Vie professionnelle

Portes ouvertes chez Alsaterr

Technique, bonnes affaires et convivialité

Publié le 30/03/2019

Ce week-end, le concessionnaire agricole Alsaterr organisait une journée portes ouvertes sur son site d’Ittenheim. Beaucoup de monde, de machines et de convivialité.

Le concessionnaire Alsaterr, spécialisé dans le commerce de matériels agricoles et forestiers, organise chaque année un week-end portes ouvertes, en alternance sur son site de Dannemarie et d’Ittenheim. Cette année, c’était le tour d’Ittenheim. Au programme, de la convivialité, avec une tombola, une buvette et des tartes flambées fabriquées par les Jeunes Agriculteurs du canton, ainsi qu’un parcours en quad. De bonnes affaires aussi, avec des promotions, conditions spéciales et prêts à taux 0 % sur les tracteurs. Et plein de belles machines à découvrir, comme le matériel viticole de la marque Rinieri, la nouvelle scie circulaire semi-automatique Sciomat, de marque AMR, une scie semi-professionnelle au tarif très attractif de 3 950 € HT. Une présentation de la gamme complète des équipements Kubota : tracteurs, fenaison, presse, pulvérisation, travail du sol. Mais aussi Maschio Gaspardo, CAT, Yamaha, Suy, Quivogne… Une benne robuste et étanche Depuis peu, Alsaterr commercialise la marque de remorques Chevance. Ce jour-là, une benne de modèle 1530 (pour 15 tonnes de capacité et 30 m3 de volume) était présentée par Zakaria Elfane, inspecteur commercial. Il décrit une benne fabriquée en acier suédois, avec un seul panneau par côté pour réduire les soudures, un châssis en profilé pour plus d’élasticité sur route, des montants qui assurent résistance, solidité et compacité. Le vérin est positionné sur l’essieu arrière pour assurer la stabilité lors du bennage. La porte, également monobloc, est équipée d’un joint qui en fait tout le tour afin d’assurer une étanchéité optimale, pour ne pas perdre de grains, y compris les plus petits comme le colza. La flèche avant, le porte-verin, le pare-chocs et les bras de porte sont en acier domex extra HLE. Les verins de porte à double clapets pilotés sont toujours protégés par les bras de porte. Selon les modèles, cette benne accepte de 11 à 24 t de charge utile. Épandeur Sniper : l’épandage en plein dans le mille Autre outil présenté, l’épandeur Sniper, « qui fonctionne comme un épandeur d’engrais », annonce Zakaria Elfane. Il est équipé d’une centrale hydraulique, d’un système de pesée, du débit proportionnel à l’avancement (DPA), d’un tablier accompagnateur, de volets de bordure. Entièrement fabriqué en Domex, il pèse 6 t à vide. « Il suffit de renseigner la quantité d’effluent à épandre par hectare et la largeur d’épandage dans le boîtier, et les réglages se font automatiquement pour respecter les consignes », explique Zakaria Elfane. Grâce à plusieurs caractéristiques, le Sniper est un épandeur très polyvalent capable de distribuer aussi bien de la fiente que du fumier sans modification. Il y a d’abord le tablier accompagnateur, qui permet d’alimenter les hérissons avec une grande régularité. Puis les hérissons eux-mêmes, qui sont à la fois larges (1 020 mm de diamètre), équipés de 56 couteaux et 24 marteaux libres qui éclatent la matière et permettent de la projeter plus loin.

Congrès de la FNSEA

Les paysans de France à Nancy

Publié le 29/03/2019

Le 73e Congrès de la FNSEA s’est ouvert à Nancy mardi 26 mars, par une séquence en interne au cours de laquelle la victoire aux élections Chambre d’agriculture a été analysée dans le détail, avec des enseignements tirés pour les années à venir.

