Technique

Démonstration de désherbage mécanique à Beinheim

Du matériel diversifié et accessible en ETA ou Cuma

Publié le 26/06/2023

Lundi 12 juin, la Chambre d'agriculture Alsace a organisé une démonstration de désherbage mécanique sur une parcelle d’Arthur Rieffel, agriculteur au sein de l’EARL du Moulin à Beinheim.

Cette journée était organisée dans le cadre du programme Ermès, qui vise la réduction du recours aux produits phytosanitaires dans des zones de captage prioritaires. David Kraemer, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), a commencé par présenter les diverses modalités d’un essai de désherbage mené dans une parcelle qui a été semée le 5 mai et qui depuis, n’a reçu que les pluies d’un orage. Il a notamment rappelé que « les traitements ont un impact sur le rendement, car les cultures dépensent de l’énergie pour se détoxifier ». Au programme de l’essai : des pleines doses, avec ou sans rattrapage, des doses réduites, du désherbage mécanique, partiel ou total… Étant donné les conditions météorologiques, toutes les modalités sont aujourd’hui relativement propres. Puis Mathilde Kauffer, conseillère à la CAA, a listé quelques leviers agronomiques à mettre en œuvre : faux-semis, labour, optimisation des traitements, et désherbage mécanique. Pour pouvoir intervenir, « il faut que le sol soit suffisamment ressuyé, et qu’il y ait quelques jours sans pluie derrière ». Les conditions actuelles sont donc plutôt optimales, de ce point de vue là. Il a été rappelé que la plupart des outils présentés, ainsi que le matériel de guidage, sont éligibles à des financements dans le cadre du PCAE. Un frein possible au désherbage mécanique est l’accès au matériel. Pour le lever, la CAA a édité une carte qui recense les ETA disposant de matériel de désherbage mécanique. Les agriculteurs peuvent aussi se réunir en Cuma, qui, comme l’a rappelé Aurélie Schneider de la FR Cuma Grand Est, permettent de réduire les charges de mécanisation, de disposer de matériels diversifiés et de main-d’œuvre. Sans oublier que les Cuma ont accès aux subventions à des taux majorés. Le matériel est ensuite entré en action, ou a été décrit en statique. Il y avait des herses étrille, une houe rotative et des bineuses.

Comptoir agricole

Par ici la bonne herbe

Publié le 19/06/2023

Mardi 16 mai à Hellering-Les-Fénétranges, le Comptoir agricole a convié ses adhérents à une demi-journée technique sur les plantes fourragères. Au programme : complémentation des rations à base d’herbe, films et filets, et surtout, visite d’une plateforme comportant une belle panoplie de mélanges variétaux.

