Vie professionnelle

Publié le 30/08/2018

Une des fermes hôtes de la finale départementale de labour abrite un méthaniseur en construction. Dimanche, les visiteurs ont pu prendre un petit cours de méthanisation, avec visite du site en prime.

« La méthanisation ne signifie pas la même chose pour tout le monde. » Christophe Gintz entend clarifier le sujet auprès de tous les visiteurs qui défilent sur son stand installé en contrebas de l’étable du Gaec Gibsbach. À quelques mètres d’un méthaniseur en construction. Le conseiller Chambre et spécialiste des énergies renouvelables a vu défiler de nombreux agriculteurs, dimanche. Mais pas que. Des gens sans expérience se sont aussi intéressés au sujet. « Pour beaucoup c’est un concept assez vague, ils veulent surtout savoir quels seront les désagréments à subir si un méthaniseur s’installe près de chez eux. » Et justement dans la région de Haguenau, les projets pullulent. Outre le Gaec Gibsbach, un autre projet est à l’étude à Wittersheim, à quelques kilomètres. Là, il s’agit d’un projet nettement plus conséquent. Une trentaine d’agriculteurs se sont associés, le dossier est en cours d’instruction administrative. À Wahlenheim, à peine plus loin, la ferme Adam est en train de construire son unité. « C’est un canton assez dynamique au niveau de la méthanisation », confirme le technicien. « La méthanisation palliera les fluctuations du prix du lait » Un peu plus loin, Yvan Tritz, gérant de la société France Biogaz, fait visiter le chantier du méthaniseur. Le constructeur a commencé à travailler pour le Gaec du Gibsbach l’an dernier et l’installation doit être achevée en octobre. Le système doit injecter à terme 270 kilowatts dans le réseau électrique. La ferme possédait déjà une grande cuve de stockage. France Biogaz a donc juste installé le digesteur et les équipements annexes (moteur, local technique, trémie). Sylvain Koeger, associé du Gaec, a lancé ce projet en 2016. Pour cela il a créé une nouvelle société, appelée K Énergie. « C’est une valeur ajoutée pour le Gaec, l’engrais obtenu sera plus rapidement utilisable. » L’électricité produite par l’unité sera rachetée par ES, avec un contrat de 20 ans à la clé. « Cela offre une visibilité à long terme que nous n’avons plus avec la production laitière et qui palliera les fluctuations du prix du lait. » La chaleur produite sera réinjectée dans le bâtiment d’élevage, notamment pour le séchage du fourrage « qui sera de meilleure qualité ».

Publié le 25/08/2018

La Mutualité sociale agricole d’Alsace était présente pour la première fois à la foire aux vins de Colmar. L’objectif était de « rencontrer nos adhérents, et en particulier les viticulteurs employeurs de main-d’œuvre, pour les accompagner dans leurs démarches », a indiqué le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher. Le conseil d’administration a profité de l’occasion pour réunir un groupe de délégués et leur présenter le projet stratégique MSA 2025.

