Viticulture

Sica des chais des Hospices civils de Strasbourg

Vingtième millésime !

Publié le 13/02/2017

Avec ses premiers vins issus de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg en 1997, la Sica a fêté ses 20 ans le 18 janvier en présence de nombreuses personnalités et vignerons.

La première dégustation du millésime 2016, organisée le 18 janvier par la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, a réuni plus d’une centaine de dégustateurs dans la salle des fêtes de l’hôpital, dont deux sommeliers, champions du monde, Serge Dubs et Philippe Faure-Brac. Cette sélection des vins qui seront vinifiés dans les chais de la cave a pris cette année « un relief symbolique », souligné par le président de la Sica, Patrick Aledo, fier d’annoncer qu’elle fête ses 20 ans. Pour cet anniversaire, le directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), Christophe Gautier, a convié le jury à la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, bâtiment qui a résisté à tout, « même au grand incendie de 1716 », pour retracer le parcours de ce partenariat original entre la Sica et l’hôpital, « une alliance extraordinaire qui permet de maintenir ce patrimoine vivant ». Efforts collectifs pour une renaissance réussie Sous ses voûtes séculaires, ses magnifiques foudres ont failli sombrer totalement dans l’oubli. Dans les années 1990, une poignée d’irréductibles défenseurs de ce passé viticole flamboyant, dont l’ancien responsable de la cave, Philippe Junger, s’est mis dans l’idée de la réhabiliter dans ses fonctions. Un foudre du XVIIIe siècle a été nettoyé et remis en route pour accueillir le vin de Pierre Sparr, de Sigolsheim, dont « les effluves de fermentation ont marqué les mémoires des bureaux », a souligné ce dernier. Après ce premier essai réussi, ils ont fait appel aux vignerons alsaciens. Une trentaine d’entre eux leur a fait confiance, avec un premier millésime étiqueté cave historique des Hospices civils de Strasbourg en 1997. « C’est toute une équipe, vignerons, œnologues, qui a rendu cette aventure possible », ceux qui, à l’hôpital, ont autorisé les essais, l’ancienne maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, qui a « bataillé à leurs côtés pour réaliser ce projet » soutenu par la Région, le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, « un effort collectif pour amener la renaissance de cette cave historique », a conclu l’intervenant. « Entre mythe et réalité », l’historien Claude Muller a évoqué les différentes archives mentionnant l’existence du fleuron de la cave, son plus vieux vin en tonneau, daté de 1472. En 1719, l’ex-roi de Pologne, dont le mariage de la fille avec Louis XV a été célébré à Strasbourg, vient à la cave. Dans les archives de Strasbourg, il est écrit « qu’il a goûté le vieux vin ». En 1753, « millésime du siècle », dans la bibliothèque de Nancy figure une trace de ce vin dans la bouche d’un militaire de passage qui dit avoir goûté « un vin de 1445, de 1472 et de 1516 ». En 1793, il est décrit comme « un vin foncé en couleur, au goût de pierre à fusil et de miel », portant une étiquette de 1472, et pour cet historien, « il date bien de cette année-là » ! Patrick Aledo a convié les participants à déguster quelques-uns des millésimes, plus récents, mais non moins fameux, issus de ces chais qui ont accueilli « un nombre record de vins, malgré la petite récolte de l’année dernière, preuve de sa renommée grandissante ».

Journée technique Vitisphère Alsace

Mildiou : ne pas se louper sur le premier traitement

Publié le 10/02/2017

Le 18 janvier, Vitisphère Alsace proposait sa journée technique, avec comme thématique « la physiologie et les mises en réserve de la vigne ». Avec en point d’introduction, le mildiou.

