Vie professionnelle

Publié le 20/07/2018

Depuis le 1er juillet, le groupe Haag a un nouveau propriétaire : Colvemat, une entreprise familiale spécialisée dans les matériels de manutention et de travaux publics. Adoubé par John Deere, le repreneur entend s’appuyer sur l’équipe en place, mais aussi sur ses importants moyens techniques et financiers, pour faire de Haag l’un des fers de lance du machinisme agricole en Alsace.

Une page se tourne pour le groupe Haag. Après huit années passées à sa tête en tant que propriétaire et directeur général, Emmanuel Nebout a décidé de passer la main à Colvemat, une entreprise familiale française leader dans le quart Nord-Est dans les domaines de la manutention et des travaux publics. Une décision mûrement réfléchie par le désormais ex-patron de Haag qui restera néanmoins dans les locaux jusqu’au 31 janvier 2019 pour assurer la transition avec ses successeurs, Philippe Sesmat au poste de directeur d’exploitation, et Nicolas Pereira au poste de directeur général, déjà directeur général de Colvemat. « Dans tous les métiers, il y a des regroupements. Aujourd’hui, si on veut être performant, il faut des moyens financiers derrière. Pour faire du commerce, il faut du stock et plus de matériel de démonstration. Avec mon épouse, on se sentait de plus en plus isolés. On est arrivés au bout de nos limites », analyse lucidement Emmanuel Nebout. Mais pas question pour autant de céder l’entreprise à n’importe qui. Le repreneur espéré devait être solide financièrement, garant d’une certaine continuité pour les salariés, tout en étant adoubé par le groupe John Deere. Une équation qu’Emmanuel Nebout a pu résoudre indirectement par le biais de la marque JCB, la partie agricole étant vendue en Alsace par Haag, tandis que la partie travaux publics est assurée par Colvemat. « On a fait des affaires communes et on a appris à se connaître », se souvient Nicolas Pereira. Au fil des discussions, il apprend que le groupe Haag est à vendre. Désireux de se diversifier dans l’agriculture depuis plusieurs années, et bénéficiant de moyens techniques et financiers importants depuis son rachat par Groupe Europe Holding en 2012, Colvemat trouve l’opportunité qu’elle cherchait. Les discussions sérieuses démarrent début 2018. « On est allé voir John Deere avec Emmanuel afin de connaître leurs attentes pour l’Alsace », poursuit Nicolas Pereira. Haag étant le fournisseur exclusif de la marque dans cette zone géographique, l’aval du constructeur américain est indispensable. « Ils nous ont annoncé qu’ils souhaitaient renforcer leur présence en Alsace avec plus de ventes de machines, ce qui nous allait bien. Ils ont aussi apprécié notre connaissance de la distribution de machines. Et que ça soit pour des travaux publics ou pour de l’agriculture, les attentes sont toujours les mêmes : être capable de représenter dignement un constructeur sur un territoire donné. C’est notre philosophie en tout cas », indique Nicolas Pereira. Outre la volonté de John Deere de se développer dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, c’est le