FDSEA

FDSEA et JA du Bas-Rhin. Groupe porc

Se tourner vers l’avenir

Publié le 21/11/2016

Les éleveurs de porcs bas-rhinois se sont déplacés en nombre lors du groupe porc organisé conjointement par la FDSEA et les JA du Bas-Rhin le 9 novembre à Schiltigheim.

Patrick Bastian, responsable de la section porc au Comptoir agricole, a ouvert la réunion en remerciant les éleveurs de porc d’avoir répondu présents. Jean Kauffmann, nouveau responsable de la section porcine de la FDSEA 67, a présenté l’actualité syndicale. Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, a remercié Laurent Ulrich pour le travail qu’il a accompli en tant que responsable de cette section. Une situation conjoncturelle difficilement prévisible Après une première partie d’année chaotique pour le cours du porc, les prix ont connu une embellie jusqu’à fin septembre (voir graphique). Cette embellie est principalement due à l’augmentation de la demande asiatique. Depuis, le cours a chuté de 1,534 €, à 1,300 € en 1 mois, soit une baisse de 23 centimes (‐ 15,2 %). Il faudra donc être prudent à l’avenir car, malgré une poussée de la demande chinoise, les perspectives de développement à l’export sont limitées car la concurrence est rude pour conquérir le marché asiatique. Thierry Meyer, responsable de la filière porc chez Bigard-Charal-Socopa, est revenu sur les perspectives de prix pour l’année 2017. Ce n’est selon lui, « pas la partie amont mais la demande qui dictera le marché ». Il a également affirmé que les prévisions de prix pour l’année prochaine sont positives. Les prédictions sont évidemment à prendre avec des pincettes, car le marché sera soumis à des relations diplomatiques parfois instables. Néanmoins, elles sont de bon augure pour une filière qui a subi des prix bien en deçà des coûts de production durant la majeure partie de l’année 2016. La Fédération nationale porcine (FNP), dans ce contexte, cherche à mettre en avant l’origine française des produits. L’expérimentation de l’étiquetage de l’origine de la viande contenue dans des produits transformés commencera le 1er janvier 2017. Seuls les produits élaborés à partir d’une viande 100 % française pourront mentionner « Produit d’origine française ». De plus, l’étiquetage sera obligatoire si la viande totalise plus de 8 % du produit fini. L’objectif est de susciter l’acte d’achat citoyen, d’augmenter la demande en produits français et, pourquoi pas, à terme, faire remonter les cours. D’après Thierry Meyer, cette mesure va dans le bon sens. La filière porcine en ordre de marche Denis Fend, directeur du Comptoir agricole, et Romain Gerussi, responsable technique et commercial porc, ont présenté la nouvelle structuration de la filière porcine dans laquelle le Comptoir agricole est l’interlocuteur direct des producteurs. Denis Fend a rassuré les éleveurs soucieux de la solidité et du sérieux de la structure. Au niveau de la production, il a souligné que « de la place est disponible et que si nous, éleveurs bas-rhinois ne la prenons pas, d’autres la prendront ». Romain Gerussi est intervenu sur des aspects techniques, comme les cycles, les modes de règlements et les volumes. Thierry Meyer a fait le déplacement en compagnie de Jean-Michel Thouvenin, directeur du site de Holtzheim chez Socopa viandes et de Franck Lucas, directeur de l’abattoir Charal de Metz et responsable de secteur Nord-Est. Ils sont intervenus pour présenter l’activité porcine du groupe Bigard-Charal-Socopa et les perspectives de développement pour l’abattoir d’Holtzheim. Au niveau national, le groupe abat 92 800 porcs par semaine. À Holtzheim, le flux actuel est de 2 800 porcs/semaine. Leur volonté est d’augmenter la vente de longes en GMS, mieux rentabilisées selon Thierry Meyer, et de diminuer les exports. En accord avec le Comptoir agricole, Thierry Meyer a confirmé sa volonté d’augmenter l’activité du site de Holtzheim jusqu’à saturation et de favoriser l’approvisionnement local. « Si vous augmentez la production, nous pouvons nous montrer flexibles et jouer sur l’approvisionnement en porcs bretons », a déclaré le responsable porc du groupe Bigard-Charal-Socopa. Patrick Bastian a ensuite invité les éleveurs de porcs à débattre avec les invités, notamment sur les aspects techniques (poids, valorisation). La question des impayés de la coopérative Copvial a été évoquée. Une enveloppe est en passe d’être trouvée mais le processus est complexe et prend du temps. La profession agricole est extrêmement mobilisée sur le sujet.

Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin

« Ne pas baisser les bras »

Publié le 16/11/2016

Comme chaque année, la FDSEA ira à la rencontre de ses adhérents lors de la tournée cantonale, ces prochaines semaines. Après une année agricole difficile, ces réunions seront l’occasion de faire un bilan de la situation agricole et d’évoquer les perspectives d’avenir. À la veille de ces réunions, nous faisons le point avec le président de la FDSEA, Franck Sander.

