Viticulture

Publié le 16/01/2017

Si certains éditeurs de guides du vin déclarent sélectionner les vins à l’aveugle, le Guide Hachette est le seul à démontrer que ses dégustations se font véritablement dans un anonymat absolu. Ce qui explique au moins en partie sa réussite à 85 000 exemplaires, loin devant ses concurrents.

Il reste de loin, le guide de référence de la France du vin, avec ses 85 000 exemplaires imprimés. Une véritable institution. Le Guide Hachette se maintient, très loin devant les autres guides, en tête des ventes. Une raison à cela : les dégustations se déroulent à l’aveugle, mais en toute transparence. Quand d’autres éditeurs de guides déclarent effectuer aussi les dégustations de notation à l’aveugle, le Guide Hachette du vin, lui, permet aux amateurs de constater que les dégustations dans les différents vignobles de France, se font véritablement à l’aveugle. Un choix de la transparence qui explique cette réussite. Sur les différences sessions de sélection et de notation : pas de buveur d’étiquette, chacun est confronté à sa propre objectivité, et impossible pour lui de voir qui se cache derrière la bouteille. Les sessions de dégustation se déroulaient la semaine dernière à la Maison des vins d’Alsace, toujours animées par Stéphane Rosa. Lequel devait ensuite se rendre en Champagne, au lycée d’Avize, pour passer en revue pas moins de 4 500 champagnes… Si le caractère « à l’aveugle » reste le fondement de la sélection de ce guide, il n’en est pas moins exposé aux imperfections et aux aléas de la dégustation. Avec entre 20 et 30 vins par jury, chaque juré doit déployer des efforts de concentration en fin de dégustation. Une quantité de vins à déguster qui affecte la qualité des jugements.

Couronne d’or

Que du positif !

Publié le 13/01/2017

Bonne fréquentation, bel emplacement, le nouveau site du marché des délices de Noël, place des Rohan à Strasbourg, a bien fonctionné pour les vignerons de la Couronne d’or, très satisfaits dans l’ensemble.

Pour des raisons de sécurité, la ville de Strasbourg et le préfet d’Alsace avaient décidé de regrouper l’ensemble des marchés de Noël dans la Grande Île. Les vignerons de la Couronne d’or, les boulangers et les producteurs de foie gras d’Alsace ont ainsi dû quitter la place d’Austerlitz pour installer leurs chalets sur la terrasse et la place des Rohan. Site, organisation, des vignerons contents ! Ce qui était une contrainte et une inconnue côté fréquentation s’est avéré au final une bonne idée. Comme le souligne leur père, Jean-Jacques, les jeunes vignerons du domaine Muller de Traenheim, Nathan et Marjorie, ont eu la visite de beaucoup de touristes sur le chalet. Des touristes qui ont compensé la désaffection de la clientèle strasbourgeoise. Il y a eu également beaucoup de monde au caveau, « certains venant après leur passage au marché de Noël ». Les vignerons ont apprécié la nouvelle organisation de présence sur les stands, plusieurs jours d’affilée, « plus pratique pour la logistique de dépose et de déchargement des vins sur cette place ». Un chalet Couronne d’or était également installé place Saint-Thomas : il a « mieux fonctionné qu’à la gare », souligne encore ce Jean-Jacques Muller. Une indication confirmée par Sylvie Vogt, de Wolxheim, qui estime également « positif », tant l’emplacement place des Rohan que le nouveau roulement de présence. Il est mieux adapté, et « c’était moins fatigant », ajoute-t-elle. Même son de cloche du côté de Xavier-Léon Muller de Marlenheim, qui espère que la ville leur « permettra de rester sur ce site magnifique ». Un avis partagé par tous. Xavier-Léon Muller a constaté que les visiteurs ont pris « plus de temps à discuter, à se promener, moins pressés que sur la place d’Austerlitz », ce qui a permis « d’approfondir les contacts ». « C’est le plus important, observe-t-il. Il n’y a pas que les ventes en question. » Pour sa part, il a noté « une baisse de la clientèle allemande » et, comme ses confrères, des Strasbourgeois, mais il est globalement « très satisfait ». C’est aussi l’avis de Maurice Heckmann de Dahlenheim, qui a apprécié « les allées plus larges », qui ont favorisé les échanges avec les visiteurs, même lors des périodes de grande affluence sur le marché. Vin chaud au blanc d’Alsace, une qualité en hausse « Ce cadre prestigieux devrait être mieux exploité à l’avenir par la Couronne d’or, indique Charles Brand d’Ergersheim. Et il faudra revoir la stratégie par rapport à la clientèle strasbourgeoise, pour conserver une visibilité. » Il se dit également content de ce marché de Noël, à double titre, pour le domaine et pour la Tribu des gourmets du vin d’Alsace, dont il est coprésident. Son constat sur la clientèle est le même que ses collègues, plutôt des touristes, avec une perte des Strasbourgeois, le cœur de cible de la Tribu des gourmets. « C’était une denrée rare en début de marché de Noël, souligne-t-il. Ils sont un peu revenus sur la fin. » Les animations acoustiques proposées sur le stand ont attiré « beaucoup de monde, qui a profité à tous » et ont créé une bonne ambiance. Le résultat est bon pour la Tribu des gourmets : plus de 25 000 gobelets ont été vendus. Un apport de trésorerie qui permettra « la mise en œuvre de nouveaux projets pour cette année ». Le concours du meilleur vin chaud au blanc d’Alsace a montré « une hausse de la qualité », avec les 13 sélectionnés, mais pas encore suffisamment. Il faudra faire « davantage de promotion sur ce sujet l’année prochaine avec la ville », note Charles Brand. Il ajoute que le marché de Noël off, maintenu place Grimmeisen, a été « plus décevant » pour les vignerons présents sur le stand des vins bios avec l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace. Sur l’arrêt des marchés de Noël au 24 décembre, décidé par la municipalité, les avis restent partagés. Au final, c’est une fin d’année réussie pour les vignerons de la Couronne d’or, avec des vendanges d’une qualité inespérée, un marché de Noël inédit qui a visiblement tenu ses promesses économiques, plébiscité par les vignerons.

