Vie professionnelle

Publié le 05/07/2019

En forte croissance, l’entreprise de distribution Adam Boissons installe un bâtiment de logistique et des bureaux sur 3 000 m2 dans la ZA du Piémont à Valff. Objectif : étendre son activité dans le Bas-Rhin.

Les origines de l’entreprise de distribution Adam Boissons remontent à la famille de viticulteurs Adam à Ammerschwihr. En 1923, une branche de la famille s’installe à Lauw dans la vallée de Masevaux. Le siège social est installé non loin à Guewenheim. En raison de sa croissance d’entreprise, Adam Boissons avait aussi élu domicile à Ribeauvillé. Mais elle cherchait en réalité à s’établir sur le Bas-Rhin pour couvrir toute l’Alsace. Adam Boissons, c’est aujourd’hui une PME de 70 collaborateurs, une flotte de 10 camions, réalisant 20 M€ de chiffre d’affaires et qui diffuse 1,5 million de litres, toutes boissons confondues, des eaux et boissons gazeuses, 40 % de bières, 10 % de vins et 5 % de spiritueux. 80 % en CHR, 10 % aux particuliers, et le reste aux associations et autres. « On a une agence de vins en parallèle », indique Guillaume Gasser qui aura en charge la responsabilité du futur site bas-rhinois.   < iframe src = » https://www.google.com/maps/embed?pb=!1m18!1m12!1m3!1d2647.438098309687!2d7.494318315970874!3d48.42893097924766!2m3!1f0!2f0!3f0!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!3m3!1m2!1s0x0%3A0x0!2zNDjCsDI1JzQ0LjIiTiA3wrAyOSc0Ny40IkU!5e0!3m2!1sfr!2sfr!4v1562235023265!5m2!1sfr!2sfr » width = » 600 » height = » 450 » frameborder = » 0 » style = » border : 0 » allowfullscreen >    Jeudi 27 juillet, c’était la pose de la première pierre du nouveau centre logistique et commercial pour Adam Boissons dans la ZA Parc d’Activités du Piémont de la Comcom du pays de Barr. Le siège social reste à Guewenheim. Ce hall de stockage de 3 000 m2 et 300 m2 de bureaux permettra de gagner « en efficacité et en sécurité », explique Guillaume Gasser. Et surtout de développer l’activité plus au nord de l’Alsace. Car « la livraison notamment en caisse à domicile au particulier est en plein essor, par souci de réduction des bouteilles jetables », explique Anne Schartner, conjointe de Paul Adam, le PDG. Le bâtiment est construit par GA-Smart Building à Sainte-Croix-en-Plaine, spécialiste des bâtiments industriels et tertiaires. Sa particularité : préfabriquer des pièces de construction avant assemblage sur site. Comme un lego. Le dallage est conçu pour supporter 3 t/m2. Si la toiture est isolée, en revanche, le bâtiment ne l’est pas totalement : « Les boissons stockées constituent un volant thermique naturel. L’inertie thermique ne nécessite pas d’isolation supplémentaire », indique Boaz-Thierry Gasto, l’architecte. GA SmartBuilding déjà constructeur du siège d’Adam Boissons à Guewenheim, a à son actif d’importants ouvrages pour des donneurs d’ordre de renom tels qu’Amazon, Aldi, ou le siège social de Kronenbourg.

Changement climatique et ressource en eau

Sous le feu, l’eau

Publié le 04/07/2019

Le 10e colloque du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) Ill-nappe-Rhin a porté sur les impacts du changement climatique sur la ressource en eau. Quels sont-ils ? Comment s’y adapter, les atténuer… ? De nombreux acteurs se penchent sur ces questions.