« Susciter le débat, faire émerger des suggestions pour apporter notre pierre à l’édifice au niveau national, tel est le but de cette soirée », annonce David Herrscher, avant de présenter les principaux axes du plan stratégique MSA 2025. Un plan qui doit permettre à la MSA de « mieux répondre aux attentes de nos adhérents et de nos partenaires ». La MSA d’Alsace va travailler sur ce plan stratégique avec son conseil d’administration, l’équipe de direction et les partenaires pour mettre en commun expériences, innovations et propositions. « Nous partagerons nos propositions avec les MSA de l’Est pour établir une contribution commune qui aura du poids au niveau national. » Ces contributions seront envoyées à la Caisse Centrale de MSA au plus tard le 15 novembre, pour une validation et une mise en œuvre du plan stratégique en 2019. L’un des objectifs de ce plan est de moderniser le service rendu aux adhérents et de maintenir sa qualité. Comment gagner en réactivité ? Comment conserver le lien de proximité à l’heure de la digitalisation et du numérique ? Autant de questions auxquelles il faudra apporter des réponses. « Nous avons une force en Alsace, nos bureaux décentralisés », ajoute Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace. Promouvoir la place de la MSA dans la protection sociale de demain est un élément vital, car la pérennité du régime agricole en dépend. « Emmanuel Macron veut faire disparaître les corps intermédiaires. À nous de montrer que nous pouvons proposer une alternative viable », insiste David Herrscher. Mais l’enjeu primordial est, aux yeux du président, d’investir plus fortement les territoires ruraux. « Lors de l’inauguration de la foire aux vins de Colmar, le président du Sénat, Gérard Larcher, a dénoncé la montée du populisme. Nous lui avons expliqué que nous pouvons contribuer à lutter contre ce phénomène. Nous voulons être offensifs, être force de proposition. » Dernier objectif, mettre en œuvre de nouvelles activités. Le président a cité l’exemple du cinquième risque, celui de la dépendance. « La MSA peut être un acteur sur ce sujet. » « Nos adhérents sont attachés à leur MSA » Comment les adhérents perçoivent-ils leur régime de protection sociale ? Tous les deux ans, la Caisse centrale de MSA interroge un panel d’adhérents pour établir des statistiques. Le travail des élus - une spécificité du régime agricole -, les actions déployées par les Caisses et le guichet unique sont bien perçus. « La MSA est un régime social professionnel de sécurité sociale, contrairement au régime général, donc elle connaît mieux ses adhérents et leurs besoins, de leur naissance à leur retraite. Nos adhérents sont majoritairement attachés à leur MSA et trouvent sa présence légitime pour intervenir sur les territoires ruraux », souligne le président. Pour autant, des pistes d’amélioration existent. Ils attendent des avancées sur la qualité du service rendu : joignabilité, délai de traitement, et davantage de conseils et d’accompagnement sur leurs droits sociaux, sur les obligations des petits employeurs. La MSA, ce sont 35 Caisses régionales, liées par une convention d’objectifs et de gestion signée avec l’État, dans un contexte de réduction drastique des moyens financiers. « La MSA d’Alsace doit diminuer ses effectifs de cinq ETP (équivalent temps plein) par an, soit 25 salariés en cinq ans, alors que de nouvelles missions nous sont confiées. » Une des pistes envisagées est de faire progresser le nombre d’adhérents. Par exemple, en ouvrant les affiliations à d’autres entreprises, comme le négoce des céréales. Mais il est difficile, dans les conditions actuelles, de faire basculer des entreprises du régime général vers le régime agricole. « Nous continuerons aussi à agir auprès de nos partenaires, comme la Carsat, les autres organismes de protection sociale, les collectivités locales. » Pour réussir son plan stratégique, la MSA veut s’appuyer sur trois forces. Son organisation exemplaire : « Le modèle MSA est unique dans le paysage et la sécurité sociale française, avec son guichet unique et ses 20 000 élus de terrain. La nouvelle organisation territoriale va impliquer une redéfinition des cantons et une réduction du nombre de délégués aux prochaines élections », a annoncé le président. Ses 16 000 collaborateurs, « investis et adaptables » comme ils l’ont parfaitement démontré ces derniers mois. Son savoir-faire - connaissance du milieu agricole, capacité d’innovation, offres sur les territoires pour les maisons de retraite, les crèches, etc. Quels services faut-il développer pour les populations agricoles ? La MSA a dégagé cinq axes de travail. Le premier étant de développer les services pour les populations agricoles, les territoires ruraux, les partenaires. Sur ce sujet, les idées fusent : accompagner les employeurs dans l’application du droit du travail, orienter la main-d’œuvre vers les filières agricoles qui recrutent, renforcer la prévention et la préservation de la santé des salariés, améliorer la gestion de la complémentaire santé, renforcer le lien entre la MSA et la complémentaire retraite (Cicas). « Le projet de réforme Delevoye prévoit un opérateur unique sécurité sociale-complémentaire retraite », annonce David Herrscher. D’autres suggestions sont faites : accompagner les seniors dans l’apprentissage des technologies numériques, mettre en place un suivi social pour les salariés des entreprises en difficulté, etc. David Herrscher va plus loin : « Nous étudions la possibilité de gérer des activités administratives, pour vous permettre de vous concentrer sur votre cœur de métier ». Concernant l’action sur les territoires ruraux, les délégués estiment qu’il faut intensifier les services aux jeunes actifs pour maintenir une population dynamique dans ces territoires. Apporter plus de services aux aînés. Prendre en compte les besoins spécifiques des « familles sandwichs », qui éduquent encore leurs enfants mais doivent déjà s’occuper de leurs parents vieillissants. Concernant l’axe 2, entretenir une relation de service humaine, performante et proactive, Christelle Jamot interpelle les délégués : « Quels sont vos modes de contact préférés ? Souhaitez-vous que la MSA vienne dans votre entreprise pour informer les salariés sur leurs droits et les services qu’ils peuvent attendre de la MSA ? » Booster le rôle des élus de la MSA constitue l’axe 3. « Dans votre expérience de délégué, quelle a été votre plus grande réussite ? Appréciez-vous la formation délivrée aux délégués ? Souhaitez-vous poursuivre votre engagement ? » Car il faut préparer les élections MSA, prévues en 2020… Sur l’axe 4, gagner en performance pour développer de nouvelles activités et proposer un meilleur service, les dirigeants de la MSA s’interrogent : sur quelles compétences les équipes peuvent-elles progresser ? Comment gagner de nouveaux adhérents ? Pour David Herrscher, il convient de se rapprocher de Coop de France pour sensibiliser les coopératives : « Lorsqu’elles créent des filiales, elles doivent rédiger les statuts de façon à prévoir une affiliation à la MSA ». Le dernier axe consiste à associer les équipes à la mise en œuvre de ces orientations. Dans les prochaines semaines, ce plan stratégique MSA 2025 sera présenté à l’ensemble des organisations professionnelles, indique David Herrscher.

