FDSEA

Publié le 26/10/2016

Les agriculteurs de Duttlenheim ne veulent pas entendre parler d’une aire de service du GCO sur leur ban. Ils l’ont fait savoir lundi dernier devant la mairie de la commune.

« Non à l’aire de service », « Duttlenheim = poubelle du Bas-Rhin », « Que disent nos élus ? » : les slogans s’inscrivent en lettres blanches sur trois bâches noires barrant la façade de la mairie de Duttlenheim, ce lundi 24 octobre. À l’occasion du passage du commissaire-enquêteur à la mairie, les agriculteurs de la commune se sont mobilisés. Les représentants locaux de la FDSEA, rejoints par des membres de la Coordination rurale et par des militants des associations regroupées dans le collectif GCO Non merci, veulent faire entendre leur voix. « Nous refusons les 20 ha de l’aire de parking et de stationnement », lance Roland Schweitz. « La commune a déjà été remembrée lors de la connexion VRPV-A35, du coup les 20 ha de l’aire de service viendraient directement impacter les agriculteurs sans mutualisation possible, c’est inacceptable, explique Philippe Buchmann, délégué local FDSEA de la commune de Duttlenheim. Les enquêtes parcellaires dépassent largement le projet initial dont nous avions connaissance, les agriculteurs sont inquiets, c’est pourquoi nous venons dire aujourd’hui notre mécontentement à la commissaire enquêteur. » Sylvain Metz, président de l’Association pour la qualité de vie à Duttlenheim (ADQV), énumère la liste des cultures menacées par le projet de GCO, contre lequel se bat l’association. « C’est toute une agriculture traditionnelle à laquelle nous sommes attachés qui risque de disparaître », dit-il. Il dénonce la destruction du patrimoine, les atteintes à la qualité de l’air et les nuisances sonores que générerait le GCO. Depuis le raccordement de l’A35 à la VRPV, les habitants du village ne peuvent plus dormir la fenêtre ouverte, constate le président de l’ADQV, alors qu’en serait-il avec un nouvel axe routier sur le ban communal ? « On ne sait rien de concret » Les intervenants dénoncent tour à tour le coût du projet, son inutilité pour désengorger Strasbourg, le processus de consultation du public, qu’ils considèrent comme « une mascarade ». Tout en réitérant la volonté des agriculteurs d’une suppression de l’aire de service, Roland Schweitz pointe du doigt le manque d’information concernant cet aménagement. « On ne sait rien de concret. Il faut avoir le projet sous le nez pour en juger. Et la position des politiques ? Il faut la connaître. » Christian Goepp, membre de l’ADQV et du conseil municipal de Duttlenheim, informe que le collectif GCO Non merci s’est entouré d’une équipe de juristes. Un recours juridique est en cours, ouvert aux seuls propriétaires. Il invite les personnes concernées à s’inscrire sur une liste, dans le but de déposer un recours devant le tribunal administratif.

Publié le 23/10/2016

Les agriculteurs des communes touchées par le Grand contournement Ouest ont participé à la mobilisation du samedi 15 octobre dans les rues de Strasbourg pour protester contre la consommation de foncier agricole.

