Vie professionnelle

Publié le 02/11/2018

Après les éleveurs francs-comtois la semaine dernière, c’est au tour de ceux d’Alsace Bossue de bénéficier de la solidarité des agriculteurs bas-rhinois. Dans le canton de Seltz-Lauterbourg, les membres de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs se sont mobilisés pour charger et expédier des camions de paille de maïs broyée vers une quinzaine d’exploitations durement touchées par la sécheresse.

Tout est parti d’un coup de fil passé lundi soir, la semaine dernière. Christian Schneider, président de la FDSEA du canton de Seltz-Lauterbourg, propose à Mathieu Moog, président cantonal JA, de mettre à disposition une parcelle de 90 hectares de maïs récolté récemment pour presser la paille et l’envoyer aux éleveurs d’Alsace Bossue. Rapidement, tout se met en place. Une poignée de JA du canton, épaulés par leurs aînés, réunissent le matériel nécessaire, contactent les Ets Rudolff de Diemeringen qui leur fournissent un tracteur, le groupe Kuhn de Saverne qui leur prête une presse à balles rondes et le transporteur mosellan Kuechly qui leur accorde un tarif préférentiel. Dès le mercredi, les premières bottes sont pressées, avant d’être rassemblées sur des plateaux et chargées sur des camions avant d’être expédiées. Au total, 600 bottes sont ainsi acheminées vers une quinzaine de fermes d’Alsace Bossue et du secteur de Saverne. Jeudi dernier, la FDSEA et les JA ont invité les médias à Roppenheim pour relayer l’information. En présence de Didier Braun, vice-président de la FDSEA 67, Guillaume Pfrimmer, animateur FDSEA, Christophe Haas, trésorier des JA 67, et d’une demi-douzaine de jeunes agriculteurs, les responsables de l’opération en ont expliqué les tenants et les aboutissants. « Comme j’ai récolté plus tard que mes collègues, les cannes de maïs sont bien conservées, a expliqué Christian Schneider. J’ai donc mis ma parcelle à la disposition de la FDSEA du Bas-Rhin qui avait lancé un appel à solidarité dans les colonnes de L’Est Agricole et Viticole ». Une solidarité qui va de soi, selon lui. « Nous ne voulions pas que les éleveurs d’Alsace Bossue soient exploités par les marchands de fourrage », a-t-il ajouté. Christian Schneider a souligné la réactivité des Jeunes Agriculteurs qui, immédiatement, ont répondu présent. « Aujourd’hui, il est là avec cinq autres membres. C’est remarquable dans un canton où il y a peu d’agriculteurs. » Au total, une dizaine de JA se sont mobilisés pour presser, rassembler et charger les bottes de paille. « Cette paille de maïs vient remplacer celle de blé dans les litières », a indiqué Patrick Dietrich, président de la FDSEA du canton d’Alsace Bossue. La sécheresse ayant fortement affecté la production d’herbe et de fourrages dans ces régions herbagères, les éleveurs vont utiliser la paille de blé pour nourrir leurs animaux.

Publié le 02/11/2018

Le Parlement européen a approuvé le rapport De Castro sur les pratiques commerciales déloyales dans le secteur alimentaire, jeudi 25 octobre. Le texte doit servir de base pour négocier l’élaboration d’une loi définitive.

