Vie professionnelle

Chambre d'agriculture d’Alsace. Sortie agricole

Les conseillers départementaux se mettent au vert

Publié le 27/07/2018

Les conseillers départementaux ont profité de l’accalmie estivale pour aller à la rencontre du monde agricole. Et mieux comprendre leurs problématiques en matière de recrutement, de formation, de distorsion de concurrence, de circuits courts, de coulées de boues, etc. Une sortie en deux temps : la première étape les a conduits dans une entreprise paysagiste, la seconde dans une exploitation maraîchère.

Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, était de sortie, le jeudi 19 juillet. À l’invitation de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), il a visité deux entreprises de Hœrdt, en compagnie de plusieurs conseillers départementaux. Parmi eux, Christiane Wolfhugel, Étienne Burger, Étienne Wolf, Rémi Bertrand, ainsi que Marcel Bauer, président de la commission agricole du Conseil départemental. Élus départementaux et responsables agricoles se sont retrouvés à l’entreprise paysagiste René Wolff et fils, spécialisée dans les espaces verts et le service à la personne. Ils y ont été accueillis par Denis Riedinger, maire de Hœrdt, et Denis Ramspacher, 1er vice-président de la CAA. « L’an dernier, nous étions dans la montagne, a indiqué ce dernier. Cette année, nous changeons de décor, l’objectif étant de montrer la diversité de l’agriculture alsacienne. » Une stratégie qui se révèle payante, puisqu’elle a permis d’installer de nombreux jeunes agriculteurs et qu’elle est porteuse d’emplois. Une affaire de famille « L’entreprise Espaces Verts René Wolff et fils a été créée en 1966 par mes parents, a indiqué Jacky Wolff. Ma mère s’occupait des champs, mon père des jardins : il produisait du gazon et effectuait des plantations. » Quelques années plus tard, l’entreprise réalise ses premiers travaux de dallage et de pavage. En 1975, la famille Wolff construit son premier hall. « Depuis, nous construisons régulièrement de nouveaux bâtiments pour nous agrandir. » Le dernier projet en date est la construction d’un « show room ». Dans les années 1990 démarrent les premiers chantiers d’aménagement urbain à Strasbourg, les plus emblématiques étant ceux du tram (CTS), menés à titre individuel ou en cotraitance avec d’autres entreprises, comme l’entreprise paysagiste Thierry Muller. « Nous travaillons la terre, le végétal, le fer, le bois, le béton, en hauteur ou à l’horizontale. » Les pépinières Wolff produisent elles-mêmes une partie des végétaux qu’elles mettent en œuvre. « Cela reste la source de notre métier ». Mais au fil du temps, d’autres activités ont pris le dessus : outre la conception et l’aménagement d’espaces verts pour les collectivités, les entreprises et les particuliers, la famille Wolff a créé une entreprise de services à la personne (entretien de jardins), dirigée par Nicolas Wolff, le fils de Jacky. C’est une affaire de famille : « Ma sœur a longtemps géré la comptabilité, ma belle-fille Magalie a pris la relève. Mon épouse assure le volet administratif. Le moment est venu pour moi de passer la main. C’est Nicolas qui prendra le relais, d’ici quelque temps. Cette succession, nous la préparons depuis dix ans. » Une trentaine de salariés travaillent dans ces deux structures, dont deux apprentis, le nombre de salariés variant selon les saisons. « L’entreprise n’aurait pas pu en arriver là sans leur implication, et ce quel que soit leur niveau de qualification, employés, agents de maîtrise ou cadres. Nous cultivons le bien-être au travail. » Et ça marche : l’ancienneté moyenne des collaborateurs est de 16 ans. Tous les ans, l’entreprise accueille des stagiaires, notamment des collégiens dans le cadre des stages « Découverte des métiers ». Faciliter l’insertion des migrants par le travail Plus original, elle est membre du réseau des « entreprises accueillantes » du parcours immersion des bénéficiaires du RSA. Récemment, elle a accueilli deux