Assises rhénanes de l’eau
Protéger la ressource en eau autour du Rhin
Assises rhénanes de l’eau
Publié le 27/04/2023
Les Assises rhénanes de l’eau ont officiellement débuté le lundi 17 avril à l’Hôtel d’Alsace de Strasbourg par la CEA et ses partenaires. L’objectif était de faire un bilan de la situation actuelle avant la grande réunion du 22 juin prochain. Un premier constat semble inévitable, les effets du changement climatique sont inquiétants pour le Rhin et ses ressources en eau.
« L’eau peut être fraîche, douce, pure, claire, usée, limpide, verte, grise, salée, sacrée, frémissante, chaude, gelée, trouble, courante, potable, minérale mais elle est surtout précieuse », a lancé Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), pour débuter comme il se doit les Assises rhénanes de l’eau. Cette idée de rareté de l’eau a découlé tout au long de l’après-midi lors des interventions de spécialistes suisses, allemands et français. Tous ont tenu à rappeler qu’il était grand temps d’agir face à un constat qui se veut alarmant. « Dans quelques semaines, des restrictions d’eau nous toucheront peut-être. Nous avons eu une sécheresse record l’été dernier, jusqu’à 45 jours sans pluie en Alsace. Le dernier rapport du Giec prévoit d'ici 2100 jusqu’à deux mois consécutifs sans pluie l’été dans certains secteurs alsaciens », appuie Frédéric Bierry. Ce questionnement autour de l’eau se conçoit donc à l’échelle transfrontalière entre la France, l’Allemagne et la Suisse. Un enjeu commun, puisque les trois pays ont sous leurs pieds la plus grande réserve d’eau douce de l’Europe de l’Ouest, la nappe phréatique rhénane, qui s’étend sur près de 300 km. Le niveau du Rhin inquiète également, tout en sachant qu’il alimente en eau potable 30 millions d’habitants. À travers ces Assises tenues par la CEA, l’idée commune est de protéger et de garantir cette ressource en eau. Des effets climatiques qui n’échappent pas au Rhin Le réchauffement climatique pèse sur le Rhin. En effet, les températures continuent de grimper au fil des années. À Bâle, par exemple, l’eau du Rhin a déjà augmenté de deux degrés. C’est du côté des précipitations que l’inquiétude est la plus grande. « L’eau ne tombe plus du ciel de la même manière qu’à l’époque de nos grands-parents, elle tombe moins souvent et plus intensément », explique Frédéric Bierry. En hiver, les précipitations sont plus abondantes et ce phénomène devrait s’amplifier dans les années à venir, avec un risque de catastrophes naturelles et d’inondations dévastatrices. Alors qu’en été, le long du fleuve est touché par de fortes sécheresses. « Selon notre étude, le niveau de l’eau du Rhin à Bâle pourrait connaître une réduction de 50 % d’eau en été et une augmentation de 25 % en hiver », affirme Petra Schmocker-Fackel, membre de la Commission internationale de l’hydrologie du bassin du Rhin à l’Office fédéral suisse de l’environnement à Berne. Le transport et la biodiversité menacés Les conséquences sont non négligeables sur les activités humaines. Avec un niveau d’eau du fleuve insuffisant, le transport fluvial commercial sera forcément impacté. « Pour la navigation d’une péniche, il faut 1m50 de profondeur. Mais l’été dernier, le niveau du Rhin a baissé jusqu’à 40 cm, rendant la navigation compliquée voire impossible », lance Petra Schmocker-Fackel. Le fleuve risque d’être de moins en moins navigable, obligeant les bateaux à diminuer leur cargaison. L’augmentation de la température du Rhin est aussi un danger pour la biodiversité, notamment pour les poissons. « Cela va poser un problème aux truites par exemple, elles aiment l’eau froide. Au-dessus d’une eau à 25 degrés, elles ne survivent pas. Il va y avoir des problèmes de disparitions, de maladies. Il faut réfléchir ensemble et prendre des mesures, comme planter des arbres au bord des cours d’eau pour pouvoir créer de l’ombre », conclut Petra Schmocker-Fackel.












