Vie professionnelle

Publié le 09/03/2018

Améliorer la compétitivité, dynamiser l’innovation, diversifier les marchés, élargir les débouchés, assurer le renouvellement des générations,  telles sont les lignes directrices de cette convention signée à Paris au Salon international de l’agriculture, sur le stand des Brasseurs de France.

Il y a huit ans, la filière houblon traversait une grave crise. Depuis, de nombreuses actions ont été engagées pour renflouer cette filière (voir encadré). Avec un résultat probant. Entre 2011 et 2013, seuls 350 ha de houblonnières étaient en production effective. En 2016, les surfaces en production sont passées à 432 ha avec 44 planteurs dont 15 ha de houblon certifié bio. Pour honorer les contrats et répondre à la demande, la surface houblonnière devrait être augmentée de plus de 100 ha, pour atteindre 600 ha d'ici 2020. « Le nerf de la guerre, c’est donc désormais de trouver rapidement trois ou quatre nouveaux planteurs pour créer une nouvelle dynamique », indique Marc Moser, président du Comptoir agricole. Problème : le montant des investissements dans les houblonnières et dans les outils de transformation peut faire peur (il faut compter 1 M€ d’investissement pour exploiter 20 ha de houblonnière). L’évolution des prix aussi. Les acteurs de la filière en sont bien conscients : «Pour que des jeunes se lancent, il faut leur offrir un projet», indique Marc Moser. Et la convention qui vient d’être signée pour une durée de trois ans y contribue. En effet, le contrat de filière houblon s’articule autour de quatre grands objectifs généraux : soutenir les jeunes agriculteurs ou débutants dans la filière ; maintenir la compétitivité et la rentabilité des exploitations ; renforcer les actions de recherche et d’expérimentations ; améliorer la mise en marché de la production de houblon du Grand Est. Le soutien des jeunes agriculteurs ou débutants dans la filière passe par l’accompagnement dans l’installation-transmission qui doit permettre le renouvellement des générations en apportant des références techniques aux jeunes installés. Des actions de formation et de parrainage sont envisagées par le Comptoir agricole afin d’améliorer les connaissances des futurs installés sur les problématiques spécifiques à la culture. De plus, la Région aide les installations par le biais des subventions et le financement de formations à hauteur de 60 % des frais engagés plafonnés à 8 000 €. Des engagements financiers conséquents Pour maintenir la compétitivité et la rentabilité des exploitations, il s’agit de moderniser les structures. Et améliorer leurs performances (économiques, environnementales, sociales) pour faire face aux mutations économiques actuelles. Car afin de satisfaire la demande et d’améliorer la rentabilité des exploitations, le Comptoir agricole mise notamment sur l’augmentation des surfaces de culture de houblon. Les investissements étant un frein important au développement des surfaces, le Comptoir agricole propose un soutien financier à hauteur de 1 000 €/ha/an pendant cinq ans à destination d’anciens ou de nouveaux planteurs qui augmentent leur surface de houblonnières par montage de nouveaux échafaudages. La Région quant à elle soutient l’acquisition de matériels neufs (poteaux, fils) pour la construction et le montage de nouvelles houblonnières. Le taux d’aide est de 40 % avec une aide maximum plafonnée à 8 000 €/ha. Une aide régionale de près de 107 000 € bénéficiant à neuf exploitants est programmée pour la Commission permanente du 20 avril 2018. Cette somme représente une augmentation de surface totale de 21,81 ha. La Région soutient également l’acquisition de matériels de production afin de maîtriser les coûts de main-d’œuvre, contrôler les postes de dépenses énergétiques et réduire la pénibilité du travail. Une aide de 20 600 € est ainsi programmée pour quatre exploitants ayant investi dans du matériel de culture. Pour Marc Moser, il s’agit là d'« engagements conséquents » qui doivent inciter des jeunes soit à se lancer dans la culture, soit à augmenter leurs surfaces : « Le Comptoir agricole et la Région s’associent pour assurer un accompagnement sur les investissements, les prix. Il ne manque plus que les banques dans ce triptyque. Nous y travaillons », encourage-t-il. La convention porte aussi sur le renforcement des actions de recherche et d’expérimentations. Il s’agit de soutenir les programmes de recherche en lien avec la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, d’encourager les programmes d’expérimentations de lutte raisonnée et de techniques alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires. Et d’aider la diffusion de ces connaissances. Pour atteindre ces objectifs, le Comptoir agricole va élaborer un programme expérimental de lutte raisonnée. Et la Région finance à hauteur de 10 000 €/an les coûts de suivi de ces expérimentations. La recherche variétale relancée Enfin, pour améliorer la mise en marché de la production de houblon du Grand Est, le Comptoir agricole va relancer le plan de sélection variétale afin de proposer de nouvelles variétés qui répondent à un marché en pleine évolution. Ce programme de sélection permettrait de créer de nouveaux arômes mais aussi de rendre les houblons plus résistants aux maladies dans un contexte de réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Aussi la Région s’engage à soutenir à hauteur de 20 000 €/an le programme de développement des nouvelles variétés. Pour Marc Moser, il s’agit là d’une avancée majeure, puisque la recherche variétale qui a permis à la filière de renaître de ses cendres était à l’arrêt depuis trois ans. La relancer, c’est pérenniser ce qui fait le succès du houblon du Grand Est : une offre aromatique large, qui correspond à l’essor des bières de spécialité. Concrètement, la sélection des nouvelles variétés se fera en partenariat avec l’exploitation agricole du lycée d’Obernai. Mais, si le principal critère de sélection reste la qualité aromatique, d’autres s’ajoutent : « Nous voulons aussi élaborer des variétés qui permettent de dégager du revenu. Donc productives, explique-t-il. Et s’il est possible d’y associer des tolérances aux maladies, tant mieux. »

