Publié le 05/08/2018
La Chambre d'agriculture accompagne les agriculteurs qui envisagent de se lancer dans la vente ou la transformation à la ferme, explique Violette Guillaumé, conseillère circuits courts. C’est le cas d’Emmanuel Dollinger. Il a décidé de construire un atelier de transformation et, en parallèle, d’agrandir son magasin de vente, situé dans le centre de la commune de Hœrdt. « Nous lui avons apporté notre expertise technique, en lien avec les procédés de fabrication et la réglementation sanitaire. Nous l’avons aussi accompagné dans la conception et la réorganisation des locaux, pour optimiser la valorisation des produits, selon les préceptes du marketing, et faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite. Notre but, c’est d’avoir une vision globale du projet », explique la conseillère. Cette prestation a un coût, concède-t-elle : « La facturation est fonction du temps passé, sur la base d’un tarif horaire. S’il est membre du réseau Bienvenue à la ferme, l’agriculteur peut bénéficier d’une subvention au titre de la promotion de la vente directe et de la professionnalisation de la commercialisation. » La Chambre d'agriculture a aussi pour mission de valoriser les produits locaux dans la restauration hors domicile. À commencer par les cantines scolaires. « Nous avons monté un projet avec les collèges du Bas-Rhin, sur la base de neuf engagements, portant sur la qualité des produits, la lutte contre le gaspillage alimentaire, la gestion durable de la cuisine, etc. Les collèges choisissent les engagements qu’ils veulent mettre en avant et nous les accompagnons dans cette démarche. » Le collège Baldung Grien de Hœrdt, qui sert 270 couverts par jour, s’est fixé pour mot d’ordre « Mangeons sain, bio, local et jetons moins ». Il a notamment investi dans un outil de gestion de commande et de suivi performant, ainsi que dans un salade bar qui permet de servir chaque jour une dizaine de salades différentes. « Pas forcément des légumes de saison, car il faut d’abord changer les habitudes alimentaires », précise le chef de restauration du collège, Laurent Geib. « Des producteurs du coin » Pour son approvisionnement local, Laurent Geib s’adresse à la plateforme ApproAlsace, gérée par Jean-Luc Parthonneau. Une plateforme virtuelle qui permet aux professionnels de la restauration hors foyer d’accéder à une gamme complète de produits, fruits et légumes de saison, œufs, volailles élevées en plein air, charcuteries, produits laitiers, épicerie, qui leur sont ensuite livrés. « ApproAlsace nous a permis de découvrir des producteurs du coin, que nous n’aurions jamais connus autrement, à des prix très compétitifs », souligne le chef. Mais ce système a ses limites. « Nous n’avons pas le droit de dépasser une certaine somme en achats directs. Au-delà, il faut impérativement passer par des appels d’offres », indique-t-il. À l’avenir, les cahiers des charges devront intégrer des objectifs de qualité, pour sortir du carcan du moins-disant. « Nous allons faire ce travail et vous le soumettre », ajoute Violette Guillaumé. Denis Digel, président de la section fruits et légumes de la FRSEA, veut aller plus loin. Il propose de créer une légumerie qui transformerait les produits locaux, centraliserait les achats et s’occuperait de la logistique. Il veut également sensibiliser les producteurs au don alimentaire. Pourquoi ne pas mettre en place un guide du don entre les agriculteurs, les Restos du cœur et les épiceries solidaires, « avec un crédit d’impôt à la clé » ?