Ils étaient plus de 60 tracteurs venus de la vingtaine de communes touchées - directement ou indirectement - par le tracé du projet de Grand contournement Ouest (GCO) pour dénoncer l’impact du projet sur leur outil de travail : les terres agricoles. Cette manifestation, organisée par le collectif GCO non merci, regroupait de multiples organisations : collectivités, agriculteurs, environnementalistes, etc. Les agriculteurs ont souhaité être présents pour rappeler l’impact sur les exploitations agricoles, bien que des divergences importantes existent sur d’autres dossiers avec certains autres membres du collectif. Dans un contexte agricole particulièrement difficile, la perte de surfaces importantes, pour des petites structures agricoles comme celles qui seront touchées, pourrait être lourde de conséquences. Dominique Daul, président de la section Truchtersheim de la FDSEA, a d’ailleurs souhaité mettre en avant ces exploitations qui participent au dynamisme de la vie des communes et qui seront directement impactées. « Réaffirmer nos positions » Cette mobilisation était surtout l’occasion de rappeler les positions. La FDSEA est opposée à toute consommation excessive de foncier, quelle qu’en soit la nature. Dans le dossier GCO, une DUP a été prise, si le projet doit aller à son terme, il faut minimiser les surfaces artificialisées, c’est pourquoi les responsables ont rappelé leur opposition au projet d’aire de service (qui consommera 20 hectares de foncier) où qu’elle soit. À ceux qui critiquent les négociations pour définir les conditions de compensations économiques en cas de réalisation du projet, Dominique Daul a expliqué qu’il serait irresponsable de ne pas le faire. « Nous préférons ne pas perdre nos terres, mais si nous devons les perdre ce sera le minimum et dans les meilleures conditions possible. » Par ailleurs, « le niveau de compensation environnementale imposé par l’État est complètement disproportionné », a précisé Fabien Metz. Les agriculteurs refusent de subir une double peine, entre le hamster, la forêt, les zones humides, la coupe est pleine. Comment imaginer reboiser des hectares agricoles pour compenser la destruction de 35 ha de forêt, quand dans le même temps l’agriculture perd plus de 300 ha ? Enfin, la FDSEA a alerté les services de la DDT concernant la mise en réserve des DPB sur les zones de travaux temporaires. Une solution doit être trouvée pour que les agriculteurs puissent récupérer leur DPB (à la valeur historique) après le départ des engins.

Retraite complémentaire obligatoire

Les anciens exploitants solidaires des actifs

Publié le 22/10/2016

Réunis à Schiltigheim le 6 octobre, les anciens exploitants du Bas-Rhin et du Haut-Rhin refusent que l’augmentation de la retraite complémentaire obligatoire (RCO) soit financée par des cotisations supplémentaires prélevées sur les actifs. Ils s’associent à une motion nationale signée en ce sens.

