Comptoir agricole
Le houblon, une filière porteuse
Comptoir agricole
Publié le 06/01/2018
Comptoir Agora. C’est le terme choisi par le Comptoir agricole pour inviter ses adhérents à partager sa stratégie d’avenir. Houblon, céréales bios, nouvelles technologies, plusieurs tables rondes ont émaillé cette assemblée générale pour ouvrir de nouvelles perspectives.
La première table ronde, qui portait sur le renouveau du houblon, a associé Antoine Wuchner, responsable de la filière houblon, Jean-Marc Meyer, houblonnier en charge de cette filière au sein du Comptoir agricole, et Christian Lux, responsable agronomie et environnement. Le houblon se porte bien, merci ! La récolte s’est achevée sur des rendements et un niveau qualitatif satisfaisants, même si la campagne a été très compliquée. Sur le plan sanitaire, il faut relever la forte pression du mildiou, heureusement stoppée net par la canicule du mois de juin, et l’apparition de l’oïdium, dont le développement a été freiné par le beau temps du mois d’août. « L’autre problème auquel nous avons été confrontés, c’est la maturité du houblon, explique Jean-Marc Meyer. Nous avons dû arrêter la récolte de certaines parcelles car le houblon n’était pas assez mûr. » Le marché est bien orienté Sur le plan commercial, l’année a été fructueuse, avec la signature d’un partenariat avec le groupe Fischer, le 15 mars dernier : « Désormais, toutes les bières Fischer contiendront du houblon alsacien », explique Antoine Wuchner. Le lancement d’une bière Fischer contenant trois houblons alsaciens, Aramis, Mistral et une variété expérimentale, a scellé ce partenariat. Autre fait marquant, le Comptoir agricole a concrétisé ses premières ventes au Japon. « Nous avons fait une excellente campagne, en volume et en prix. Le marché reste porteur, nous sommes sur une niche qu’il faut préserver. » Le lancement officiel de la marque Hop’France, à Paris et à Munich, marque la volonté du Comptoir agricole de conquérir de nouveaux marchés : « Nous sommes capables de promouvoir le houblon français dans le monde entier », affirme Antoine Wuchner. Le nombre de microbrasseries est en hausse en France - elles sont au nombre de 1 200. Dans le même temps, l’on voit surgir de nouvelles houblonnières, en particulier dans le nord de la France. Ce phénomène inédit agit comme un levier sur la filière alsacienne, souligne Jean-Marc Meyer. « Lorsque l’on voit que du houblon se plante ailleurs en France, on se dit : pourquoi pas nous ? » Accompagner les néoplanteurs « Nous avons décidé d’aider ces néoplanteurs en organisant des formations et en leur vendant notre matériel génétique », indique Antoine Wuchner. Une première formation, baptisée Houblon Expert, a été organisée en janvier 2017 par le Comptoir agricole, précise Matthieu Luthier de Saint Martin, responsable développement et communication. En 2013, le houblon occupait 350 ha. Quatre ans plus tard, on en compte 452 ha, et une dizaine d’hectares sont en projet en 2018. « Nous avons rencontré ces producteurs nouvelle génération, ils ont envie de développer la filière. » De son côté, le conseil d’administration du Comptoir agricole a décidé de relancer la recherche variétale. « Les microbrasseurs sont un peu comme des chefs cuisiniers - ils sont à la recherche de nouveaux arômes. Si nous n’avons pas ces nouveaux produits, nous passons à côté du marché. Nous sommes spécialisés dans les houblons aromatiques, très demandés », indique Antoine Wuchner. Le contexte est favorable : la région Grand Est continue à attribuer des aides pour l’implantation de nouvelles houblonnières. Cette production bénéficie par ailleurs de mesures d’accompagnement spécifiques, dans le cadre de la Politique agricole commune. « Nous voulons favoriser le transfert de connaissances entre les nouveaux planteurs et les planteurs actuels, qui ont l’expertise et l’ancienneté. Un parrainage va se mettre en place », explique Matthieu Luthier de Saint Martin. En Alsace, l’objectif est de ne plus perdre de houblonnières et de convaincre les jeunes qui s’installent de reprendre celles de leurs parents, précise pour sa part Jean-Marc Meyer.












