FDSEA-JA au ministère de l’Économie et des Finances
Rétablir intégralement les exonérations TODE et le CICE
FDSEA-JA au ministère de l’Économie et des Finances
Publié le 15/11/2018
L’agriculture alsacienne avec ses nombreuses productions spéciales exigeantes en main-d’œuvre, saisonnière notamment, serait fortement impactée par la remise en cause des exonérations TODE et du CICE. Après la rencontre organisée sur le terrain avec le secrétaire général de la préfecture le mois dernier, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont sollicité une rencontre avec le ministère de l’Économie et des Finances qui s’est tenue jeudi 8 novembre à Bercy.
La décision du président de la République, Emmanuel Macron, de supprimer le CICE pour le remplacer par une baisse pérenne des charges sociales pour les employeurs est avant tout politique. Si cette réforme paraît équilibrée pour les contrats permanents, elle pose un vrai problème pour les contrats saisonniers puisque pour un salarié rémunéré au Smic, le coût pour l’employeur augmenterait de 189 € par mois. La pression syndicale exercée par le réseau FDSEA-JA et le travail auprès des parlementaires commence à porter ses fruits puisque le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2019 (PLFSS) a été amendé afin de réduire le coût supplémentaire pour les employeurs de saisonniers agricoles. Pour autant la FDSEA estime que ce premier pas est insuffisant. C’est ce qu’elle est venue dire au conseiller politique du ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. En effet des écarts de coût de la main-d’œuvre saisonnière agricole existent au sein même de l’Union européenne - de l’ordre de 2,30 euros l’heure avec la Belgique, 4,20 €/h avec l’Espagne ou encore 3,30 €/h avec nos voisins allemands. « Ces écarts créent de vraies distorsions de concurrence qui expliquent la réduction des surfaces en légumes en France », a insisté Denis Digel. Avec le président des JA, il a demandé que le PLFSS soit encore amendé pour rétablir intégralement les réductions de charges dont bénéficient les agriculteurs pour l’embauche de travailleurs occasionnels. Julien Koegler a en outre demandé au gouvernement d’être cohérent dans les choix qu’il fait. Lors des États généraux de l’alimentation, une trajectoire de développement des produits bios a été actée. « Plus de bio veut dire plus de main-d’œuvre, a argumenté le président des JA. Ce ne sera pas possible si le coût de la main-d’œuvre saisonnière augmente ! » Le conseiller du ministre de l’Économie et des Finances, Charles Sitzenstuhl, a attentivement écouté le plaidoyer de la FDSEA et des JA. Il a indiqué que la volonté du gouvernement n’était pas d’affaiblir le secteur agricole et qu’il mesurait bien les enjeux. La profession attend donc désormais que les deux ministères de l’Agriculture et des Finances fassent cause commune pour rétablir dans la durée le dispositif de réduction des charges pour les saisonniers, indispensable aux agriculteurs français.