À l’approche de la fin de l’année, quel bilan faites-vous de la campagne agricole 2016 ? Franck Sander. De mémoire d’agriculteur, jamais par le passé nous n’avions été confrontés à une conjoncture accumulant autant de facteurs négatifs : prix bas dans quasiment toutes les filières, rendements en net recul en raison de l’excès d’eau, puis du manque de précipitations, et pour couronner le tout, des retards inacceptables dans le paiement des aides Pac et des MAE 2015. Nous sommes fin 2016 et toutes les aides 2015 ne sont pas encore payées, c’est intolérable ! Tout cela fait que les trésoreries de nos exploitations sont dans le rouge. Les agriculteurs sont des chefs d’entreprise qui savent que les marchés peuvent fluctuer et que leur activité est dépendante de la météo. C’est pour cela que nous demandons plus de régulation, une amélioration du système assurantiel (comme l’abaissement de la franchise à 20 %) et plus généralement un vrai dispositif de gestion des risques. Nous savons que nous ne pouvons pas tout attendre de l’État, mais au moins qu’il ne nous enfonce pas plus quand ça va mal. À ce titre, l’amateurisme du ministère de l’Agriculture dans la gestion de la Pac ou encore l’approche dogmatique du ministère de l’Environnement sur le dossier phytosanitaire montrent à quel point notre administration et certains hommes politiques sont déconnectés de la réalité. Enfin, 2016 a marqué par le dépôt de bilan de Copvial et ses conséquences pour les éleveurs. Grâce à la mobilisation de la profession, des solutions sont aujourd’hui en voie de se dessiner pour régler au mieux le problème des impayés. Dans ce contexte difficile, de quels leviers dispose la FDSEA pour faire évoluer les choses ? FS. Dans un environnement économique de plus en plus mondialisé et des finances publiques de plus en plus dégradées, il n’y a pas de remèdes miracles. Nous nous battons pour que l’État et, plus généralement, tous les échelons décisionnels sachent à nouveau fixer les vraies priorités, bref remettent du bon sens au cœur de leurs décisions. L’action de la FDSEA s’inscrit à la fois dans le court terme pour répondre aux préoccupations urgentes des agriculteurs et dans le long terme pour faire évoluer sur le fond tous ces dossiers. L’année blanche est un exemple concret de ce que nous avons obtenu pour améliorer la trésorerie des exploitations. Grâce à la participation de la Région Grand Est, cette mesure est encore améliorée. Je voudrais saluer ici l’effort exceptionnel de la Région qui vient de débloquer une enveloppe de 5 M€ en faveur de l’agriculture après avoir déjà rallongé l’enveloppe destinée au Plan bâtiment. Nous avons aussi obtenu un dégrèvement généralisé de 30 % de la taxe foncière sur le non-bâti. Même s’il est parfois compliqué de le récupérer auprès de tous les propriétaires, ce dégrèvement représente plusieurs millions d’euros pour notre département. Parmi les actions à long terme, je citerai l’étiquetage obligatoire de l’origine des matières premières dans les produits transformés ou encore le travail de fond sur le consommer local. À force de persévérer, un changement de comportement est en train de s’opérer chez le consommateur en faveur des produits locaux. Autre combat sur le long terme, l’utilisation des produits phytosanitaires et plus généralement la protection des plantes. Une nouvelle fois, grâce à la mobilisation du réseau FNSEA, nous avons pu éviter la mise en place de zones de non-traitement qui se serait traduite par une perte de milliers d’hectares de production dans le département. Sur ce dernier sujet, nous continuons à être vigilants, car à l’évidence il va être remis sur la table. Quelles perspectives voyez-vous pour 2017 ? Est-ce que les marchés vont s’améliorer ? FS. Il n’est pas possible de répondre avec certitude à cette question car les équilibres de marché tiennent souvent à peu de chose. En 2016, le sort s’est acharné et nous avons cumulé mauvais rendements et mauvais prix, tant en grandes cultures qu’en élevage, avec une qualité des fourrages dégradée. Toutefois, de nombreux experts s’accordent à dire que pour le lait par exemple qui a connu une année 2016 très difficile, le fond a été atteint. La valorisation de certains produits laitiers s’améliore nettement. J’espère que cela se traduira rapidement dans le prix payé au producteur. Il ne faut pas non plus tout attendre des marchés. Notre capacité à nous adapter à la demande est essentielle. La filière tabac, par exemple, après avoir connu un déclin des surfaces, retrouve une vraie dynamique aujourd’hui et est à la recherche de nouveaux planteurs. D’autres filières cherchent à se développer, comme la betterave, le maïs semences ou encore l’élevage porcin. Je tirerais deux leçons de cela : d’abord que les choses évoluent. Lorsqu’une production est malmenée à un moment donné, cela ne veut pas dire qu’elle n’a plus d’avenir. Ensuite qu’il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Plus une exploitation est diversifiée, meilleure sera sa capacité de résilience. Enfin, il me paraît important de rappeler aussi aux entreprises qui transforment nos produits, aux groupes de distribution qui les commercialisent et aux consommateurs qui les achètent la nécessité d’intégrer une fois pour toutes le coût de revient de production. On ne peut pas continuer d’exiger des agriculteurs qu’ils travaillent à perte. Il est nécessaire qu’un vrai changement d’état d’esprit s’opère. L’agriculteur ne doit plus être la variable d’ajustement. Quels seront les sujets que vous aborderez lors de vos réunions cantonales ? FS. Les réunions cantonales seront pour nous l’occasion d’aborder avec les adhérents les principaux sujets agricoles d’actualité. Nous ferons notamment un point sur le paiement des aides Pac 2015 et 2016. Avec les retards pris par l’administration, il est en effet difficile pour les agriculteurs de s’y retrouver. Nous expliquerons aussi le mode de calcul de la taxe foncière sur les propriétés non bâties et le dégrèvement de 30 % obtenu. Compte tenu de l’enjeu de la protection phytosanitaire, particulièrement après l’année que nous venons de vivre, nous aborderons également cette question lors de ces réunions. Enfin, et j’aurais peut-être dû commencer par-là, nous serons aussi à l’écoute de nos adhérents. La force de la FDSEA est son réseau cantonal et communal. Ces réunions sont pour nous un moment privilégié pour échanger sur les projets et les solutions à mettre en œuvre pour permettre aux agriculteurs de vivre et faire avancer leur entreprise.