« Nous refusons que la hausse de cotisation RCO (retraite complémentaire obligatoire) soit payée par les actifs » : la motion adoptée par les sections bas-rhinoise et haut-rhinoise des anciens exploitants est sans appel. Les membres du bureau, réunis le 6 octobre à Schiltigheim, ont clairement signifié leur refus d’une nouvelle ponction sur les exploitants en place. Une question de solidarité vis-à-vis des actifs agricoles déjà malmenés par la crise. « L’État a décidé d’accorder des points gratuits de retraite complémentaire obligatoire pour que la retraite des chefs d’exploitation ayant réalisé une carrière complète atteigne 75 % du Smic, explique Paul Schiellein, président de la SDAE 67. Cette décision, confirmée dans la loi du 20 janvier 2014, n’a pourtant pas été assortie des ressources financières correspondantes. » La revalorisation des retraites, progressive sur trois ans, de 2015 à 2017, a d’abord été financée par la MSA. « La MSA avait des réserves, qu’elle a utilisées pour payer ces compléments de retraite, indique Christiane Bernard, membre du bureau et ancienne présidente de la MSA d’Alsace. Mais l’argent mis de côté ne suffira pas pour 2017. » Christiane Bernard rappelle que François Hollande, lorsqu’il était candidat, s’était engagé à ce que la revalorisation des retraites agricoles soit assurée « par la solidarité nationale et non par la solidarité professionnelle ». Les sections d’anciens exploitants réclament donc que cette promesse soit tenue. Malgré la revalorisation en cours, les retraites agricoles plafonnent à 780 €/mois en moyenne pour les chefs d’exploitation, constate Paul Schiellein, et les conjointes dépassent rarement les 600 € de retraite par mois, même lorsqu’elles ont travaillé à la ferme toute leur vie. « Notre crainte, dans cette affaire, c’est d’alourdir encore les charges qui pèsent sur les exploitations alors qu’on nous promet le contraire », souligne Daniel Saenger, membre du bureau. « Nous sommes déjà au taquet, avec 42 % du revenu imposé par les charges sociales », ajoute Jean-Paul Schneider, président de la SDEA 68. Outils en ligne : des travaux pratiques Depuis une dizaine d’années, les deux sections d’anciens exploitants ont signé des partenariats avec différentes organisations agricoles (Crédit Agricole, MSA, Groupama), pour que leurs adhérents puissent bénéficier de tarifs plus avantageux ou d’informations régulières. « Or, aujourd’hui, toutes ces organisations tendent à dématérialiser leurs procédures, constate Paul Schiellein. Certains retraités n’arrivent pas à suivre et leurs enfants n’ont pas forcément le temps de les initier. » « On voit bien que tout va vers la dématérialisation, renchérit Adeline Baur, membre du bureau de la section bas-rhinoise des anciens exploitants. Même la déclaration d’impôts devra bientôt se faire par internet. » Les anciens exploitants ont donc pris contact avec Sébastien Libbrecht, chef du service formation-emploi à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Celui-ci a monté un projet de formation axé sur l’utilisation des principaux outils en ligne. Cette formation, qui sera lancée avant la fin de l’année 2016, se déroulera sur quatre demi-journées, précise Sébastien Libbrecht. La première sera assurée par la Chambre d’agriculture d’Alsace, les autres respectivement par le Crédit Agricole, la MSA et Groupama. En fonction des besoins exprimés lors de la première demi-journée, les stagiaires apprendront à consulter leurs comptes bancaires sur internet, à effectuer des virements à distance, à consulter leurs contrats d’assurance ou à effectuer une déclaration de sinistre en ligne. Ils pourront aussi, par des mises en situation sur ordinateur, créer leur espace privé, vérifier leurs remboursements santé et accéder aux informations trimestrielles mises en ligne sur le site de la MSA. Les modules de formation proposés s’adressent à un public déjà initié à l’informatique, mais il est envisagé d’en proposer d’autres à ceux qui ne savent utiliser ni un ordinateur, ni internet. Il s’agira, dans ce cas, de démystifier l’ordinateur. Ces formations pourraient être délocalisées dans les cantons, ce qui constituerait un bon outil d’animation cantonale. Transmission : tous autour de la table Pour compenser la faiblesse des retraites, les cédants sont tentés de valoriser leur exploitation au prix fort, tandis que les repreneurs cherchent à s’installer sur des exploitations viables et performantes économiquement. Avec l’agrandissement des exploitations, la montée en puissance des formes sociétaires et la crise agricole actuelle, la transmission du patrimoine devient de plus en plus complexe. Convaincue qu’elle doit être préparée bien en amont, la SDAE 67 a souhaité réunir tous les intervenants concernés par la transmission du patrimoine dans le Bas-Rhin : JA, FDSEA, MSA, Centre de gestion, Odasea. La première rencontre a eu lieu le 6 octobre. Y participaient le président de la SDAE 67, François Anstett, directeur du CFG, Sylviane Fargeon, directrice adjointe de la MSA d’Alsace, Thomas Gillig, président des JA, Marylène Bellot, juriste de la FDSEA. De l’évaluation de l’entreprise agricole au statut des membres de la famille, en passant par les comptes courants associés et les outils de la transmission, les sujets de réflexion n’ont pas manqué. « Nous voulons avoir un discours commun sur la transmission du patrimoine, pour donner des informations identiques aux uns et autres », explique Philippe Wolff. Une volonté partagée par l’ensemble des organisations. Une nouvelle réunion de concertation devrait avoir lieu d’ici la fin du mois. Les délégués cantonaux des anciens exploitants, pour leur part, se réuniront en conseil le 8 novembre prochain.

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