Après une mise en bouche sur les compléments alimentaires pour bovins, et un petit point machinisme et fournitures pour la récolte de l’herbe (lire en encadrés), Thierry Kolb et Lionel Freund, technico-commerciaux au Comptoir agricole, ont présenté les quelque 60 modalités différentes qui composent la plateforme fourragère. Elles ont été implantées derrière un triticale les 29 et 30 août, au semoir à gazon, en non-labour. « L’objectif principal est de montrer les différentes espèces et variétés, leurs caractéristiques et les progrès génétiques », pose Thierry Kolb. Il n’y aura pas d’analyse, ni quantitative ni qualitative, des différentes modalités. Par contre, la plateforme va rester en place trois ans, afin de voir comment évoluent les modalités qui, pour l’heure, ne sont en place que depuis moins d’un an. Donc seules les espèces à implantation précoce sont réellement appréciables à leur juste valeur. La visite commence par les ray-grass. Avec des diploïdes et des tétraploïdes. Les premiers affichent un port plus gazonnant, qui leur confère une meilleure résistance au piétinement. Les seconds sont plus volumineux, plus appétants mais aussi plus riches en eau, ce qui implique une demi-journée de ressuyage en plus, au moins. De nombreux mélanges associent les deux types de ray-grass pour profiter de leurs atouts respectifs. Il existe aussi des ray-grass alternatifs et non alternatifs, les seconds ayant besoin d’une période de froid (vernalisation) pour faire des épis. Dans le secteur, confronté à une pression en vulpin importante, la rapidité d’implantation constitue un critère de choix important, tout comme pour un sursemis. Viennent des mélanges de ray-grass et de légumineuses, notamment de trèfles. Thierry Kolb rappelle que les ray-grass sont nitrophiles, donc ont tendance à prendre le dessus en cas de fertilisation azotée. Or, les légumineuses ont besoin de lumière et de chaleur pour pousser. Aussi existe-t-il des mélanges avec 60 % de légumineuses et 40 % de graminées, conçus pour assurer la présence de légumineuse. Thierry Kolb pointe notamment le mélange ProHerb Renovation, composé de variétés « haut de gamme » de ray-grass anglais et italien, agressives, donc adaptées au sursemis. Ou encore le mélange Mojito, de ray-grass italien et trèfle violet, qui se « vend très bien », et « reste productif plusieurs années ». Le mélange Mix Protéine avec deux ray-grass hybride, un trèfle violet et un trèfle blanc, est aussi très prometteur. Jouer sur les complémentarités entre espèces Retour aux ray-grass en pur, avec une série de différentes variétés qui met en évidence la large gamme de précocité puisqu’il y a pas moins de cinq semaines d’écart en matière de date d’épiaison, ce qui conduit à des dates de fauche allant de début mai à début juin. Suit une série de fétuques. La fétuque des prés a une bonne valeur alimentaire, une bonne appétence, elle tolère bien l’hydromorphie et le piétinement, beaucoup moins le manque d’eau et la chaleur, ce qui en fait une espèce peu adaptée au changement climatique. La fétuque élevée résiste davantage au manque d’eau si ses racines peuvent descendre. « Elle résiste aussi bien au froid, à l’hydromorphie, mais sa valeur alimentaire est moyenne et elle est longue à s’implanter ». Le dactyle a assez mauvaise presse, de par sa lenteur à l’implantation, son port cespiteux, en touffe, qu’il faut faucher ou pâturer régulièrement pour éviter qu’il monte. Par contre, « il valorise la moindre pluie, même la rosée, ce qui fait qu’il reste vert en été », pointe Thierry Kolb. La série des graminées se termine avec les bromes et la fléole des prés, pour laisser la place aux mélanges complexes, comme Proherb Perform, ou encore le mélange polymorphisme, élaboré sur la base d’un concept développé par l’Inrae, qui consiste à mélanger cinq variétés de chaque espèce afin de maximiser le polymorphisme du mélange. Ou encore le mélange Ferme des Bordes, lui aussi élaboré par l’Inrae, qui comprend de la luzerne, du trèfle violet, du dactyle, de la fétuque, et du ray-grass, « un super mélange, très passe-partout ». Suivent les espèces un peu particulières, comme la chicorée, qui a tendance à monter vite, donc qui exige une conduite intensive, généralement associée avec de la fétuque ou du dactyle. Le lotier corniculé, qui résiste bien au manque d’eau, est très appétant. La visite se poursuit, et s’achève, sur les légumineuses. Tout d’abord les trèfles, dont certains sont stolonifères, ce qui leur confère une bonne capacité de résistance au piétinement, et d’autres pas. Puis des luzernes, en concurrence avec les graminées en cette première année de pousse. « Il faut les désherber », pointe Thierry Kolb, surtout dans un contexte à forte pression en vulpin comme celui-ci. Il existe différents types de luzernes, certaines plus méridionales, d’autres plus septentrionales, rappelle Thierry Kolb en désignant un mélange qui en comporte quatre différentes. Ultime conseil, avant de repartir la tête en vert : « Ne fauchez pas les luzernes trop tard ! »

Publié le 17/06/2023

Grâce au réseau de stations météo connectées AtmosphR et AtmosphR by VitiVina, le groupe Comptoir agricole peut désormais proposer à ses adhérents le service de pilotage de l’irrigation Irricrop, développé par Sencrop. Un outil intuitif et surtout hyperlocal et précis.

