Vie professionnelle

Publié le 20/04/2018

Tourner la page, et vite ! Alsace Lait a vécu une année 2017 particulièrement difficile, entre la perte d’un débouché aux Pays-Bas et la flambée du cours de la matière grasse. Mais pas question de se laisser abattre. Les dirigeants de l’entreprise ont immédiatement pris des décisions stratégiques pour qu’elle reprenne du poil de la bête. Petit avant-goût avant l’assemblée générale de ce vendredi 20 avril à Hoerdt.

Depuis le 1er janvier 2018, tous les adhérents d’Alsace Lait sont passés à une alimentation non-OGM. Cette conversion s’est faite en un temps record, à peine quelques mois. Éleveurs, techniciens, fabricants d’aliment, tous ont joué le jeu, une belle réactivité ! À tel point que cette initiative pourrait bien servir de modèle au niveau national, annonce Michel Debes, président d’Alsace Lait. Mais la laiterie devra patienter plusieurs mois avant de récolter les fruits de cette démarche, car la législation française impose une période de transition de six mois avant de pouvoir vendre des produits portant la mention : « Fabriqué avec du lait provenant d’animaux nourris sans OGM ». Contrairement à l’Allemagne ou à l’Autriche, où le délai est de quelques semaines… « Lancer une campagne marketing en pleine période estivale n’aurait aucun impact », explique Frédéric Madon, directeur général de l’entreprise. Ce ne sera donc pas avant cet automne. En attendant, les audits de mise en place de cette conversion sont en cours. « Plus de la moitié d’entre eux sont déjà réalisés », explique Emmanuel Pierrot, du service production d’Alsace Lait. D’ici peu, les audits d’accréditation pourront commencer. Dans l’intervalle, le technicien recommande aux éleveurs d’être vigilants lors de la commande et de la livraison des aliments, mais aussi de l’achat des animaux. « Assurez-vous qu’ils viennent de fermes certifiées 100 % non-OGM, car tous les animaux de la même espèce présents sur l’exploitation doivent être nourris sans OGM. » Lait de prairie : déjà 30 millions de litres Autre virage crucial, Alsace Lait a démarré la production de lait de prairie. Une quarantaine d’exploitations se sont lancées dans l’aventure, pour un volume de 25 millions de litres. Et cinq autres les ont rejointes récemment. Les contraintes ? Sortir les vaches laitières au pré avant le 15 juin, les faire pâturer durant 120 jours par an à raison de six heures par jour, respecter un chargement maximum de 10 VL/ha. « Nous collectons 30 millions de litres de lait de prairie. Ces volumes sont transformés en fromage blanc et vendus aux Pays-Bas. Cela nous a permis de reconquérir les marchés que nous avions perdus dans ce pays l’an dernier », souligne Michel Debes. Tous les éleveurs sont gagnants, explique le président. « Ceux qui se sont positionnés sur ce créneau touchent une prime de 15 €/1 000 l, et cela nous permet de mieux vendre le lait, ce qui est une bonne nouvelle pour l’ensemble des producteurs. » 2017 était une année compliquée, confirme Frédéric Madon. « D’un côté, la perte de plusieurs marchés nous a obligés à vendre 12 millions de litres de lait écrémé sur le marché spot. De l’autre, la matière grasse a repris des couleurs. Nous avons toujours eu une politique offensive sur ce marché et nous avons dû acheter des volumes importants à des prix très élevés pour honorer nos marchés. De toute façon, la matière grasse ne peut à elle seule revaloriser le prix du lait. Cela permet tout juste de limiter la casse. » Un résultat négatif en 2017 Conséquence de ce marché perturbé, Alsace Lait voit son chiffre d’affaires baisser, à 101,6 M€. Et son résultat net passe de + 2,2 M€ en 2016 à - 1,5 M€ en 2017. « Cela fait bien longtemps que nous n’avions pas connu un tel résultat. Nous n’en sommes pas satisfaits, mais nous ne voulions pas revenir sur les prix, ni sur les volumes. Par contre, nous ne paierons pas de complément de prix ni d’intérêt aux parts sociales », annonce Michel Debes. Les responsables d’Alsace Lait ont tout de même annoncé quelques bonnes nouvelles. L’entreprise accuse certes un déficit, mais les comptes consolidés du groupe sont positifs, grâce au confortable excédent réalisé par Savoie Yaourt. Par ailleurs, la firme s’est dotée d’une nouvelle charte graphique pour accentuer son identité alsacienne et son appartenance coopérative. Elle veut également renforcer sa présence sur les réseaux sociaux. Enfin, la gestion trimestrielle des volumes instaurée en 2017 a été supprimée. « Nous avons levé cette contrainte dès que possible, car nous étions conscients des difficultés que cela engendrait pour les producteurs, et nous sommes revenus à une gestion annuelle », explique Joseph Grimm, vice-président d’Alsace Lait. Pour finir, Michel Debes a voulu tordre le cou à une rumeur qui circule ces derniers temps dans les chaumières : « La solidité d’Alsace Lait est bien réelle ».