Le 73e Congrès de la FNSEA a retrouvé Nancy… 45 ans après sa venue en 1974. Peu de participants s’en souviennent, et pour cause. Les temps ont bien changé, la physionomie de l’agriculture aussi et les hommes sont beaucoup moins nombreux. Mais leurs préoccupations sont souvent toutes aussi vives. Même si elles ne se traduisent pas par des actions aussi spectaculaires qu’à l’époque. Et le besoin d’un syndicat fort et armé pour les défendre se manifeste aujourd’hui encore avec acuité. Christiane Lambert a ouvert les travaux mardi après-midi pour deux demi-journées à huis clos réservées au débat interne. Projet volontariste Après l’examen des comptes du syndicat, et avant que la parole ne soit donnée aux régions et aux interventions libres, la présidente a commenté le score de la liste d’union avec JA, lors des récentes élections à la Chambre d’agriculture. « 55,55 % des voix, qui l’aurait prédit ?, questionne la chef de file. C’est la victoire de la proximité, du contact et de l’écoute des agriculteurs d’un projet volontariste et réaliste dans un esprit de gagne. Nous devons la partager avec tout notre réseau ». Ce bon résultat « nous oblige » affirme Christiane Lambert, avant d’argumenter en faveur de l’avancée collective, en citant le dossier Egalim et le projet que la FNSEA défend pour l’Europe. Son secrétaire général, Jérôme Despey, énumère la liste des départements gagnés en provoquant des applaudissements. « Nous avons fait le job, en créant les conditions de l’emporter, bravo et félicitations à tous » s’enflamme-t-il, tout en marquant sa préoccupation vis-à-vis de la participation, historiquement basse dans le monde paysan. "Avec 55,55%, une nouvelle fois, les agriculteurs nous ont accordé leur confiance et ont soutenu un projet solide, #LesPiedsSurTerre, résolument tourné vers l’avenir." @ChLambert_FNSEA #CongresFnsea2019 pic.twitter.com/XcrS810eVP — La FNSEA (@FNSEA) 28 mars 2019 Le sociologue François Purseigle a fait part de sa lecture de ces résultats lors de la seconde demi-journée de mercredi matin. En dépit du fait que ces consultations locales sont difficiles à analyser, il relève le fait majeur de la transformation démographique des fermes marquée par la réduction du nombre d’exploitants et la mutation du monde agricole. Une intervention immédiatement suivie de la présentation du « rapport moral » à quatre voix par les secrétaires généraux. « Quel syndicalisme demain ? » s’interrogent-ils collectivement. Un travail devra être mené sur l’économique, considère Jérôme Despey, rompu à la négociation dans le cadre du projet de loi Egalim. Créer des Caf projets « Le syndicalisme sera économique ou ne sera plus, on nous attend sur ce sujet » complète Patrick Bénézit. « Le monde change, nous devons changer » considère Daniel Prieur qui veut avancer sur la modernité et le lobbying. « Nous ne sommes ni hors du temps, ni hors de la société ». Ce qui demeure, rappelle Jérôme Despey « ce sont nos valeurs, notre engagement, notre solidité, notre respect, notre générosité, nos territoires au profit du collectif ». Éric Thirouin propose, lui, de « reposer nos fondamentaux », en rappelant les origines syndicales des coopératives et des banques. Il va plus loin en proposant de dépoussiérer les CAF (Conseil de l’agriculture française) de tous niveaux géographiques, en les transformant en des « Caf projets » capables de défendre quelques enjeux économiques pour demain. L’ouverture au public du congrès s’est déroulée mercredi après-midi, en accueillant Michel Barnier, le commissaire européen en charge de la négociation du Brexit. Son intervention prévue initialement lors de la séance de clôture a dû être avancée pour cause d’agenda. Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume était attendu jeudi en fin de matinée. Négociateur en chef du Brexit, @MichelBarnier est l’invité du #congresfnsea2019 pour évoquer le Brexit, les élections européennes et la place de l’agriculture en Europe pic.twitter.com/7U1UmyvzZb — La FNSEA (@FNSEA) 27 mars 2019

Publié le 29/03/2019

Christiane Lambert affirme son engagement pour aider les zones intermédiaires à retrouver de la richesse durable. La présidente de la FNSEA incite les agriculteurs à s’approprier leur communication pour battre en brèche l’agribashing. Avant de réaffirmer les convictions européennes de son syndicat, dont il fut question lors du congrès de Nancy. Interview en marge du congrès.

