commercialisation

Publié le 11/07/2018

Violette Guillaumé, conseillère à la Chambre d'agriculture, a détaillé les principales étapes pour se lancer dans un atelier de transformation, lors d’une conférence donnée au salon Agriculture de demain, en mai à Obernai.

Faire son propre munster, ses saucisses ou son pain. La transformation séduit de plus en plus d’agriculteurs désireux de profiter au maximum de l’essor des circuits courts. Mais monter son atelier nécessite réflexion et prudence. Violette Guillaumé, technicienne à la Chambre d'agriculture, a identifié plusieurs éléments incontournables lors d’une conférence organisée au salon Agriculture de demain, en mai dernier. D’abord, les agriculteurs intéressés doivent se fixer des objectifs atteignables. La gamme des produits dicte en partie le montant des investissements. Un simple atelier de découpe coûte moins cher, en principe, qu’un atelier de transformation chaude. Si les producteurs n’ont pas suffisamment de temps ou les compétences nécessaires, ils devront embaucher. « Dans ce cas, il faut savoir combien de personnes vont travailler dans le local, car un salarié a besoin d’environ 10 m2 d’espace », explique Violette Guillaumé. Vente directe ou à un intermédiaire ? Le mode de distribution dicte le niveau d’exigence sanitaire. La remise au consommateur final autorise une certaine flexibilité. La remise à un intermédiaire nécessite un agrément sanitaire européen. Très strict et donc coûteux. Jouer collectif ou perso Avant tirer des plans sur la comète, les entrepreneurs doivent se poser une question cruciale. Se lancer seul ou à plusieurs ? Chaque modèle possède ses avantages et inconvénients. L’atelier collectif permet de partager ses idées, ses compétences. L’outil de travail est optimisé car plusieurs personnes l’utilisent à tour de rôle. Le projet individuel laisse l’agriculteur libre de ses choix et de son rythme de travail. En revanche, il sera seul à « prendre les coups », selon la conseillère. L’atelier collectif, lui, nécessite une solide entente sur les horaires et la répartition des tâches. De plus, le lieu d’installation doit convenir à tous. Exit le local dans une annexe de la ferme. Une fois les idées claires et le lieu défini, reste à construire l’atelier. Si celui-ci dépasse les 20 m2 d’emprise au sol, il faudra demander un permis de construire. Cela vaut aussi pour les bâtiments mobiles, « contrairement à ce que vous disent les vendeurs de bâtiments », prévient l’experte à la Chambre. Outre le prix des murs, de nombreux frais annexes sont à prendre en compte. Raccordement à l’eau potable, à l’électricité, pente d’écoulement des eaux… Autant de coûts cachés qui peuvent peser lourd sur la note finale. Enfin, l’agencement du local. Il faut respecter strictement la séparation dans le temps et/ou l’espace. À chaque pièce sa fonction. Dans certains cas, l’administration tolère qu’on utilise un même endroit pour différentes utilisations, mais dans ce cas, on ne fait pas tout au même moment. Une nuit sépare chaque tâche. Ensuite, le concept de marche en avant. On passe du sale au propre. Exemple : vestiaire - salle de découpe - conditionnement. Enfin, deux pièces sont indispensables. Le sas et le vestiaire. Pour cela, compter 1 500 à 2 000 €/m2. Maintenant, on peut se lancer !

Industries agroalimentaires alsaciennes

Aria Alsace : ça déménage !

Publié le 09/07/2018

L’Aria a changé d’adresse : elle a pris ses quartiers à Strasbourg Cronenbourg, dans les locaux du Laboratoire départemental d’analyses (LDA). Le 7 juin dernier, ce déménagement a été officialisé par une petite cérémonie, à laquelle assistaient Frédéric Bierry, président du Département du Bas-Rhin, Manou Heitzmann Massenez, présidente de l’Aria Alsace, et de nombreux chefs d’entreprises agroalimentaires.

