Vie professionnelle

Publié le 21/09/2018

Le salon Passion de nos terroirs s’inscrit dans la continuité des Assises régionales de l’alimentation. Cette série de débats organisée au premier semestre 2017 a abouti à une feuille de route pour augmenter la part de produits régionaux dans les rayons et dans les assiettes alsaciennes.

« Nous l’avons demandé, vous l’avez fait », a lancé Pascale Gaillot. Mardi, la vice-présidente à la Région a inauguré le premier salon Passion de nos terroirs, un an après les Assises régionales de l’alimentation et la feuille de route qui en découle. Petit retour en arrière. L’an dernier, après six mois de réunions publiques, la Région publie un état des lieux du marché alimentaire régional. Elle y ajoute un plan pour booster la part de produits locaux dans les magasins. Cela doit permettre de « reconquérir les consommateurs du Grand Est », selon l’élue en charge de l’agriculture. Parmi les mesures évoquées, la nécessité de faciliter les contacts entre producteurs et acheteurs. À ce titre, les salons professionnels s’imposent comme des outils de premier choix. Un grand nombre de professionnels se retrouvent dans un espace réduit. Des liens se créent. Pas de contrat mais des contacts Ce type de rencontre n’assure pas de retombées économiques directes. Mais il permet de discuter et de se connaître. « On est là pour faire du business, assume Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Mais avant il faut se mettre d’accord sur le prix, les volumes, la qualité… » Des détails plus faciles à aborder en face-à-face que par téléphone. Mais les volumes semblent être l’élément le plus difficile à respecter. « Nous devons être en mesure d’assurer l’approvisionnement de toutes les demandes. » Qu’elles soient en bio, conventionnel, grande distribution ou circuits courts. Avec Passion de nos terroirs, la Chambre d'agriculture et le Conseil régional font un pas vers la reconquête des clients du Grand Est. D’ailleurs, le salon va aussi poser ses valises à Pont-à-Mousson (54) en octobre et à Châlons-en-Champagne l’an prochain.

Publié le 21/09/2018

Ils avaient pris rendez-vous au lendemain du blocage des raffineries au mois de juin. Avec pour objectif d’échanger sur les attentes des uns et les contraintes des autres vis-à-vis de la prochaine Pac. Cette rencontre a eu lieu mercredi 12 septembre sur l’exploitation houblonnière de Franck Sander, à Ohlungen.

