Réglementation

Section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin

Retraites, formation, dématérialisation

Publié le 10/12/2017

Une semaine après le conseil départemental, la Section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin a invité les agriculteurs retraités intéressés à participer à des formations à l’informatique. Cette journée a aussi été l’occasion de parler des retraites.

Pour commencer cette journée, les membres du bureau des anciens exploitants ont pu rencontrer Martine Wonner, députée du Bas-Rhin. L’objectif était faire remonter au gouvernement les principales revendications portées par la Section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin (SDAE 67) concernant les retraites agricoles et les avancées obtenues. « Nous demandons que l’État assume le financement de l’augmentation des Retraites complémentaires obligatoires (RCO) à 75 % du Smic net promis par l’ancien gouvernement », a insisté Paul Schiellein, président de la SDAE 67. En effet, les frais engendrés par cette revalorisation devaient être pris en charge pour moitié par les actifs (cotisation) ; pour l’autre moitié par l’État (via des taxes). La SDAE 67 refuse que cette hausse de la cotisation RCO soit payée entièrement par les actifs. Par ailleurs, « nous demandons le calcul des retraites des agriculteurs sur les 25 meilleures années, comme tous les autres régimes », ont insisté les membres du bureau de la SDAE. Cela permettra de garantir un niveau de retraite décent. Il faut rappeler qu’en moyenne, la retraite agricole d’un chef d’exploitation avec une carrière complète s’élève à 831 €/mois. Un niveau indécent. Et qu’aujourd’hui la retraite est calculée sur l’ensemble de la carrière et non pas sur les 25 meilleures années. Enfin, il semble légitime que les retraites agricoles atteignent 85 % du Smic net et soient indexées pour une carrière complète (c’est le cas pour les salariés depuis 2003). Trop perçu Pour information, environ 1 500 agriculteurs retraités bas-rhinois ont eu un trop perçu compris entre 200 et 500 euros de retraite. Paul Schiellein a tenu à préciser que l’erreur vient de la Mutualité sociale agricole au niveau national et que la responsabilité n’incombe pas à la MSA locale. La MSA va donc redemander ces sommes sur les pensions mensuelles sur quatre à six mois de suite, afin de ne pas dépasser 15 % du montant des pensions mensuelles. Si des agriculteurs retraités sont en difficulté par rapport au remboursement et la fiscalité, la MSA étudiera les cas individuellement. La MSA d’Alsace se charge d’informer les retraités. Les retraités veulent se former Paul Schiellein a ensuite présenté, devant une cinquantaine de retraités agricoles, l’actualité brûlante des retraites en évoquant cette rencontre avec Martine Wonner, avant de laisser la parole à Philippe Wolff, membre du bureau de la SDAE, et Julien Moureau, animateur, pour évoquer la formation à l’informatique. En effet, lors des réunions territoriales au cours desquelles un questionnaire avait été réalisé, environ 70 retraités agricoles se sont montrés intéressés pour participer à une formation « dématérialisation ». Le format sera identique à celle qui a eu lieu en début d’année. Groupama, la MSA, le Crédit Agricole et la FDSEA interviendront sur quatre demi-journées pour avoir les bases en informatique et pouvoir se servir des outils en ligne de chacun des partenaires. L’idée, cette année, est de proposer un achat groupé de tablettes développées par Facilotab adaptées aussi bien aux seniors qu’aux débutants en informatique. À travers le partenariat avec la Carte Moisson développée par la FNSEA, les adhérents à la FDSEA 67 bénéficient d’ores et déjà de réduction. Mais en passant par l’appel d’offres, l’objectif est d’avoir des réductions supplémentaires. Lors des formations, les participants seront invités à amener leur propre matériel (tablette Facilotab ou autres). « Les formations seront beaucoup plus efficaces si les stagiaires peuvent reproduire directement ce qu’ils ont vu en formation », a ajouté Philippe Wolff. La SDAE va donc proposer un achat groupé de tablette dès la mi-décembre. L’achat groupé est également ouvert aux actifs qui souhaitent avoir un outil pédagogique pour débuter. Si vous êtes intéressé, appelez la FDSEA avant le 12 décembre.

Conseil d’administration de la FDSEA du Bas-Rhin

Du prix et rien que du prix

Publié le 24/11/2017

Ce dernier conseil d’administration de l’année était le moment de revenir sur l’année 2017 et de préparer la campagne d’hiver.