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Fin des hostilités avec la distillerie

Publié le 13/04/2018

Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace a profité de son assemblée générale jeudi 5 avril à Colmar pour évoquer les dossiers syndicaux. L’annonce de la signature, la veille au soir, d’un protocole transactionnel, avec la distillerie de Sigolsheim, a été l’information la plus commentée.

Cette une affaire vieille de près de dix ans. Elle porte sur les récoltes de 2008 à 2010 pour une centaine de viticulteurs au sujet du traitement de leurs sous-produits de la viticulture. Le protocole, initié par la distillerie Romann, signe la fin des hostilités. Le Synvira s’engage à ne pas se pourvoir en cassation. En contrepartie, la distillerie se désiste de l’ensemble des procédures. « C’est l’épilogue d’une saga judiciaire qui a démarré en 2011. Il n’y a ni perdant, ni gagnant. C’est la victoire du bon sens qui prend le dessus sur les péripéties judiciaires », explique Francis Backert, vice-président du Synvira. En mai 2011, deux adhérents du Synvira avaient porté l’affaire en justice. Un premier jugement, le 10 mars 2015, leur avait donné raison. Mais, un second jugement, le 31 janvier 2018, l’avait infirmé et avait condamné les deux professionnels à payer les factures. « Nous avions encore la possibilité de faire un recours en cassation. Cela ne sera donc pas le cas. ». La réforme de l’organisation commune des marchés a supprimé les subventions accordées aux viticulteurs pour le recyclage des sous-produits de la viticulture que sont les marcs de raisin et les lies. Ces derniers se voient contraints de verser à la distillerie, seul opérateur présent en Alsace, la somme de 30 € par tonne de résidus pour l’année 2008. Présent à l’assemblée générale, Erwin Brouard, directeur de la distillerie, se réjouit de la signature de ce protocole d’accord. « Nous abandonnons toutes les créances restantes, soit environ 80 000 € ». L’entreprise est solidement implantée dans la région et compte le rester. « Nous avons investi un million d’euros sur la distillerie afin de la doter d’une nouvelle chaufferie au gaz naturel. Cela nous engage pour les années qui viennent. Nous restons en Alsace. Nous sommes à vos côtés. Mais nous voulons encore nous développer. Et ce développement passera par une collecte de vos sous-produits plus importante. Nous espérons que la fin de cette procédure va nous permettre de mieux travailler ensemble. Je suis arrivé à la direction de la distillerie de Sigolsheim en 2012. Depuis, je n’entendais parler que de ce sujet. Passons maintenant à autre chose », ajoute Erwin Brouard qui invite les viticulteurs aux prochaines portes ouvertes de la distillerie le 16 mai prochain. Opposition à la DRM Après un retour sur la récolte 2017, le président du Synvira Pierre Bernhard a indiqué que le Synvira avait reçu en 2017 la visite de l’autorité de la concurrence pour des soupçons de fixation des prix. « Chaque vigneron souhaiterait avoir la possibilité d’imposer le juste prix à ses clients. Nous ne pouvons que vous recommander de valoriser le fruit de votre travail, par une hiérarchisation des prix et une structuration de votre offre tarifaire ». Le synvira a travaillé à la création d’une carte des terroirs alsaciens. « Le syndicat réfléchit également à une nouvelle stratégie de production des vins en vrac. Dans le domaine de l’export, nous espérons que dans un avenir proche, les viticulteurs pourront vendre librement leurs vins sur le marché européen. ». Le Synvira s’est opposé à la nouvelle déclaration récapitulative mensuelle (DRM) dématérialisée. « Non pas parce que nous sommes contre tout. Mais, il nous semble qu’elle serait créatrice de différends entre l’administration de la douane et les vignerons indépendants. L’évolution future de la DRM ne nous laisse rien espérer de bon. Nous ne sommes pas opposés à des moyens de contrôles, mais encore faut-il qu’ils aient