réfugiés en période d’observation professionnelle, dans le cadre du dispositif de formation FLAG mis en place conjointement par la CAA, Germa Alsace et le Département du Bas-Rhin. Un dispositif que Sébastien Libbrecht, chef du service formation-emploi de la CAA, et Matthias Lienhart, coordinateur de cette formation, ont présenté aux conseillers départementaux. « Nous projetons de poursuivre, voire d’étendre cette expérimentation à l’avenir. Nous devrions former une cinquantaine de réfugiés en 2018, voire plus en 2019. » La formation est, pour Jacky Wolff, une priorité. « Nos salariés ont des cursus hétéroclites : nous embauchons du CAP à la Licence pro, parfois de métiers tout à fait différents. Certains de nos salariés ont choisi de se reconvertir dans le paysagisme après une carrière dans l’informatique, la sidérurgie, et même l’imprimerie. » Président du CFA d’Obernai, Jacky Wolff accorde une grande place à l’apprentissage : « Nous avons formé 36 apprentis depuis 1978. Neuf d’entre eux sont toujours membres de l’entreprise. » Celle-ci mène une politique de formation active pour permettre à ses salariés d’entretenir et développer leurs compétences et se forger un patrimoine de connaissances. Ces dernières années, les difficultés de recrutement se sont accrues, a-t-il souligné. « Nous travaillons avec l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) sur ce dossier. » Le monde imaginaire de Catherine Muller Catherine Muller, présidente de l’Unep Grand Est, le confirme, « nous manquons de bras. » La profession fait une large place, dans ses entreprises, aux publics en difficulté ou en insertion. « Et nous sommes prêts à accueillir des migrants. » Le secteur du paysage représente 30 000 entreprises en France et emploie 92 000 salariés, pour un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards d’euros. Dans le Bas-Rhin, on recense 227 entreprises pour 1 700 salariés. « Nous avons trois cibles : les collectivités, les grands donneurs d’ordre privés (promoteurs immobiliers et bailleurs sociaux) et les particuliers, qui constituent tout de même 40 % de la clientèle. » « Imaginez une ville sans arbres, sans plantes, sans gazon, une ville grise, sentant la poussière… Un cauchemar ! » Par cet exemple, Catherine Muller a voulu frapper les esprits et souligner la contribution des entreprises du paysage à la lutte contre le réchauffement climatique, par la création d’îlots de fraîcheur dans les villes, par la plantation d’arbres, par la mise en œuvre de trames vertes et bleues. « Cette approche me plaît bien, a souligné Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Cela prouve qu’à travers l’activité économique, nous sommes en capacité de répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux. Nous avons besoin de personnes qualifiées qui nous secondent dans nos métiers, mais aussi de travailleurs occasionnels. Quand le chômage baisse, il est difficile de trouver des saisonniers et de les fidéliser. Pour la première fois en Alsace, des parcelles d’asperges n’ont pas pu être récoltées, faute de main-d’œuvre. » Franck Sander a insisté sur le rôle du Département en matière d’aménagement foncier et de valorisation des produits agricoles. « À l’avenir, les appels d’offres devront être formulés de manière à lever les freins qui empêchent les produits locaux de figurer en bonne place dans les assiettes des collégiens. Le low cost ne peut pas être la solution : cela ne nous permettra pas d’améliorer nos revenus, ni la santé de nos enfants. » Particulièrement sensible à la problématique de l’emploi, Frédéric Bierry a rappelé la stratégie du Département en matière de retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA. « Nous repérons les personnes qui ont du potentiel, nous les formons pour acquérir les bases du savoir être, si nécessaire, et nous les accompagnons pour lever les obstacles à l’employabilité et à la mobilité. Pour ce faire, nous nous appuyons sur le tissu économique local. »

