12 ans possèdent un smartphone. Les activités bancaires sont concernées par cette nouvelle donne : 37 % d’entre eux affirment utiliser la banque sur internet. « C’est une mutation profonde, mais nous sommes conscients de l’enjeu. Régulièrement, le Crédit Agricole est cité comme la banque qui a le plus évolué sur ce plan. » Pour Henri Buecher, la Caisse régionale a un atout de taille, « son appartenance au groupe Crédit Agricole qui affiche d’excellentes performances et poursuit son développement dans tous les secteurs ». Le groupe est leader en France du financement de l’économie et de l’ouverture de comptes à des majeurs, son application Ma Banque est la plus utilisée en Europe. « Nous sommes aussi le premier banquier assureur en Europe. » Cette appartenance à un groupe puissant ouvre la possibilité de mobiliser les expertises nationales au bénéfice des acteurs économiques régionaux, ajoute Henri Buecher. 26 000 nouveaux clients en 2017 « La situation financière et commerciale du Crédit Agricole Alsace Vosges est à l’image du temps - ensoleillée », enchaîne le directeur général, Pierre Fort. Sa grande satisfaction est l’acquisition de 26 000 nouveaux clients, ce qui porte le portefeuille à 469 000 clients. C’est que le Crédit Agricole fait tout pour séduire ses clients : « Nous sommes capables d’ouvrir un compte en quinze minutes, sur tablette, dans l’une de nos agences. Et pour 2 € par mois, nous proposons un compte courant, une carte bancaire et l’accès à une agence. Nous cumulons le meilleur des deux mondes, l’humain et le digital. » L’encours de collecte progresse de 2,9 %, à 12,6 millions d’euros (M€), avec beaucoup d’argent sur les dépôts à vue, du fait des taux bas, et sur les plans d’épargne logement dont les taux sont restés intéressants. L’épargne réglementée représente un tiers de l’épargne totale. « Une belle performance ! » La Caisse régionale a accordé 1,9 milliard d’euros (Md€) de crédits en 2017. « Au-delà des chiffres, cela traduit notre rôle majeur dans l’accompagnement du développement de notre territoire », explique Pierre Fort. Plus de la moitié de ces décaissements sont consacrés au financement de l’habitat et plus de 600 M€ à l’investissement (agriculteurs, professionnels, entreprises). L’encours total des crédits frôle les 8,3 Md€, en progression sensible de 5,7 %. « Nous avons connu une activité importante de réaménagement de crédits, mais aussi de financement de projets, ce qui explique la progression de l’encours. » Partenaire des entreprises sur le territoire L’agriculture a bénéficié de 169 M€ de crédits d’investissement. Pour le directeur général, c’est la preuve que les agriculteurs continuent à aller de l’avant. « Nous avons lancé une nouvelle offre JA qui répond bien au besoin d’accompagnement de l’installation. » La Caisse régionale a également décaissé 115 M€ de crédits professionnels, contre 89 M€ en 2016. Plusieurs innovations sont à signaler du côté des professionnels et agriculteurs. Le crédit Pro Express ou Agri Express peut être souscrit directement sur internet, avec une souplesse et une réactivité très fortes. Par ailleurs, la solution de factoring Cash in Time permet aux professionnels de mobiliser leurs factures en 24 heures. « Nous avons octroyé 248 M€ de prêts aux PME et ETI de notre territoire, contre 135 M€ en 2016, poursuit Pierre Fort. Nous allons étoffer notre dispositif en capital, avec la création d’un fonds dédié pour accompagner nos entreprises clientes. » Dans le domaine des assurances aussi, l’activité a été intense, avec 91 000 contrats supplémentaires en assurance de personnes (+ 4,7 %) et 142 000 en assurance dommages (+ 5,2 %). Une belle dynamique qui traduit la qualité de l’offre et l’expertise des collaborateurs dans l’accompagnement des besoins des clients. Le taux de clients satisfaits de la gestion des sinistres atteint 95 %. « En tant que banque mutualiste, il nous paraît important de développer notre activité en étant fidèles à nos valeurs, ajoute le président, Henri Buecher. 12 000 nouveaux sociétaires nous ont rejoints en 2017. Cette évolution est soutenue par des offres spécifiques réservées à nos sociétaires. Nous tenons à faire rayonner ces valeurs, en finançant 25 projets d’initiative locale. Nous soutenons aussi l’animation de notre territoire en distribuant plus d’1 million d’euros dans le cadre du mécénat et des partenariats sportifs. » L’an dernier, l’association Passerelle a permis, en collaboration avec Crésus, d’aider 175 familles à retrouver l’équilibre financier après un accident de la vie. Un résultat financier stable Présentant les résultats financiers de la Caisse régionale, Pierre Fort annonce un léger recul du produit net bancaire, du fait de la conjoncture des taux bas. À 260 M€, la baisse est de 1,8 %. « Même si nous avons consenti des volumes importants de crédits, cela n’a pas compensé l’érosion des taux, que ce soit sur les nouveaux crédits ou sur les réaménagements de crédits dont nous avons fait bénéficier nos clients. » Le Crédit Agricole Alsace Vosges a investi dans les ressources humaines, avec 7 600 jours de formation, et rénové sept agences. « Nous poursuivrons ces investissements immobiliers en 2018 », indique Pierre Fort. Il fait un zoom sur Épinal, où la Caisse régionale a décidé la construction d’un nouveau site à côté du site actuel. Ce chantier, qui s’achèvera à l’automne, représente un investissement de 6 M€. Une réflexion sur la rénovation du site strasbourgeois est en cours. Les charges de fonctionnement sont en baisse de 0,2 %. Le résultat brut d’exploitation ressort à 97,2 M€, en recul de 4,2 %. Fort heureusement, le coût du risque est très bas, ce qui permet d’afficher un résultat net de 70 M€, stable par rapport à l’an dernier. « Ce n’est pas une fin en soi, mais un moyen de consolider nos fonds propres, essentiel dans un contexte où la solvabilité des banques est surveillée de près. » Le ratio de solvabilité dépasse 20 %. « Cela nous permet de continuer à investir et à prêter. » « Nous avons des ambitions fortes pour les prochaines années, avec le plan Unis vers 2020, annonce le directeur général. Nous voulons être une banque régionale utile à notre territoire, à nos sociétaires et clients et à nos collaborateurs. » Rappelons que le Crédit Agricole Alsace Vosges emploie 1 472 salariés sur les trois départements, dont 70 % sont en contact avec la clientèle et 30 % dans les fonctions supports sur deux sites.

