Vie professionnelle

Publié le 01/05/2019

En offrant une jardinière aux classes de primaire qui en font la demande, les horticulteurs et pépiniéristes membres de Fleurs et plantes d’Alsace espèrent sensibiliser les enfants au monde du végétal dès leur plus jeune âge.

Enseignante à l’école primaire du village, Manuela Wiemer a reçu, mercredi 24 avril, une jardinière offerte par l’entreprise horticole Goerger de Sand. Elle se compose de quatre plantes : un géranium, un plant de poivron, un fraisier et une alysse. Elle va pouvoir confier à ses élèves de CE1 la responsabilité d’en prendre soin : vérifier que les plantes se portent bien, qu’elles ne manquent ni d’eau ni de lumière et les arroser.     Les enfants pourront les observer, les voir fleurir, les sentir, les toucher (mais pas trop)… ce qui devrait leur permettre de comprendre le monde du végétal et d’acquérir les fondements d’une démarche scientifique. Leur enseignante les accompagnera dans cette découverte grâce à une fiche d’observation mise à sa disposition par l’association Fleurs et plantes d’Alsace. Les principales caractéristiques de chaque plante y sont résumées, ainsi que les conditions nécessaires pour qu’elles produisent des fleurs ou des fruits. Mettre la main… à la terre L’idée de sensibiliser les enfants au monde du végétal vient de 14 entreprises horticoles membres de l’association, qui regroupe une quarantaine de professionnels. Ils se sont inspirés d’expériences similaires menées en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. « En leur proposant ce kit, on montre aux plus jeunes que les fleurs font partie des productions de notre territoire », explique Marie Baelen, animatrice de Fleurs et plantes d’Alsace. Leur apprendre à aimer les plantes, leur permettre de mettre la main, non pas à la pâte, mais à la terre, leur faire découvrir qu’avant le fruit, il y a d’abord une fleur : tels sont quelques-uns des bénéfices sur lesquels devrait déboucher cette opération, baptisée « À l’école des fleurs ». C’est ce qu’a expliqué Christian Romain, président de l’association, lors du lancement organisé sous la serre de la famille Goerger. Ce lancement donne également le coup d’envoi du fleurissement estival. En l’espace de quelques semaines, les professionnels vont mettre sur le marché ce qu’ils ont mis plusieurs mois à faire pousser dans leurs serres. Des plantes qui vont s’épanouir sur les balcons et dans les plates-bandes de leurs clients, grâce aux soins apportés en amont et aux conseils prodigués dans les points de vente. Les horticulteurs misent en effet sur le conseil pour se démarquer de la concurrence.

Publié le 27/04/2019

Après la crise de 2016, le prix du lait remonte, mais les trésoreries des exploitations restent fragiles. Les producteurs d’Unicoolait attendent de voir les effets de la loi Egalim sur leur fiche de paie. Engagés depuis 30 ans dans la production de lait bio, ils s’interrogent sur la politique de segmentation menée par leur partenaire Lactalis : à quelles exigences devront-ils répondre à l’avenir ? Et à quel prix ?

