Vie professionnelle

Publié le 23/09/2018

Mercredi 12 septembre, cinquante personnes ont participé à un débat public sur la réforme de la Pac. L’événement organisé par la Maison de l’Europe Strasbourg-Alsace a rassemblé agriculteurs, élus, associatifs et citoyens, au siège de la Région à Strasbourg.

Quel avenir pour la Politique agricole commune après 2020 ? Alors que les négociations entre États ont commencé en juin, une série de réunions publiques ont lieu dans tout le pays. Le but affiché : faire remonter aux élus les doléances des citoyens, associatifs et agriculteurs. Mi-septembre à Strasbourg, cinquante personnes ont débattu de nombreux aspects de la question. Non à la baisse de 5 % du budget de la Pac Le 1er juin, la Commission européenne a dévoilé une partie de ses propositions pour la réforme de la Pac. Parmi elles, la baisse de 5 % du budget agricole. Une perte de 43 millions d’euros (M€). « C’est facile de taper dans la caisse de la Pac pour financer d’autres politiques, car c’est le plus gros budget de l’Union européenne », s’insurge Angélique Delahaye, eurodéputée (LR) du centre de la France. D’autant plus que l’agriculture risque de nécessiter plus de moyens qu’avant. Changement climatique et exigences de la société obligent. « Qui dit transition (énergétique, vers la bio) dit accompagnement », souligne Pascale Gaillot, vice-présidente en charge de l’agriculture et de la ruralité à la Région Grand Est. L’élue européenne plaide donc pour une refonte complète de la Pac. « Aujourd’hui, il faut établir une nouvelle Pac, estime Angélique Delahaye. On ne peut plus se contenter d’actualiser la politique mise en place en 1957. » Un point de vue partagé par Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA. « Au départ, le fondement de la Pac était d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. On a dépassé cet objectif puisqu’aujourd’hui on exporte, analyse-t-il. Mais la Pac a péché sur la rémunération des agriculteurs. » Ne pas opposer les différents modèles agricoles La nouvelle politique commune doit promouvoir la qualité plutôt que la productivité, selon une adhérente d’Alsace Nature. « Il faut produire moins et mieux, avec une meilleure rémunération pour l’agriculteur. » L’idée paraît séduisante, mais les avocats du monde agricole restent dubitatifs. « Nous devons maintenir notre productivité actuelle car le changement climatique entraîne une baisse de la production », objecte Gérard Lorber. La militante plaide alors pour obliger les centrales d’achat à pratiquer des prix corrects et ainsi compenser la baisse de la production. Une revendication honorable. « Mais la Commission européenne n’est pas du tout sur ce créneau », rétorque Angélique Delahaye. La faute au puissant lobby de la distribution. Un groupe d’influence qui a ses entrées à Bruxelles et l’oreille de la Commission. Pour une concurrence plus saine entre pays européens « Les concombres des Pays-Bas coûtent trois fois moins cher que les concombres français, alors que le niveau de vie dans les deux pays est presque identique », s’étonne un participant. Concurrence déloyale ? Pas tout à fait, selon l’eurodéputée. La faute reviendrait plutôt au manque d’ambition de l’État français en matière d’énergies renouvelables. « Aux Pays-Bas, toutes les serres produisent de l’électricité, expose cette maraîchère de formation. Le légume n’est qu’un sous-produit à faible valeur ajoutée. » En clair, « ils pourraient même donner leurs concombres et toujours gagner de l’argent », selon Pascale Gaillot. Selon ces responsables, la France a accumulé un retard considérable sur ce sujet. Dans l’immédiat, Angélique Delahaye plaide pour une modification des règles de la concurrence. « Il faut en établir de nouvelles, on ne peut plus se caler sur les règles générales. » Des positions qu’elle pourra défendre très vite au Parlement européen.

Publié le 22/09/2018

La Ligue Grand Est de Football et Groupama Grand Est ont officialisé leur nouveau partenariat le 11 septembre dernier au stade de la Meinau à Strasbourg lors de la rencontre France-Luxembourg des Espoirs et la remise des brevets de moniteur de football. Cette convention propose des services innovants aux clubs de football régionaux sous la forme d’un « service aux clubs ».

Partageant des valeurs communes de solidarité, de proximité et de responsabilité, la Ligue Grand Est de football et Groupama Grand Est ont décidé de renforcer leurs liens par la signature d’un partenariat pluriannuel visant à mutualiser les bonnes pratiques sportives au sein des clubs de football du Grand Est. Pour Groupama Grand Est, cet engagement s’inscrit dans le cadre d’une stratégie d’ancrage sur son territoire en accompagnant des initiatives sportives, culturelles, et économiques porteuses de performance au niveau régional. Ce partenariat positionnera Groupama comme partenaire exclusif du « service aux clubs ». Pour la Ligue Grand Est de Football, ce partenariat permettra d’optimiser sa stratégie de communication destinée à ses adhérents, fans et Clubs de Football relevant de son périmètre. La Ligue et Groupama proposeront aux Clubs régionaux d’adhérer à une agence virtuelle de communication « Artifoot » afin de les accompagner dans la déclinaison de leur politique de communication pour leurs supports imprimés, digitaux et publicitaires. Ce service permettra également aux différents clubs de partager leurs créations et ainsi favoriser l’émergence d’une communauté du foot amateur s’enrichissant mutuellement de leurs actions locales de communication. Partageant l’ambition commune de créer une réelle dynamique au sein de leur territoire, la Ligue et Groupama développeront un jeu-concours « Fais gagner ton club » afin de faire gagner des équipements sportifs aux membres d’une équipe de football. Enfin, dans le but de faire vivre les territoires communs de la Ligue et de Groupama, la création d’une « Bourse à Projet » viendra accompagner des projets dans des domaines aussi variés que la solidarité, la prévention, la mutualisation de moyens, la déclinaison du programme éducatif fédéral.