« D’un point de vue cultural, 2017 a été un meilleur cru que 2016 et fort heureusement », a commencé Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. En moyenne, les rendements sont meilleurs, mais il ne faut pas oublier les secteurs moins arrosés et les productions qui ont souffert, l’herbe, les fruits (en raison du gel)… Malheureusement les prix restent bas dans trop de productions, ce qui empêche de faire de 2017 une bonne année. « Les prix, ce sera le grand sujet des tournées cantonales. Car la défense d’un prix rémunérateur pour le producteur est notre principal combat », a insisté Franck Sander. Les États généraux de l’alimentation (EGAlim) ont permis et continueront d’être un tremplin pour la défense du prix. Depuis l’ouverture des EGAlim, de nombreuses émissions et des débats politiques se sont intéressés à ce sujet et l’idée que l’agriculteur touche un prix qui couvre son coût de production fait son chemin dans l’opinion publique. « Il faut maintenant transformer l’essai à travers la loi. Il est important que nous, profession agricole, portions ce message, car ni Leclerc, ni UFC Que Choisir ne le feront à notre place », a complété Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA. Les actions menées par les membres du groupe lait dans les magasins Leclerc de Soultz-sous-Forêts et Wasselonne s’inscrivaient dans cette démarche de maintien de la pression. Il s’agit de petites actions, mais qui ont un bon retour médiatique. « L’idée est de tourner dans le département en mobilisant des petits groupes, de manière à pouvoir être présent dans le temps. Il faut s’attendre à devoir reconduire des opérations d’ici la fin des négociations commerciales en février », a prévenu Didier Braun, responsable du groupe lait. Dans tous les cas, « il faut rester force de proposition, il ne suffit pas d’avoir de belles paroles, il faut des actes et c’est ce que nous faisons à la FDSEA ». Sur le dossier cours d’eau qui sera aussi abordé en tournée cantonale, c’est bien la FDSEA qui a obtenu l’accord cours d’eau et c’est le réseau FDSEA qui va mener à bien cette cartographie, a insisté Franck Sander. Communication positive Les débats ont ensuite porté sur la communication autour de l’agriculture. Les présidents cantonaux ont déploré le traitement médiatique dont est victime l’agriculture. « C’est juste, a concédé Franck Sander. Phyto, bien-être animal, pas une journée ne passe sans que des articles nous attaquent. » « Nous tentons d’inverser la vapeur, il n’y a qu’à voir le volontarisme de Christiane Lambert, nous sommes également présents sur les réseaux sociaux. » Il faut persister et capitaliser sur la bonne image dont bénéficient les agriculteurs, sortir de cette logique de la peur de tout et du principe de précaution. « Les actions de communication sont multiples et éparpillées, nous aurions intérêt à développer une stratégie commune entre organisations professionnelles agricoles », a conclu le président de la FDSEA. Dossiers d’actualité Ce conseil a aussi été l’occasion d’aborder les dossiers qui rythment la vie de la FDSEA - GCO, procédures calamités agricoles, dossier Pac - et les services. La procédure calamité gel sur arboriculture et petits fruits sera rapidement examinée au niveau national. Mais cette démarche est complexe et s’étale dans le temps. C’est pourquoi la Région Grand Est réfléchit actuellement à une aide rapide pour soulager les trésoreries des exploitations fruitières lourdement touchées par le gel. Sur le dossier Pac, les paiements 2015 vont être finalisés. « Il était temps ! » se sont exclamés plusieurs responsables cantonaux. Après avoir fait des actions coup-de-poing fin 2016 et début 2017 permettant d’obtenir des avancées, les dossiers ont été gérés au cas par cas. Les adhérents de la FDSEA ont reçu il y a quelques mois la Carte Moisson. Plus qu’une simple carte d’adhérent, elle permet d’accéder à une grande diversité d’offres. Pour la rendre encore plus attractive, dans les prochains mois, la FDSEA du Bas-Rhin souhaite les élargir avec du matériel agricole, tels que des outils de levage, flexibles, pneumatiques, du matériel de sécurité, de vérification et de contrôle. Enfin, le GCO continue de faire l’actualité. La FDSEA tient sa ligne de conduite, c’est-à-dire que si le projet voit le jour il faut s’opposer à la double peine environnementale et obtenir des remembrements efficients pour les agriculteurs. Il a été souligné que la Commission européenne a classé le contentieux contre la France au sujet du grand hamster, l’information est passée un peu inaperçue. Mais Laurent Fischer a insisté : « C’est bien grâce aux agriculteurs et à personne d’autres » !