Responsables d’Organisations professionnelles agricoles, de syndicats agricoles, élus locaux, représentants de l’État, ils étaient nombreux à assister à cette soirée d’échanges, qui a débuté par une visite de l’exploitation agricole de Franck Sander, et plus précisément de son atelier consacré à la production de houblon. Une visite qui a permis de poser quelques jalons pour la suite du débat puisqu’ont été abordés des thèmes comme la difficulté à recruter de la main-d’œuvre, l’importance d’encourager la diversification des agriculteurs y compris dans des activités telles que la méthanisation ou le photovoltaïque, le manque de solutions phytosanitaires homologuées pour les cultures mineures comme le houblon, les distorsions de concurrence avec l’Allemagne, qui bénéficie à la fois d’un coût de la main-d’œuvre moindre et de davantage de solutions phytosanitaires homologuées, la nécessité de pouvoir travailler en filières organisées. Franck Sander a d’ailleurs évoqué l’élaboration en cours d’une interprofession réunissant producteurs de houblon et brasseurs français : « Des avocats d’affaire sont en train d’en fixer le cadre », a-t-il indiqué. Pour une agriculture diversifiée et pourvoyeuse d’emplois « Cette rencontre avait été prévue à l’issue du blocage de raffineries qui avait pour objectif de réclamer la définition d’un vrai projet agricole, et de dénoncer l’importation de denrées agricoles produites avec des règles moins strictes que celles auxquelles sont soumis les agriculteurs français », a rappelé Hervé Lapie, président de la FRSEA Grand Est. Cette réunion avait pour vocation de donner à chacun l’occasion d’exprimer ses attentes pour la prochaine Pac : « Nous n’allons pas rentrer dans la caisse à outils des différentes mesures qui pourraient être prises, prévient Hervé Lapie, mais présenter notre ambition pour l’agriculture du Grand Est, qui est une agriculture diversifiée et pourvoyeuse d’emplois. » Pour le président de la FRSEA Grand Est, l’agriculture européenne doit rester une agriculture de production, mais diversifiée. « C’est la solution pour l’agriculture de demain. Chaque agriculteur doit pouvoir trouver son projet pour créer de la valeur ajoutée sur son exploitation », estime-t-il. Autres valeurs défendues : « Une agriculture familiale », avec « des filières organisées ». Ses attentes sont fortes en matière de sécurisation des revenus : « Nous avons besoin d’outils à même de nous donner de la compétitivité ». Car en filigrane de la question du revenu financier, c’est la reconnaissance du métier qui est en jeu : « Le secteur agricole rend service aux consommateurs européens. Or les revenus des agriculteurs sont très inférieurs au revenu français moyen depuis 2012. Il s’agit de redonner de la dignité et de la valeur au métier d’agriculteur. De nous donner les moyens d’entreprendre, de nous rémunérer, d’installer des jeunes… Car un métier qui ne se renouvelle pas est un métier qui meurt. » Sans oublier qu’au-delà de produire une alimentation saine, de qualité et en quantité suffisante, les paysans détiennent aussi les clés de la sauvegarde de la biodiversité, de l’évolution du climat, de la dynamique des territoires ruraux, plaide Hervé Lapie : « L’agriculture c’est de l’environnement, et sans agriculture il n’y a pas d’environnement ». Renouveler les générations La question du renouvellement des générations est bien évidemment au cœur des préoccupations des Jeunes Agriculteurs, représentés par Étienne Losser, président des JA du Grand Est : « Seuls 6,5 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans. La population agricole est vieillissante. » Plus généralement, Étienne Losser a le sentiment que « le C de la Pac a été perdu, il n’y a plus de projet commun, les règles ne sont plus les mêmes pour tout le monde, ce qui induit des distorsions de concurrence. L’objectif de régulation des marchés a été abandonné et les paiements découplés ont entraîné des situations de rente, détachées de l’acte de production. » Face à ce constat, les Jeunes Agriculteurs plaident pour une politique d’installation européenne favorisant le renouvellement des générations. Et pour une Pac qui « accompagne les filières, prévoit des dispositifs pour mieux gérer les risques, comme la diversification, les fonds de mutualisation, l’assurance risque… » Concrètement, les Jeunes Agriculteurs soutiennent une définition de l’actif agricole basée sur l’acte de production, sur des critères de revenu et de temps de travail dans l’objectif de favoriser l’accès au foncier et de limiter les situations de rente. Autre mesure suggérée : conditionner le maintien des aides à un projet de transmission. Un double enjeu, économique et environnemental Pour la députée européenne Angélique Delahaye, la prochaine Pac doit répondre à un double enjeu de performance économique et environnementale : « Il est absurde d’opposer agriculture et environnement. Les premières victimes du changement climatique sont les agriculteurs. » Or, regrette la députée européenne, le projet déposé par la Commission ne contient pas un mot sur la gestion des risques et des crises. « Il s’agit pourtant d’inventer de nouveaux systèmes de gestion, car les systèmes fiscaux ne sont pas suffisants. » Anne Sander a, quant à elle, insisté sur la nécessité de « jouer collectif pour ne pas être perdant ». Coutumière des dossiers afférents à l’emploi, la députée européenne a rappelé que l’objectif de l’Europe « n’est pas de restreindre la mobilité et le marché de l’emploi car il y a besoin de cette mobilité, notamment pour l’agriculture ». Mais que cette mobilité doit être accompagnée, notamment en travaillant sur « la coordination de la sécurité sociale, l’encadrement du contrat de travail, sujet sur lequel il y a d’ailleurs des spécificités agricoles à porter. » « Le vrai risque, c’est que la Pac devienne moins agricole et moins commune », estime le député européen Arnaud Danjean. Moins agricole parce que, comme ces dossiers soulèvent aussi des questions environnementales, sociales, fiscales et commerciales, ils sont traités par d’autres acteurs que ceux émanant des structures agricoles. Et « ce qui est décidé en commission agricole peut être détricoté par d’autres commissions ». Moins commune parce que « nous assistons à des replis nationaux dans tous les domaines depuis dix ans, avec le Brexit pour paroxysme. Il s’agit donc de savoir placer le curseur entre une nécessaire flexibilité liée aux spécificités de chaque pays et une renationalisation totale dont nous sortirions perdants. » Arnaud Danjean pointe une autre menace pour la Pac : « Une négligence croissante pour la ruralité, avec beaucoup de méconnaissance de la part des élus. » Mettre de la chair sur le squelette « Le projet qui a été mis sur la table par le commissaire agricole Phil Hogan fixe un cadre, un squelette, et chaque pays doit construire une stratégie qui sera analysée. Il s’agit de remettre de la chair sur ce squelette, ce qui requiert de savoir ce que l’on met dans ce cadre commun. Nous avons besoin de vos avis, de vos propositions… », a indiqué Michel Dantin, qui a pris des notes à plusieurs reprises au cours de la soirée. Et il va falloir faire vite puisque les députés européens ont jusqu’au 10 novembre pour proposer des amendements. Ensuite, en termes de calendrier, la seule date certaine est celle des prochaines élections européennes, qui auront lieu le 26 mai. Une autre chose est sûre : le budget européen dédié à la Pac va diminuer, ne serait-ce que parce qu’il y a un pays en moins, le Royaume-Uni, qui contribuait plus à la Pac qu’il n’en bénéficiait. Et aussi parce que « la réalité internationale oblige à avancer sur les politiques de défense, de sécurité communes et de répression de la délinquance. » Mais pour Michel Dantin, couper de façon drastique dans le budget de la Pac « alors que d’autres puissances sont en train de réarmer leurs budgets agricoles, que ce soit les États-Unis, la Chine, l’Inde… » n’est pas une option satisfaisante. Donc, pour défendre ce budget, « la France doit prendre des positions claires ». Concrètement. Les aides couplées : « Nous nous battons pour les défendre. Mais il faut les faire évoluer, en y associant autre chose. » La conditionnalité : « Il faut tirer le bilan du verdissement et déterminer ce qu’on maintient, ce qu’on simplifie ». Michel Dantin rapporte que la Commission européenne envisage de consacrer 30 % du budget de la Pac au second pilier : « Il y a un consensus pour dire qu’au regard du budget ce n’est pas possible. » Luc Barbier, président de la FDSEA de Meurthe-et-Moselle, met en garde sur le règlement Omnibus, qui modifie l’approche de la Pac : « En déconnectant les aides directes vers des aides à l’investissement, on risque de laisser des producteurs de côté. » Il évoque aussi les zones intermédiaires, dont cinq départements de la région Grand Est pourraient relever : « Avec quel accompagnement ? Sur quel budget ? Et par quel biais ? ». Michel Dantin évoque aussi la question des fonds mutuels, que « la fièvre porcine peut faire avancer… » Quant à Patrick Bastian, tout en défendant les aides du second pilier, notamment à l’investissement et à la modernisation, il regrette leur « gestion désastreuse ». Michel Dantin précise qu’il ne s’agit pas là d’un problème européen, mais français : « La gestion des aides du second pilier a été confiée aux Régions sans cadre ni cahier des charges. Chacun a son mea culpa à faire », car trop de mesures différentes ont été mises en place : « Il faut en choisir moins, et qu’elles soient plus structurantes. » Mais avant de rentrer dans les rouages technocratiques, il faut défendre le budget de la Pac. « L’autosuffisance alimentaire n’est pas acquise et doit être défendue. C’est un argument qui avait permis à Dacian Ciolos de sauver le budget de la Pac après la crise alimentaire de 2011. » Autres arguments avancés par le député européen : le maintien de la valeur ajoutée dans les territoires ruraux européens et la sécurité sanitaire. Il estime en outre que la sécheresse peut avoir un impact sur les tractations européennes : « Quand la baguette de pain va augmenter, ça va faire bouger les cartes », avance-t-il.

