Technique

Journée pro McHale, chez Bas-Rhin Motoculture

Des presses et des enrubanneuses qui emballent !

Publié le 14/01/2022

Une trentaine d’agriculteurs bas-rhinois a apprécié les conseils techniques et commerciaux des vendeurs McHale, lors de la journée pro de la marque, mi-janvier, chez Bas-Rhin Motoculture (BRM), à Mommenheim. Beaucoup étaient déjà utilisateurs et convaincus par les machines spécialisées dans la récolte en vert.

« Elle sort soixante balles rondes à l’heure, quand d’autres trente. C’est le double ! Alors que je l’utilise dans le vert, l’herbe fraîche, humide. Et ce qui fonctionne dans le vert va encore mieux dans le sec, paille et foin », témoigne d’emblée un éleveur de vaches laitières, de Duntzenheim. Ce quinqua’ utilise une enrubanneuse McHale 991 BE depuis quinze ans déjà. Sa machine a enrubanné plus de 30 000 balles et elle tourne toujours, sur ses 30 ha d’herbe et luzerne, quatre à six fois par an. Il apprécie aussi la presse McHale. « Elle presse dense. C’est un atout pour la conservation et aussi pour économiser du film plastique », précise-t-il. L’homme, qui investit aujourd’hui dans une presse à chambre variable, pourrait être à l’origine de l’intérêt de Francis Conrath, le dirigeant de Bas-Rhin Motoculture, pour le constructeur irlandais. Francis travaille avec Sterenn équipements qui vend McHale en France, depuis quatre ans. 20 % de parts de marché en Alsace En cette froide et ensoleillée journée de janvier, il accueille avec un grand plaisir Martial Colin, technico-commercial sur le quart Nord-est du pays pour McHale, et Jean-Eudes Simon, responsable France. « De plus en plus de clients, dont des Cumas, font confiance à la marque. Elle est fiable », répète-t-il. Ce jour-là, McHale proposait un financement à taux 0, une prise en charge des intérêts. Francis a beau être « autonome », selon les « affaires », Martial vient huit à dix fois par an, à Mommenheim. Depuis un an et demi, il va aussi à Alsaterr, distributeur McHale dans le Haut-Rhin. En Alsace, la marque a pris 20 % de parts de marché, en 2021 : dix machines y sont déjà répertoriées. McHale est leader sur le marché de l’enrubanneuse et de la presse enrubanneuse dans le monde, et c’est l’un des cinq plus gros faiseurs de presse « balles rondes » à chambre variable, rappelle Martial. Et pour cause, les utilisateurs ne tarissent pas d’éloges. Simple et rapide « J’ai encore pressé au 15 décembre, l’an dernier. Il n’y a pas de limite. Elle prend tout, comme ça vient. En deux ans et demi, plus de 6 000 rouleaux ont été pressés », commence Mathieu Trautmann, 36 ans, éleveur de vaches laitières, à Batzendorf. Il impressionne tous ses petits camarades, là-bas. « C’est la plus simple d’entretien et d’utilisation, et pour le même prix que les marques concurrentes. Si vous savez vous servir d’un téléphone portable, vous savez utiliser le boîtier. Et, en deux minutes, je change le filet », enchaîne-t-il. Francis Conrath compare le changement de filet de l’enrubanneuse à un changement de roues en formule 1. « Par rapport aux autres marques, c’est hyper rapide », dit-il, admiratif. Mathieu ne trouve aucun défaut au matériel « tout terrain, toute météo ». Et s’il a une question, BRM et McHale sont là. « Ils répondent même les samedis », souligne-t-il.    

Publié le 07/12/2021

Pour mieux valoriser la laine de leurs moutons, les adhérents du syndicat ovin du Bas-Rhin envisagent d’investir dans une unité de pelletisation qui doit leur permettre de produire un amendement biodégradable et renouvelable. Mais le projet exige des investissements financiers et humains.

