Vie professionnelle

Canton de Soultz-sous-Forêts

Soirée Bierfescht et portes ouvertes

Publié le 09/08/2019

Les Jeunes Agriculteurs du canton de Soultz-sous-Forêts invitent à une fête de la bière samedi 10 août, puis à une journée portes ouvertes avec concours de labour le dimanche 11 août à la SCEA des Châtaigniers de Drachenbronn.

La SCEA des Châtaigniers, menée par Christophe et Céline Breitenbucher, est l’un des dix élevages de coquelets installés dans le nord de l’Alsace. C’est en 1996 que Christophe Breitenbucher reprend l’exploitation de vaches laitières de ses parents et s’installe hors du village où il construit, en 1997, un premier bâtiment destiné à l’élevage de coquelets. Progressivement, deux autres bâtiments s’y ajoutent, pour atteindre une production de près de 370 000 coquelets par an. Toute la production de l’entreprise est vendue aux Ets Rhin de Haguenau qui en assurent la collecte, l’abattage et la vente. Pour assurer les besoins de la ferme, sur les 45 ha disponibles, 15 ha fournissent le blé et 15 ha le maïs. Les 15 derniers ha sont des prairies, dont le foin est revendu.     Chaudière à bois et panneaux photovoltaïques En 2012 Christophe Breitenbucher entreprend la construction d’une chaufferie aux copeaux de bois. Automatisée, elle est destinée au chauffage des bâtiments. Poursuivant ses innovations, il installe 1 000 m² de panneaux photovoltaïques. En 2019 il rajoute encore 120 m² de panneaux. Cette fois, l’énergie produite doit être consommée sur place. La mise en route s’effectue en ce moment. Avec un partenaire, il a créé une société qui a mis au point un robot de nettoyage des panneaux photovoltaïques. Dans ses cartons, il envisage de créer un site en ligne pour la vente de coquelets dans toute la France via « Chronofroid »… un projet à suivre. Lors de la journée portes ouvertes, la famille Breitenbucher fera visiter leur ferme : l’élevage des coquelets, la chaufferie aux copeaux de bois automatisée, les panneaux photovoltaïques… La restauration de dimanche sera assurée par les JA. Au menu du midi : coquelet frites bien sûr ! En soirée, tartes flambées et grillades.

Jeunes Agriculteurs. Canton de Marckolsheim

Des portes ouvertes sous le signe du chanvre

Publié le 08/08/2019

L’EARL Gerber de Sundhouse accueille les portes ouvertes des Jeunes Agriculteurs du canton de Marckolsheim, dimanche 11 août. Éric Gerber saisira l’occasion pour présenter sa dernière trouvaille… Un test de culture du chanvre.

Du Bob Marley à la journée portes ouvertes des Jeunes Agriculteurs ? Un peu exagéré. Mais dimanche 11 août, la culture du chanvre risque d’animer les débats à l’EARL Gerber, en sortie de Sundhouse. Depuis le début de l’année, trois agriculteurs se sont lancés dans cette production un peu spéciale.     Tout commence l’année dernière. Un responsable de Tereos informe les paysans du coin d’un projet en gestation. Le groupe sucrier souhaite relancer la filière chanvre pour en faire de l’huile alimentaire. L’entreprise cherche des volontaires pour effectuer des tests de culture. Trois agriculteurs du village acceptent. « J’aime bien découvrir et faire des choses neuves », explique Éric Gerber. Ni une ni deux, il sème 1,7 hectare de chanvre juste à côté de sa maison. Une activité supplémentaire à côté de l’élevage de taurillons et des grandes cultures. Pour l’instant le producteur est satisfait de la croissance des plantes. Le rendement devrait tourner autour d’1,5 t/ha. « Peut-être moins vu que c’est la première année », prévient le paysan. Il récoltera ses plants d'1,5 mètre de haut le lundi 12. Le lendemain des portes ouvertes. Les visiteurs pourront voir du chanvre sur pied. « La personne de chez Tereos doit venir pour expliquer où en est le projet », appuie Éric. « Cette variété ne se fume pas » Mis à part le caractère novateur et insolite de ce test, le chanvre possède d’intéressants atouts économiques. Une étude de l’institut Terres Inovia estime à 800 €/ha le prix de vente des grains. Ajoutez à cela la valorisation des tiges, l’organisme calcule une marge brute de 1 000 €/ha minimum. Voire 1 500 € dans les zones à fort potentiel. Mais la famille Gerber ne s’emballe pas. « On n’en est qu’au tout début », tempère Éric. Reste qu’en cas de succès de la première campagne, Tereos souhaiterait doubler les superficies d’ici deux ans. Prometteur. Mais le chanvre a aussi apporté quelques rencontres inopportunes. « Certains soirs, le chien aboie et on voit des lampes torches dans la parcelle », rigole l’agriculteur, exaspéré. Les visiteurs nocturnes arrachent des plants pour rouler des joints de sundhousienne. Problème, « cette variété ne se fume pas », s’exclame Éric Gerber. En effet, elle contient très peu de tétrahydrocannabinol (THC), la substance psychotrope qui fait planer les consommateurs de marijuana. Alors dimanche, Éric rappellera que ses plantes sont vouées à assaisonner les plats. Pas les cigarettes.