Grands Moulins de Strasbourg

Cherche repreneur

Publié le 19/09/2018

Les Grand Moulins de Strasbourg (GMS) rencontrent des difficultés financières. En cessation de paiement, l’entreprise a demandé sa mise en redressement judiciaire au tribunal de Strasbourg.

L’entreprise bénéficie d’un outil industriel fonctionnel, même s’il profiterait de quelques investissements supplémentaires pour être modernisé, d’un important bassin de consommation, donc de clients fiables et fidèles, de blés de qualité… Mais traîne deux boulets : une amende de 29 millions d’euros (M€) infligée par l’Autorité de la concurrence pour des accords commerciaux jugés illicites, et un impayé de presque 20 M€ à l’export. Dans ce contexte, l’entreprise peine à assurer son fonctionnement. D’où la mise en redressement judiciaire, pour tenter de trouver un repreneur à même de préserver l’activité du groupe, donc le débouché qu’elle représente pour ses fournisseurs de matière première, dont fait partie le Comptoir agricole : « Bon an mal an nous livrons un tiers des blés collectés par le groupe Comptoir agricole aux Grands Moulins de Strasbourg », indique Denis Fend, directeur de la coopérative. Il précise que la production alsacienne de blé est largement déficitaire : « La production est de 400 000 tonnes de blé par an, pour une capacité d’écrasement régionale de quelque 700 000 t ». Dont 350 000 t par an par le site de Strasbourg des GMS (soit 1 200 t par jour et 25 à 30 millions de sachets de farine conditionnés annuellement), peut-on lire sur le site internet du groupe. Des gains de compétitivité à trouver Après une semaine de mise sous redressement judiciaire, Vincent Thiry, directeur juridique des GMS, ne peut que constater : « L’avenir dépendra de notre repreneur et de son projet. Notre objectif est de trouver un repreneur à même de préserver et maintenir le groupe dans toutes ses activités. Nous sommes en ordre de marche pour atteindre cet objectif. Nous multiplions les pistes et les contacts. Car nous croyons au potentiel que représente notre outil industriel, notre marché, avec une clientèle qui nous fait confiance, tout comme nos fournisseurs. Nous avons conscience que nous sommes un acteur important de l’économie locale. Et que la situation actuelle est compliquée pour tout le monde. » Le second souffle que cherche actuellement l’entreprise passera sans doute par des investissements qui permettront de gagner en performance et en compétitivité.

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