Il y a belle lurette que la laine de mouton ne vaut plus grand-chose. Du moins la laine issue des brebis prolifiques élevées en Alsace, de qualité moyenne. Jusqu’à présent, elle était encore cherchée par des négociants, qui l’achetaient pour l’exporter en Asie, au Moyen-Orient, « au mieux 30 cts/kg, plutôt 15 cts/kg », rapporte Jean-Pierre Saulet Moes, conseiller ovin à la Chambre d’agriculture Alsace. Désormais, la laine est parfois donnée, quand les négociants viennent. Parfois, ils ne viennent plus. En tout cas, la laine ne rémunère même plus la tonte, et les perspectives ne sont pas meilleures, notamment parce qu’il y a de la laine en stock. Dommage, car la laine constitue une matière première renouvelable, qui présente de nombreuses propriétés intéressantes : grâce à ses fibres, qui emmagasinent l’air, elle est isolante, elle absorbe l’humidité, elle est ignifuge… Des projets qui fleurissent Aussi, les initiatives pour mieux valoriser la laine fleurissent. En Alsace, Isabelle Norboge a créé une filière et une marque « Fleur de laine », en Moselle, le projet coopératif Mos-Laine vise à investir dans une unité industrielle de transformation de la laine en feutre, et le syndicat ovin du Bas-Rhin envisage de transformer la laine en pellets, valorisés en tant qu’amendement. Un projet qui a été présenté aux éleveurs le 23 novembre en présence de Lahcène Charrouf, directeur des ventes pour la France de la société Ecokraft, une société allemande, créée en 2013, spécialisée dans l’élaboration et la commercialisation de solutions de pelletisation. Pour illustrer le procédé, il fait circuler des bocaux : l’un comprend de la laine brute, issue de la tonte, le suivant de la laine broyée, à l’aspect peluché, et le dernier des bouchons de laine granulés et pressés, soit le produit fini attendu avec ce procédé. Il précise un point important qui conditionne la faisabilité du projet : « Nos outils peuvent presser toutes sortes de matières, notamment des produits connexes de l’agriculture, de la sylviculture (copeaux, sciure… ), moyennant des réglages qu’il s’agit de déterminer en nous envoyant des échantillons des matières à compresser. » L’une des missions de Lahcène Charrouf pour Ecokraft est d’ailleurs la suivante : prospecter les entreprises alsaciennes pour identifier les activités qui produisent des coproduits qui gagneraient à être pelletisés. « Plus la laine est sale, mieux c’est » La laine des moutonniers alsaciens en fait partie. Même si elle présente un inconvénient : « La laine est une matière très difficile à broyer, du fait de ses fibres longues, qui risquent de coincer les rotors. » La société Ecokraft a donc développé un procédé spécial afin d’obtenir un produit homogène malgré ces spécificités. La laine broyée est ensuite stockée dans un conteneur, où elle doit être mélangée à un autre composé. En effet, « la laine se décompose très lentement, sur plusieurs mois. Elle libère très progressivement les éléments fertilisants qu’elle contient. Elle gagne donc à être mélangée à une substance qui libère des nutriments directement assimilables par les plantes », argumente Lahcène Charrouf. Cette étape sert aussi à amalgamer la laine, avant qu’elle ne soit granulée dans une presse, qui produit des granulés de différentes tailles, et des particules fines. Ces dernières, ainsi que les plus petits granulés, sont récupérés grâce à une étape de tamisage, et réinjectés dans le processus de production. En bout de chaîne : des granulés bien calibrés, prêts à être conditionnées en big bag, en sacs, ou à être commercialisés en vrac. « Dans la presse, la température monte à 90 °C, il faut donc prévoir une phase de refroidissement avant le conditionnement. C’est aussi durant cette phase que les granulés durcissent », prévient Lahcène Charrouf. Autre point d’attention : « Pour que les granulés se tiennent, ils doivent être formés