« Depuis deux ans, nous cherchions une adresse pour le Food Studio, accélérateur de l’innovation de l’industrie agroalimentaire alsacienne, explique Manou Heitzmann Massenez, présidente de l’Association régionale des industries alimentaires d’Alsace (Aria). Frédéric Bierry nous a proposé ce plateau de 300 m2. Un endroit magnifique qui offre l’avantage de la proximité avec le Laboratoire départemental d’analyses (LDA) dont nos industries ont grand besoin pour exporter, car il nous délivre des certificats d’analyses conformes aux exigences des différents pays. » Cette inauguration a servi de cadre à la signature d’une convention de partenariat visant à favoriser les synergies entre l’Aria et le Conseil départemental. Un partenariat qui affiche plusieurs objectifs. Le premier étant de garantir la sécurité sanitaire et la qualité des aliments grâce aux contrôles effectués par le LDA67. Il veut également favoriser l’accès à l’emploi des allocataires du RSA - les entreprises membres de l’Aria Alsace s’engageant à transmettre des offres d’emploi et de formations au Département, en charge de ces publics -, et l’accès aux stages pour les collégiens. Ce partenariat doit également faciliter l’accès à l’alimentation des bénéficiaires des épiceries sociales et développer la pédagogie nutritionnelle à travers des ateliers nutrition santé, des actions d’information, des séances de dégustation, des cours de cuisine. « Le Food Studio est désormais accueilli au LDA, ce qui facilite ces synergies. » L’agroalimentaire est un pôle fort de la dynamique économique alsacienne, se félicite Frédéric Bierry. « Cette convention nous permettra de renforcer nos liens pour être en soutien de votre démarche, que ce soit à l’international ou au niveau local, par exemple en développant les produits agroalimentaires alsaciens dans la restauration collective. Merci de travailler avec nous sur les enjeux de l’emploi, de lever les obstacles pour coller à la demande des entreprises. » Le président du Conseil départemental ajoute : « Vous avez porté haut les marques Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produits du terroir, qui rassemblent aujourd’hui près de 4 000 produits. »

Publié le 09/07/2018

Deux nouveaux labels rouges pour la volaille, une IGP en bonne voie pour la choucroute, une marque qui fédère déjà plus de 900 références… En matière de qualité, l'Alsace place la barre très haut.

