Vie professionnelle

Publié le 05/08/2018

Les 150 ha de l’EARL Dollinger sont répartis sur dix communes, les parcelles les plus éloignées étant situées à Schaffhouse sur Zorn. Comme la plupart de ses collègues, il voit d’un bon œil l’aménagement foncier planifié dans le cadre de la construction du Contournement ouest de Strasbourg (COS, alias GCO). La construction de cette autoroute engendre l’une des plus importantes opérations de remembrement de ces dernières années en Alsace. Plus de 11 000 ha vont être aménagés en quatre ans dans l’ouest et le nord strasbourgeois, soit quelque 30 000 parcelles cadastrales sur 28 bans communaux. Le Conseil départemental pilote l’opération en liaison étroite avec la Chambre d’agriculture d'Alsace et les agriculteurs. Objectif : mutualiser la perte de foncier liée à l’emprise de l’ouvrage entre un grand nombre d’agriculteurs. Mais une opération de cette envergure est très complexe. Aussi le périmètre a-t-il été divisé en cinq zones intercommunales et c’est au sein de ces cinq zones prises séparément que sera réorganisé le parcellaire. La commune de Hoerdt fait partie de la zone COS nord, qui s’étend de Vendenheim à Weyersheim, en passant par Geudertheim et Bietlenheim, sur une superficie de 3 000 ha. Cet aménagement permettra d’optimiser la gestion des mesures compensatoires environnementales liées au COS et à la Sanef, souligne Dominique Métreau, responsable du service gestion du territoire de la Chambre d'agriculture. Il permettra en outre de restructurer le parcellaire, et donc de moderniser l’agriculture, avec une perte de foncier limitée pour les exploitations : « Plus de 200 agriculteurs vont perdre de l’ordre de 1,4 %, c’est supportable. » Et ce, tout en intégrant des dispositifs de lutte contre les coulées d’eau boueuse à Geudertheim. Dominique Métreau ajoute : « Le remembrement est un outil précieux, puissant et moderne, à condition de le gérer de manière intelligente ». Un outil de modernisation de l’agriculture Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, « cette stratégie marquera positivement notre paysage sur le plan économique et environnemental ». Selon lui, une exploitation remembrée peut économiser entre 50 et 100 €/ha/an. À cela s’ajoute le gain de temps lié aux déplacements, sans oublier la réduction des volumes de produits phytosanitaires, estimée à 20 %. Emmanuel Dollinger poursuit : « Si je pouvais regrouper plusieurs parcelles, je pourrais électrifier le système d’irrigation, ce qui éviterait de transporter du gazole pour alimenter les pompes. » Pour Franck Sander, l’aménagement foncier ne doit pas se limiter à la réalisation de grandes infrastructures routières ou ferroviaires. « Le remembrement est de votre ressort. Il faut continuer, même en dehors du COS. » La réponse de Frédéric Bierry fuse : « Nous n’avons pas l’intention de nous arrêter en cours de route. En matière d’aménagement foncier, nous avons conservé le même niveau d’engagement, soit environ 3 000 ha/an. Le COS vient en plus des autres opérations de remembrement. »

Canton de Marmoutier

Un concours de labour au musée

Publié le 04/08/2018

Les Jeunes Agriculteurs du canton de Marmoutier préparent le concours de labour du samedi 12 août. L’événement aura lieu autour du musée du patrimoine agricole d’antan, à Allenwiller. Une première.

Des centaines de pièces agricoles anciennes sommeillent dans le grand hangar. Des moissonneuses-batteuses en bois toisent des tracteurs de l’après-guerre. Une cinquantaine de motoculteurs du troisième âge somnolent sous un appentis. Bienvenue au musée du patrimoine agricole d’antan, à Allenwiller. C’est ici que se tiendra le concours de labour du canton de Marmoutier le 12 août. Pour la première fois, la fête ne se déroulera pas dans une ferme. « On a déjà fait le tour des fermes du secteur, ça change un peu », se réjouit Laurent Lux. Le président des Jeunes Agriculteurs du canton, organisateurs de l’événement, souhaite faire connaître ce musée encore trop confidentiel. Car après deux ans d’existence, le site n’attire pas foule de visiteurs. Dommage vu la richesse de la collection et les investissements consentis par la mairie. Le hangar d’exposition a ainsi été construit en 2005 pour stocker les pièces. Petit retour aux sources de cette aventure. Au milieu des années 1990, une idée germe dans la tête des bénévoles de l’association socioculturelle d’Allenwiller : sauver le matériel agricole ancien de la rouille, ou pire, de la casse. « À l’époque, des gens achetaient des corps de ferme pour les transformer en gîtes, se souvient Jean-Jacques Schneider, président de l’association et conseiller municipal. Ils vidaient donc les dépendances des outils et pièces qui les encombraient. » Alors les volontaires récupèrent tracteurs, scies et autres charrettes. Ils les entreposent dans des débarras derrière la mairie. 110 motoculteurs Et puis « ça a pris de l’ampleur », explique Roger Muller, l’édile. Les bénévoles croulent sous des centaines de pièces. En 2005, le conseil municipal vote la construction d’un hangar de 1 200 m2 au bout du village. « On voulait une salle polyvalente où on pourrait stocker le matériel et le retirer en cas d’événement à l’intérieur. » Là encore, le maire se fait déborder. Impossible de déplacer rapidement les dizaines de machines, outils et véhicules exposés. Il faut construire une autre salle pour recevoir fêtes et cérémonies. Elle voit le jour quelques années plus tard, juste au-dessus du musée. Mais à l’époque, il ne s’agit pas encore d’une exposition. Plutôt d’un lieu de stockage pour préserver le matériel agricole. Et puis « on a eu envie de partager ce patrimoine avec les gens », explique Jean-Jacques Schneider. Il faut plusieurs années aux bénévoles pour trier, remettre en état, nettoyer, agencer les pièces. En 2015, la collection ouvre au public. Un dimanche par mois et les mercredis après-midi en été. La finalité logique du projet de collecte d’antiquités agricoles. L’inventaire s’est-il stabilisé depuis ? Pas vraiment. « On n’arrive pas à dire non », sourit Roger Muller. Dernière acquisition en date : près de 110 motoculteurs, dont une cinquantaine est exposée en extérieur. Rien que ça. Et ce n’est pas fini. « Maintenant on cherche des photos ou des enregistrements d’époque, c’est assez rare d’en trouver », confie Jean-Jacques Schneider. Qui sait, la fête du 12 août réservera peut-être quelques bonnes surprises pour les bénévoles du musée.

