Vie professionnelle

Publié le 14/05/2019

Jean Rottner, président de la Région Grand Est, a inauguré la 39e édition du festival de l’élevage. Rendez-vous est pris pour le 40e anniversaire.

Petite séquence nostalgie : « Il y a quarante ans, il y avait des concours d’élevage dans chaque canton, a rappelé Denis Ramspacher, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Et chaque année en septembre, c’était à la foire européenne de Strasbourg que se rencontraient les éleveurs, avec des présentations d’animaux de toutes races (porcs, moutons, chevaux, vaches). Lorsque la foire européenne a réduit la surface dédiée à l’espace agricole pour céder la place aux institutions européennes, nous avons cherché un nouvel emplacement. La municipalité de Brumath nous a proposé son plan d’eau. » Depuis, cette manifestation n’a cessé de s’étoffer. Saluant les invités dans le ring d’élevage, à la mi-journée, Denis Ramspacher a relevé la présence importante d’élus, sénateurs, députés, députée européenne, conseillers départementaux et régionaux, maires et présidents d’organisations professionnelles agricoles. L’occasion était rêvée, pour Marc Schneider, président du festival de l’élevage, d’évoquer les dossiers qui préoccupent la filière élevage. « Les prix du lait et de la viande ne sont pas assez rémunérateurs, surtout après la sécheresse de l’an dernier qui nous a obligés à acheter du fourrage à des prix élevés. Mais le plus pénible, c’est sans conteste la stigmatisation dont nous sommes victimes dans les médias. Et ce, bien que nous fassions de notre mieux pour produire dans les meilleures conditions. » Il a remercié sponsors et bénévoles pour leur contribution à la réussite de ce festival. « L’élevage est une solution pour la planète » « Depuis 36 ans que je suis au conseil municipal, j’ai pu vivre l’évolution de ce festival, a souligné Étienne Wolf, maire de Brumath. C’est une belle vitrine pour l’élevage. Elle permet au grand public de mieux cerner la réalité de votre métier. » « Voyez comme l’élevage est capable de mobiliser et d’attirer les foules, s’est exclamé, Xavier Lerond, secrétaire adjoint de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage). Je reste farouchement persuadé que l’élevage est une solution pour l’avenir de la planète. Les manifestations qui se sont déroulées en marge du G7 de l’environnement, la semaine dernière à Metz, nous ont permis de l’affirmer haut et fort. Nos pratiques s’améliorent dans tous les domaines. C’est vrai dans nos élevages comme dans nos abattoirs, malgré les affirmations des spécistes. » L’élevage est un élément clé de la stratégie des chambres consulaires du Grand Est, a-t-il affirmé. « C’est un peu le ciment de leur action, une base de solutions. » Remerciant le président de la Région Grand Est, il a souligné : « Nous continuerons à vous faire des propositions. Merci du geste que vous avez fait l’an dernier pour les éleveurs. Nous avons souffert, parce que nos animaux ont souffert. C’est l’origine de notre mal-être. » Se projeter dans l’avenir Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, le concède, « l’agriculture, et l’élevage en particulier, souffre d’un problème d’image et de manque de reconnaissance. Mais la présence nombreuse des élus à notre manifestation est rassurante. Notre responsabilité c’est de nous projeter dans l’avenir. Serons-nous en mesure de répondre aux attentes de nos concitoyens en matière de proximité, de respect de l’environnement ? Oui, le monde agricole est capable de répondre à ces enjeux. Mais il faut l’aider à investir, à explorer de nouveaux débouchés sur le plan local et à l’export, à réussir la transition environnementale. Et veiller à ne pas amplifier les distorsions de concurrence, au niveau national et européen. » Le défi climatique touche les éleveurs de plein fouet, comme l’a prouvé la sécheresse de l’an dernier, a poursuivi Franck Sander. « Merci pour les 8 millions d’euros que vous avez débloqués pour nous permettre de la surmonter. Nous vous encourageons à nous accompagner sur ces changements climatiques. » Une piste d’avenir : « Le monde agricole devrait s’ouvrir davantage aux services rendus à la société. J’ouvre la réflexion : le service rendu pour l’amélioration de la qualité de l’eau, la production d’énergie renouvelable, le stockage du carbone doit être reconnu, afin de garantir un meilleur revenu aux agriculteurs. » « Je suis pour une politique régionale » Jean Rottner, président du Conseil régional Grand Est, en est persuadé, « la meilleure manière de lutter contre l’agribashing, c’est de montrer ce que l’on sait faire avec le cœur, avec les tripes. C’est la première démonstration que l’on peut faire, que ce soit à Paris, à Sedan, à Brumath. Il y a un point qui fait consensus, quelle que soit notre sensibilité politique, c’est d’être au rendez-vous en situation de crise. Les aléas climatiques qui surviennent de manière régulière nous montrent que nous savons y répondre, des dispositifs rapides et simples ont été imaginés avec les organisations professionnelles et les conseils départementaux. » 3 030 dossiers seront soutenus par la Région Grand Est, a indiqué Jean Rottner. Mais elle voit au-delà : « Nous sommes en train de travailler sur l’irrigation du futur, sur l’installation des jeunes. Et si nous évoluons dans un cadre national, nous savons qu’il existe une force régionale tirant parfois dans un sens différent. Parce que le Cantal, ce n’est pas le Kochersberg ou le Sundgau. Nous sommes la première région agricole française. Sachons être leaders, mais différenciants si nécessaire. Méfions-nous de la tendance à la recentralisation. Ensemble, menons le même combat. » Certaines filières agricoles sont en difficulté, comme la betterave à sucre. « Grâce au boulot que nous avons fait, nous avons pu maintenir la sucrerie d’Erstein. » Un travail d’équipe, a ajouté le président. Le contrat d’objectifs élevage a été signé. « Nous devons maintenant travailler sur les abattoirs. Nous sommes concurrencés par la Belgique et l’Allemagne. Nous devons trouver une vraie stratégie à l’échelon régional pour conserver la compétitivité de nos outils régionaux. » Évoquant le grignotage des terres agricoles, Jean Rottner s’est prononcé pour une saine régulation de la consommation foncière, l’objectif étant de maintenir le développement économique des territoires. « Petit à petit, on arrive à une position d’équilibre qui satisfait tout le monde. La consommation foncière ne doit pas être brutale. Les routes doivent se construire dans le respect de l’économie agricole. Nous devons protéger les terroirs que nous aimons. » Très heureux d’être allé à la rencontre du monde de l’élevage à #Brumath ✅ Pour confirmer notre engagement de 8M€ dans le cadre du plan sécheresse ✅ Pour assurer notre soutien fort à cette filière de qualité ‼️ Pour dire ma fierté d’être 1 Region agricole par excellence !! pic.twitter.com/ENlPsTxEXY — Jean ROTTNER (@JeanROTTNER) 12 mai 2019

