Offre assurantielle de Groupama
L’assurance, filet de sécurité
Offre assurantielle de Groupama
Publié le 18/05/2017
Groupama convie chaque année les représentants des organisations professionnelles agricoles pour échanger sur un point d’actualité du groupe. Cette année, Rémy Losser, Joseph Ehrhart, vice-présidents du groupe, et Olivier Larcher, directeur, ont axé le débat sur l’offre assurantielle en évolution, invitant leurs partenaires à des commentaires pratiques dans un but constructif d’identifier les faiblesses, les voies d’amélioration et de passer des messages vers les assurés via les différents réseaux.
2016 a été une année économiquement difficile pour l’agriculture alsacienne. Sur la politique tarifaire, Rémy Losser explique que Groupama a choisi cette année de temporiser l’augmentation de tarifs estimant que ce n’est « pas rendre service que de bloquer les tarifs et puis de les rattraper par une forte augmentation l’année suivante ». Au niveau de la Caisse régionale, le rapport sinistre sur cotisation se fixe à 75 % soit une dégradation par rapport à 2015, où il était à 69,9 %. C’est principalement sur les risques auto et santé que le ratio se dégrade, mais surtout celui sur les risques climatiques qui passe de 130 à 190 %. Mathieu Freysz, inspecteur technique agricole, a détaillé l’offre spécifique pour la clientèle agricole : Optimut (bâtiments agricoles), TMA (tracteurs et matériels agricoles) et service de remplacement. Le niveau de couverture pour les offres Optimut et TMA reflète de l’activité agricole des deux départements. S’assurer pour se faire remplacer L’offre service de remplacement par contre n’est pas encore complètement intégrée dans les besoins de couverture « automatique » et pourrait encore largement progresser sur l’ensemble de la région. Mais surtout, il existe un écart significatif entre les deux départements avec un rapport de 1 à 10 sur le nombre d’assurés. Or au-delà des 20 jours pris en charge par la Mutualité sociale agricole (MSA), la situation peut vite se compliquer pour un agriculteur qui doit faire face à un coup dur. Le président de la MSA, David Herrscher, précise que 20 demandes de dérogation ont été déposées cette année à la MSA, mais « on ne peut pas toujours faire de l’exceptionnel ». Il faut inciter les agriculteurs à couvrir ce risque. Pour Thomas Gillig, président des JA du Bas-Rhin, il est important de redynamiser cette offre qui aurait pu répondre à des besoins concrets. L’installation est le moment clé où il faut inciter les jeunes à souscrire en rappelant qu’une année de cotisation coûte 177 € quand une journée de remplacement coûte 150 €. Autre sujet largement débattu, l’assurance climat. Les chiffres montrent que les agriculteurs ont tendance à rebasculer en contrat grêle aux dépens de la multirisque climat du fait des mauvaises années et des rendements historiques en baisse. En vigne, 7 250 ha sont assurés soit la moitié du vignoble. Julien Koegler, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, fait remarquer que lorsqu’on enchaîne les moyennes basses, l’intérêt de l’assurance diminue. Ce modèle assurantiel devra nécessairement évoluer car il montre au fur et à mesure des exercices climatiques difficiles ses avantages et ses faiblesses. Certains défendent l’idée d’une multirisque plus à la carte qui permettrait de prendre en compte les efforts des agriculteurs pour se protéger. En viticulture, comme le souligne Jacques Stentz, vice-président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), la réserve qualitative protège du risque ; pour les cultures, l’irrigation est également une forme d’assurance. Pour Rémy Losser, si l’idée est de bon sens, le risque est néanmoins d’aboutir rapidement « à une usine à gaz ». Et si un agriculteur irrigue, ses références historiques seront plus élevées et son indemnisation par conséquent également. Olivier Larcher rappelle que pour être subventionnée, la MRC doit prendre en compte l’ensemble des aléas, ce qui exclut de fait les formules à la carte. Les aides jouent un rôle psychologique déterminant car pour Thomas Thuet, président de la Coopérative agricole de céréales (CAC), le compte pour l’instant sans aide n’y serait pas. L’État a un rôle à jouer sur le plan fiscal pour favoriser l’assurance car : « L’agriculteur doit pouvoir piloter sa trésorerie ». De l’assurance climat à l’assurance chiffre d’affaires Pour aller plus loin, Groupama réfléchit à une offre assurantielle qui intégrerait au risque climatique, le risque de fluctuation des marchés pour apporter concrètement à l’agriculteur « une assurance chiffre d’affaires ». Ce dispositif est actuellement en phase de test sur deux Caisses régionales et sera proposé dans le Grand Est à partir de 2018. Pour Jean-Paul Bastian, ce projet paraît idéal, toutefois il estime que « si on pousse l’assurance à fond, on va détricoter la Pac et le débat aura lieu désormais avec les assureurs privés. Il faut continuer à se battre pour une politique de marché. » Un point de vue partagé par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui craint que « les agriculteurs ne puissent plus s’y retrouver », dans la multiplicité des offres. Quoi qu’il en soit, l’avenir de la MRC dépendra de sa capacité à s’amender vers un système plus vertueux et à convaincre les agriculteurs d’y souscrire suffisamment en nombre pour atteindre le point d’équilibre du risque, en passant d’un tiers d’agriculteurs français assurés à une couverture à 100 %. « Il faut balayer devant notre porte et ne pas créer nous-mêmes les conditions d’une impossibilité. Nous devons d’abord compter sur nous ! », estime Olivier Larcher. Le début de campagne 2017 démontre qu’une année climatique compliquée peut en cacher une autre…