avec des produits présentant une humidité de maximum 20 % ». Cela écarte d’office certains produits, comme le lisier, le fumier. Par contre, bonne nouvelle : pour que les granulés se tiennent, « plus la laine est sale, mieux c’est ». Ce qui dispense d’une étape de lavage. Saturer l’outil avec d’autres intrants D’un point de vue pratique, Lahcène Charrouf précise qu’il est possible de s’équiper de tout ou partie de ces outils, qui bénéficient d’une garantie d’an après leur mise en service. L’unité de pelletisation entière, telle que décrite ci-dessus, requiert un local de 150 à 200 m2. Pour la laine, le rendement horaire attendu est l’un des plus faibles : 150 kg/h. « Si on la mélange à d’autres intrants, il est possible d’améliorer la cadence », précise Lahcène Charrouf. Mais pour lui, pas de miracle à attendre, elle ne dépassera pas 200 kg/h. D’après les estimations de Lahcène Charrouf et de Jean-Pierre Saulet Moes, la production de laine alsacienne mobiliserait l’unité environs sept semaines par an, ce qui permettrait de produire 40 t de pellets par an. Or l’outil est en capacité de produire 248 t de pellets par an. La rentabilité de l’investissement est donc assujettie à la pelletisation d’autres intrants, que ce soit en mélange avec de la laine, ou en alternance. Jean-Pierre Saulet Moes insiste : « Il faudra trouver des moyens de saturer l’outil. » Pour Lahcène Charrouf, ce ne devrait pas être un problème, puisque les machines sont capables de pelletiser toutes sortes d’intrants, comme de la luzerne, pour l’alimentation du bétail, de la paille, pour les litières, du miscanthus, du bois. Ainsi, il est possible de proposer l’élaboration de granulés de bois en prestation de service aux agriculteurs qui ont des haies à entretenir. Un amortissement plus ou moins long selon les scénarios D’un point de vue financier, Lahcène Charrouf chiffre cette unité de pelletisation à 250 000 €, un tarif qui comprend aussi l’hygiénisation de la laine. En effet, l’apport de laine non hygiénisée dans le sol est interdit par la réglementation. « La laine doit être exposée à plus de 100 °C durant plusieurs heures afin d’obtenir l’agrément pour pouvoir exploiter le produit fini. En Allemagne, les autorités sont plus souples, les producteurs peuvent profiter de la chaleur produite par les unités de méthanisation pour le faire. Pour répondre aux exigences réglementaires françaises, il va falloir créer un outil spécifique », annonce Lahcène Charrouf. Ce qui va inévitablement renchérir le coût de l’unité. Avec une hypothèse de commercialisation des pellets en vrac et en circuit long, l’investissement peut être amorti sur 10 ans. Lorsque les pellets sont conditionnés, le prix de vente augmente, tout comme le coût de la main-d’œuvre et des consommables, mais la marge est plus intéressante, donc la durée d’amortissement passe à 4,5 ans. Lorsque les pellets sont conditionnés et en partie commercialisés en direct, la marge augmente encore et l’amortissement passe à 1,4 an. Autre hypothèse simulée : la production de vrac à laquelle s’ajoute trois mois de prestation de granulation de laine pour d’autres éleveurs que les adhérents au syndicat. Un scénario qui ramène aussi de la marge brute par rapport à l’hypothèse de base, et qui permet d’amortir la ligne de production en 5 ans. Des producteurs se sont déjà lancés dans la production d’amendements à base de laine de mouton, comme Markus Hofmann, en Allemagne. Sur internet, des références existent, notamment sous les marques Molly, Compo, vendues à des tarifs de 10 - 15 €/kg. Il reste désormais aux adhérents du syndicat ovin à peser le pour et le contre, à s’accorder sur une stratégie, avant de se lancer, ou pas, dans l’aventure. Sachant que d’autres pistes pour mieux valoriser la laine sont envisageables, comme la fabrication d’isolant pour les bâtiments. Mais cette fois, elle doit être propre.