Mardi 25 juin, à 9 h, la canicule liquéfie déjà les rues de Strasbourg. C’est l’heure à laquelle les participants au colloque du Sage Ill-nappe-Rhin intitulé « Eau et changement climatique » rejoignent l’amphithéâtre de la Région Grand Est, où la clim est poussée à fond. Faut-il en rire ou en pleurer, alors que Grégory Fifre, de Météo France, déroule des graphiques et des chiffres implacables ? Le changement climatique anthropique, dû à la concentration de Gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, est une réalité démontrée. Le top 10 des années les plus chaudes est une accumulation de dates récentes. Le nombre de jours de gel diminue en quantité et en intensité, le nombre de jours de forte chaleur augmente, les canicules sont plus fréquentes… Côté précipitations, la tendance est moins nette, mais leur régime semble affecté, avec une hausse des précipitations hivernales, suivie d’une baisse en été. Avec des averses plus violentes, donc plus agressives pour les sols. Les épisodes de sécheresse devraient augmenter en fréquence, en durée et toucher de plus vastes secteurs géographiques. Conséquence : l’indice d’humidité des sols risque de considérablement s’abaisser. Des évolutions que l’on peut déjà constater. La question est donc de savoir comment la situation va évoluer. La réponse est à la fois claire et sibylline : tout dépendra de la quantité de GES que l’humanité continuera à émettre, donc essentiellement des décisions économiques et géopolitiques qui seront prises, ou pas. Quoi qu’il en soit, il faut s’attendre à une hausse du mercure : « Dans les 30 prochaines années, même si on arrête d’émettre des GES, on assistera à une augmentation des températures, liée à ce qui a déjà été émis dans l’atmosphère. Le sort en est jeté. La question est donc comment les rejets vont évoluer… » Niveau de la nappe : ok Quels seront les impacts de ces évolutions sur la ressource en eau en Alsace ? De nombreux acteurs se penchent sur la question. À l’Association pour la protection de la nappe phréatique de la plaine d’Alsace (Aprona), on est plutôt rassurant sur le niveau de la nappe phréatique d’Alsace : « On ne constate pas de tendance à la baisse », rapporte Fabien Toulet. Ce serait même plutôt une tendance à la hausse qui ressort des suivis. Sans doute parce que les précipitations, qui rechargent directement ou indirectement la nappe, ne baissent pas. Une tendance qui devrait se confirmer à l’avenir, sauf pour le scénario climatique le plus pessimiste. Débit des cours d’eau : à surveiller Pour ce qui est des cours d’eau, la situation est différente, et assez incertaine, selon les études. Retenons que la tendance est à des débits en baisse durant l’été hydrologique, mais en hausse durant l’hiver hydrologique. Et qu’il est important de mettre en place un monitoring des débits des cours d’eau pour se faire une idée plus précise de l’évolution de la situation. Le site de la Commission internationale pour la protection du Rhin (CIPR) va ainsi publier un suivi des étiages dès cet été, « sachant que la navigation est gênée bien avant que les classes d’étiage les plus intenses soient atteintes », précise Anne Toussirot, de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Interactions nappe - cours d’eau : à approfondir L’étude Ges’eau’R porte également sur la gestion quantitative des eaux souterraines, plus spécifiquement du Grand Ried. « L’objectif est d’affiner les connaissances des relations qui lient nappe et cours d’eau, notamment de préciser l’impact des prélèvements en eaux souterraines sur les cours d’eau », indique Élodie Giuglaris, hydrogéologue au BRGM. Après avoir défini des unités de gestion, des essais de pompage vont servir de démonstrateur. La mise en place d’un réseau de suivi devra ensuite aboutir à une cartographie de la sensibilité aux prélèvements en eaux souterraines. À noter que, pour approfondir les connaissances sur les débits des cours d’eau en interaction avec la nappe dans un contexte d’étiage, une thèse portant sur la résilience de la nappe phréatique alsacienne, c’est-à-dire sa capacité à récupérer un fonctionnement moyen après une crue ou une sécheresse, a été entreprise par Agnès Labarchède à l’Université de Strasbourg. Un projet de territoires pour la gestion de l’eau Le gouvernement s’est saisi de la question de l’impact du changement climatique sur la ressource en eau en généralisant les Projets de territoires pour la gestion de l’eau (PTGE), qui doivent aboutir à une démarche concertée localement avec les usagers de l’eau. Xavier Marly, de la Dreal, et Max Louette, de la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf), ont présenté sa déclinaison en Grand Est, qui passe par l’identification des bassins en tension quantitative potentielle et le développement d’usages plus sobres et économes de l’eau. Face au risque de voir les prélèvements pour l’irrigation augmenter avec l’ETP (évapotranspiration potentielle), les services de l’État ont commencé à travailler sur le volet agricole du PTGE, en étudiant la possibilité d’aller vers des modèles agricoles moins dépendants de la ressource en eau, en trouvant des solutions pour optimiser les ouvrages actuels, en étudiant la pertinence d’en créer de nouveaux. Le même travail sera effectué sur les volets navigation, loisirs… Un Plan d’adaptation et d’atténuation au changement climatique La liste des acteurs ne serait pas complète sans l’Agence de l’eau Rhin Meuse qui a, quant à elle, adopté en février 2018 un Plan d’adaptation et d’atténuation au changement climatique. Marina Pitrel en explique la teneur : « Les solutions proposées doivent avoir un pied dans l’atténuation des émissions de GES et l’autre dans l’adaptation à ce climat qui évolue ». Autrement dit : plus question de lancer un projet sans se poser la question de son adaptation au climat de demain. Marina Pitrel évoque quelques-unes des actions proposées au sein des huit axes que comprend ce plan : « Les villes minérales ne sont adaptées ni aux précipitations intenses ni aux épisodes de fortes chaleurs, il s’agit donc de réintroduire des espaces végétalisés. Les pratiques agricoles intensives augmentant les risques, il faut adapter les systèmes pour aller vers une agriculture plus résiliente… » Des mesures de bon sens qui ont été adoptées en traquant la « mal-adaptation », comme la climatisation qui contribue au réchauffement climatique, en privilégiant les actions « sans regret », comme l’isolation avec des matériaux biosourcés, économes en ressources (eau, sol), multifonctionnelles. Mais qui, Marina Pitrel en convient, constituent « un casse-tête politique ». Les échanges, qui ont suivi ces présentations, ont mis en lumière un autre écueil : l’eau ne connaît pas de frontières. Ainsi, la production d’hydroélectricité en Suisse a des impacts sur le débit du Rhin. Tout comme l’état des glaciers. Or le changement climatique favorise le phénomène de sublimation sans passer par la fusion. Le phénomène de basses eaux du Rhin semble s’amplifier, pénalisant la navigabilité du fleuve. Ce mode de transport peu coûteux en énergie est inévitablement reporté. Et sans doute plus sur route que sur rail, entraînant des émissions de GES supplémentaires. Pour les atténuer durablement et efficacement, il apparaît donc indispensable de fixer les bonnes priorités.