« À Alsace Qualité, nous avons la force de nos - et de vos - convictions. Notre but est d’anticiper les évolutions pour vous entraîner au mieux vers le futur, un futur que nous pouvons composer, tous ensemble », a indiqué le président Jean-François Vierling en ouvrant l’assemblée générale d’Alsace Qualité, le jeudi 21 juin à Schiltigheim. Fin 2017, Alsace Qualité comptait 164 adhérents. Un chiffre en constante ascension depuis l’an 2000. Plusieurs collaborateurs, Stéphane Droit, Julie Baehrel et Catherine Wibert, ont rappelé les missions d’Alsace Qualité : accompagner les filières et des entreprises agricoles et agroalimentaires dans leur démarche qualité, mettre en place les cahiers des charges et animer les filières, venir en appui aux structures agricoles PFI et Terra Vitis et œuvrer pour la valorisation des filières et des produits sous signe officiel de qualité. Plus récemment, une nouvelle mission s’est ajoutée : gérer la marque Savourez l’Alsace Produits du terroir. Alsace Qualité met l’accent sur la communication : conférences, newsletter, magazine permettent aux adhérents d’accéder aux informations essentielles. Elle déploie également les plans d’action qualité au sein des entreprises, organise des formations collectives, ainsi que des audits et des visites conseil. « Nous avons développé un outil d’analyse des risques concernant la protection des aliments contre les actes frauduleux. » À la demande des entreprises, Alsace Qualité intervient également sur des points spécifiques, comme l’étiquetage, le contrôle quantitatif, les allergènes, etc. « 200 demandes ont été enregistrées l’an dernier. » Améliorer la performance est une préoccupation constante des entreprises agroalimentaires. « Le réseau Reaqi a bien fonctionné : 39 entreprises y ont participé en 2017, soit 24 % des adhérents. » Un chiffre en forte progression. Six nouvelles entreprises ont été habilitées l’an dernier, et d’autres sont sur les rangs cette année. L’accompagnement semi-collectif a porté sur la performance industrielle et les économies de ressources en partenariat avec l’Ademe pour identifier les gaspillages et établir un diagnostic. Alsace Volaille : deux nouveaux labels rouges L’animation des filières va de la gestion des comptes à la mise en place des cahiers des charges, en passant par les opérations de communication. Alsace Qualité assure ainsi l’animation de plusieurs ODG (organismes de défense et de gestion) : les Pâtes d’Alsace (IGP et CCP), l’Association pour la valorisation de la charcuterie d’Alsace et l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace. Cette dernière a déposé une demande de reconnaissance en IGP (indication géographique protégée) qui a été homologuée au niveau français et qui devrait être reconnue très prochainement au niveau européen. Alsace Qualité intervient également en appui aux ODG Miel d’Alsace et Alsace Volaille. « Le fait marquant est l’obtention d’un nouveau label rouge pour Alsace Volaille : le poulet jaune fermier élevé en plein air, homologué le 26 avril 2018. » L'obtention du label rouge poulet noir fermier élevé en plein air est elle aussi imminente. L’association vient aussi en appui à différentes structures agricoles : pour PFI (production fruitière intégrée), elle assure le suivi du cahier des charges Globalgap et Vergers écoresponsables. Elle organise l’opération de communication « Verger ouvert » en août, ainsi que le lancement de la pomme en septembre, en partenariat avec l’Ifla. Pour Terra Vitis, elle réalise notamment des contrôles internes. « Terra Vitis vient de lancer une démarche collective HVE (Haute valeur environnementale). La valorisation des filières et produits sous signe officiel de qualité passe par la présence dans plusieurs foires et salons, notamment le salon de l’agriculture de Paris et la Foire européenne de Strasbourg, ainsi que l’organisation du concours Jeunes talents et produits de qualité qui a vécu sa 11e édition. Savourez l’Alsace Produits du terroir : une marque qui fédère De nouvelles références sont entrées dans la démarche Savourez l’Alsace Produits du terroir. Parmi elles, l’association Agneau Terroir d’Alsace, le raifort nature et l’Elsass moutarde d’Alélor, les jus de pomme bio de la ferme Burger, les tourtes Festein d’Alsace, la choucroute de la choucrouterie Angsthelm, les sirops Klein et Wanner, les bretzels bios d’Alsace de Bretzel Burgard et les miels d’Alsace IGP. Des opérations de communication grand public ont eu lieu tout au long de l’année. Par ailleurs, un site internet dédié (www.terroir.alsace) a été mis en ligne en juillet. Pour 2018, les perspectives sont bonnes. Le nombre de références accréditées ne cesse d’augmenter : à ce jour, 22 références ont rejoint la marque. Soit au total 900 références, pour 24 entreprises. Au chapitre communication, signalons qu’une soirée blogueuses a été organisée récemment. Par ailleurs, une présence accrue à la foire européenne est prévue. « Mettre en avant le produit 100 % alsacien, tel est le but de Savourez l’Alsace produits du terroir », explique Philippe Boehmler, responsable de la marque. Pour lui, le manger local primera demain dans l’acte d’achat. « Il faudra accélérer le développement des filières pour que la plus-value créée revienne en partie vers nos fermes. » La profession est unanime pour soutenir la démarche Savourez l’Alsace produits du terroir, a indiqué Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. « C’est essentiel pour maintenir la diversité et mettre en valeur nos productions agricoles locales. » Il a félicité Alsace Qualité pour le travail considérable qu’il accomplit pour l’accompagnement, l’animation et la valorisation des filières. Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est, l’a affirmé : « Nous ferons tout, au niveau de la région Grand Est, pour qu’Alsace Qualité puisse poursuivre sa mission et développer une production locale de qualité. Cela permet aux entreprises de se développer et de créer des emplois. » L'assemblée générale s'est poursuivie par l'intervention d'Agathe Mathey, déléguée générale de LaFoodTech sur le thème « La (r)évolution numérique FoodTech de la fourche à la fourchette ».

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