La question de la physiologie des mises en réserve de la vigne peut contribuer à expliquer pas mal de comportements vis-à-vis des maladies que sont le mildiou, l’oïdium et peut-être même les maladies du bois. Pour y voir plus clair, l’équipe Vitisphère Alsace proposait le 18 janvier une journée de réflexion sur ce sujet. Les attaques sur le feuillage, par exemple de mildiou, pénalisent la photosynthèse, et entravent ensuite la maturation, décrit Philippe Kuntzmann. Pour comprendre l’intensité des attaques de ce millésime, il faut bien comprendre le cycle de ce parasite phytophage « proche de l’algue », fortement dépendant de la température et de l’humidité. La contamination primaire, germination des oospores, se fait dès que la température atteint 11 °C et qu’il y a de l’eau. La durée d’incubation dans la vigne peut alors être de six jours au minimum. « Une bonne curativité de traitement systémique ne doit pas dépasser 30 % du temps d’incubation. » En d’autres termes, le vigneron a 48 heures pour intervenir après la première contamination si l’incubation est très rapide. « D’où l’intérêt de bien raisonner la lutte au démarrage. » Attention, le mildiou contamine et sporule par la face inférieure des feuilles uniquement. Donc le premier traitement de contact doit être bien positionné, tandis qu’un produit systémique « migre de la face supérieure vers la face inférieure et dans toute la plante ». Une fois la plante contaminée, les choses peuvent aller très vite ! La durée des germinations des conidies est de 16 h à 6 °C, mais elle est de 10 minutes à 20 °C. « Ce qui importe à ce stade, c’est la durée d’humectation. Une pluie qui sèche rapidement ne fait pas sporuler les taches. Mais une pluie de fin de journée et dont l’humidité est conservée la nuit provoque des sporulations. » Une année précoce en mildiou Cette année, la maturité des œufs d’hiver était acquise dès le débourrement de la vigne. Il faut cependant la trilogie : 11 °C pendant 3 à 4 h, présence d’eau plutôt stagnante et un végétal réceptif, soit des feuilles avec des stomates, rappelle Philippe Kuntzmann. « Officiellement, la position alsacienne a toujours été d’attendre les premiers foyers primaires et de confirmer leur présence pour déclencher les traitements. En 2015 et 2016, nous avons conseillé d’intervenir au plus tard à la date de sortie des foyers primaires, aussi bien en bio qu’en conventionnel, explique le responsable technique Vitisphère Alsace. Et en bio, c’est encore plus important car on ne peut pas compter sur des produits de rattrapage. » Cette année, la maturité des œufs d’hiver était acquise au débourrement, il importait donc d’intervenir dès le stade de réceptivité de la vigne, soit les premières feuilles avec stomates. Au stade 3-4 feuilles ? « Tout va dépendre des conditions météorologiques à partir de ce débourrement. En 2013, il a fait ensuite très frais. Ce qu’il faut c’est intervenir au bon moment ! » L’année a cependant été délicate pour les interventions : « On supposait d’après les modèles qu’il y avait de grosses contaminations primaires. Mais les données météorologiques n’étaient pas très bonnes et il y a des risques de ne pas avoir de fenêtre pour traiter et ce d’autant que les conditions réglementaires de traitement deviennent restrictives. » Enfin, plusieurs précautions ont été rappelées : alterner les molécules curatives et systémiques en raison des résistances, adapter la dose au feuillage surtout en début de traitement. En cas de conditions fraîches et humides, on peut observer une plus grande sensibilité des inflorescences qui restent plus humides… « Un autre élément important, c’est la qualité de pulvérisation. Et la qualité de couverture en fin de saison, pour garantir la bonne photosynthèse pour une bonne mise en réserve. » Enfin, Philippe Kuntzmann rappelle la question de la « préventivité vieillissante » des traitements : « Au bout de 10 jours, l’efficacité est de 0 %, le cymoxanil est dégradé à 5 jours dans la plante, le fosétyl assure la protection à 14 jours. Il faut donc considérer le grammage de fosétyl par hectare. »

70e assemblée générale de la cave de Cleebourg

Un millésime et un exercice très bons

Publié le 01/02/2017

Tous les indicateurs sont au vert pour la cave de Cleebourg : elle a engrangé un très beau millésime 2016 qui regarnit ses stocks et améliore ses ventes en bouteilles, notamment au caveau. La cave la plus septentrionale du vignoble a également bien valorisé son vrac de la campagne 2015-2016. Sa 70e assemblée générale s’est donc déroulée dans une ambiance chaleureuse.