Dimanche 26 août à Niederaltdorf

Il va y avoir du spectacle !

Publié le 24/08/2018

Rendez-vous ce dimanche 26 août à Niederaltdorf pour la finale départementale de labour du Bas-Rhin. Les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau sont en charge de l’organisation, avec le soutien de 200 bénévoles.

Depuis l’automne dernier, les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau préparent cette grande fête qu’est le concours départemental de labour. Pour l’occasion, ils ont constitué un comité événementiel, composé de huit membres : Guillaume Fuchs, président des JA du canton, Sylvain Koeger, vice-président, Guillaume Pfrimmer, secrétaire, Guillaume Schoenfelder, secrétaire adjoint, Jean-Noël Burg, trésorier, Mathias Lamote, trésorier adjoint, Xavier Kandel et Pierre Fuchs, membres. Une équipe motivée, bien décidée à faire de cette journée estivale un moment de convivialité et de mise en avant de l’agriculture locale. Une équipe jeune, aussi, puisque la plupart de ses membres n’ont gardé aucun souvenir de la dernière finale départementale de labour organisée par le canton de Haguenau - c’était en 1999 à Batzendorf - et encore moins de la finale régionale organisée à Niederaltdorf une quinzaine d’années auparavant. « Nous nous réunissons régulièrement depuis l’automne pour préparer cette journée », explique Guillaume Fuchs. Et depuis quelques semaines, bien que les chantiers d’ensilage soient venus s’intercaler de manière prématurée dans le calendrier, le rythme des rencontres s’est accéléré : les animations, la circulation sur le site, les parkings, le ravitaillement, la promotion de l’événement, la mobilisation des exposants et des bénévoles, les questions de sécurité… rien n’a été laissé au hasard. Dimanche 26 août, les JA du canton de Haguenau pourront compter sur le soutien de 200 bénévoles, dont leurs aînés. Le choix des parcelles réservées aux laboureurs a été fait bien en amont, avant les semis de blé, toute la difficulté étant de trouver 40 ha de blé d’un seul tenant pouvant accueillir les compétiteurs et les milliers de visiteurs attendus. Au final, compte tenu des rotations envisagées, seuls 4 ha ont vu leur assolement modifié pour la finale. Entre 30 et 40 concurrents, qualifiés lors des concours cantonaux, sont attendus. Ils seront répartis en trois catégories : labour à plat, labour en planches et charrues de ferme. Monstres roulants et rumsteck d’ici Le programme concocté est aussi varié qu’attrayant : le public pourra découvrir la production de lait et de biogaz sur les deux fermes qui ouvriront leurs portes (lire en pages 4 à 6), assister au concours charolais (lire en p 8) ou aux démonstrations d’attelage de chevaux (lire en p 5), faire un baptême de l’air en hélicoptère. Les démonstrations de tracteur pulling promettent du spectacle : voir ces monstres roulants de plusieurs milliers de chevaux s’affronter en tirant d’énormes poids est toujours impressionnant (lire ci-contre). Une mini-kermesse avec jeux autour de la ferme et de l’élevage est prévue pour les enfants. Côté restauration, les organisateurs mettent un point d’honneur à ce que tout l’approvisionnement soit de provenance locale. Ce sera le cas du rumsteck, des frites et de la salade de carottes servis à midi, des grillades, du fromage blanc utilisé pour les tartes flambées, mais aussi des boissons servies à la buvette. Un vin d’honneur est prévu à 18 h en présence des élus, juste avant l’annonce du palmarès.

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