Jeunes Agriculteurs. Canton d’Alsace bossue
Opération communication
Jeunes Agriculteurs. Canton d’Alsace bossue
Publié le 08/08/2019
Dimanche 11 août, les Jeunes Agriculteurs d’Alsace bossue organisent une journée portes ouvertes à la ferme Roth Pascal à Adamswiller. L’occasion de découvrir une ferme laitière bio pimpante et entreprenante.
C’est dans une salle de traite rutilante que Pascal et Cathy Roth nous accueillent après la traite matinale. Le sol carrelé brille, il y a même un bouquet de fleurs, synthétiques, qui égaie la pièce. Cathy, salariée de l’exploitation, constate : « On a passé la semaine dernière à semer les temporaires. Et maintenant on a plus qu’une semaine pour tout ranger ». « Et après on risque de ne plus rien retrouver », sourit Pascal Roth, son époux. Il s’est installé sur la ferme familiale située à la lisière du bourg d’Adamswiller en 1986, « sur 13 ha, avec deux vaches laitières et cinq génisses », se remémore-t-il. 30 ans plus tard, en 2015, il a 18 vaches laitières et 90 vaches allaitantes. En 2016, il construit le bâtiment actuel, à l’extérieur du village, en six mois. Et il entame la conversion à l’agriculture biologique, effective depuis 2018. Entre-temps, exit les vaches allaitantes. Le troupeau est désormais exclusivement laitier, avec 120 prim'holstein et simmental. Elles produisent 600 000 l de lait, livré à Unicoolait. Dans ce nouveau bâtiment, les éleveurs ont investi pour le confort des bêtes et le leur. Les logettes en bac plastique avec matelas et paille défibrée préservent les vaches des escarres. Le racleur est automatique, mais Cathy Roth le déclenche manuellement lorsque la place est libre. C’est-à-dire lorsque les locataires des lieux sont à la traite ou à la pâture. La salle de traite en 2*12 en swing-over leur permet de traire 96 vaches par heure à deux. Le robot de traite n’a pas su séduire les éleveurs. « Trop cher », estime Pascal Roth. Et inadapté à leurs pratiques. Avec 60 ha de pâture qui entourent le bâtiment, en été, les bêtes sont dehors la plupart du temps. Mais il y a des chemins à traverser. Impossible donc de les laisser divaguer à leur guise et d’aller au robot quand ça leur chante. Il faut les ramener à l’étable deux fois par jour. « Ça nous permet aussi de voir chaque bête. Parfois on soigne les bobos directement sur le quai », rapporte Cathy Roth. Agriculteurs expérimentateurs Les éleveurs poursuivent l’objectif d’être autonomes en fourrage. Sur leurs 150 ha de SAU, ils cultivent 65 ha d’un mélange trèfle et luzerne, 10 ha de triticale et 20 ha de maïs ensilage qui sont précédés d’un méteil ensilé (triticale, pois, vesce). Semé en octobre, le méteil est récolté en mai, juste avant le maïs. « Le méteil pompe moins d’eau qu’une prairie. C’est donc un bon précédent pour le maïs, d’autant que les racines de surface laissent un bon lit de semence », constate Pascal Roth. Le reste est en prairies naturelles, pâturées ou fanées. Théoriquement, le mélange de trèfle et luzerne devrait donner trois coupes d’ensilage. Mais depuis deux ans, il n’y a plus que deux coupes qui sont ensilées, la troisième est enrubannée, pâturée, ou amenée à l’auge. Pour faire face à ces nouvelles contraintes climatiques, les éleveurs testent un mélange de trèfle violet et de sainfoin sur 3 ha. « Le sainfoin est une espèce adaptée aux sols pauvres et séchants, qui résiste bien aux températures élevées. Si l’essai est concluant, on en mettra aussi dans les prairies temporaires, car c’est une espèce mellifère et qui favorise la digestion des ruminants. » Les éleveurs ont aussi testé le semis direct, notamment de luzerne dans le méteil. Des expérimentations qui ne sont pas sans leur donner quelques sueurs froides. Alors, Cathy Roth aimerait bien que les agriculteurs soient davantage respectés. « Notre mission consiste à nourrir la société. Mais ça n’est pas assez reconnu. Et cela engendre une réelle souffrance chez les agriculteurs. Il serait temps de s’en préoccuper, comme on se soucie du bien-être animal. » Et si possible avant que la question ne se pose plus. En trente ans de carrière, le couple a vu disparaître 14 des 16 fermes d'Adamswiller.