Publié le 07/05/2019

La consigne est encore pratiquée en Alsace, mais manque cruellement de visibilité. Le réseau Alsace consigne, constitué de Carola, Lisbeth, Meteor et Zéro Déchet Strasbourg, vise à mettre en lumière et développer cette pratique.

Ce sont des chiffres qui donnent le tournis. Mais dans le bon sens cette fois : 25 millions de bouteilles consignées circulent chaque année en Alsace, soit autant de déchet en moins. Une bouteille consignée est en moyenne réutilisée 20 fois. Certaines bouteilles consignées atteignent l’âge de 30 ans. En outre, si le rayon de distribution est raisonnable (300 km), la pratique de la consigne permet d’économiser des Gaz à effet de serre (GES) : jusqu’à 80 % de moins qu’une bouteille à usage unique sur l’ensemble de son cycle de vie. En effet, fabriquer du verre, même recyclé, consomme plus d’énergie que de laver une bouteille. Alors que de plus en plus de consommateurs mènent un combat acharné contre les emballages inutiles, pourquoi la consigne n’est-elle pas plus répandue ? La pratique a presque disparu en France. Seule l’Alsace résiste. Mais il y a quelques décennies, tout le monde pratiquait la consigne. « Jusque dans les années 1960, chaque embouteilleur avait son propre réseau de consigne », rappelle Simon Baumert, de l’association Zéro Déchet Strasbourg. Le processus de fabrication de verre « neuf » revenait beaucoup plus cher que le transport et le retraitement des bouteilles. C’est l’invention du recyclage qui a entraîné l’essor de bouteilles en verre perdu, au détriment du verre consigné. Actuellement, une centaine de points de vente sont encore équipés de machines de consigne en Alsace. Et il existe tout un réseau de consigne dans l’hôtellerie-restauration. En outre, 90 % des consommateurs alsaciens sont favorables à la pratique. Ils sont aussi attachés aux marques régionales qui la portent, comme Meteor, Carola et Lisbeth, les trois fabricants fondateurs du réseau Alsace consigne, coordonné par l’association Zéro Déchet Strasbourg. Dépoussiérer la consigne Ce réseau a été créé pour soutenir la pratique de la consigne. Si elle peine à se généraliser, c’est surtout parce qu’elle manque de visibilité. L’objectif premier est donc de remédier à ce « déficit de visibilité criant », décrit Simon Baumert. Exemples : Pour des raisons logistiques, les machines à consigne sont souvent reléguées au fin fond du rayon liquide. Le consommateur non averti ne sait pas quels contenants sont consignés ou non. « Nous allons mettre en place des magasins pilotes pour tester les pratiques qui doivent permettre de développer la consigne », décrit Simon Baumert. Une autre piste consiste à élargir la gamme des références consignées. Une fois validées, ces bonnes pratiques doivent essaimer. Le deuxième objectif du réseau, c’est de valoriser la consigne, « d’inciter les acteurs à mettre en lumière leurs pratiques ». En effet, les industriels sont étrangement discrets en matière de consigne. Pourtant c’est écolo. Donc tendance. Alors le réseau va élaborer des outils de communication. « Pourquoi pas, par exemple, identifier les produits consignés sur les cartes des restaurants par un logo », illustre Simon Baumert. Enfin, la consigne représente une contrainte logistique pour les consommateurs. Ils doivent stocker et trimballer des caisses de bouteilles. Autant leur faciliter la vie. Le réseau a donc prévu d’élaborer une carte en ligne pour recenser les points de vente pratiquant la consigne. Un plan interactif pour « toucher un public jeune, ceux qui ont oublié la consigne », souligne Édouard Haag, directeur général et commercial de Meteor. Bref, afin de véhiculer l’image d’une consigne « moderne et rénovée », conclut Simon Baumert.

Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin

Une collaboration accrue entre les trois Caisses de l’Est

Publié le 06/05/2019

Le 1er janvier 2019, la Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin a entamé sa 130e année d’existence. Une structure en bonne santé qui ne cesse de s’adapter et renforce ses liens avec les caisses voisines.

« La mission première de notre caisse est d’indemniser les accidents du travail et les maladies professionnelles des salariés et non-salariés du régime agricole », a expliqué Denis Ramspacher, président de la Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin, lors de l’assemblée générale du vendredi 3 mai à Schiltigheim. Pour la deuxième année consécutive, le nombre d’accidents est reparti à la hausse. 1 266 dossiers ont été enregistrés en 2018, contre 1 249 l’année précédente, soit une hausse de 1,36 %. Cette hausse concerne surtout les salariés. Le nombre de dossiers des non-salariés est, à une unité près, le même que l’an dernier. « Fort heureusement, les accidents s’avèrent moins graves qu’en 2016. » Pour le président, le nombre d’accidents mortels, au nombre de deux, reste préoccupant. Ils ont frappé un stagiaire de 17 ans écrasé par une grume et un non-salarié retraité de 67 ans décédé d’une hémorragie interne suite au renversement de son tracteur. Taux de cotisation inchangé en 2019 Le comité directeur a décidé de maintenir au 1er janvier 2019 les taux de cotisations foncières au même niveau que les deux années précédentes. « Nous avons le souci d’adapter nos ressources à nos besoins de financement des accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP), indique le président. Cela a permis une baisse de plus de 14 % sur les dix dernières années, preuve de la saine gestion de notre établissement. » Parmi les chantiers évoqués par le président, la dématérialisation des flux via la carte Vitale. « Six ans après son lancement, un tiers de nos dépenses en nature est liquidé via cet outil. Tout fonctionne donc correctement, mais nous aimerions que l’utilisation de la carte Vitale se développe davantage. » La collaboration avec les caisses du Haut-Rhin et de la Moselle se poursuit avec, désormais, un seul outil informatique et un service informatique mutualisé. Des défis importants restent à relever : finaliser la mise en œuvre de la déclaration sociale nominative (DSN), mettre en application le nouveau TESA, intégrer le prélèvement à la source et mettre en place les factures dématérialisées. Cette coopération se traduit également au niveau des actions de prévention : les trois caisses ont harmonisé leurs aides financières incitatives et mis en œuvre de manière coordonnée avec la MSA le plan Santé sécurité au travail 2016-2020. Gestion maîtrisée Pascal Jan, le directeur de la caisse a présenté le programme de prévention de la CAAA 67. Les moyens consacrés à la prévention atteignent 215 000 €. 108 000 € d’aides financières ont été accordées, ainsi que 57 000 € d’aides exceptionnelles. Les dépenses liées à la formation à la sécurité se sont élevées à 17 000 €. Plus de cent sessions de formation ont ainsi été dispensées, elles ont permis de toucher 893 personnes. À cela s’ajoutent les 262 heures de cours dispensées aux élèves de l’enseignement agricole.

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