Conseil départemental du Bas-Rhin
Nouvelle passe d’arme autour du Salon de l’agriculture
Conseil départemental du Bas-Rhin
Publié le 11/07/2019
Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert veulent un stand estampillé « Collectivité européenne d’Alsace » au Salon de l’agriculture de Paris 2020. L’idée ravive les tensions entre la région Grand Est et les départements alsaciens.
On s’y était presque habitué. Depuis que Frédéric Bierry et Brigitte Klinkert sont partis en croisade pour ressusciter une collectivité locale d’Alsace, le Salon international de l’agriculture de Paris (Sia) est devenu un champ de bataille politique. En cause ? L’absence d’un espace « Alsace » séparé du Grand Est. Tout un symbole. En 2018, les présidents du Bas-Rhin et du Haut-Rhin avaient brillé par leur absence lors de la cérémonie inaugurale du stand Grand Est. Cette année, la création de la future Collectivité européenne d’Alsace (CEA) a animé les travées du Sia. 2020 pourrait être l’année de la scission. « Nous souhaitons être présents au prochain Salon de l’agriculture. » La phrase, presque anodine, lâchée par Frédéric Bierry a suffi à mettre le feu aux poudres. Deux semaines après l’adoption de la loi relative aux compétences de la CEA, les présidents des Départements alsaciens passent à l’offensive. « Avec la CEA, on retrouve notre capacité de gestion de la marque Alsace (officiellement prérogative de la Région) », justifie l’élu. Dès lors, il croit légitime d’installer à Paris son propre stand siglé « Collectivité européenne d’Alsace ». « Ce sera la guerre des tranchées » Sous quelle forme ? Pour l’instant, l’heure est à la réflexion. Certains murmurent que les deux élus voudraient s’installer dans le Hall 4, dédié aux organismes professionnels et institutionnels (syndicats, ministères…). Cela leur permettrait de s’affranchir de la Région. Petit hic : le prix. Au moins 300 000 €. Le montant fait tiquer l’entourage du président. Autre option, moins chère celle-là : un relooking du stand Alsace au sein de carré Grand Est. Mais dans ce cas impossible d’afficher des banderoles « Collectivité européenne d’Alsace ». Pour cause, c’est la Région qui finance une grande partie de l’espace. Frédéric Bierry, sourire aux lèvres, laisse planer le doute sur ses intentions. Une manière de tester les réactions de la Région. Bingo. La contre-attaque ne se fait pas attendre. Et elle vient du plus haut niveau. « Avec Jean Rottner nous avons été très clairs. L’Alsace fait ce qu’elle veut tant qu’elle reste dans le cadre du Grand Est », allume Patrick Bastian, président de la commission Agriculture à la Région. Le conseiller régional prend pour exemple la Moselle. Le Département subventionne de manière indépendante certaines actions de promotion de son terroir, mais il reste dans le stand de la Région. Et si l’Alsace s’obstine à fuir la maison Grand Est ? « Alors ce sera la guerre des tranchées », avertit l’élu. Le Salon 2020 s’annonce chaud.