Jeunes Agriculteurs. Canton de Brumath

Open air, concours de labour et portes ouvertes

Publié le 26/07/2018

Les Jeunes Agriculteurs du canton de Brumath, avec le concours des EARL Strohl et Wenck, organisent un week-end dédié à la découverte d’un élevage de lapin et d’une ferme laitière à l’occasion du concours de labour ce dimanche 29 juillet. Et dès ce samedi avec une soirée open air !

Alliant dynamisme et passion du métier, les Jeunes Agriculteurs du canton de Brumath, avec leur président Mickaël Gangloff, ont concocté un divertissant mais non moins instructif week-end à la ferme, offrant aux visiteurs deux facettes intéressantes de leur métier : un élevage de lapin et une ferme laitière. Une façon originale et attractive de mieux faire connaître au grand public leur passion, leurs engagements et leur implication dans leurs exploitations agricoles. Pour Mickaël Gangloff, le canton de Brumath, fort d’une bonne soixantaine d’exploitations agricoles, se caractérise par sa grande diversité aussi bien dans le secteur de l’élevage que de la polyculture, avec du maraîchage, des exploitations fruitières, la production de maïs grain et semence, houblon, asperge, tabac, pomme de terre, betterave sucrière… sans oublier des prairies. De nombreux partenaires sont établis dans le canton : le Comptoir agricole, Alsace Lait… Un beau tableau que viennent ternir certaines problématiques, comme les coulées d’eau boueuse, le souci d’optimiser les techniques culturales dans un contexte de foncier agricole qui ne cesse de se restreindre. Deux jeunes se sont installés cette année en reprise dans le canton, ce qui porte à 35 le nombre de Jeunes Agriculteurs. Les portes ouvertes de l’EARL Wenck, dédiée à l’élevage laitier, permettront d’apprécier la diversité du canton. Les époux Jacky et Martine Wenck y élèvent 55 prim’holstein. Les quelque 130 ha de terre permettent de cultiver 45 ha de maïs grain, 15 ha de maïs d’ensilage, 25 ha de blé, 14 ha de betterave sucrière et le reste en prairie. Les animaux restent à l’étable, où ils sont traits avec un robot. Avec 2,7 traites/jour/animal, la production atteint 520 000 l de lait, en contrat avec Alsace Lait. À quelques encablures de cette ferme laitière, l’EARL Strohl Jean s’est lancée depuis l’an passé dans l’élevage de lapin de chair tout en exploitant 75 ha de terre, dont 50 % dédiés au maïs, 25 % au blé, 8 % à la betterave sucrière, 8 % au colza (prévu pour 2019) et 9 % aux prairies. À ce jour, l’élevage compte 600 femelles qui produisent en moyenne quelque 35 000 lapins de chair, valorisés en collaboration contractuelle avec les Ets Siebert d’Ergersheim sous le label « Lapin Grand Est ».

Publié le 24/07/2018

Créée en 1994 à l’initiative de la MSA et des organismes agricoles pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans le secteur de la production et de la transformation agricole, Germa Alsace poursuit sa mission d’accompagnement des salariés vers l’emploi. Elle fait partie du réseau national Laser Emploi.

