Technique

10e Nocturne du Pro d’Armbruster

Le rendez-vous de la « pédagogie ludique »

Publié le 14/07/2023

La 10e Nocturne du Pro a tenu toutes ses promesses le 6 juillet dernier à Saint-Hippolyte. Dans une ambiance ludique et conviviale, les quelque 650 viticulteurs et agriculteurs invités ont pu échanger directement avec les 22 fournisseurs du groupe Armbruster sur les solutions qui leur sont proposées au quotidien.

De la musique, des boissons et un barbecue à volonté, un défilé de mode, un photobooth, des collaborateurs souriants, des jeux-concours et des fournisseurs spécialement venus pour l’occasion. Cette année encore, la société Armbruster a su combiner avec succès ces ingrédients pour sa dixième Nocturne du Pro organisée le 6 juillet à Saint-Hippolyte. Près de 650 personnes et 22 fournisseurs ont répondu à l’invitation de l’entreprise pour ce rendez-vous qui mise avant tout sur la convivialité pour faire passer des informations relatives à plusieurs thématiques : la fertilisation, la protection des végétaux, le palissage, le travail du sol ou encore les équipements de protection individuelle (EPI).  « On fait de la pédagogie ludique. Le client peut rencontrer le responsable technique du produit qu’il utilise au quotidien. Pour les entreprises, qui ont souvent un rayonnement national, voire international, c’est un bon moyen de prendre connaissance des problématiques locales et spécifiques à l’Alsace. C’est vraiment essentiel de maintenir un contact humain et direct avec nos clients, surtout dans le milieu agricole et viticole », explique Aymé Dumas, responsable d’AB2F Conseil, la société partenaire d’Armbruster.     Rester « à la pointe » des solutions L’une d’elles est relative au stress hydrique, de plus en plus récurrent sous nos latitudes quel que soit le type de culture. Un sujet finalement assez récent en Alsace - en tout cas avec l’intensité et la fréquence constatées depuis plusieurs années - mais bien plus ancien ailleurs. C’est le cas par exemple de l’Espagne qui bénéficie depuis 2014 d’un produit bien particulier pour protéger les plantes contre le stress hydrique : l’Obstacle® créé par l’entreprise de biotechnologie mexicaine Cosmocel, et commercialisé en Europe par la société Nufarm. Armbruster Vignes le propose depuis deux ans à ses clients de façon « conséquente » tant l’efficacité est au rendez-vous, indique Aymé Dumas. « C’est un biostimulant qui combine du calcium, de la silice et du chitosan [NDLR : un champignon] qui augmente les défenses immunitaires de la plante, sa structure, et le maintien de l’eau dans les feuilles. Les résultats sont vraiment impressionnants. » Guillaume Conus, responsable commercial Grand Est chez Nufarm complète : « Cela fait 20 ans que le produit est utilisé avec succès au Mexique. C’est un produit 100 % naturel efficace contre les coups de soleil, les stress hydrique et oxydatif. Il n’y a rien nouveau en soi. Par contre, avec l’évolution du climat, c’est devenu une solution de plus en plus pertinente pour le vignoble alsacien. » Cette nouvelle solution illustre la politique générale du groupe Armbruster à l’égard des agriculteurs et viticulteurs : garder son esprit ouvert pour être toujours « à la pointe » des solutions à proposer. « On essaie de toujours avoir une longueur d’avance, et de mettre la recherche, le développement et l’innovation au service de nos clients », conclut Aymé Dumas.

Fertilisation du blé

Toujours plus près des besoins

Publié le 03/07/2023

Lors du « Rendez-vous de juin » dédié au blé, les adhérents du Comptoir agricole ont pu découvrir un essai consacré à la fertilisation du blé. Objectifs : limiter les charges tout en optimisant le rendement, mais aussi tester différentes formes d’azote ainsi que de nouvelles méthodes de fertilisation.

