Technique

Publié le 30/06/2023

La malterie Soufflet de Strasbourg, au port du Rhin a ouvert ses portes pour faire découvrir ses secrets de fabrication du malt. Celle-ci s’engage dans des démarches écoresponsables, notamment en étant cofondateur de la première filière orge responsable tracée en France.

Au total, il faut neuf jours pour la Malterie Soufflet afin de transformer l’orge en malt. Il s’agit du bijou des brasseurs, car, pour fabriquer un litre de bière, il faut 200 g de malt. Mais avant d’en arriver là, il y a plusieurs étapes. La première consiste à tremper le grain de l’orge pour l’amener à une certaine humidité qui va lui permettre de germer. « Finalement, c’est comme s’il germait dans le sol », lance Jean-Philippe Jelu, directeur des sites industriels Malteries Soufflet. La deuxième étape, qui dure entre quatre à cinq jours, c’est la germination. Grâce à des plateaux perforés qui apportent de la ventilation, les grains vont pouvoir germer et développer des enzymes. « À ce moment, le grain a 40 % d’humidité. Il n’est pas conservable en l’état, on doit donc le sécher et le ramener à 4 % d’humidité en lui soufflant de l’air chaud. C’est la dernière phase du processus », continue Jean-Philippe Jelu. L’orge de la Malterie Soufflet provient principalement de la région Champagne-Ardenne et Bretagne. Concernant les modes de transports, la malterie est rattachée à la voie ferrée : « Nous réceptionnons un train de 1 300 t par semaine », détaille Laurent Morel, directeur du site. Être à proximité du port du Rhin, c’est aussi un atout environnemental de taille. En effet, une « grosse partie » du malt fini est livrée en péniche et directement amenée aux brasseurs. Vers une production plus verte Le groupe Malterie Soufflet a de nombreux projets environnementaux pour ses usines, notamment pour celle de Strasbourg. Une malterie utilise énormément d’eau, et étant donné le contexte actuel, elle devient précieuse et la moindre goutte compte. « Sur Rouen, nous avons un projet pour développer des nouveaux processus de recyclage d’eau. Si ça fonctionne, nous déploierons cette idée à Strasbourg dans les prochaines années. Cela permettra d’abattre de 15 % notre consommation d’eau sur le site », explique Jean-Philippe Jelu. La malterie se dit engagée dans toutes les étapes de productions, et développe de nouvelles technologies. « Nous avons la volonté de limiter notre impact en réduisant nos consommations d’eau et en diversifiant notre alimentation d’énergie pour décarboner au maximum », dit Jean-Philippe Jelu. Une orge dite responsable L’année dernière, Soufflet s’est associé avec le brasseur Kronenbourg pour lancer la première filière orge responsable tracée en France. 45 agriculteurs, de la région Grand-Est et Bourgogne, se sont engagés avec plus de 900 ha de production. Les 5 000 t d’orges produites en 2022 sont désormais dans la bière 1664 de cette année, qui comporte 20 % de cette orge responsable. « En 2023, nous montons encore en puissance. Nous avons désormais 120 agriculteurs engagés et 2 700 ha de surfaces de culture d’orge responsable. Notre objectif, d’ici trois ans, est que la totalité de l’orge utilisée pour la bière 1664 provienne de la filière », lance Philippe Vincent, directeur des filières Soufflet Agriculture. Une empreinte carbone réduite de 20 % La filière a une certification environnementale niveau 2, et favorise les bonnes pratiques agricoles. La première récolte affiche des résultats très encourageants, notamment sur la réduction d’émission. « L’empreinte carbone des orges qui ont été produites chez les 45 agriculteurs représente 330 kilos par tonnes, pour une référence nationale où l’on est plutôt à 410 », souligne Philippe Vincent. La filière permet également de renforcer la biodiversité en développant les cultures. « Par rapport à 2022, plus de la moitié de nos agriculteurs avait entre six et huit cultures sur leur exploitation. Sur les 45 inscrits dans la filière, on comptait 16 km de haie, 170 ruches pour développer les abeilles, mais aussi des nichoirs pour favoriser la nidation naturelle », conclut Philippe Vincent.  

Expobiogaz à Strasbourg

Biogaz toute !

Publié le 28/06/2023

Même si l’électron a le vent en poupe, le gaz vert est clairement identifié comme une solution à la neutralité carbone. De nombreuses solutions émergentes pour mettre les gaz verts au cœur des territoires étaient exposées au salon Expobiogaz 2023 à Strasbourg. Et il n’est pas seulement question de biométhane…

