Congrès du maïs 2017
Une maïsiculture sur-mesure pour regagner des surfaces de production
Congrès du maïs 2017
Publié le 05/12/2017
Près de 700 personnes se sont réunies à Toulouse les 22 et 23 novembre pour le congrès du maïs 2017. Ce rassemblement de la filière maïs qui regroupe six assemblées - Irrigants de France, Association générale des producteurs de maïs, AGPM Maïs semences, section maïs de l’Union française des semenciers (UFS), et Fédération nationale de la production des semences de maïs et de sorgho (FNPSMS) - s’est résolument engagé vers l’innovation, pour un maïs compétitif et citoyen.
C’est dans une salle comble que s’est déroulée l’assemblée générale de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) qui clôturait le premier jour du congrès du maïs. Outre l’occasion de revivre en vidéo les derniers mois de travaux de l’AGPM, cette assemblée a tourné son regard vers l’avenir. D’abord, l’avenir de la maïsiculture, grâce aux éclairages de Gilles Espagnol, responsable du maïs chez Arvalis, et de Bruno Bertheloz, directeur général de Pioneer Semences : les maïs sont de plus en plus adaptés aux terroirs sur lesquels ils sont produits. « L’innovation c’est faire un maïs dry (sec) compétitif dans les coteaux du Gers pour diversifier une rotation basique blé dur tournesol et c’est rentable », explique Bruno Bertheloz. Mais l’acceptabilité de la culture reste un enjeu majeur et la présence de Jean-Claude Bévillard, vice-président de FNE en charge de l’agriculture, rappelle les sujets sensibles comme l’irrigation et la monoculture. Les résultats sont là (efficience de l’eau et durabilité de la monoculture), mais l’acceptabilité ne l’est pas encore, et il faudra dialoguer pour construire l’avenir du maïs citoyen. Les congressistes n’ont pu d’ailleurs que déplorer l’attitude d’un groupuscule de faucheurs venus saccager et perturber leurs travaux. Pour Luc Ferry, écrivain et philosophe, qu’elle soit décriée ou encensée, l’innovation est le cœur du problème et la solution, et nos filières devront être capables d’inverser la logique de la peur et de démontrer que le plus grand danger reste l’immobilisme. L’économiste Robin Rivaton incite à aller plus loin avec le développement d’innovations « made in Europe » responsables et éthiques. C’est bien la conviction de Daniel Peyraube, président de l’AGPM et de Maiz’Europ’, qui reste optimiste : « Le maïs c’est un potentiel de rendement, des qualités nutritives et une énergie propre. Mais les attentes des producteurs sont grandes : accès à l’eau, aux produits phytosanitaires, aux biotechnologies, biocontrôle, Pac… et le ministre de l’Agriculture n’est pas là pour les écouter. Je le déplore ! » Des préoccupations partagées par la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui en appelle à dédiaboliser les produits phytosanitaires et à passer un contrat de solutions en la matière. « Nous pouvons diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires, à mesure que nous aurons des solutions alternatives et compétitives. Sur cette question, il faut faire autant preuve de pragmatisme que ce qui a été fait pour la sortie du nucléaire. » Production de semences : conjoncture et rémunération L’assemblée générale de l’AGPM Maïs semences a réuni près de 400 participants parmi lesquels des représentants de l’ensemble des syndicats de producteurs français. Un nouveau succès sur le plan de la participation et une assemblée dynamique qui a nourri un débat riche avec les divers intervenants. Si les thèmes abordés ont été variés, il ressort des interventions de l’assemblée que les producteurs s’interrogent en priorité sur la conjoncture actuelle en ce qui concerne l’évolution des surfaces et de la rémunération. Si après trois années de prix du maïs grain bas et de chute des surfaces, il semble que les stocks se soient assainis, il n’en demeure pas moins que la situation économique des exploitations reste préoccupante. Il conviendra donc de tenir compte de ce contexte dans les prochaines discussions contractuelles pour offrir des perspectives aux multiplicateurs de maïs semences. La question du partage de la valeur ajoutée, thème central de la première partie des États généraux de l’alimentation, est également une réflexion primordiale que doit avoir l’interprofession, comme l’a souligné Pierre Blanc, président de l’AGPM Maïs semences, dans son discours de clôture.












