CER France Alsace
Des simplifications bien compliquées
CER France Alsace
Publié le 11/02/2018
En 2017, le CER France Alsace a fait de son mieux pour appliquer les réformes de « simplification » engagées par l’État pour faciliter la vie des entreprises. Face à cette volonté du « tout numérique », l’association de gestion et de comptabilité a poursuivi ses investissements pour des outils plus sûrs, plus efficaces et plus connectés.
Quand simplification rime avec complication. Un étrange paradoxe que l’association de gestion et de comptabilité CER France Alsace a vécu au quotidien en 2017. « Notre position n’est pas simple car nous sommes entre le marteau et l’enclume », résume Paul Deguille, président de CER France Alsace. Lors de l’assemblée générale de l’association qui s’est tenue le 1er février, il s’est tout d’abord penché sur les conséquences de la mise en place la DSN (Déclaration sociale nominative) pour les salariés de CER France Alsace et leurs adhérents. « Celle-ci devait tout simplifier : de plusieurs déclarations, nous n’en ferons plus qu’une, de paiements trimestriels, nous passerons en mensuel et tout se passera bien. La mise en place de cette DSN s’est faite en trois phases sur un an et demi. Tous nos dossiers MSA comme Urssaf sont aujourd’hui paramétrés Phase 3. Mais à quel prix ? Concrètement, c’est la fin annoncée des cotisations trimestrielles appelées par la MSA. C’est aujourd’hui nos collaboratrices qui vous communiquent les montants à verser », détaille Paul Deguille. 2017 étant une période de transition, les équipes de CER France Alsace ont constaté des écarts entre les sommes dues et les cotisations payées. « Nos comptables porteront donc un regard attentif sur ce point dans les clôtures 2017 », tient-il à rassurer. Pour accompagner la mise en place de ce dispositif, l’équipe Paies de CER France Alsace a « redoublé d’efforts » sans répercuter les charges sur la facturation des paies. « Il s’agit bien là d’un effort financier de l’association pour ses adhérents. Et pas de répit pour l’année à venir, puisque c’est maintenant le prélèvement à la source qui s’annonce pour 2019. Mais bon, c’est tendance, l’État engage des réformes qui se traduisent par un transfert de compétence sur des organismes tiers. Mais la facture sera bien payée par l’adhérent au final. » Des réformes qui vont un peu trop vite Autre exemple de cette « simplification » plus compliquée qu’il n’y paraît, la mise en place des EPS (examens périodiques de sincérité) par les organismes de gestion agréés. Une nouveauté loin d’être anodine puisqu’elle a obligé le conseil d’administration de CER France Alsace à facturer cet accompagnement à cause du temps que ses équipes allaient devoir passer dessus. « Le gouvernement parie sur le « tout numérique », la dématérialisation de l’information, la fin du papier. On constate malheureusement que les réformes vont plus vite que ce que peuvent intégrer les systèmes d’information de la plupart des structures. Et surtout cela coûte cher », estime Paul Deguille. Pour franchir du mieux possible ce cap du « tout digital », le CER France Alsace a entrepris plusieurs actions : l’externalisation des sauvegardes sur un serveur sécurisé, la refonte totale du réseau internet, le portail client CER France Connect, et le basculement progressif vers le logiciel Isagri. Un changement loin d’être quelconque comme l’explique la directrice de CER France Alsace, Sylvie Venner. « Nous avons réalisé cet investissement avec les CER France de Moselle et des Vosges. Grâce à lui, nous allons pouvoir harmoniser nos méthodes de travail. » Ce nouveau logiciel vient remplacer l’ancien qui était utilisé depuis 2001 et qui était arrivé à une « limite technologique ». Il permet de traiter l’ensemble des données (bancaires, fiscales, comptables) qui doivent progressivement être dématérialisées. Le basculement vers ce nouvel outil se fera progressivement au cours de l’année 2018 pour être entièrement effectif pour les comptabilités 2019. Des nouveaux locaux dès cet été Les évolutions que rencontre le CER France Alsace ne se limitent pas qu’à des données enregistrées dans des ordinateurs. L’association vient en effet d’acquérir de nouveaux locaux, 13 rue des frères Peugeot, toujours à Sainte-Croix-en-Plaine. Un choix motivé en premier lieu par le manque de place des locaux actuels. « Nos 21 collaborateurs sont à l’étroit, et nous envisageons d’en recruter de nouveaux dans les années à venir. Il était donc devenu urgent de trouver une solution », indique René Ritzenthaler, vice-président de CER France Alsace. Différentes options ont été étudiées : des locaux à Colmar, Ensisheim, Niederhergheim ou Rixheim. Mais à chaque fois, l’opération était trop coûteuse ou ne correspondait pas aux attentes de l’ensemble des collaborateurs : rester dans un rayon de 10 kilomètres autour de Sainte-Croix-en-Plaine, proche d’un axe routier principal et pas trop loin du Bas-Rhin. C’est en fin d’année 2017 que l’opportunité s’est présentée de racheter le bâtiment existant au 13 rue des frères Peugeot, plus spacieux que celui utilisé actuellement. L’investissement total de 972 000 euros avec des annuités de remboursement de 54 000 € sur 20 ans correspondait au budget fixé par le CER France Alsace, soit à peu de chose près ce qu’il paie déjà aujourd’hui pour le bâtiment actuel, mais en tant que locataire uniquement. « Du coup, nous devenons propriétaires tout en pouvant rester à Sainte-Croix en Plaine. C’est un vrai soulagement d’avoir un dénouement aussi rapide dans ce dossier. C’est une nouvelle page qui se tourne pour le CER France Alsace », ajoute Paul Deguille. L’entrée dans ces nouveaux locaux est prévue cet été.