Grand rassemblement annuel des acteurs des gaz verts, le salon itinérant Expobiogaz a fait étape les 7 et 8 juin à Strasbourg. L’occasion de réunir les acteurs et décideurs de cette filière où des annonces gouvernementales ont été faites pour assurer un nouveau déploiement de méthaniseurs (voir article connexe). Aujourd’hui, les gaz verts se déclinent au pluriel et il n’est plus seulement question que de biométhane (CH4), mais aussi d’hydrogène vert (H2) et de gaz carbonique vert (CO2). Car paradoxalement, si le CO2 qui a pour origine les combustions de ressources carbonées fossiles encombre l’atmosphère, le C02 d’origine végétale, biogénique dit-on, à des fins d’usages industriels et alimentaires, manque. Produire et vendre son bioCO2 Une station de méthanisation produit grosso modo moitié-moitié de CH4 et de CO2. Tandis que le biométhane (CH4) est injecté sur le réseau de gaz, le bioCO2 est rejeté, or il représente un véritable potentiel industriel. Exemple : la neige carbonique. La valorisation du CO2 de méthanisation est donc l’une des grandes tendances de cette édition d’Expobiogaz, avec l’exemple du jeune agriculteur méthaniseur aubois Baptiste Dubois qui commercialise son bioCO2. Lequel a réussi à lever de façon impressionnante les obstacles industriels et administratifs (analyses et traçabilité) pour produire et vendre un bioCO2 alimentaire et industriel. Parmi les exposants, le Drômois Prodeval propose par exemple une station de liquéfaction du bioCO2. Il vend aussi une station-service de bioGNV. Distribuer et acheminer le bioGNV Le carburant bioGNV est d’ailleurs une autre tendance de fond à Expobiogaz, avec la présence remarquée d’agriculteurs pionniers tels que le Vosgien Philippe Collin. Plusieurs exemples de stations-service de bioGNV étaient exposés comme la station EvoBlocs chez le chaudronnier Blocalps (voir la vidéo d’Hugo sur notre chaîne youtube "Agriculture Innovante"). Le problème du BioGNV est de pouvoir être acheminé sur des spots de consommation, tels que des chantiers de travaux publics, où au cœur de parcs de flottes captives. Comme de simples bouteilles de gaz domestique pour la cuisine, des racks de bioGNV vont désormais être transportés et distribués, ce qui ouvre de nouvelles perspectives pour les unités de méthanisation qui ne peuvent pas injecter sur le réseau mais qui pourront aussi produire du bioGNV : c’est ce que réalise Philippe Collin. La Région Grand Est montre l’exemple, a indiqué la conseillère régionale Pascale Gaillot, en pointe sur le sujet : les 86 bus de la régie des transports ardennais rouleront au bioGNV. Et un test de transport de bioGNV sera réalisé à la ferme 112, ex-base aérienne 112 près de Reims, reconvertie en exploitation agricole où sera construit un méthaniseur de 250 Nm3. Capter et valoriser les émanations passives de biogaz Au chapitre des innovations et récompenses, on ne pouvait pas rater le T6 Méthane Power de New Holland qui est désormais fabriqué de série. Une réflexion forte est portée sur les fuites ou émanations passives de biogaz des fosses de stockage et des installations. Des fabricants proposent des détecteurs comme chez Wessling. Mais il est aussi question de capter ce biogaz qui s’échappe des fosses de stockage de lisier ou de digestat. Exemple : Kortos propose de façon très économique de récupérer le biogaz du lisier stocké en citerne souple à effluents en PVC. Une tonne de lisier produit en 4 à 8 semaines 40 m3 de biogaz soit 25 litres de fioul. De même, la start-up Nenufar propose une couverture flottante sur les fosses à lisier et/ou à digestat qui collecte ces gaz et les valorise. Mais le coup de coeur du salon cette année, c’est Dipnoi biogaz et Nicolas Hourizadeh, l’ingénieur d’études de la start-up CH4Process. Cette fois-ci, les émanations de biogaz de la fosse à digestat sont collectées dans un gazomètre (réservoir souple), et ce biogaz pauvre en méthane (35 %) est valorisé en électricité et chaleur. Le premier prototype sera installé chez Méthachrist à Woellenheim en Alsace.

Démonstration de désherbage mécanique à Beinheim

Du matériel diversifié et accessible en ETA ou Cuma

Publié le 26/06/2023

Lundi 12 juin, la Chambre d'agriculture Alsace a organisé une démonstration de désherbage mécanique sur une parcelle d’Arthur Rieffel, agriculteur au sein de l’EARL du Moulin à Beinheim.

Cette journée était organisée dans le cadre du programme Ermès, qui vise la réduction du recours aux produits phytosanitaires dans des zones de captage prioritaires. David Kraemer, conseiller à la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), a commencé par présenter les diverses modalités d’un essai de désherbage mené dans une parcelle qui a été semée le 5 mai et qui depuis, n’a reçu que les pluies d’un orage. Il a notamment rappelé que « les traitements ont un impact sur le rendement, car les cultures dépensent de l’énergie pour se détoxifier ». Au programme de l’essai : des pleines doses, avec ou sans rattrapage, des doses réduites, du désherbage mécanique, partiel ou total… Étant donné les conditions météorologiques, toutes les modalités sont aujourd’hui relativement propres. Puis Mathilde Kauffer, conseillère à la CAA, a listé quelques leviers agronomiques à mettre en œuvre : faux-semis, labour, optimisation des traitements, et désherbage mécanique. Pour pouvoir intervenir, « il faut que le sol soit suffisamment ressuyé, et qu’il y ait quelques jours sans pluie derrière ». Les conditions actuelles sont donc plutôt optimales, de ce point de vue là. Il a été rappelé que la plupart des outils présentés, ainsi que le matériel de guidage, sont éligibles à des financements dans le cadre du PCAE. Un frein possible au désherbage mécanique est l’accès au matériel. Pour le lever, la CAA a édité une carte qui recense les ETA disposant de matériel de désherbage mécanique. Les agriculteurs peuvent aussi se réunir en Cuma, qui, comme l’a rappelé Aurélie Schneider de la FR Cuma Grand Est, permettent de réduire les charges de mécanisation, de disposer de matériels diversifiés et de main-d’œuvre. Sans oublier que les Cuma ont accès aux subventions à des taux majorés. Le matériel est ensuite entré en action, ou a été décrit en statique. Il y avait des herses étrille, une houe rotative et des bineuses.

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