La région Lorraine est en grande partie située dans les zones intermédiaires qui souffrent économiquement. Comptez-vous appuyer les initiatives qui voudraient revaloriser ces zones, en leur accordant des aides spécifiques ? Christiane Lambert : « Nous avons demandé un rapport sur ce sujet au Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), pour enrayer le déclin de la polyculture-élevage et trouver des solutions pour ces exploitations qui rencontrent un problème d’équilibre économique. Les propositions qui en ressortent passent plus par des investissements destinés à créer de la richesse durable que par une augmentation des aides à l’hectare. D’autres pistes intéressantes se situent dans le domaine de l’alimentation animale, des énergies nouvelles, du maraîchage, de l’optimisation des charges de mécanisation… Nous travaillons aussi pour déverrouiller les projets de stockage d’eau, le ministère semble y être plus sensible désormais, il faut avancer. Enfin, en matière d’assurance récolte, nous avons obtenu des avancées européennes en faisant passer le seuil de déclenchement de 30 % à 20 % de perte. Il s’agit maintenant que la France se mette au diapason. Nous sommes donc pleinement mobilisés sur cette demande très importante pour les zones intermédiaires. La prochaine Pac devra l’intégrer pleinement. Nous travaillons pour cela en bonne articulation avec les régions ». "Nous allons réouvrir le dossier du stockage de l'eau. Nous mettrons en place des retenus d'eau sur un projet de territoire" @dguillaume26 #CongresFnsea2019 pic.twitter.com/f7dKkS39ZY — La FNSEA (@FNSEA) 28 mars 2019 Campagne de proximité La FNSEA et JA viennent de remporter les élections Chambre d’agriculture, en améliorant leur score par rapport à la précédente mandature. Êtes-vous surprise par ce résultat ? C. L. : « Nous avons beaucoup travaillé pour l’obtenir. Avec plus de 350 rencontres de terrain notre campagne d’écoute et de proximité, a payé. D’autres ont préféré une campagne sur papier glacé… Notre projet était porté par les agriculteurs et notre réseau s’est mobilisé de façon exemplaire. Nous avons obtenu 55,55 % des suffrages, au grand dam de certains observateurs qui nous pronostiquaient en dessous de 50 %. Les agriculteurs conservent le sens civique, ils votent plus que la moyenne de leurs concitoyens. Ils ont préféré l’esprit de responsabilité à la contestation permanente. Nous avons développé un discours de vérité, à l’image de notre slogan « Avançons ensemble les pieds sur terre ». Notre état d’esprit est de vouloir avancer, à la fois en se mettant en mouvement pour coller aux marchés, en évoluant dans nos pratiques, tout en jouant le collectif qui est l’ADN du syndicalisme. Nous sommes satisfaits du résultat. « Surpris » n’est donc pas le bon mot ». « De l’agribashing à l’agri-acting » Quelle serait, selon vous, la priorité des priorités à mettre en œuvre pour ces six prochaines années ? C. L. : « Améliorer le revenu des agriculteurs ; disposer de plus de lisibilité ; être reconnus et respectés. Le revenu est actuellement insuffisant dans beaucoup de productions. Le travail préparatoire à la loi Egalim doit maintenant porter ses fruits en termes de rémunération des produits. Mais nous devons aussi retrouver de la compétitivité. La France doit évoluer sur sa réglementation, en particulier sur le financement et la fiscalité. Des avancées sont intervenues en 2018, en matière d’épargne de précaution. Le maintien de l’allégement des taxes sur les carburants est acquis ainsi que la hausse des plafonds d’exonération de droits de succession. C’est positif pour nos exploitations et leur transmission ». Le discours professionnel, ces dernières semaines, a beaucoup consisté à se plaindre contre l’agribashing. Le monde paysan n’aurait-il pas intérêt à communiquer positivement, plutôt qu’à se placer sur la défensive ? C. L. : « Pendant la campagne électorale, nous avons beaucoup entendu de paysans blessés dans leur amour-propre, face aux critiques de tous ordres. Des éleveurs ressentent parfois l’humiliation, alors qu’ils sont animés par le sentiment de bien faire au quotidien. Il faut bien sûr les écouter. Mais nous devons passer collectivement de l’agribashing à l’agri-acting. À nous de montrer ce que nous faisons, aux agriculteurs de parler de leur modernité. C’est dans cet esprit que nous avons proposé le contrat de solutions avec 43 partenaires. Nous voulons utiliser mieux et moins la chimie, mais il faut des transitions, avec une trajectoire et de l’accompagnement. Les agriculteurs de la FNSEA sont prêts à répondre aux attentes sociétales en faveur de l’environnement. Cela mérite reconnaissance. Je crois d’ailleurs que le dernier Salon a été bienveillant à cet égard. De plus en plus d’agriculteurs communiquent sur les réseaux sociaux pour faire passer leurs convictions. Il faut les encourager, de même que les multiples démarches collectives qui défendent l’image de l’agriculture ». Vous avez choisi de placer l’Europe au cœur du congrès de Nancy, à deux mois des élections au Parlement. Est-elle toujours un enjeu pour l’agriculture ? C. L. : « Nous développerons en réalité deux thématiques. D’abord un retour sur nos élections professionnelles qui nous confortent en tant qu’organisation représentative, mais avec toutefois un taux de participation en baisse. Nous n’avons pas subi le dégagisme en vogue dans une frange de la société, mais comment être reconnus comme un corps intermédiaire efficace ? Un sociologue et un politologue viendront nous guider dans notre réflexion. Ensuite, effectivement, nous réaffirmerons que nous voulons plus et mieux d’Europe. L’agriculture française sait ce qu’elle doit à l’Union, son espace est le marché unique. Nous aspirons toutefois à une gouvernance moins technocratique et tatillonne. Il faut que les agriculteurs puissent être représentés au Parlement, cela passe par l’élection de candidats à la fibre agricole. Méfions-nous du contexte du Brexit britannique qui aura des conséquences importantes. La montée du populisme dans certains pays et la traditionnelle abstention pour les élections européennes ne sont pas de bon aloi. Face à l’hégémonisme des États-Unis et de la Chine sur l’échiquier international, l’Europe est la bonne taille. Affirmons aussi que face aux grands enjeux climatiques, l’agriculture est source de solutions, la Pac devra le reconnaître et l’encourager ». "L'Europe ce n'est pas un empire mais une puissance qui a tout inventé : de l'hélicoptère au protocole internet. Et aujourd'hui nous sommes en avance sur l'enjeu alimentaire, il faut le valoriser !" Jean-Dominique Giuliani #congresfnsea2019 pic.twitter.com/xsz0NgTKyE — La FNSEA (@FNSEA) 28 mars 2019 Propos recueillis par Jean-Luc Masson

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