profil global de Haag qui a séduit le groupe Colvemat. « C’est une entreprise régionale bien implantée dans ses territoires, et qui bénéficie d’une certaine antériorité. Le fait que la partie irrigation y soit aussi développée nous a beaucoup plu, cela complète bien la partie machinisme », explique le nouveau directeur général de Haag. La même équipe, de nouvelles ambitions Colvemat ne s’en cache pas, ce rachat du groupe Haag constitue sa première vraie expérience dans le machinisme agricole. Et quitte à y aller, autant que ce soit avec les « meilleurs ». « Nous avons envie de travailler avec des leaders. John Deere en est un, Idrofoglia aussi. Du coup, on accepte qu’ils aient des exigences avec nous, tout comme nos clients agriculteurs. » Pour continuer à répondre à ces exigences et faire encore mieux que ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui, la nouvelle équipe dirigeante va s’appuyer sur l’ensemble des collaborateurs présents chez Haag. Qu’ils soient techniciens, commerciaux ou administratifs, tous les interlocuteurs habituels des agriculteurs et viticulteurs alsaciens resteront les mêmes. « Et s’il y a des manques, il faudra les combler », prévient Nicolas Pereira. Deux recrutements ont déjà été entérinés : un nouveau vendeur irrigation embauché le 11 juin dernier, et un nouveau chef d’atelier attendu sur le site de Marlenheim début novembre. Une base « sous-développée » en termes de capacités estiment Nicolas Pereira et Philippe Sesmat. « Nous devons lui donner les moyens de progresser. » Tous les autres sites (Sélestat, Hoerdt, Walheim et Volgelsheim) sont bien évidemment maintenus et seront eux aussi « optimisés » le cas échéant. Ces différentes agences profiteront de l’effet « groupe » offert par le rachat par Colvemat. « Elles vont pouvoir s’appuyer sur notre réseau qui bénéficie notamment d’un service support avancé. On va travailler sur de l’harmonisation, mais le cœur du métier restera toujours local », indique Nicolas Pereira. Cette « inexpérience » du milieu agricole a plutôt tendance à motiver Philippe Sesmat, lui qui doit emmener Haag dans la direction voulue par son nouveau propriétaire. En poste depuis seulement un an à Reims dans l’agence de Colvemat, mais bénéficiant, d’une solide expérience passée dans la grande distribution, il a accepté, sans hésiter, de rejoindre l’Alsace pour relever ce nouveau défi professionnel. Petit-fils de paysan et fils de fromager, il ne part pas non plus en milieu totalement inconnu. C’est d’ailleurs ses origines qui l’ont grandement motivé à prendre la direction de Haag. « J’aime le milieu agricole car il est simple et sans ambiguïté. J’aime aussi la proximité qu’il peut apporter avec les clients. Et puis je sais que je vais pouvoir m’appuyer sur une équipe compétente et expérimentée. En arrivant ici, j’ai rencontré tous les salariés et j’ai senti une belle énergie et une belle motivation. Je souhaite maintenant exploiter les capacités de chacun pour que Haag fasse partie des premiums en Alsace », annonce Philippe Sesmat. Une nouvelle page est prête à être écrite.