« Le développement de l’emploi en agriculture est un enjeu majeur pour l’avenir de notre secteur d’activité », a souligné Joseph Lechner, président de Germa Alsace, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le mercredi 4 juillet à Sélestat. Il a salué la présence de nombreux partenaires, David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, Jean-Luc Galliath, vice-président, René Schotter, administrateur, et Sylviane Fargeon, directrice adjointe de cet organisme, Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Jean-Michel Baumann, chargé de mission formation emploi à la FNSEA, Sébastien Libbrecht, conseiller formation à la Chambre d'agriculture Alsace, François Otero, responsable de l’insertion par l’activité économique à la Direccte Grand Est, ainsi que les représentants des JA, des CFPPA, etc. Dans chaque département alsacien, Germa Alsace gère une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) et une association intermédiaire (AI). Elles sont administrées par douze permanents, répartis sur les deux agences de Strasbourg et de Colmar, sous la direction de Sylvie Maa. Quatre structures qui conjuguent une activité économique et une finalité sociale. Germa a un savoir-faire reconnu dans la mise à disposition de salariés à titre onéreux ; elle accompagne les entreprises dans leur recrutement et sécurise les mises à disposition, dans l’objectif d’assurer un service de qualité auprès des entreprises clientes. Elle poursuit aussi un but social, l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi. Un double engagement pour Germa L’an dernier, l’ensemblier Germa a employé 460 personnes, pour un total de 96 000 heures de travail, ce qui correspond à 60 équivalents temps plein (ETP). « Nous avons étudié plus de 1 600 candidatures, organisé 445 entretiens de recrutement et embauché 270 nouveaux salariés », a précisé Sylvie Maa. Soit un taux de renouvellement de l’équipe d'intérimaires de 56 %. « Une mise en relation réussie, ça se prépare du côté des salariés comme des employeurs, a insisté Sylvie Maa. Nous prenons le temps de connaître les salariés que nous recrutons - en effectuant un entretien préalable, deux si nécessaire -, mais aussi de leur présenter les missions et les postes de travail. Nous vérifions la motivation et le projet des salariés. » De son côté, l’entreprise doit faire l’effort d’accueillir le salarié et d’organiser le travail. Germa y veille. Germa met des salariés à la disposition des entreprises du secteur marchand et non marchand, des collectivités, des associations et des particuliers… « Notre souci, c’est de prendre en compte les besoins des clients, en tenant compte des spécificités du poste de travail. » Et ça marche ! L’ensemblier Germa a travaillé l’an dernier pour le compte de 215 clients, dont 142 entreprises et 73 clients particuliers en services à la personne. Son champ d’activité ne cesse de s’étendre puisqu’elle compte 69 nouveaux clients, dont 38 entreprises, en 2017. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros, en nette augmentation. Le meilleur depuis sa création. Pourquoi un tel succès ? « Ce qu’on propose au client, c’est une prestation clé en main. Du personnel disponible, prêt à l’emploi, avec les compétences adéquates. » « Nos salariés sont sensibilisés à la santé sécurité au travail. » Mais pas seulement : « À Germa, nous traitons toutes les questions de savoir être : avoir une bonne posture professionnelle, connaître les codes de l’entreprise. Le cas échéant, nous recherchons des solutions à la mobilité, en organisant le covoiturage, voire en proposant des voitures en location via Mobilex. Nous effectuons un travail de préparation et d’accompagnement en amont des missions pour lever les freins. » « Nous avons su élargir notre champ d’action » C’est cette recette qui permet à Germa de fidéliser ses clients. Et d’en conquérir de nouveaux. « Nous avons un bon portefeuille d’entreprises partenaires car nous répondons qualitativement à leur demande. Parallèlement, nous développons l’activité de mise à disposition dans de nouveaux secteurs d’activité pour pallier les fortes variations saisonnières des filières de production et de transformation des produits agricoles. » Le monde agricole (au sens large du terme) représente, et de loin, la part la plus importante de l’activité de Germa : production agricole, viticulture, espaces verts, silos agricoles, y contribuent pour 52 %. Mais elle fournit aussi des salariés pour les entreprises de services (téléconseil, accueil, service à la personne, entretien des locaux), les collectivités locales (entretien des espaces verts). Pour montrer la diversité des missions de Germa, Sylvie Maa indique qu’elle recrute aussi bien des facteurs pour La Poste que des manutentionnaires pour monter les estrades du festival Musica. Elle fournit aussi du personnel pour l’industrie, les collectivités locales et, depuis peu, le secteur du BTP (menuisiers intérieur et extérieur, maçons ferrailleurs…). « Nous savons recruter des profiles différents. » La plupart du temps, les recrutements se font au premier niveau de qualification. « Nous recherchons des personnes qui sont adaptables et mobilisables rapidement. Nous nous appuyons sur leur expérience, leur projet. Très souvent, nous proposons d’abord des missions courtes aux candidats pour vérifier leur savoir être, leur ponctualité, leur capacité à se mobiliser. Notre force, en termes de sourcing, c’est de nous appuyer sur un large réseau de partenaires qui nous permet de diversifier notre recherche de candidats. Nous sommes aussi en mesure de répondre aux contraintes des entreprises du paysage qui répondent à des marchés avec des clauses sociales. Dans ce cadre, nous sommes un partenaire tout désigné. » Un important effort de formation complète ce dispositif. Germa a dispensé l’an dernier 3 000 heures de formation à ses salariés intérimaires et permanents. « Si nous investissons autant en termes de formation et d’accompagnement à la prise de poste, c’est pour sécuriser les missions dans les entreprises. Nous plantons le décor : consignes, durée du travail, règles à respecter au travail, etc. » Le cadre d’une relation de travail est posé. « La formation me semble très importante pour augmenter l’employabilité des candidats », souligne Joseph Lechner. « Le client paie dès la première heure. Nos salariés doivent être au top », enchaîne Sylvie Maa. Un tremplin pour l’avenir Germa sert souvent de tremplin pour aller vers une formation qualifiante ou trouver un emploi direct. « Leur passage à Germa leur apporte une plus-value. » Sur les 130 personnes qui ont effectué plus de 150 h l’an dernier et sont sorties de Germa, 40 % ont décroché un CDI, un CDD de plus de 6 mois ou une formation qualifiante. 22 % ont un CDD de moins de 6 mois. 17 % retournent à Pôle Emploi, avec des droits ouverts. Après une présentation d’un projet de formation de réfugiés (lire l’encadré), les participants ont débattu du projet de création d’un groupement départemental d’employeurs, dans les tuyaux depuis quelque temps. « Les travailleurs de pays de l’Est se font de plus en plus rares. Il est temps de mettre en place une structure pour mutualiser les moyens et proposer des services à un coût raisonnable pour les agriculteurs », a déclaré David Herrscher, président de la MSA d’Alsace. Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, a confirmé : « L’agriculture va manquer de bras à l’avenir, si elle veut poursuivre sa stratégie de diversification. Demain, les exploitations qui ont de gros besoins de main-d’œuvre risquent de disparaître, d’autant que les travailleurs qualifiés pourront trouver rapidement un emploi mieux payé. Le groupement d’employeurs constituerait une solution pour permettre aux salariés d’enchaîner les missions. »

Pages

Les vidéos