Filière forêt-bois

La forêt en urgence sanitaire

Publié le 08/08/2019

Touchée par les sécheresses à répétition, la forêt a subi de plein fouet les deux dernières canicules de cet été qui ont entraîné des dégâts visibles dans le paysage. La forêt haut-rhinoise est même considérée comme en « urgence sanitaire ». Localement, on tente de trouver des solutions. Le président de la Région Grand Est, Jean Rottner, a rencontré le 31 juillet, les élus de la région de Masevaux pour échanger sur ce phénomène inquiétant.

Le dépérissement de la forêt est en cours. La couleur rouge devient omniprésente. Ces constats viennent de nombreux observateurs d’une forêt qui brûle. « Nous sommes vraiment très inquiets. Il s’agit de notre patrimoine, de notre cadre de vie. Mais également de questions environnementales et économiques. On a tout d’abord évoqué les problèmes des maladies du bois avec les scolytes. Il y a ensuite eu ces canicules et cette sécheresse. Nous nous interrogeons sur un possible phénomène de pollution atmosphérique. Il y a un gros problème, c’est une certitude. » C’est en ces termes que Laurent Lerch, maire de Masevaux-Niederbruck, a ouvert la réunion qui s’est dérouéle en présence d’élus locaux, de conseillers régionaux et de représentants de l’Office national des forêts (ONF) et de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).     L’image est en effet frappante. En visitant, notamment, le col du Schirm, les sapins rougis occupent de plus en plus d’espace au milieu de la forêt. « Je suis attristé par cette situation dans cette vallée qui est ma vallée d’origine. C’est pourquoi je suis venu rencontrer les élus, scientifiques et techniciens. Pour évoquer des solutions et répondre aux enjeux économiques et de développement durable », explique le président de la Région Grand Est, Jean Rottner. La conséquence économique de la mortalité des sapins ? La commune de Masevaux-Niederbruck craint de devoir emprunter au budget principal pour abonder le budget forêt. « Les coûts d’entretien, mais aussi les frais d’exploitation seront plus importants pour couper le bois sec, qui ne nous rapporte rien en comparaison du bois frais », déplore Raymond Trommenschlager, l’adjoint au maire de Masevaux chargé des finances. Il appréhende de voir fondre comme neige au soleil les 120 000 € de recettes annuelles que représente la forêt pour la commune. Le problème des sangliers Pour tenter de trouver des solutions à ce phénomène qui se prolonge, le maire de Masevaux a fait appel à l’Inra. « L’objectif est de mettre en place une expérimentation. Il faut tester et diversifier. On pourrait sélectionner des essences de sapins qui ne sont pas natives d’ici et les planter. Il faut aller vite. On va d’abord tester le reboisement par îlots, puis nous ferons d’autres expériences », précise le directeur de recherche, Laurent Saint-André. Sachant qu’un « site atelier » pour replanter en îlot coûte 200 000 €. « La Région accorde des aides spécifiques pour les scieries et la replantation, qui peuvent monter jusqu’à 40 %. Mais j’ai le sentiment qu’il faut aller plus loin. Nous pourrions débloquer de nouvelles aides cet automne, à condition qu’elles soient adaptées aux besoins », prévient Jean Rottner. « Nous sommes prêts à ce que Masevaux devienne ce laboratoire, ce territoire d’expérimentations. Nous avons pris un peu d’avance et j’espère que notre vallée servira à d’autres, également concernées par ce phénomène », réagit Laurent Lerch. Un travail d’autant plus immense que ce problème est européen. Plus de 80 millions de m3 d'épicéas sont touchés sur tout le continent. Et l’Allemagne est encore plus impactée sur les résineux. « Au niveau commercial, deux années de récolte sont arrivées en six mois. Il y a saturation du marché. Ici en France, mais aussi dans des pays comme l’Allemagne et l’Autriche. La plupart des arbres n’ont même plus d’écorce. Le bois est difficilement vendable », constate l’ONF. Préserver la filière bois Tout en gérant le présent, il va falloir adapter les forêts au futur. « Un travail s’impose avec les acteurs de la forêt, chasseurs, pêcheurs, randonneurs. Les sangliers surconsomment en forêt. Et c’est un problème pour les jeunes pousses d’arbres et pour les insectes. Il faut donc contenir cette population. Si on ne permet pas à la nature de se développer, la végétation ne pourra plus s’exprimer et la forêt va continuer de dépérir », prévient Laurent Saint-André. En conclusion, Jean Rottner a proposé aux élus locaux une rencontre plus importante en septembre. « La filière forêt-bois est un modèle d’économie durable que nous devons préserver. Elle est identifiée comme l’une des filières majeures du Grand Est. À ce titre, la Région s’est dotée d’une politique ambitieuse, à travers le contrat de filière bois 2017-2020 qui vise à valoriser une ressource régionale significative et à développer les activités économiques des territoires, notamment ruraux. Nous devons désormais aller plus loin. Surtout après ces canicules et cette sécheresse. Et sachant que ces événements climatiques sont amenés à se répéter de plus en plus souvent. En parallèle, nous soutenons la filière dans la crise du scolyte à travers la mise en place de plusieurs mesures, comme le soutien aux entreprises de transformation du bois pour les inciter à acheter ce bois malade. À la rentrée, nous devrons reparler de tout cela », conclut Jean Rottner.

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