« 428 voix pour, 170 contre, 18 abstentions, le rapport est adopté. » Poings serrés en l’air, l’eurodéputé Paolo De Castro jubile. Le Parlement européen vient d’approuver son texte visant à mettre un terme aux pratiques commerciales déloyales. « Cela fait dix ans que le sujet est sur la table, c’était maintenant ou jamais », exulte l’élu socialiste à la sortie de l’hémicycle. Le vice-président de la commission agriculture a planché sur le rapport tout le printemps (lire en encadré). Celui-ci servira de socle aux négociations avec le Conseil européen - composé des ministres des États membres - en vue d’obtenir un texte de loi final. Le groupe de travail du député s’est attaché à muscler une première proposition de la Commission européenne (le gouvernement de l’Union européenne). Celle-ci veut interdire le paiement des denrées périssables plus de 30 jours après la livraison ? Les eurodéputés approuvent et enfoncent le clou sur les aliments non périssables. Désormais les conserves et autres pâtes ne pourront plus être payées au-delà des 60 jours suivant la livraison. Agriculteurs et députés main dans la main Les élus ne s’arrêtent pas là. Ils excluent la possibilité d’annuler une commande de produits périssables moins de 60 jours avant la livraison. Leur texte étend aussi son rayon d’action à tous les produits agricoles. Cela inclut l’horticulture entre autres. Le texte vise en creux les centrales d’achats et grands groupes de la distribution. « Dans ce combat de David contre Goliath, nous armons le plus faible dans la chaîne d’approvisionnement pour garantir l’équité », a ainsi indiqué Paolo De Castro, quelques jours avant le vote. Une volonté saluée par les syndicats agricoles. Le Copa-Cogeca, puissant conglomérat d’organisations professionnelles, a même organisé une manifestation de soutien la veille du vote. Syndicalistes et députés ont coupé une banderole « stop à l’injustice » devant le parlement de Strasbourg. L’échelle européenne serait la seule capable de protéger les paysans de manière efficace face aux groupes internationaux. « Les centrales d’achat peuvent déménager leurs sièges sociaux dans des pays où la réglementation est plus laxiste, explique Hervé Lapie, président de la FRSEA Grand Est. D’où l’intérêt d’avoir des normes européennes. » Pourtant, certains députés ne soutiennent pas la démarche de Paolo De Castro. C’est le cas de Daniel Caspary, député allemand du Parti populaire européen (PPE, droite). Il a voté contre le rapport, à rebours de la ligne officielle du parti. Il a même endossé l’habit de porte-parole des opposants. Derrière lui, 28 députés du PPE, surtout des Allemands, l’ont imité. Auraient-ils cédé à la pression des lobbys de la distribution, comme les accusent les syndicats agricoles ? « Sottises, répond l’élu. Il existe sans aucun doute un déséquilibre entre les grands groupes transnationaux et les petits producteurs. Nous nous tenons aux côtés des agriculteurs. » Ce spécialiste du commerce international avance une autre explication. « Nous n’avons pas voté contre le rapport, insiste-t-il. Mais contre le fait de passer tout de suite aux négociations sur un texte final, sans en débattre dans le détail en séance plénière. » Le député du Bade-Wurtemberg aurait voulu clarifier certains points avec ses 750 collègues. « Certains amendements prêtent à interprétation », plaide-t-il. Notamment les lignes interdisant certains groupements d’achat. Pour l’heure, cette interdiction vaudrait aussi pour les artisans et les agriculteurs. Une disposition à l’encontre de l’esprit du rapport, selon Caspary. « Conclure les discussions avant Noël » Autres détracteurs : les écologistes. Seuls quatre Français (sur les cinq présents) et un Écossais ont donné leur feu vert aux négociations. Là encore, les membres du groupe Verts/Ale assurent soutenir le texte. Mais à l’instar des dissidents du PPE, ils demandent un débat en séance plénière. Ils souhaiteraient supprimer certains amendements avant de se lancer dans les discussions finales. « Selon un article, les acheteurs ne pourront plus demander aux agriculteurs des standards de qualité ou de respect de l’environnement plus stricts que la législation nationale, expose l’Autrichien Thomas Waitz. Mais c’est souvent par là qu’arrivent les avancées. » Lui, défend la possibilité d’exiger des pratiques plus contraignantes. « À condition que les centrales d’achat payent les coûts engendrés. » Loupé pour les dissidents du PPE et les écolos. Le texte a obtenu une large majorité des voix. Le vote à peine terminé, Paolo De Castro a enfilé son costume de négociateur. Les négociations ouvertes entre le Parlement, le Conseil et la Commission européenne doivent déboucher sur un compromis acceptable par tous. Le texte présenté jeudi va certainement subir d’importants changements. Quoi qu’il en soit, une loi devrait voir le jour dans les prochains mois. Les députés veulent avancer vite. « Nous devons conclure les discussions d’ici Noël afin d’avoir un vote final avant les élections européennes (de juin 2019 NDLR) », insiste l’ancien ministre italien de l’Agriculture. Car le scrutin pourrait rebattre les cartes sur l’échiquier politique européen et retarderait à coup sûr la consultation du Parlement. Après dix ans d’attente dans les tiroirs du Parlement, le dossier des pratiques commerciales déloyales pourrait être bientôt refermé.