Après des années noires, la conjoncture laitière « se redresse progressivement, à la faveur d’un tassement des livraisons laitières un peu partout dans le monde », constate Jean-Luc Jacobi, président d’Unicoolait. Encore faut-il que cette remontée des cours se répercute sur la paie de lait des producteurs. C’était l’un des objets de la loi Egalim, qui prévoit l’intégration des coûts de production dans les critères de détermination du prix du lait. « L’approche du coût de production réalisé en France arrive à 396 €/ 1 000 litres », rappelle Gilles Becker, vice-président. Si la loi « ne règle pas tout », estime Jean-Luc Jacobi, elle a au moins permis de « sensibiliser la grande distribution et les industriels à la nécessité de partager plus équitablement la valeur ajoutée ».   Ce qui a contribué à « améliorer les échanges lors des dernières négociations commerciales ». Celles concernant les marques nationales, qui représentent 50 % des ventes, sont désormais terminées, celles concernant les marques de distributeur et les produits d’attaque, sont en cours. Et sont « âpres », qualifie Serge Moly, directeur des achats lait du groupe Lactalis. Il décrit des « marges laminées par des années de guerres des prix entre les distributeurs ». La bataille n’est donc pas gagnée : « Lactalis a revendiqué des hausses tarifaires, en rapport avec un indicateur de prix à la production. Elles ont été introduites dans les conditions générales de vente, mais sont encore en cours de négociation ». Fabien Di Filippo, député de la 4e circonscription de la Moselle (LR), est quant à lui carrément sceptique sur l’efficacité de cette loi. Il faut dire qu’avant d’embrasser une carrière politique, il a été cadre au sein du groupe Auchan. Il connaît donc très bien les rouages de la grande distribution : « Les indices de prix se raisonnent au niveau du supermarché dans sa globalité, pas produit par produit, car il y a des rayons qui rapportent beaucoup, et d’autres qui sont déficitaires », décrit-il. Donc, « faire que les prix augmentent dépend du bon vouloir de chacun. Fallait-il une loi pour cela, je ne pense pas. Encadrer les négociations commerciales, oui. Mais la loi Egalim aura sans doute des effets contre-productifs », estime-t-il. Valoriser les atouts de la filière laitière française En matière alimentaire, les attentes sociétales sont nombreuses et, pour capter davantage de valeur ajoutée, les transformateurs se sont lancés dans une course à la segmentation du marché : lait sans OGM, de pâturage, équitable, bio… Une stratégie qui laisse les producteurs sceptiques : « Où s’arrêtera le niveau des exigences pour commercialiser notre lait demain ? Faudra-t-il faire pâturer les vaches 366 jours par an ? », lance Jean-Luc Jacobi. Les producteurs dont les territoires et systèmes d’exploitation ne se prêtent pas au pâturage sont-ils condamnés ? Les efforts consentis seront-ils équitablement récompensés ? La réponse de Serge Moly est catégorique : « Il faut renouveler l’offre de produits. On ne peut pas occulter l’évolution des modes de consommation, tirée par des clients de plus en plus attentifs aux modes de production, au respect du bien-être animal, de la protection de l’environnement… » Lactalis a donc créé de nouvelles filières de qualité, comme « L’Appel des Prés », avec une charte comprenant différents critères en matière de bien-être animal, de respect de l’environnement… « L’objectif est de rassurer le consommateur pour relancer les ventes de lait de consommation », poursuit-il. Et ça marche : ces produits sont « plébiscités par les clients ». Dès lors, Lactalis envisage d’étendre ces critères de production, via un « toilettage » de la charte de production. « Nous y travaillons avec des producteurs pilotes », annonce Serge Moly. N’y a-t-il pas là un risque de perdre tout l’intérêt de la segmentation, et donc de ne pas arriver à répercuter le surcoût que représentent ces critères de production sur les prix de vente ? Serge Moly se veut rassurant : « On ne va pas forcément imposer de nouvelles contraintes. L’objectif est de mieux faire connaître des efforts qui ont déjà été réalisés, et qui ont abouti à des pratiques qui sont déjà à l’état de fait dans la majorité des exploitations. » De mieux mettre en avant les atouts de la filière laitière française en somme. Sarrebourg et le reste du monde La stratégie semble cohérente. Sauf que la France est entourée d’autres pays, qui produisent et achètent du lait. Et que les relations entre ces pays ne sont pas au beau fixe. « Un Brexit dur laisse planer une incertitude sur nos exportations de produits laitiers sur le Royaume-Uni », illustre Jean-Luc Jacobi. Fabien Di Filippo, lui, évoque l’évolution démographique, et avec elle le déplacement des pôles de croissance et des richesses de l’occident vers l’Asie. Sans oublier les « tendances impérialistes » et les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis… Rassurez-vous, au Pays de Sarrebourg, l’optimisme règne : forte du constat de « l’empreinte mesurée de l’homme sur son territoire », décrit Camille Zieger, premier adjoint au maire de Sarrebourg, la collectivité a déposé sa candidature pour devenir une réserve de la biosphère reconnue par l’Unesco. Et obtenir un label, vecteur d’une image positive.