Publié le 21/09/2018

La première édition du salon professionnel Passion de nos terroirs a réuni producteurs, transformateurs et distributeurs aux Tanzmatten de Sélestat, mardi 18 septembre. 85 exposants, plus de 600 visiteurs, six conférences et d’innombrables rendez-vous d’affaire. 

Favoriser les échanges commerciaux de proximité. Tel est le credo du premier salon Passion de nos terroirs, organisé mardi dernier à Sélestat. L’événement vise à favoriser les contacts entre professionnels de l’alimentation. À la clé : d’éventuels contrats. 85 exposants et plus de 600 visiteurs ont répondu à l’appel du Conseil régional et de la Chambre régionale d'agriculture du Grand Est. « On sentait une vraie attente », se félicite Fabien Digel, un des organisateurs. Les participants saluent en chœur le succès de la journée. Mais tous n’étaient pas venus avec les mêmes objectifs. « On est là pour se faire connaître », avance Thibert Rieffel, assis derrière ses pots de choucroute et sacs de pommes de terre. À 21 ans, il vient de reprendre la fabrique de son père. Il espère se familiariser avec ses clients actuels. Et en rencontrer de nouveaux évidemment. Sa stratégie pour attirer l’attention des acheteurs potentiels ? Le lancement de produit. Ainsi, les frites lancées en juillet occupent une place centrale sur sa table. « Si on avait reçu les publicités, j’aurais aussi communiqué sur l’IGP choucroute d’Alsace» (lire en page 6 de notre édition précédente du 14 septembre 2018). Pour le jeune entrepreneur, participer à un salon représente un budget. Entre le petit stand et ses heures de travail, il a dépensé 500 € dans la journée de mardi. Une dépense nécessaire selon lui. « Se faire voir c’est important. » Mais se faire voir de qui ? Pas évident de dégoter de nouveaux clients dans un salon où la plupart des visiteurs sont alsaciens. « On connaît plus de la moitié des personnes présentes », concède Thibaud Weinmann, commercial chez les poulets Siebert. Même réponse chez la majorité des exposants. Mais l’intérêt est ailleurs. « Ici, on était sûr de rencontrer des gens sensibles aux circuits courts », justifie le jeune homme. Et cela n’empêche pas les bonnes surprises. Il a récolté quelques cartes de visite de potentiels clients lorrains et marnais. Mais il admet attendre « beaucoup des éditions du salon en Lorraine et dans les Ardennes, où nous sommes moins implantés. » Plus loin, Guillaume Keller enchaîne les rendez-vous avec de potentiels nouveaux fournisseurs. « En 2 heures ici, j’ai récupéré plus de contacts qu’en quatre jours à Égast », lance le responsable des achats de Sodexo dans le quart nord-est de la France. En ligne de mire, le salon de la gastronomie qui a réuni plus de 300 exposants à Strasbourg en mars. Mais, le cadre vise plus largement les gros salons où « on vient surtout pour manger à l’œil ». Rien à voir à Sélestat. Là, Keller loue le professionnalisme des participants. « Ici, je fais le tour et si je vois quelque chose qui manque dans ma gamme, je prends contact », explique l’acheteur. De là, tout peut aller très vite. Avec Tereos par exemple. L’entreprise de Marckolsheim fabrique des aliments à base de végétaux, comme les steaks vegans. « Je suis allé les voir et on a pris rendez-vous pour mardi prochain sur leur site », se réjouit Guillaume Keller. « C’est plus facile de se faire une idée du produit quand le fournisseur le défend avec ses tripes et pas sur un catalogue internet », ajoute Éric Hoffman, directeur du supermarché Auchan à Illkirch-Graffenstaden. Ce type de journée booste aussi les projets de développement de nouveaux produits. Les distributeurs profitent de ces rencontres pour faire passer des messages sur l’évolution de la demande du client. Le cadre de Sodexo a ainsi pris contact avec un fournisseur capable de lui fournir des frites bios. Un aliment absent des menus du géant de la RHD. Résultat : d’ici deux ans, il pourrait lui acheter jusqu’à 15 t de frites par an. Chez Auchan, on vise un autre objectif. Apprivoiser les fournisseurs. « Auchan c’est une grosse boîte, très centralisée, ça peut impressionner », constate, lucide, Éric Hoffmann. C’est pourquoi il est venu avec une dizaine de responsables régionaux. Sur son stand, presque aucune publicité ou décoration. Son équipe n’est pas là pour jouer les figurants. Ils sillonnent le salon à la recherche de la perle rare. Pas de doute, ils sont au bon endroit.

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