Publié le 11/11/2016

Cette année, le Syndicat ovin du Bas-Rhin a organisé son voyage d’études en Haute-Marne. Au programme de cette journée conviviale, la visite d’une coopérative et de son centre d’allotement, ainsi que de deux exploitations ovines.

Une quinzaine d’éleveurs membres du Syndicat ovin du Bas-Rhin, accompagnés pour bon nombre d’entre eux de leurs enfants, ont découvert les particularités de l’élevage ovin de Haute-Marne. Hervé Wendling, président du syndicat ovin, a tenu à remercier les présents, regrettant que tous les éleveurs n’aient pas pu se libérer pour l’occasion. La matinée a été très riche avec la visite de la coopérative Cobevim, guidée par David Thenail, directeur, et toute son équipe, qu’Hervé Wendling a remerciés pour leur accueil chaleureux. Basée à Foulain, Cobevim s’est imposée comme une structure référente au sein de la filière ovine française. À elle seule, elle représente environ 100 000 ovins commercialisés et propose outils, techniques et services adaptés et variés. Les éleveurs bas-rhinois ont été surpris de la diversité des produits (matériel, alimentaire etc.) proposés et ne sont pas repartis les mains vides. Lors des visites qui ont suivi, les éleveurs rencontrés ont souligné la chance de bénéficier d’une coopérative spécialisée dans le mouton à proximité immédiate. Pour le syndicat ovin, il s’agit de bénéficier du large rayon d’action de Cobevim pour travailler en partenariat et proposer notamment des achats groupés de matériels au meilleur prix. Mutualiser les expériences Les deux exploitations visitées - celle de Claude Lagaride à Coiffy-le-Haut et le Gaec de la Bergerie à Pierrefaites, avec des effectifs respectifs de 1 400 et 600 brebis environ - étaient représentatives de l’élevage ovin de Haute-Marne. La première exploitation repose sur un système 100 % herbager et sur un seul agnelage par an. La seconde s’est diversifiée dans la production de céréales en visant une autosuffisance alimentaire. Les éleveurs alsaciens ont beaucoup discuté et appris au cours de ces visites. Malheureusement, comme dans le Bas-Rhin, la Haute-Marne a subi des épisodes très pluvieux au printemps qui ont fortement impacté la qualité du fourrage. Aucune solution et aucun système ne sont parfaits, mais c’est en mutualisant les expériences que l’on innove et développe son activité. Jean-Pierre Saulet-Moes, conseiller spécialisé ovin à la Chambre d’agriculture d’Alsace, et Mme Rosselle, de la Chambre d'agriculture de Haute-Marne qui a organisé ces visites, ont saisi l’occasion pour sensibiliser les éleveurs aux pistes à étudier pour réduire la mortalité des agneaux. Hervé Wendling a remercié Jean-Pierre Saulet-Moes, Mme Rosselle et Julien Moureau, animateur du syndicat, pour la bonne organisation de cette sortie. Le syndicat souhaite renouveler son voyage d’études et pourquoi pas l’étendre sur deux jours. En attendant, il donne rendez-vous aux éleveurs ovins pour ses futures manifestations, comme la fête des bergers dont la prochaine édition aura lieu en 2017.

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