du sens pour nous. Nous mettons en place la hiérarchisation de nos appellations en Alsace. Il ne faudrait pas que des règles administratives viennent mettre à mal ce qui nous semble bon pour nos consommateurs. Le Synvira veut profiter du nouveau règlement de la communauté européenne paru le 28 février dernier relatif aux déclarations et registres vitivinicoles pour tenter de simplifier sa mise en application en France, et particulièrement en Alsace », prévient Francis Backert. Une stratégie œnotouristique En guise de propositions pour l’avenir, Pierre Bernhard cite le rapprochement avec la fédération des vignerons indépendants de Champagne. Une stratégie œnotouristique sur la grande région est à l’étude. Elle doit permettre de travailler en commun sur des dossiers sociaux. « Nous poussons une évolution du cadre réglementaire en vue d’aboutir à un outil comparable avec la réalité du travail des vignerons pendant les vendanges. Nous entendons également mobiliser les aides de la région, notamment sur les dispositifs environnementaux et sur les démarches d’exportation de nos vins. Enfin, nous voulons mettre en place une stratégie œnotouristique à l’échelle de la grande région en communiquant sur la route des vins ». Les vignerons indépendants s’interrogent sur les règles d’étiquetage. « Devrons-nous, un jour, indiquer les intrants et les valeurs nutritionnelles ? Nous produisons des produits artisanaux et non des produits industriels. Nous n’avons pas de recettes que nous reproduisons sur chacun de nos vins. Ils sont tous différents et varient chaque année. C’est ce qui plaît à nos clients et ils en sont satisfaits. Pourquoi, au nom de l’information de ces mêmes clients, faudrait-il faire analyser chacun de nos vins ? Nous avons remis en mars dernier des propositions constructives et simplifiées aux commissaires européens. Nous attendons leurs réponses », indique Francis Backert. Les jeunes planchent sur la comm' Le groupe des jeunes vignerons, créé en 2016, a noué un partenariat avec les Étoilés d’Alsace avec le développement de la « formule jeunes ». L’année 2017 a été axée sur des conférences-débats une fois par mois portant sur le marketing des étiquettes, les successions et passations des patrimoines, la comptabilité, la vie des sols ou encore la communication. « Pour 2018, nous nous rendrons à l’assemblée générale des Étoilés d’Alsace à Val d’Isère en ce mois d’avril et nous préparons le salon « Millésime Alsace » du mois de juin. Sans oublier le voyage de presse en juillet et la dégustation pour les professionnels avant les vendanges. En 2019, nous compter organiser un événement grand public pour attirer les jeunes consommateurs », indique Hélène Huttard, responsable du groupe des jeunes vignerons au Synvira. Marie-Eve Schnoebelen a détaillé, pour la mutualité sociale agricole (MSA) les modalités pratiques pour mettre en place le nouveau titre emploi simplifié agricole (TESA). Gilles Neusch, directeur du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA) a, comme à l’assemblée générale de l’association des viticulteurs d’Alsace, présenté le travail de communication du CIVA auprès des consommateurs sur les vins d’Alsace. Enfin, Laurent Simon, nouveau responsable de l’antenne de Strasbourg de FranceAgriMer et successeur d’Agnès Hardy, a rappelé le programme national viticole qui gère une enveloppe de 1,4 Md€ sur quatre ans pour des mesures d’aides aux viticulteurs concernant l’investissement, la restructuration ou encore la promotion des vins dans les pays tiers.

Service de remplacement du Bas-Rhin

Satisfaire toutes les demandes

Publié le 13/04/2018

7 002 jours de remplacement, soit 56 000 heures, pour le compte de 370 utilisateurs. 283 agents de remplacement, dont 6 CDI, soit l’équivalent de 35 salariés à temps plein. Tels sont les chiffres clés que le Service de remplacement du Bas-Rhin (SR67) a livrés lors de son assemblée générale du mercredi 28 mars à Schiltigheim.