Publié le 04/07/2019

Les éleveurs de porcs ont participé à une table ronde lors de l’assemblée générale de l’Association régionale des industries alimentaires, vendredi 21 juin à Strasbourg. Le thème du débat : la création d’une filière porcine locale. Une éventualité qui passera forcément par la contractualisation. Attention : sujet explosif.

Sur le principe, tout le monde est d’accord. Une filière porc 100 % Alsace aurait toutes les chances de trouver son public dans les supermarchés régionaux. Mais cela implique de contractualiser des volumes. Et là, tout le monde se tire dans les pattes. C’est en quelque sorte ce qui ressort de la table ronde organisée par l’Association régionale des industries alimentaires (Aria) lors de son assemblée plénière, fin juin. L’Aria et les éleveurs partent d’un constat simple. À peine 20 % de la viande de porc consommée en Alsace est produite ici. La marge de progression est énorme. Les opportunités économiques aussi. « L’Alsacien est chauvin, il achète le sucre Erstein pour son nom », témoigne Franck Sander, président de la FDSEA 67. Alors pourquoi pas du jambon ? Pas de filière sans contrats Pour monter une filière locale, les partenaires doivent définir des bases solides. Notamment un cahier des charges complet. « Tous les segments de la chaîne doivent être contrôlés, plaide Daniel Muller, directeur général de la charcuterie Metzger Muller et trésorier de l’Aria. Races, transport, transformation, politique commerciale de la grande distribution… » Et qui dit cahier des charges, dit contrat. Avec un prix des matières premières fixes. Et là, c’est la cacophonie. Les agriculteurs militent depuis longtemps pour signer des contrats. Car « tous les deux-trois ans, les producteurs vendent sous leurs coûts de production », estime Jean Kauffmann, président de la section porcine de la FDSEA 67. Comme en 2018. Les cours n’ont jamais atteint le prix minimum d’1,52 €/kg fixé par la loi EGAlim. La faute aux charcutiers ? « On ne se sucre pas sur le dos des agriculteurs, rétorque Daniel Muller. Mais nous, on doit respecter le prix négocié avec la grande distribution. » Les charcutiers naviguent à vue Selon le charcutier, le principal obstacle à la contractualisation vient de la méthode de négociation avec les supermarchés. En mars, transformateurs et distributeurs se réunissent pour fixer les prix de l’année. Ce montant se base sur le cours de référence de l’exercice précédent. Sauf que le prix du porc fluctue d’une semaine sur l’autre. En clair : « On doit annoncer des prix sans savoir quels seront les cours des matières premières », résume Daniel Muller. Et certaines années, c’est la catastrophe. Comme aujourd’hui. « En deux mois, le prix du porc s’est envolé de 25 % », se désole Daniel Muller. Les charcutiers doivent baisser leurs marges. « Il y a deux ans, l’Aria ne voulait pas entendre parler de contractualisation », note Jean Kauffmann. Mais la donne a changé. Avec l’épidémie de peste porcine, la Chine, premier consommateur mondial de porc, a perdu près de 20 % de sa production. D’où la remontée des cours depuis janvier. Si la maladie persiste, les prix pourraient bien se stabiliser largement au-dessus des 1,52 €/kg préconisés par la loi. Aujourd’hui ils tutoient déjà les 1,60 €. Les contrats permettraient aux transformateurs de s’assurer des prix stables toute l’année. Et ainsi négocier avec plus de visibilité avec la grande distribution. Preuve d’un changement de position, les responsables de l’Aria annoncent qu’ils se pencheront bientôt sur le sujet. « On va se mettre à travailler ensemble », assure Sébastien Muller, responsable de l’association. Il était temps.

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