Jeunes Agriculteurs. Canton de Marckolsheim

Un concours de labour « trois en un »

Publié le 03/08/2018

Dimanche 12 août, les Jeunes Agriculteurs du canton de Marckolsheim organisent le concours intercantonal de labour à Bindernheim. Trois fermes ouvrent leurs portes à cette occasion.

Plutôt que d’organiser chacun leur concours de labour, les Jeunes Agriculteurs des cantons de Marckolsheim, Benfeld et Sélestat ont pris l’habitude d’organiser, par roulement, un concours unique réunissant les candidats des trois cantons. Cette année, ce sont les JA du canton de Marckolsheim qui en sont les organisateurs. Les festivités auront lieu dimanche 12 août à Bindernheim. Pour l’occasion, trois fermes du village ouvriront leurs portes. L’élevage Wollenburger est l’une d’entre elles : bien connu dans le monde des concours d’élevage, il est dirigé par un passionné de génétique, Laurent Wollenburger. Avec son amie Gabrielle, celui-ci élève 60 vaches laitières prim’holstein, qu’il sélectionne rigoureusement en vue de les faire participer à des concours. Cette stratégie lui vaut de figurer régulièrement en haut des palmarès. Le troupeau de Laurent Wollenburger comporte de nombreuses vaches d’origine nord-américaine, la moitié d’entre elles provenant de la même mère, qui a produit des embryons réimplantés sur d’autres vaches. L’éleveur présentera plusieurs championnes, distinguées lors des éditions passées d’Eurogénétique, notamment Délicia, une vache qu’il détient en co-propriété avec le Gaec Wilt, de Dachstein, et Riedill Jeunesse. La ferme Jaeg est spécialisée dans la production de céréales et de légumes. Doris et Roland Jaeg cultivent 4 ha d’oignons blancs, entre 25 et 30 ha de navets - dont une partie sert à la fabrication des navets salés -, environ 60 ha de maïs et 25 ha de blé. La production de légumes n’est pas nouvelle sur l’exploitation, mais elle s’est développée au fil du temps. Depuis quelques années, le couple cultive aussi de la rhubarbe : ces différentes productions lui permettent de fournir du travail neuf mois sur douze à ses huit salariés. La ferme Jaeg écoule 90 % de sa production auprès de la coopérative Les maraîchers réunis de Sélestat. Pour accompagner son développement, elle a régulièrement investi dans plusieurs bâtiments, dont le dernier a été construit en 2013, et dans deux chaînes de lavage et de conditionnement. La troisième ferme qui ouvrira ses portes est celle de Jonathan Ludwig. Le jeune éleveur dispose de 420 places en engraissement et 250 places en veau de boucherie. Pour son atelier d’engraissement, il s’approvisionne pour l’instant en veaux de 8 jours de race montbéliarde et en broutards charolais. D’ici deux ans, il pense « tout passer en broutards charolais ». Il achètera alors les animaux à l’âge de 9 mois et les engraissera durant un an. Une bonne partie de ses surfaces - 48 ha de maïs, 11 ha de blé et 33 ha de prairies - sert à nourrir les bovins : la ration des taurillons se compose en effet de maïs ensilage, de tourteau de soja, de son de blé et de foin à volonté. Pour les veaux de boucherie, Jonathan Ludwig travaille en intégration : les veaux et leur nourriture lui sont fournis par l’entreprise hollandaise Denkavit, l’éleveur se chargeant de la pension. Labour équin et battage à l’ancienne Le jour du concours de labour, le public pourra circuler d’une ferme à l’autre, voir les animaux et le matériel, discuter avec les agriculteurs, indiquent Damien Gerber et Alexis Losser, président et secrétaire des JA du canton de Marckolsheim. Une trentaine de concurrents sont attendus pour les épreuves de labour, dans les différentes catégories. Des laboureurs avec des tracteurs d’époque participeront à l’animation et une démonstration de battage à l’ancienne est au programme. Le site accueillera également la finale régionale de labour équin, qui a lieu tous les deux ans. Une exposition de matériel agricole est également prévue avec la participation des concessionnaires locaux. Les enfants trouveront leur bonheur grâce à diverses animations (karting, trampoline). Côté restauration, les JA du canton proposeront de l’échine, accompagnée de salades de pomme de terre, de carotte et de céleri, suivis d’un dessert alsacien et de café. Un bar à lait servira des cocktails et, en soirée, les Jeunes Agriculteurs confectionneront des tartes flambées.

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