Publié le 24/11/2017

La section départementale des anciens exploitants s’est réunie vendredi 10 novembre. Au menu, décorticage du budget de l’État pour 2018. Pour les intervenants, si tout n’est pas à jeter, les anciens devront rester vigilants pour tirer leur épingle du jeu fiscal.

Le conseil départemental des anciens exploitants agricoles a été dominé par les débats sur le budget 2018. La réunion a eu pour objectif d’expliquer les tenants et aboutissants du chaotique projet de loi de finances 2018, adopté en première lecture à l’Assemblée nationale, en attente du vote du Sénat. Et ses conséquences concrètes sur les retraités. Philippe Wolff, ancien directeur adjoint de la Chambre d'agriculture du Bas-Rhin, s’y est collé. Pour lui, l’augmentation de la Contribution sociale généralisée (CSG), compensée par la diminution d’autres prélèvements, doit profiter à tout le monde… sauf aux retraités ! En effet, cet impôt calculé sur le revenu fiscal de référence va augmenter de 1,7 % en 2018. Le taux prélevé passera ainsi de 6,6 à 8,3 %. Mais il ne devait pas être compensé en totalité. Car en parallèle, les salariés vont bénéficier de la suppression des cotisations chômage et maladie. Taxes que les retraités ne payent pas. Suppression de la taxe d’habitation Principal motif de consolation, la suppression progressive de la taxe d’habitation. L’année prochaine, elle devrait baisser de 30 %, puis 65 % en 2019 et disparaître complètement en 2020. Enfin, Philippe Wolff a souligné la prolongation du crédit d’impôt transition énergétique. Mais les taux de prise en compte baissent là aussi. De moitié pour être précis. Ainsi, des volets roulants, pris en charge à hauteur de 30 % jusqu’en septembre 2017, ne sont remboursés qu’à 15 % jusqu’en décembre 2018. Pour Philippe Wolff, il serait judicieux d’investir maintenant, avant que ce crédit d’impôt soit définitivement enterré. Niveau sous, la Cour des Comptes a remis son rapport annuel en début d’année. Et les anciens exploitants ont fait leur apparition au milieu des 1 300 pages du document. Une mention dont se serait bien passé Paul Schiellein, président de la SDAE 67. En effet, par souci d’économies, l’institution préconise de supprimer les collèges d’anciens exploitants au sein des Chambres d’agriculture, à partir de 2019. Une mesure jugée inutile par le responsable syndical. « Avec trois ou quatre représentants à la Chambre, je ne vois pas bien de quelle économie on parle. » Car si les économies seraient symboliques, leurs conséquences seraient dramatiques pour les anciens exploitants. « La Chambre d'agriculture est le seul interlocuteur officiel dans les négociations avec l’État », a rappelé Philippe Wolff. Une disparition des agriculteurs retraités dans les instances régionales équivaudrait donc à les écarter des discussions avec le gouvernement. Afin d’empêcher une telle mesure, le conseil a adopté une motion à l’unanimité (voir ci-contre). Cette déclaration sera présentée en séance plénière de la Chambre d'agriculture en décembre. Pour une meilleure répartition des richesses Enfin, un invité de marque a donné sa vision de l’environnement économique mondial. Jean-Marie Sander, ancien président du Crédit Agricole, s’est d’abord félicité du budget 2018, un budget globalement « pro-européen et pro-entreprises ». Il a aussi attiré l’attention de l’assistance sur les taux d’emprunt très bas. Une bonne période pour investir dans l’immobilier, à la condition d’être prudent et de choisir le type de produit qui nous correspond. Selon lui, l’économie mondiale affronte différents périls. Le risque politique d’abord, avec la montée des extrêmes un peu partout en Europe et la crise migratoire. Puis vient le risque écologique. Le réchauffement climatique entraîne ainsi de fortes variations météorologiques, qui impliquent des récoltes très variables, et donc des cours des produits agricoles en dents de scie. La gestion de l’eau douce sera aussi au cœur de la géopolitique de demain. Jean-Marie Sander arrive à une conclusion implacable. Une meilleure répartition des richesses est indispensable à un avenir plus serein. Et l’homme d’affaires de prendre l’exemple de la France. « On ne peut pas laisser 9 millions de personnes sur le bord de la route au profit des 1 % les plus riches ! » Reste à espérer que son vœu soit entendu.

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