Publié le 05/04/2018

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, revient sur le congrès de la FNSEA qui se tenait à Tours du 27 au 29 mars.

Le congrès de la FNSEA de Tours a été l’occasion de faire le point sur tous les dossiers sur lesquels la FNSEA s’est mobilisée avec son réseau au cours de la dernière année, et ils sont nombreux. Si les États généraux de l’alimentation lancés par le président de la République Emmanuel Macron ont occupé le devant la scène dans les médias, la FNSEA n’a pas relâché les efforts sur la bataille de la compétitivité, de la fiscalité, ni sur la prochaine réforme de la Pac ou encore les accords commerciaux bilatéraux comme le Mercosur. Je retiendrai surtout le contrat de solutions lancé par la FNSEA pour éviter que les agriculteurs se retrouvent brutalement dans des impasses en matière d’utilisation de produits phytosanitaires. Son principe est simple : plutôt que d’interdire brutalement certaines molécules dont on ne peut pas se passer aujourd’hui, donnons-nous les moyens d’accélérer la recherche et l’innovation de manière à trouver de nouvelles solutions qui permettront de remplacer avantageusement ces molécules. De multiples solutions existent, mais il faut les aborder de manière pragmatique. La FNSEA a réussi à faire admettre cette idée, même auprès de Nicolas Hulot et je m’en félicite. Une fois de plus, la FNSEA montre qu’elle est un syndicat de solutions. Pour mener à bien tous ces combats, elle sait qu’elle peut compter sur son réseau, réuni à l’occasion de son congrès à Tours. À travers les multiples actions que nous avons menées dans notre département, la FDSEA du Bas-Rhin a contribué à faire avancer tous ces dossiers. D’autres batailles nous attendent, je pense au coût de la main-d’œuvre, saisonnière notamment. Nous avons d’ores et déjà pris contact avec les députés pour éviter que la suppression programmée du CICE ne vienne renchérir le coût pour les nombreux employeurs de saisonniers en Alsace. Pour finir, je tiens à dire ma déception par rapport à l’intervention du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert. Il n’a apporté aucune réponse concrète à nos nombreuses questions sur la compétitivité, ni sur la mise en œuvre des assouplissements obtenus à travers le règlement européen Omnibus. Le réseau FNSEA s’est battu avec toutes les associations spécialisées aux côtés du député européen Michel Dantin pour notamment abaisser le seuil d’intervention de l’assurance récolte de 30 à 20 % de dégâts. Et maintenant que nous l’avons obtenu, le ministre français dit ne pas vouloir le mettre en œuvre, c’est juste incompréhensible !

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