Les engrais azotés sont chers, et il est fort probable qu’ils le restent. Le Comptoir agricole a donc mis en place un essai, avec Arvalis - Institut du végétal, qui vise à identifier la ou plutôt les stratégies qui permettent d’atteindre la meilleure dose technico-économique d’azote, c’est-à-dire celle qui permet à la fois de limiter les charges et d’optimiser le rendement. La méthode de fractionnement classique (premier apport au tallage, deuxième apport au stade épi 1 cm et éventuel troisième apport) est questionnée, y compris sur la dose qui est apportée ou pas, à chaque stade. L’essai vise aussi à adapter ces pratiques à l’évolution du climat, c’est-à-dire à des printemps qui peuvent être plus secs, à des stades qui peuvent être atteints plus tôt. Par exemple, le stade épi 1 cm est, dans les esprits, corrélé au 15 mars. Mais, de plus en plus souvent, il est atteint plus tôt. Clément Weinsando, technicien au Comptoir agricole, encourage vivement les agriculteurs à effectuer un apport autour de cette date et quand une précipitation significative (15 mm dans les 15 jours qui suivent un apport) est annoncée.  « L’azote doit être disponible quand les besoins de la plante augmentent, et c’est à ce moment-là qu’ils sont les plus élevés », justifie-t-il. Autre élément à prendre en compte : l’exploration racinaire et la valorisation des reliquats azotés. « Ces derniers sont souvent estimés sur les deux premiers horizons, alors que les blés sont capables d’explorer l’horizon sous-jacent lorsque leur enracinement est maximum, c’est-à-dire autour de la floraison. À condition qu’ils aient évolué dans un contexte favorable à leur enracinement. Si ce n’est pas le cas, par exemple lors d’un printemps sec, le développement racinaire, et par conséquent l’exploration du troisième horizon, sont perturbés », décrit Clément Weinsando. Conséquence : une moindre absorption d’eau, d’éléments minéraux… Réduire les doses, oui mais comment ? Dans cet essai, réalisé avec la variété Arcachon semée le 30 octobre à une densité de 400 grains/m2, et avec un objectif de rendement de 90 q/ha, la dose de référence calculée par la méthode du bilan, est de 155 unités/ha. Une dose modérée donc, qui s’explique par des reliquats élevés, indique Clément Weinsando, qui précise aussi que tous les apports d’azote ont été valorisés par une pluie, « ce qui n’est pas toujours le cas ! » Le témoin, qui n’a pas reçu d’azote minéral et n’a donc comme fourniture azotée que les reliquats, présentait le 20 juin, une densité de 700 épis par mètre carré. La modalité dite classique consiste à apporter 40 unités au tallage, 75 au deuxième apport (situé autour du stade épi 2 cm, fin mars, pour des raisons inhérentes au caractère expérimental de l’essai), et 40 unités au troisième apport. La stratégie de réduction de charge a consisté à tester l’apport d’une dose réduite de 40 unités (soit 115 unités) selon différentes modalités : en effectuant l’impasse sur les 40 unités au tallage et en apportant le reste normalement, en effectuant une impasse de 40 unités en fin de cycle, ou en réduisant un peu chaque apport (de 13 unités) pour atteindre une réduction totale de 40 unités. « Il est important de garder à l’esprit que le coefficient d’utilisation de l’azote augmente progressivement jusqu’à la floraison, stade où l’azote est le mieux utilisé, à condition d’avoir de l’eau », souligne Clément Weinsando. Intuitivement, il semble donc plus intéressant d’augmenter la dose au deuxième qu’au premier apport. L’essai comprend aussi une stratégie d’adaptation aux printemps secs. Elle consiste à fractionner la dose totale en deux apports à peu près équivalents. Dans la modalité CHN, où la dose et la période d’apport sont déclenchées par un modèle qui intègre les besoins de la plante et la disponibilité des éléments, trois apports de 30 unités ont été effectués. Une autre modalité a consisté à apporter 50 unités chaque fois qu’une pluie significative était annoncée jusqu’à atteindre 155 unités. Enfin, la dose totale a été apportée avant le 15 mars, en effectuant deux apports à quinze jours d’intervalle. Verdict dans quelques semaines !

Assises rhénanes de l’eau

« Chaque goutte compte »

Publié le 03/07/2023

La troisième et dernière phase des assises rhénanes de l’eau, organisée par la CEA et ses partenaires, a eu lieu le 22 juin à l’Hôtel d’Alsace. L’occasion de faire un constat et de dégager des solutions communes. Et ceci, toujours avec l’objectif de préserver la ressource en eau du Rhin, notamment à travers l’évolution de l’agriculture.

