Vie professionnelle

Publié le 08/10/2018

La réflexion sur le plan stratégique MSA 2020-2025 se poursuit. Cette réflexion ne se cantonne pas au conseil d’administration de la MSA d’Alsace. Des réunions sont organisées au sein des échelons locaux pour permettre aux délégués de plancher sur le sujet. Exemple à Oberhausbergen, où le président de l’échelon local de Strasbourg, Nhan Ton Ta, a convié une poignée de délégués à la coopérative de producteurs Hop’là.

Joindre l’utile à l’agréable. C’est ce qu’ont fait les délégués de l’échelon local de Strasbourg en se réunissant dans les locaux de la coopérative de producteurs Hop’là, le 20 septembre. Ils ont été accueillis par Patrick Messer, président de la coopérative Hop’la, et Daniel Grandemange, responsable des ventes, qui leur ont fait visiter le magasin avant de leur expliquer la genèse de ce projet innovant. Des installations accueillantes, des produits de qualité et un personnel souriant, les visiteurs ont été conquis. Comme le rappelle Patrick Messer, quatorze exploitants agricoles se sont associés dans une structure coopérative pour créer ce magasin collectif. « Sept ans de gestation ont été nécessaires pour faire aboutir le projet, avec l’aide de consultants extérieurs. Nous avons dû nous former, apprendre à travailler ensemble, à communiquer », explique-t-il. La philosophie de départ est simple et elle n’a jamais changé : « Paysans avant tout, nous ne commercialisons que nos propres produits ». La structure, par contre, a évolué depuis sa création : aux membres fondateurs se sont ajoutés des dépôts-vendeurs. « Nous allons passer le cap des 50 agriculteurs et viticulteurs », précise Patrick Messer. Cette activité a généré la création d’une cinquantaine d’emplois, dans le magasin et sur les différentes exploitations. « Notre fierté est d’avoir pu installer deux jeunes agriculteurs qui n’auraient pas pu revenir sur l’exploitation familiale sans le canal de la vente directe. » « Ça bouillonne à Hop’là ! » Le challenge est permanent : « Nous avons dû remettre en cause notre manière de faire, apprendre à gérer la saisonnalité, la rupture… et l’expliquer à nos clients, avec lesquels nous avons des liens très forts ». Au fil du temps, l’offre s’est étoffée afin de proposer aux clients une gamme plus large de produits locaux et saisonniers. Avec une exigence de qualité irréprochable et de maîtrise sanitaire pour entretenir la confiance. « Nous faisons des audits dans les exploitations qui veulent nous rejoindre. » Dans le même esprit, la coopérative a engagé un chargé de communication pour « éduquer le consommateur, lui expliquer la saisonnalité, répondre à ses interrogations. » Le conseil d’administration se réunit tous les mois pour valider les orientations stratégiques - la présence de tous les associés est obligatoire. De même, l’agriculteur doit participer à la vente : « La vie du magasin doit être portée par les agriculteurs. Les clients veulent voir du paysan. » Et ça marche ! « Nous avions 200 clients par jour à l’ouverture du magasin, ils sont trois fois plus aujourd’hui. » Déjà, un nouveau projet prend forme : « Nous aimerions aider les exploitants dans la gestion des ressources humaines. Car demain, on ne pourra plus se passer du salariat dans nos exploitations. » Christelle Jamot monte à Paris À la MSA d’Alsace, l’actualité est marquée par le départ de la directrice, Christelle Jamot, qui rejoint la Caisse centrale de MSA à Paris le 1er novembre prochain. C’est l’actuelle directrice adjointe, Sylviane Fargeon, qui assurera l’intérim jusqu’à l’arrivée du nouveau directeur, explique Nhan Ton Ta, administrateur de la MSA d’Alsace. Le recrutement est en cours, mais aucun des candidats qui ont été sélectionnés n’a reçu l’aval du conseil d’administration de la MSA d’Alsace. Un nouvel appel à candidatures a été lancé dans l’optique de trouver un candidat dont le profil ferait consensus au sein du conseil d’administration. Quel est l’avenir de la MSA après la suppression du RSI et la volonté affirmée du gouvernement de tendre vers un régime universel ? De l’avis de tous les délégués, le cas de la MSA est différent, car le régime agricole est apprécié par une grande majorité de ses adhérents. Les arguments en faveur du maintien du régime agricole sont nombreux : guichet unique, fort ancrage territorial, services faciles à contacter, proximité des bureaux décentralisés. Le régime local agricole est également un fort atout, car il est à la fois solidaire et performant.

Sécheresse et TODE

La FDSEA monte au créneau

Publié le 04/10/2018

La sécheresse et la perte du dispositif TODE ont constitué les principaux sujets de débat lors du conseil départemental de la FDSEA qui s’est tenu lundi 1er octobre.