« Grâce à un état sanitaire exceptionnel, nous pouvons affirmer que nous aurons de très beaux vins pour ce millésime de 2016 : frais, élégants avec une belle finesse aromatique », a indiqué Gilles Theilmann, président de la cave de Cleebourg, lors de la 70e assemblée générale de la cave. Elle se déroulait, samedi 14 janvier, en présence des différents maires des communes viticoles de la cave - Oberhoffen, Bremmelbach, Cleebourg, Steinseltz, Rott, Riedseltz, Wissembourg -, du député Frédéric Reiss, du conseiller départemental Paul Heintz, ainsi que des 129 coopérateurs - sur un total de 171 adhérents. Pour une surface totale de 205,5 hectares, Cleebourg a engrangé en 16 000 hl de vins d’Alsace. Sur la campagne 2015-2016, elle a vendu 6 800 hectolitres pour un peu plus de 1,94 million d’euros (M€), contre environ 7 600 hl en 2014-2015 (pour 2,042 M€). « La demande en vrac est restée soutenue avec des prix bien orientés », indique le président. Quant à la commercialisation des vins en bouteilles, elle a représenté l’équivalent de 8 233 hl contre 8 527 hl en 2014-2015 pour un montant respectif de 5,25 M€ en 2016 et 5,31 M€ en 2015. Le stock en fin d’exercice dépasse légèrement les 16 250 hl, contre près de 15 000 hl fin août 2015, ce qui est « suffisant pour répondre à toutes les demandes », a-t-il précisé. Autre motif de satisfaction pour la cave de Cleebourg, le succès du caveau dont les ventes ont encore progressé cette année de 1,4 % avec un chiffre d’affaires de 2,60 M€ HT, « fruit d’un excellent professionnalisme du personnel du caveau et de l’engagement des viticulteurs lors des permanences et diverses manifestations à la cave ». Avec un excédent brut d’exploitation de 1,10 M€, pour un total bilan de 11,70 M€, l’exercice 2015-2016 affiche un résultat s’élevant à près de 362 000 €, contre un peu plus de 226 000 € en 2014-2015, a indiqué Gabriel Thomas, expert-comptable. L’assemblée a reconduit dans leurs fonctions les administrateurs sortants : Christophe Hecky (Steinseltz), Roland Lortz (Seebach), Rémy Michael (Cleebourg), Denis Muller (Steinseltz) et Jean-Luc Ruffy (Ingolsheim). Belle dynamique d’investissements La cave de Cleebourg a réalisé 220 000 € d’investissements sur la campagne 2015-2016, notamment 110 000 € en matériel d’outillage et 44 000 € en matériels de transport. Pour les trois prochaines années, elle envisage d’investir dans la couverture du quai de déchargement par un auvent, une pompe, une table de tri et des cuves de macération carbonique, dans un projet s’élevant à 1 M€. Coté chaîne d’embouteillage, il convient également d’envisager de remplacer l’imprimante laser pour le marquage des cartons, ainsi que le changement de l’étiqueteuse pour l’utilisation d’étiquettes adhésives. Dans une intervention remarquée, le directeur adjoint du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, Gilles Neusch, a rappelé que l’interprofession est à la disposition des caves pour la valorisation de leurs produits. Il a présenté les missions de l’institution, allant des statistiques à l’assistance technique, en passant par le marketing ou la promotion des vins d’Alsace en France et à l’étranger. Après avoir rappelé quelques chiffres clés du vignoble alsacien, que celui-ci est le premier vignoble producteur de vins blancs d’AOC de France et que ces vins sont consommés dans 130 pays, Gilles Neusch a souligné que l’Alsace détient « le vignoble le plus vert de France ».

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