« Nous avons passé pratiquement 40 jours sans pluie, on vit une des périodes les plus sèches de l’histoire récente. Les scénarios du Giec sont passés du papier à la réalité », lance Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA). La nappe phréatique rhénane est plus qu’impactée par ces épisodes de sécheresse et de chaleur. D’autant plus que dans certains secteurs, la situation est très tendue en ce début d’été. « On a un petit village près de Fribourg qui nous a déjà demandé un camion-citerne », indique Klaus Schüle, directeur du service de la coopération transfrontalière et des affaires européennes. Ce constat de manque d’eau était le sujet principal du début cette dernière étape des assises rhénanes de l’eau. Pour l’illustrer, une partie du film « Le fleuve invisible, un trésor sous la plaine du Rhin » a été diffusé. Il a permis de montrer le fonctionnement de la nappe phréatique rhénane, mais aussi de prendre conscience que le Rhin et ses animaux sont menacés à cause du changement climatique. En juillet 2022, certaines rivières perdaient deux cm d’eau par jour. « Les assecs (lorsque la rivière est sans eau) sont meurtriers, c’est un coup de massue pour la biodiversité. Ensuite, il faut des années pour que la biodiversité se reconstitue. Or ce n’est pas le cas puisque le phénomène est récurrent. Si on perd les 50 premiers centimètres, on perd toute la vie dans l’eau », explique Serge Dumont, auteur du film. Comment produire autant avec moins d’eau ? Cette journée a rappelé importance de l’eau, car dans notre vie, nos pratiques et nos achats sont liés aux usages de l’eau. « Je n’imaginais pas que pour une baguette de pain, il fallait 150 litres d’eau et pour un litre de bière, 7 litres », illustre Frédéric Bierry. « L’agriculture représente quasiment 60 % de l’usage de l’eau », continue Pascal Vauthier, de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Durant ces assises, les acteurs se sont questionnés sur comment produire en ayant moins d’eau et comment changer notre modèle agricole. Trouver des plantes et cultures plus résistantes à la sécheresse était l’un des sujets. « On le voit à travers le développement des légumineuses, par exemple en Alsace avec le développement des lentilles. Elles n’ont pas besoin d’être arrosées ou de recevoir d’engrais. On doit faire évoluer notre agriculture. On parle toujours du maïs, mais il y a des nouveaux produits qui peuvent le remplacer comme le sorgho originaire d’Afrique. Ce sont des choses qu’il faut discuter », évoque Frédéric Bierry. Le manque d’eau n’est pas l’unique problème. La qualité de la nappe d’Alsace est également touchée à cause de plusieurs pratiques, notamment agricoles. « En 2016, on a constaté une pollution assez large par les métabolites, qui sont les produits de dégradation des herbicides des grandes cultures, et en particulier du maïs et de la betterave », affirme Pascal Vauthier. Face à ce constat, une convention de partenariat a été mise en place de 2018 à 2022. Elle compte 48 signataires, comme l’Agence de l’eau, la Chambre d’agriculture, la Région, l’Aprona, les collectivités… Diverses actions pour récupérer la qualité de l’eau et pour réduire l’utilisation des herbicides et des produits phytosanitaires ont été menées. Tel que le développement des cultures bas niveau d’impact (BNI), peu consommatrices. Les participants vont continuer dans cette lancée avec la signature prochaine d’une nouvelle convention. Une agriculture connectée pour anticiper L’une des solutions pour protéger l’eau et ne pas la gâcher, c’est l’agriculture numérique. Danielle Bras, vice-présidente de la Chambre d’agriculture Alsace, a présenté le réseau stations météo (agri’météo alsace). Ces stations permettent à l’agriculteur d’avoir des données climatiques précises pour optimiser la conduite de ses cultures. Le principe est simple : l’agriculture achète une station et a accès sur son smartphone à un radar de pluie, à des prévisions et à la vitesse du vent. « On a aussi un système d’alerte lorsque les conditions sont parfaites, notamment pour les traitements phytosanitaires. Ce système a favorisé cette baisse de produits phytosanitaires sur notre nappe phréatique rhénane car on est de plus en plus précis, avec un traitement au bon moment. C’est une réelle plus-value », affirme-t-elle. Au total, l’Alsace compte 425 stations. L’autre solution, ce sont les sondes capacitives. Celles-ci mesurent l’humidité du sol, repèrent les défauts de structures et d’enracinement pour guider au mieux l’irrigation.

Pages

Les vidéos