Publié le 22/09/2021

Les Instants Experts d’Armbruster ont réuni de nombreux agriculteurs, le 8 septembre, à Heidolsheim. Pour une rencontre centrée sur l’innovation et les pratiques agricoles de demain.

Présenter les innovations, les services et les savoir-faire de demain : telle était l’ambition des Instants Experts d’Armbruster, organisés le 8 septembre, à Heidolsheim. Plus de 300 personnes ont participé à cette journée technique, mais conviviale, puisque le parcours proposé incluait une balade gourmande sur le site, avant d’accéder aux résultats des parcelles d’essais, aux stands et aux conférences animées par les partenaires de l’entreprise de négoce. Sur ce site de 10 ha, mis à disposition par Alex Jehl, un agriculteur d’Heidolsheim déjà précurseur en nouvelles techniques, Armbruster teste depuis trois ans différents systèmes de culture innovants dans le but de les comparer aux systèmes de production en place par ailleurs. Les expérimentations sont organisées en quatre « items » : agriculture de conservation, fertilisation innovante, itinéraires techniques 2025 et agriculture biologique. Pour chacun de ces systèmes, « plusieurs indicateurs sont pris en compte, explique Aymé Dumas, du service Recherche, agronomie, innovation et développement d’Armbruster. Le temps de travail, le coût de production, la pénibilité, l’IFT (indice de fréquence de traitement), la marge brute à l’hectare et depuis cette année, le bilan carbone. » Ces indicateurs restent les mêmes d’une année sur l’autre pour pouvoir établir des comparaisons et juger de la performance des différents systèmes dans le temps. L’idée étant, au final, de voir si les systèmes testés sont créateurs de valeur ajoutée, et donc viables ou pas.     « Voir si la flore passe à travers » Après avoir passé les stands consacrés aux filières (le blé destiné à la farine Alsépi, le soja rentrant dans la fabrication des produits Alpro) et les essais variétés, on entre dans le vif du sujet avec les itinéraires techniques innovants. « Il s’agit d’anticiper tous les changements réglementaires qui vont impacter la façon de produire », indique Aymé Dumas. Les services techniques d’Armbruster testent, par exemple, des programmes de désherbage adaptés, sans S-métolachlore, pour anticiper une éventuelle interdiction de ce produit utilisé pour désherber le maïs. « Il s’agit de voir si la flore passe à travers, si elle s’installe sur quelques années, s’il y a besoin de faire des passages combinés. » Au chapitre agriculture de conservation, Armbruster expérimente le semis de couverts dans le maïs. Plusieurs mélanges d’espèces ont été semés au drone durant la deuxième quinzaine d’août. L’objectif est de couvrir au maximum le sol, tout en limitant le travail du sol. La parcelle a été déchaumée superficiellement avec un déchaumeur Rubin avant l’implantation du maïs, le reste de l’itinéraire - semis, gestion des adventices, fertilisation azotée et lutte contre la pyrale - est le même que sur la parcelle labourée qui sert de témoin. L’effet des couverts sera évalué selon la grille de notation Étamines. Cette notation sera complétée par une estimation des restitutions des couverts et un suivi de la vie du sol. Un peu plus loin, Pierrick Uttard, expert service OAD, présente les offres et les outils en agriculture de précision. « Beaucoup d’agriculteurs sont équipés en matériel dernier cri, que ce soit des semoirs de précision ou des moissonneuses qui récoltent des données, explique l’expert. Mais pour qu’ils en retirent un bénéfice, il faut pouvoir stocker les données à un seul endroit, les analyser, ce qui permet de prendre les décisions pour l’année suivante. » À cet effet, Armbruster commercialise le logiciel de gestion agronomique Fieldview et propose un accompagnement permettant à l’agriculteur de définir un projet agronomique en fonction de ses priorités. L’accompagnement prévu va de la mise en route du matériel au bilan de fin de saison en passant par la définition et la mise en œuvre du projet agronomique. L’ensemble est proposé sous forme de package, avec trois niveaux de services différents. Des couverts semés par drone Depuis cinq ans, Arnaud Sohler lâche des trichogrammes au-dessus des champs pour lutter contre la pyrale du maïs. Ce pilote et concepteur de drones, à la tête de la société Aero Vision, a couvert cette année environ 9 000 ha de maïs, dont la moitié en Alsace-Lorraine, grâce à une flotte de huit pilotes. Il ajoute une autre corde à son arc avec le semis de couverts végétaux par drone. L’intérêt est de pouvoir semer alors que la culture précédente, du blé par exemple, est encore en place. « Non seulement on limite le tassement du sol, en intervenant par voie aérienne, mais on gagne du temps par rapport à la levée des graines qui bénéficient de l’humidité du sol. Le couvert vient concurrencer les mauvaises herbes, il aère le sol naturellement et quand on détruit le couvert avant semis, on a un potentiel de matière organique qui permet de limiter les apports d’azote. » Un cercle vertueux, résume Arnaud Sohler, qui a semé environ 250 ha de couverts cette année.    

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