Depuis 2012, le Service de remplacement du Bas-Rhin (SR67) effectue entre 6 000 et 7 000 jours par an. « En 2017, nous avons effectué 462 jours de plus que l’année précédente », indique le président, Thomas Gillig. Quels sont les motifs de remplacement les plus fréquents ? Un tiers des jours de remplacement est imputable aux maladies, « dont l’aide au répit mise en place exceptionnellement en 2017 et qui ne sera malheureusement pas reconduite », un autre tiers aux accidents. Le tiers restant se partage entre l’aide au répit, la maternité et la paternité, les congés, les remplacements pour motif syndical ou pour formation. 26 personnes sont parties en vacances grâce au passeport Avenir Jeunes de la Mutualité sociale agricole (dont 500 € alloués pour le SR). Ce passeport est remis à chaque nouvel installé depuis 2013 et utilisable dans les cinq ans qui suivent. « Nous parvenons à satisfaire toutes les demandes, à condition qu’elles nous parviennent dans des délais raisonnables », précise Marylin Chardonnet, responsable administrative du SR67. 208 hommes et 76 femmes - un nombre en hausse par rapport à 2016 - travaillent pour le service de remplacement. La plupart des salariés ont entre 18 et 39 ans ou plus de 50 ans. Les exploitations d’élevage (bovins lait et allaitants) sont celles qui font le plus appel au service de remplacement : elles représentent 80 % des remplacements. Mais tous les types d’exploitations sont concernés, viticulture, grandes cultures, tabac, aviculture, caprins, etc. La communication a été intense tout au long de l’année écoulée, entre articles de presse et animation de la page Facebook, stand d’information à la finale de labour de Mietesheim, interventions durant les stages 21 h, jeux de piste avec les élèves du lycée d’Obernai, présentation du service durant les tournées cantonales JA. Par ailleurs, souligne Marylin Chardonnet, une plaquette a été élaborée pour mettre en avant le contrat de remplacement de Groupama Grand Est. Ce contrat permet à un exploitant de se faire remplacer au-delà des 20 jours accordés par la MSA ou la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA). De plus, « la nouvelle charte Terre Entreprise que nous avons signée avec les JA met en avant ce contrat et permet aux jeunes agriculteurs qui s’installent de bénéficier d’une réduction de 150 % sur cinq ans », signale Matthieu Freysz de Groupama. Le rapport financier, présenté par Julien Jacob, fait apparaître une grande stabilité des frais de personnel. Il note tout de même la fragilité de la structure face aux augmentations constantes des charges. De ce fait, lors du conseil d’administration d’octobre 2017, une légère augmentation des tarifs a été actée. Par ailleurs, une participation des exploitants aux frais kilométriques sera demandée sous certaines conditions. Côté ressources humaines, un salarié en CDI va être embauché dans les prochains jours et, en prévision du départ à la retraite de l’agent intervenant en Alsace Bossue, une salariée est actuellement en renfort. Coté administratif, il faut prévoir le remplacement de Claire Schnepp, assistante, qui part vers d’autres horizons d’ici le mois prochain. Une structure Grand Est Le service de remplacement Grand Est a été créé en mars 2016, explique Hélène Messagé, déléguée régionale. Sa mission est d’assurer la coordination des services de remplacement départementaux, d’élaborer et de mettre en œuvre la politique régionale de remplacement, de faire le relais entre l’échelon national et départemental, mais aussi de trouver des financements. C’est ainsi que le service de remplacement Grand Est a déposé un dossier EDEC (Développement emploi et compétences). « Nous pourrons prétendre à une subvention pour valoriser l’animation des services départementaux et la communication auprès des agriculteurs et donner ainsi un élan aux services de remplacement du Grand Est », indique Hélène Messagé. Une subvention de l’Anefa a permis de réaliser un flyer pour le recrutement d’agents de remplacement. Au niveau du Grand Est, 237 000 heures de remplacement ont été effectuées en 2017 (+ 5 %). Ce qui a nécessité l’intervention de 981 agents de remplacement (158 ETP), soit près de 20 % d’augmentation. Les services de remplacement du Grand Est comptent 2 217 adhérents, sur un total de 45 000 exploitants. « Il reste une belle marge de manœuvre », souligne Thomas Gillig.

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