Jeunes Agriculteurs. Canton de Hochfelden

Deux exploitations à découvrir !

Publié le 19/07/2018

Au pré ou à l’étable, les vaches des exploitations de Matthieu Goehry et du Gaec des Quatre Ponts seront au cœur des animations proposées par les JA du canton de Hochfelden, le 29 juillet, à l’occasion du concours cantonal de labour. Convivialité et ambiance bucolique seront au programme.

C’est une première pour le Gaec des Quatre Ponts qui va accueillir le public à l’occasion du concours de labour des JA du canton de Hochfelden, le 29 juillet à Mittelhausen. Inédit dans le village, une deuxième ferme, l’EARL Goehry, ouvrira également ses portes ce dimanche-là. Voisine du Gaec, l’exploitation laitière de Matthieu Goehry s’est installée sur ce site en 2005. Depuis cette année, cet éleveur produit du lait de prairie, avec pour objectif « de maintenir la production annuelle de 700 000 litres ». Les vaches disposent de 8 ha de prairies délimitées en 20 microparcelles de 40 ares chacune. « Cette production est plus complexe à gérer, notamment pour connaître les rations mangées par les vaches dans les prairies », souligne l’éleveur. Son troupeau de 80 vaches laitières et de 70 veaux est composé principalement de prim’holstein, avec deux simmentals. Il livre son lait à Alsace Lait. La SAU de l’exploitation compte 15 ha de prairies naturelles et 10 ha de prairies temporaires. 20 ha sont cultivés en betteraves sucrières et 15 ha en blé. Depuis cinq ans, il produit du maïs semences sur 7 ha et, cette année, il s’est lancé dans la production de soja sur 9 ha. Enfin, 12 ha sont cultivés en maïs ensilage et 5 ha en maïs grain. Les 10 ans de la Cuma Le public pourra circuler entre les deux exploitations et admirer une exposition de matériel agricole, dont celui de la Cuma de la Rosée qui a son siège à Mittelhausen. Elle fête ses 10 ans cette année, précise Matthieu Goehry, membre fondateur et actuel président. Elle compte 12 membres sur le secteur et gère 40 outils au total, pour un chiffre d’affaires de 190 000 €. Cette exposition sera complétée par des panneaux explicatifs sur l’historique et le fonctionnement de la Cuma. Laure et Damien Fritsch, du Gaec des Quatre Ponts, sont eux aussi membres de la Cuma depuis deux ans. Leur sortie d’exploitation sur ce site remonte à sept ans. Leur bâtiment d’élevage, d’une surface de 3 500 m2, a d’abord accueilli les vaches puis « la partie veaux et génisses depuis 2014 », précise Laure. Au total, le troupeau compte 100 vaches et le même nombre de génisses, pour une production de 988 000 l de lait par an. Sur les 160 ha du Gaec, 21 ha sont dévolus à la culture de la betterave sucrière, 61 ha au maïs ensilage et grains, 35 ha aux céréales à paille (blé et orge), destinés à l’alimentation du troupeau. Concours de labour, animations pour enfants C’est leur exploitation qui va accueillir la majeure partie des animations, souligne le président des JA du canton, Maxime Muller, aide familial au Gaec de la Source à Wickersheim. Le canton compte 35 membres, précise le président. Pour cette journée du 29 juillet, les JA ont concocté une série d’animations, notamment pour les enfants, qui pourront s’amuser dans une structure gonflable. Outre la découverte des vaches et des animaux de la mini-ferme, ils pourront s’essayer à la conduite du tracteur à pédale. Le concours de labour devrait voir une quinzaine de candidats se disputer une place en finale départementale. Au menu du repas de midi, ils proposent un bœuf à la broche accompagné de crudités. La viande, élevée en Alsace, sera servie avec une sauce crème « concoctée au lait de prairie », ajoute Matthieu Goehry. Les desserts seront signés Alsace Lait. Des grillades seront proposées tout au long de cette journée, et en soirée, visiteurs et concurrents seront conviés à se retrouver autour des tartes flambées, une tradition conviviale des JA à ne pas manquer !

Association régionale des industries alimentaires (Aria) Alsace

Manou, la grande dame de l’Aria

Publié le 18/07/2018

Après quatre mandats successifs, la présidente de l’Aria Alsace, Manou Massenez-Heitzmann, a passé le relais lors de l’assemblée générale du 6 juillet. L’occasion pour les participants de revenir sur les nombreux succès et les innovations insufflées par cette figure de l’industrie alimentaire alsacienne.