Association régionale des industries alimentaires

L’agroalimentaire voit Grand Est

Publié le 25/04/2019

Les associations professionnelles de l’agroalimentaire d’Alsace, de Lorraine et de Champagne Ardenne unissent leurs forces au sein de la nouvelle Association régionale des industries alimentaires Grand Est. Elles ont signé le contrat de mariage mercredi 24 avril, à Strasbourg. Une union maintes fois reportée ces dernières années.

L’agroalimentaire passe à l’échelle supérieure. Mercredi 24 avril, les industriels du secteur ont acté la naissance de l’Association régionale des industries alimentaires Grand Est (Aria Grand Est). La nouvelle entité devient le porte-étendard de toute la région. Ses missions ? Défendre les intérêts des industriels, organiser la venue d’entreprises régionales sur les salons professionnels, piloter les négociations avec les plateformes logistiques… @Science_me_Up est fier d'organiser la journée de lancement de l'aria Grand Est à la Maison de la @regiongrandest ! pic.twitter.com/f8AluPneEp — Science me Up (@Science_me_Up) 24 avril 2019     Autant d’activités dévolues jusqu’à présent aux associations locales (l’Aria en Alsace, l’Agria en Lorraine et le Club i3A en Champagne Ardenne). « Mais ce n’est pas une fusion », désamorce d’emblée Angélique Guilleminot, la présidente fraîchement élue. Ainsi, les structures liées aux anciennes régions continuent d’exister. Elles se chargeront désormais des actions propres à leurs territoires. Comme la gestion des marques « Savourez l’Alsace » et « Lorraine notre signature ». « Tout n’est pas à mettre dans le pot commun », s’empresse d’ajouter Sylvie Schott, la directrice de l’Aria Grand Est. Tant de pincettes pour une simple réorganisation. « On ne fabrique pas des boulons, il y a beaucoup d’affect » C’est que l’union des trois associations n’a pas toujours fait pas l’unanimité. « Nos fiançailles ont été rompues plusieurs fois », se souvient Angélique Guilleminot. Il aura fallu trois ans de tractations. Pour résoudre des difficultés techniques d’abord. Harmoniser les cotisations, définir le périmètre d’action de la nouvelle entité régionale, établir une gouvernance équitable entre les trois anciennes régions… Mais les porteurs du projet ont surtout bataillé contre les réticences de certains industriels. « On ne fabrique pas des boulons, il y a beaucoup d’affect dans l’alimentaire », explique la directrice. Certains adhérents ont vu d’un mauvais œil le passage au Grand Est, avec le risque de perdre l’identité des marques locales. Un débat bien connu dans le monde agricole, où de nombreux organismes professionnels ont fusionné avec leurs voisins lorrains et champardennais. 110 adhérents sur 300 cibles potentielles Aujourd’hui, la situation s’est apaisée. « Il y a quelques dissidents qui ont des productions très locales et n’ont pas d’intérêts à rejoindre l’Aria Grand Est, confirme Emmanuel Goetz, vice-président de l’organisme. Mais ils sont très minoritaires. » La nouvelle structure ne les met pas de côté pour autant. « Ils restent dans leur association d’origine, avec des services très locaux », précise Sylvie Schott. Les fondateurs mettent en avant un chiffre. Sur 300 établissements recensés comme membres potentiels, 110 ont déjà demandé leur carte d’adhérent. Preuve qu’à peine conclu, le contrat de mariage séduit déjà le secteur. Cette union répond à un besoin d’efficacité à l’échelon régional. « Nous mutualisons nos moyens et partageons les forces de nos territoires », s’enthousiasme Angélique Guilleminot. Elle a donné six missions prioritaires à son organisme. Parmi elles : soutenir l’innovation, développer la formation, trouver de nouveaux débouchés à l’export et promouvoir les pratiques liées au développement durable… Mais comment mettre en œuvre cette politique ? La feuille de route reste floue. « Nous remettrons notre plan stratégique à la Région en septembre », assure la directrice. D’ici là, les industriels pourront profiter de leur lune de miel.

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