Grâce à deux plans de subvention successifs, les adhérents du groupe Comptoir agricole peuvent désormais être équipés de stations météo connectées Sencrop. « En partenariat avec Gustave Muller, nous avons créé les réseaux atmosphR et atmosphR by VitiVina, qui comptent respectivement 637 et une soixantaine de stations », indique Grégory Ledien, chargé d’innovation au Comptoir agricole, qui précise que, dans le cadre de ces réseaux sponsorisés, les adhérents ont accès aux données issues d’une multitude de stations connectées ainsi qu’à un service après-vente de proximité. En tant que distributeur local, le groupe Comptoir agricole a en effet un accès facilité aux pièces de rechange, et du personnel a été formé pour être en capacité d’intervenir sur les stations météo. La souscription aux réseaux atmosphR ou atmosphR by VitiVina permet donc d’avoir accès à de précieuses informations en temps réel, et d’en conserver un historique. Le niveau de base (Raincrop) donne accès à la pluviométrie et aux températures. Avec la version Windcrop, les adhérents disposent aussi d’informations sur la force et la direction du vent. Enfin, disponibles depuis l’an dernier, les sondes Solarcrop permettent de disposer de données sur l’ensoleillement. « Nous avons désormais une visibilité sur tous les aléas agricoles possibles », pointe Grégory Ledien. Un meilleur suivi pour une meilleure planification des tours d’eau Toutes ces données peuvent aussi servir à alimenter Irricrop, un module de pilotage de l’irrigation développé par Sencrop et disponible dans l’application liée aux stations météo connectées. Téléphone à l’appui, Grégory Ledien démontre en quelques clics la facilité de prise en main de l’outil : « Il suffit de créer une parcelle, de la géolocaliser sur la carte, de renseigner la culture, la date de semis, le type de sol, soit sur la base d’une analyse de terre, soit en choisissant parmi les propositions d’un menu déroulant, et on obtient un graphique schématisant l’évolution de la réserve utile ». Jean-Baptiste Algeyer, technico-commercial Innovation à Gustave Muller précise : « Il est également possible de renseigner les dates des principaux stades culturaux, l’indice de précocité de la variété, la profondeur du sol, sa pierrosité, et même la réserve utile, si on la connaît, pour être plus précis. Et bien sûr, les tours d’eau effectués qui influencent la réserve utile ». Pour l’évaluer, Irricrop utilise les données des stations météo Sencrop les plus proches des parcelles créées. Pour étoffer le réseau existant, le Comptoir agricole et Gustave Muller ont développé, en propriété, un réseau de 50 capteurs équipés de sonde d’ensoleillement, espacés d’une dizaine de kilomètres maximum. Les agriculteurs qui souscrivent à l’option Irricrop ont accès aux informations issues de la station la plus proche, donc même aux précipitations liées aux épisodes orageux, qui peuvent passer sous les radars des outils de pilotage de l’irrigation traditionnels. Pour l’instant, Irricrop n’émet pas d’alerte quand la réserve utile atteint un seuil critique, mais cette fonctionnalité est en cours de développement. L’outil ne donne pas non plus d’indication sur la quantité d’eau à apporter, qui est de toute manière dictée et limitée par des contraintes techniques. Par contre, il est possible d’estimer dans quelle proportion un tour d’eau améliore la réserve utile. Irricrop permet aussi de mieux planifier l’arrêt de l’irrigation, le moment où le stade 32 % d’humidité du grain est atteint pouvant être estimé grâce aux données météorologiques et à l’avancée des stades, ou être renseigné par l’agriculteur lui-même. « L’objet de cet outil, c’est surtout de mieux suivre l’évolution de la réserve hydrique dans les différentes parcelles de l’exploitation, et, ainsi, de pouvoir donner la priorité à celles qui ont le plus besoin d’eau », résume Grégory Ledien. Distributeurs des outils et solutions Sencrop, le Comptoir agricole et Gustave Muller proposent l’accès à Irricrop à 150 € pour 2023 afin d’inciter un maximum d’agriculteurs à adhérer à ce service qui doit permettre de réaliser des économies tout en garantissant le rendement et la qualité de la récolte À noter qu’après cette offre de lancement, le tarif pourrait doubler dès 2024.

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