Publié le 02/11/2018

La réforme de la retraite est à la une de l’actualité. Les anciens exploitants du Bas-Rhin l’ont placée au cœur de leurs débats. Réunis le lundi 22 octobre à la Maison de l’agriculture de Schiltigheim, ils ont présenté leurs revendications.

Saluant la présence de Jean-Paul Obrecht, président de la SDAE 68, qui était accompagné de Gabrielle Rolli et de René Quintlé, Paul Schiellein, président de la Section départementale des anciens exploitants du Bas-Rhin (SDAE 67), souligne que ces revendications concernent aussi bien les futures retraites que les retraites en cours. Une proposition de loi en date du 21 décembre 2016 visait à porter de 75 % à 85 % du Smic le niveau minimum des retraites agricoles, rappelle le secrétaire de la section départementale, Philippe Wolff. Quand elle a été examinée par les sénateurs, le 7 mars 2018, le gouvernement a reporté cette augmentation à 2020, arguant que « l’amélioration des petites pensions agricoles ne peut être envisagée indépendamment des autres évolutions qui affectent notre système de retraite ». Le 16 mai 2018, les sénateurs ont repris la discussion, en dénonçant la dure réalité du montant des retraites agricoles. Une fois encore, cette proposition de loi, qui bénéficiait pourtant d’un large consensus, n’a pas pu aboutir, le gouvernement ayant demandé un « vote bloqué », comme l’y autorise la loi. En dessous du seuil de pauvreté Devant le blocage persistant du gouvernement, la problématique des faibles retraites agricoles n’a toujours pas trouvé de solution viable, déplorent les anciens exploitants. C’est un mauvais signe envoyé à l’agriculture, estiment-ils. « Qui, aujourd’hui, peut trouver normal après une vie de travail, d’avoir une si faible pension de retraite, dont le niveau moyen est le plus bas de tous les régimes (730 €/mois en moyenne) pour une carrière complète, montant inférieur au niveau vieillesse (803 €/mois) et au seuil de pauvreté (1 015 €/mois) ? » Autre sujet qui fâche : jusqu’à 2019, les pensions versées aux retraités étaient en principe revalorisées tous les ans sur la base de l’inflation, afin qu’ils puissent conserver leur pouvoir d’achat au fil des ans. Ce principe a été remis en cause par le gouvernement : en 2019 et 2020, le taux de revalorisation sera de 0,3 %. Un indice bien inférieur à l’inflation, estimée entre 1,5 % et 2 %. Pour couronner le tout, la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2018 a décalé la date annuelle de révision des retraites du 1er octobre 2018 au 1er janvier 2019. Il n’y a donc pas de revalorisation prévue en 2018… Les anciens exploitants du Bas-Rhin exigent que les retraites inférieures à 1 300 € par mois (moyenne des retraites incluant les complémentaires en France) soient revalorisées du montant de l’inflation et non du taux fixe de 0,3 %. À l’unanimité, ils ont adopté la motion proposée par leurs homologues du Grand Est. « Pour les retraites futures, nous sommes en parfaite harmonie avec la FDSEA et la FNSEA, souligne Paul Schiellein. Nous demandons que toutes les retraites agricoles atteignent au moins 85 % du Smic, une augmentation qui doit être financée par la collectivité, pas par les actifs actuels. Et qu’elles soient calculées sur les 25 meilleures années de la carrière professionnelle, pour une plus grande équité avec les autres régimes de retraite. » Paul Schiellein espère que le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, prendra en compte ces revendications, qu’il juge d’ailleurs très pertinentes. La réforme portée par Emmanuel Macron prévoit l’instauration d’un régime de cotisation par points. Philippe Wolff se veut prudent. « Il faudra juguler les effets de revenu : prévoir une assiette minimum de cotisation pour se garantir un minimum de points et de trimestres durant les années difficiles et un accès à une retraite par capitalisation pour les meilleures années. » On le voit, le débat est loin d’être clos…

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