Franck Sander, président de la FDSEA, est revenu sur la sécheresse qui touche le département : « La situation est plus qu’inquiétante, même si les résultats sont hétérogènes, certains secteurs sont sinistrés. Il y a un manque de fourrage important chez certains éleveurs. Pire, il ne pleut toujours pas et les implantations de colza et de blé pourraient être affectées. » La FDSEA a activé plusieurs dispositifs : tout d’abord la reconnaissance en calamité agricole pour les cultures non assurables. Des missions d’expertises ont eu lieu ces dernières semaines sur prairies et certaines cultures légumières. Il s’agit d’un dispositif assez lent, la reconnaissance n’interviendra pas avant la fin de l’année. Si reconnaissance il y a, cela permettra aux personnes les plus spécialisées de bénéficier d’une aide, s’ajoutera un dégrèvement sur la Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB). Consciente de la lenteur du dispositif et des besoins urgents des agriculteurs, la FDSEA a sollicité les collectivités (Conseil régional et Conseil départemental). Ces dernières ont acté le principe d’une aide, mais les moyens d’action restent à définir. « Certains Départements ont envisagé une aide à l’UGB, indique Patrick Bastian. Mais cela reviendrait à donner 4 à 5 euros par animal. Je ne suis pas favorable au saupoudrage, ni à donner quelques euros à tout le monde. Il faut identifier les exploitations les plus touchées. » Franck Sander a proposé de définir des enveloppes départementales au sein de la Région Grand Est et que chaque département définisse sa méthode de répartition. Par ailleurs, les membres du conseil départemental se sont montrés favorables à la proposition d’étendre les soutiens aux investissements du Plan bâtiment aux hangars de stockage et silos pour augmenter la capacité de stock des éleveurs. La FDSEA va également mettre en ligne un outil de bourse aux fourrages afin de mettre en relation acheteurs et vendeurs. Enfin, la FDSEA réfléchit à organiser un approvisionnement en autres fourrages de substitution, comme des pulpes en provenance d’autres départements. TODE et dégâts de sangliers Parmi les dossiers d’actualité, la suppression du dispositif d’allégement des charges des employeurs de saisonniers (TODE) est un vrai non-sens pour Gérard Lorber. La conséquence sera un renchérissement du coût pour l’employeur de 189 € par saisonnier et par mois pour un salaire de 110 % du Smic (Smic + ICCP), soit 3,5 millions d’euros de perte pour le département du Bas-Rhin ! La FDSEA a sollicité une rencontre avec le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Lemaire, et un déplacement du préfet sur une exploitation. « Si le préfet ne vient pas nous irons chez lui », a conclu le secrétaire général de la FDSEA. Les membres du conseil départemental sont revenus sur les dégâts de sangliers, particulièrement importants sur prairies depuis quelques semaines. Laurent Fischer, en charge du dossier, a rappelé que « l’année est vraiment paradoxale, avec de très bons résultats sur le maïs et une catastrophe en prairie. Aujourd’hui il y a plus de dégâts sur prairies que sur maïs dans le département. Et il y a un problème d’indemnisation sur les dégâts de prés notamment en montagne. » C’est pourquoi, la FDSEA a demandé au Fonds d’indemnisation de remettre en état une prairie par ses propres moyens et de comparer le coût au barème qui est appliqué. Cette expérimentation va permettre d’ouvrir une négociation sur le sujet.

Publié le 03/10/2018

Vendredi 28 et samedi 29 septembre, un food truck du réseau Bienvenue à la ferme s’est installé à Strasbourg. Une dizaine de producteurs se sont relayés pour cuisiner des petits plats fermiers aux citadins. Une nouvelle étape dans la stratégie de communication de la plateforme.

Un fourgon aménagé en cuisine roulante stationne sur la place Kléber. Il est 11 h 30, grand ciel bleu, et Marianne Mathis commence à cuisiner. « On a des quiches, des saucisses et je vais préparer des légumes à la plancha », explique cette agricultrice de Hœrdt. Comme elle, une dizaine d’agriculteurs ont proposé des petits plats de dégustation aux Strasbourgeois, vendredi et samedi derniers. Une initiative du réseau Bienvenue à la ferme, porté par les Chambres d’agriculture pour promouvoir les circuits courts et les activités dans les fermes adhérentes. « L’idée est de promouvoir la marque auprès du grand public », indique Jean-Luc Parthonneau, conseiller circuits courts à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Un virage dans la politique du réseau. Jusqu’à présent, la communication visait surtout les paysans, afin de recruter de nouveaux adeptes. Aujourd’hui, avec 8 000 membres en France et 200 en Alsace, la plateforme a atteint son niveau de croisière. Le focus se tourne donc vers les consommateurs. Voilà l’objet de la tournée « Mangez fermier », lancée à l’occasion des 30 ans de la plateforme. Son food truck parcourt la France pendant un mois et s’arrête dans dix villes. « Les producteurs vont à la rencontre des citadins », résume Jean-Luc Parthonneau. Et ça marche. Un peu avant midi, employés de bureau et étudiants se massent autour des quatre tables hautes posées devant le fourgon. Des serveurs distribuent de petits plats. Les gens ne s’attardent pas mais ils emportent un ou deux prospectus de l’organisation. Le conseiller sourit : « Certains vont au « fast-food », nous nous proposons un « fast good » : c’est rapide et de bonne qualité. »

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