Concours général agricole

La bière passée au crible

Publié le 09/03/2018

Goût, robe, odeur. Les jurés ont passé au peigne fin des centaines de bières, lundi 26 février lors de la finale du Concours général agricole. À la clef ? Une éventuelle médaille, signe d’excellence. Et de prospérité pour leurs propriétaires. Au final 114 bières, dont sept alsaciennes, ont été primées. La nouveauté cette année ? Les jurés ont évalué la couleur des breuvages grâce à un nuancier de couleurs. Cet outil permet de noter les bières d’une manière plus précise qu’auparavant. Les bières ont intégré le Concours général agricole en 2002. Depuis, le nombre de compétitrices ne cesse d’augmenter. Et les panels des juges aussi. « On essaye de répartir autour des tables des groupes représentatifs de la filière », explique Michel Madrzyk, commissaire de l’épreuve depuis 16 ans. Ainsi, brasseurs, commerçant, techniciens et simples amateurs ont coopéré pour donner les verdicts les plus justes possible. Alexandre Donzelle, jeune amateur de l’Oise, s’est assis en compagnie d’un brasseur du Nord, d’un négociant parisien et d’un professeur en lycée agricole. « Ces derniers temps j’ai appris à goûter une bière, mais c’est bien d’être entouré de professionnels, explique ce grand barbu. Ils donnent leur avis d’expert et éclaircissent certains doutes. » Mais amateur ne signifie pas amateurisme. En effet, il a apprécié les échantillons disposés à sa table mais aucun n’a mérité de médaille à ses yeux.

Publié le 08/03/2018

L’ancien président de la Safer Alsace succède à Franck Menonville à la tête de la Safer de la Région Grand Est.

Devenu sénateur de la Meuse à l’automne dernier, Franck Menonville a démissionné de ses fonctions de président de la Safer Grand Est. Le conseil d’administration de la société d’aménagement foncier et d’établissement rural a élu, au premier tour de scrutin, le bas-rhinois Marc Moser à sa succession, le 5 mars à Laxou. Son challenger, le marnais Thierry Bussy, a été élu premier vice-président délégué. Tous deux étaient jusqu’alors vice-présidents de la Safer Grand Est et anciens présidents des Safer d’Alsace et de Champagne-Ardenne ayant fusionné avec leur homologue lorraine. En vertu du principe d’équilibre entre les trois régions, une deuxième vice-présidente lorraine a été désignée, en la personne de Sophie Lehé, qui continuera à présider le comité technique départemental de la Meurthe-et-Moselle. Le triumvirat ainsi composé, complété par le directeur général, Daniel Duriez, forme le bureau exécutif de la société. Âgé de 53 ans, Marc Moser est agriculteur sur une exploitation spécialisée en grandes cultures (maïs, multiplication de semences, betteraves, pommes de terre et céréales à paille) à Kurtzenhouse, dont il est maire. La première réaction du nouveau patron de la Safer Grand Est est de se réjouir de l’accession de Franck Menonville au Palais du Luxembourg. Il sait pouvoir compter sur lui pour « défendre la politique foncière, le rôle et les missions des Safer ». Marc Moser précise aussi qu’il est « élu pour trois ans, terminant le mandat en cours ». Il ne sera pas candidat à sa propre succession. Le règlement intérieur de la maison prévoit des mandats tournants entre les trois régions fondatrices. Le prochain président sera donc champardennais. Renouveler les générations Le passage de témoin s’effectue dans la continuité et Marc Moser revendique vouloir « œuvrer au renouvellement des générations en agriculture ». Et exercer au mieux les différentes missions confiées aux Safer par la loi : la surveillance et la moralisation du marché foncier, l’accompagnement des collectivités, en particulier dans leurs missions environnementales. Le Grand Est est caractérisé par une grande diversité de terroirs et de tailles d’exploitations. « Les besoins en termes d’urbanisation et de compensation sont très différents d’un département à l’autre. C’est pourquoi les comités techniques départementaux doivent jouer pleinement leur rôle et exercer le pouvoir opérationnel sur les territoires, avec le plus de transparence possible ». Marc Moser attend de la future loi foncière en gestation « un renforcement du pouvoir de contrôle, une limitation des investissements fonciers étrangers ainsi que de la spéculation foncière : la valeur de la terre doit rester en adéquation avec l’activité ». Le bilan 2017 de la Safer Grand Est a été marqué par une « activité stable se traduisant par une situation d’équilibre financier », il sera présenté lors de l’assemblée générale du 22 juin prochain. Marc Moser a aussi pour ambition de « reprendre le projet d’entreprise en construction, fin 2018 ».

Pages

Les vidéos