L’assemblée générale de l’Association régionale des industries alimentaires (Aria) revêtait cette année un caractère tout particulier pour les membres et les personnalités présentes. Sa présidente, Manou Massenez-Heitzmann, a annoncé son départ, après douze années à sa tête. Ses quatre mandats à l’Aria portent son empreinte, quasiment une marque Manou, « un prénom qu’elle s’est fait », a souligné le premier adjoint au maire de Strasbourg, Alain Fontanel. Avant de saluer son dynamisme : « Elle est toujours prête à prendre la défense des marques alsaciennes ». La députée européenne, Anne Sander, a souligné « l’importance de la reconnaissance des produits » à laquelle elle a contribué. « Manou Massenez-Heitzmann a porté haut et fort les industries alimentaires alsaciennes », a déclaré le président du Conseil départemental, Frédéric Bierry, en livrant quelques anecdotes sur cette femme toujours pleines d’idées, toujours positive, « sa marque de fabrique ». « De la fourche à la fourchette, il y a des pépites dans l’agriculture et dans l’industrie alimentaire » qui participent à l’art de vivre et à la gastronomie du territoire. Il a salué « le couple de dames » formé avec Sylvie Schott, directrice générale de l’Aria, et a dit être « très fier de l’industrie agroalimentaire du territoire ». Robert Hermann, président de l’Eurométropole, a quant à lui rappelé l’importance de ce secteur, qui représente 23 % des emplois, 330 entreprises et 4 600 salariés. « Grâce à l’Aria, des petites et des moyennes entreprises ont pu s’ouvrir à l’export », suite à la création du guichet unique et sectoriel avec la Chambre de commerce et d'industrie. Les résultats sont au rendez-vous avec un chiffre à l’export pour l’alimentaire de 9 % en Alsace, contre 7 % pour la moyenne nationale. Manou Massenez-Heitzmann est « une Alsacienne convaincue, nous pouvons compter sur elle pour défendre et valoriser la région Alsace au sein de la grande région », a-t-il conclu l’élu. Labellisation unique, présence accrue sur les salons internationaux Très émue par ces témoignages, Manou Massenez-Heitzmann a précisé qu’elle avait exécuté ce dernier mandat « pour finaliser la mise en place de l’Aria Grand Est ». Elle a remercié Hélène Heimburger de lui avoir fait confiance en 2006 en lui passant le relais et tous les chefs d’entreprise qui l’ont soutenue, Michel et Yolande Haag, Pierre Schulé entre autres. Elle a souligné « les difficultés à fédérer des entreprises de tailles différentes », grands groupes, coopératives, PME, et sa « fierté à ce qu’elles soient toutes représentées au sein de l’Aria ». Elle a ensuite rendu hommage aux anciens directeurs Gilbert Grasser, Marie-Claude Stoffel. L’Aria a obtenu du gouvernement la labellisation Cluster en 2010. En 2010 a aussi été créé le programme Noviaa : « De la haute couture pour les entreprises », accompagnées dans l’innovation. 70 programmes Noviaa ont été réalisés et ont permis de gagner six trophées Alsace Innovation. Gérard Risch, des pains d’épices Fortwenger, vient de gagner un trophée à la Fency de New York. Manou Massenez-Heitzmann a donné quelques chiffres sur les salons professionnels au développement desquels elle a œuvré : il y avait 6 exposants à Lyon en 2009, 32 en 2016, 29 à Cologne ; 13 entreprises étaient présentes à la Fency de New York, contre 3 au départ, et 5 l’étaient au Sial à Shanghai. Ces actions à l’international sont menées parallèlement à une volonté « d’ancrage dans le territoire », concrétisée par la création de la marque Savourez l’Alsace, mise en place avec le soutien de l’ancien président de la Région, Philippe Richert. Plus de 3 000 produits sont référencés à ce jour. Rapprochement avec l’agriculture, reconnaissance européenne Manou Massenez-Heitzmann a rendu un vibrant hommage à l’ancien président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Jean-Paul Bastian, « un visionnaire ». Avec lui, elle a réussi à rapprocher le monde de l’agriculture et celui des industries alimentaires, « impossible il y a vingt ans ». Grâce à lui, « nous avons pu instaurer un dialogue constructif, dépasser les réticences » et créer ensemble de nouvelles filières. « L’agriculture a fait confiance à l’Aria » dans une nouvelle marque commune Savourez l’Alsace Produit du terroir. Elle a évoqué les escales alsaciennes - 21 entreprises participent à cette ouverture au tourisme industriel -, ainsi que les opérations avec la grande distribution. Seule Aria en France labellisée Cluster, elle a intégré le programme Interreg européen String, seul Food Cluster français parmi onze autres issus de six pays européens. Le Food studio, désormais installé dans les locaux de l’Hôtel départemental, offre un rapprochement avec le laboratoire d’analyses départemental, « important au regard des problèmes alimentaires ». L’ouverture à l’Université de Strasbourg a récemment permis le lancement du pôle Sciences et culture alimentaire d’Alsace. Manou Massenez-Heitzmann a précisé que « l’Aria a toujours fonctionné avec peu de personnel », soulignant l’importance du bénévolat. Et annoncé qu’elle allait se consacrer à l’international au niveau national pour continuer à aider les PME à l’export. Elle a été très touchée par la vidéo montage dans lequel plusieurs membres du conseil d’administration lui ont témoigné leur attachement. « Manou a brandi l’étendard de l’Aria et galopé pendant douze ans, a déclaré Gilbert Grasser. Son prénom est gravé dans le cœur des adhérents. » « C’est la fin du duo infernal des blondes de l’alimentaire », a déclaré émue Sylvie Schott, sachant « qu’elle ne sera jamais bien loin, là si on a besoin d’elle ». Cette séquence émotions s’est achevée par une remise de cadeaux à la présidente d’honneur.

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