Publié le 09/01/2017

À Dambach-la-Ville, Doris et Christophe Speitel ont surmonté plusieurs coups durs. D’innover dans leurs vinifications et la mise en avant de ces vins permet de relancer doucement leurs ventes en bouteille.

Le domaine Speitel existe depuis 1870. Quatre générations s’y sont déjà succédé. Mais sa surface reste modeste. Elle n’a augmenté que de quelques ares depuis 1991, l’année de l’installation de Christophe. Cette stabilité trouve son origine dans le montage imaginé au départ : le domaine ne fait alors qu’un avec un hôtel-restaurant qui va, au fil des années, jusqu’à absorber 40 % des vins produits. Ce courant commercial se maintient une fois que cet ensemble est scindé en deux entités. Mais il s’arrête brutalement en 2007 quand l’établissement de restauration ferme. « Nous avons immédiatement porté de un à quatre le nombre de salons auxquels nous participions » indique Doris Speitel. Avec Christophe, elle cherche à en fréquenter davantage. Pour l’heure, ces manifestations accueillent de 25 à 350 exposants. Trois sont en Belgique. La perte nette d’un débouché n’est pas la seule difficulté que le couple a dû surmonter dans sa carrière. Comme tout le monde, il a fait face à trois années de faible récolte. Si les sols argileux de plaine ont résisté, les terroirs granitiques, légers et filtrants ont souffert. Christophe et Doris récoltent en moyenne 49 hl/ha 2013 et 42 hl/ha en 2014. C’est encore pire en 2015 : 36 hl/ha à peine en raison de la grêle. « L’absence de sinistre nous avait incité à ne plus nous assurer. La perte est sèche » constate Christophe. Les huit lits de deux gîtes procurent certes quelques recettes et clients supplémentaires, mais pas assez. Alors, depuis deux ans, Christophe et Doris proposent des prestations de taille, de palissage et de liage. Dans le même temps, ils dynamisent leur carte de vins. Ils sélectionnent leurs « coups de cœur » personnels et les mettent en avant. Il y a par exemple un pinot gris 2015 passé en barrique et un pinot noir 2014 « authentique » car il n’a pas été filtré. « Nous ne voulions pas le dénaturer, lui enlever de la structure. C’est une première, mais certainement pas une dernière » explique Anthony, 23 ans, le fils du couple, salarié viticole sur un autre domaine de la commune, mais déjà fortement impliqué sur le domaine familial. Ces deux vins sont en tout cas bien accueillis. « Notre clientèle de particuliers a tendance à réduire ses achats en volume, mais demande davantage de bouteilles haut de gamme » note Doris. Pour continuer à approvisionner ce qui ressemble à un filon Christophe prépare un gewurztraminer 2016 barrique en plus d’une vendanges tardives 2015. Remettre le sylvaner sur la carte Christophe conduit en conventionnel ses vignes dont il alterne le rang enherbé tous les deux à trois ans. En 2013, 2014 et 2015, il contrôle l’herbe du cavaillon par un buttage/débuttage, mais en 2016, faute d’être suffisamment équipé, il revient au glyphosate sur une bande de quinze à vingt centimètres sur le rang. Il emploie de un à deux systémiques par campagne, le premier étant systématiquement positionné avant fleur. En 2016, Christophe a appelé le technicien qui suit le domaine au moins une fois par semaine. Il refait un systémique après fleur « pour sauver la récolte ». Sur l’ensemble de l’année, il sort huit fois son pulvérisateur, deux fois plus qu’en 2015. Christophe fait récolter mécaniquement les deux tiers de la surface. Il vinifie 70 % de ses raisins en sulfitant de 1 à 2 g/hl une vendange saine, qu’il enzyme ensuite avant un débourbage d’une trentaine d’heures. Il ne levure pas le moût car il estime que cette pratique donne « plus de diversité » à ses vins. Christophe les élève en cuves uniquement inox sur lies fines avec un objectif de 19-20° de température de fermentation. Si ce niveau est dépassé, il soutire 5 hl d’une cuve et les passe dans un tank à lait où ils sont refroidis en trois-quatre heures à 5° avant réincorporation. Les vins peuvent fermenter longtemps. Ils sont arrêtés en dessous de 1 000 et vinifiés en sec. La mise intervient entre avril et juin, mais peut aussi être décalée en septembre. Le couple a fait le choix de ne pas produire son propre crémant. Il achète des bouteilles nues à l’opérateur à qui il livre ses raisins. Le sylvaner est absent de la carte car sa parcelle est entièrement cédée en raisins. Mais Anthony ne désespère pas d’en refaire. Les viticulteurs misent sur l’augmentation de leurs ventes en bouteille. Pour cela, ils essayent de fidéliser leur client en réservant une attention à leurs clients fidèles (tablier, seau à glace, sommelier…), développer l’accueil de groupes, être visibles par leur site sur la toile. Il ne déplairait pas à Anthony de rejoindre ses parents, mais pour cela « il faudrait de un à deux hectares en plus ». Dans l’immédiat, le plus urgent est de combler le trou de trésorerie laissé par la grêle. Il est probable que le calendrier de vente du vrac, de 20 à 40 % selon le millésime, soit avancé en 2017.

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