commercialisation

Visite d’exploitations sundgauviennes de Jean Rottner

« Il y a une vraie nécessité d’innovation »

Publié le 19/01/2018

Lors d’une visite d’exploitations sundgauviennes organisée samedi 13 janvier, la Région Grand Est, par la voix de son président Jean Rottner, a réaffirmé son engagement « au plus près » des agriculteurs pour les accompagner dans leur développement. L’occasion de mesurer la capacité d’innovation de certains éleveurs qui imaginent de nouveaux produits ou de nouveaux modes de commercialisation pour pérenniser une activité « indispensable » à la ruralité.

Elle a beau être très grande, la région Grand Est conserve plus que jamais la volonté de rester proche de ses territoires et de ses agricultures. Une ambition que son président, Jean Rottner, n’a pas manqué de rappeler samedi dernier lors d’une visite d’exploitations sundgauviennes en présence d’élus locaux et des OPA. « Nous sortons d’une situation compliquée dans l’agriculture. Il était donc important de rappeler qu’il y a une volonté politique de maintenir toutes les agricultures sur nos territoires, que cela soit des filières longues ou courtes, qu’elles soient conventionnelles ou biologiques. C’est d’autant plus important quand on connaît l’importance de l’agriculture pour un territoire comme le Sundgau, mais également pour toute notre région », explique le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Laurent Wendlinger. En effet, la région Grand Est génère directement plus de 8 milliards d’euros de chiffres d’affaires de production agricole, soit près de 15 % de l’agriculture nationale, le tout sur une surface de 3 millions d’hectares (soit 11 % des surfaces nationales). Dans le Sundgau, ce sont principalement les exploitations de type polyculture élevage qui constituent l’agriculture du territoire, à l’image du Gaec Saint-Jacques, à Feldbach, cogéré par Christian Mona et Sébastien Stoessel. Ensemble, ils élèvent 140 vaches laitières qui produisent chaque année 1,25 million de litres de lait vendu à Sodiaal. À côté de cette activité historique, ils ont lancé en 2014 une activité de poules pondeuses en plein air pour répondre à la demande de la ferme Prim’Vert de Michelbach-le-Haut qui les conditionne et les commercialise à des enseignes de grande distribution. Cette activité de poules pondeuses représente aujourd’hui 60 % du chiffre d’affaires du Gaec Saint-Jacques. « On s’est lancé là-dedans parce qu’il y avait une demande et des besoins. Avant ça, on produisait des veaux de boucherie », précise Sébastien Stoessel. Grâce à cette activité de poules pondeuses qui fonctionne bien aujourd’hui, le Gaec est arrivé à atteindre un « rythme de croisière ». Pour autant, ses dirigeants se gardent bien de tout sentiment d’euphorie. « Avec la crise laitière, on est passé pas loin du burn-out. On a dû réduire notre personnel et vendre du matériel pour garder la tête hors de l’eau. Aujourd’hui, cela va mieux mais on sait que rien n’est jamais gagné. En cinq ans, on a perdu 40 000 euros d’aides Pac. Dans ce contexte, on tâche de maintenir le cap et de payer nos dettes », témoigne Sébastien Stoessel. Les codes des circuits courts dans les circuits longs Alors que l’affaire Lactalis secoue la filière laitière en ce début d’année 2018, le cogérant du Gaec - et accessoirement président de la commission élevage de la CAA - a tenu à rappeler « l’exemplarité » de son exploitation, que ce soit en termes de traçabilité, d’impact environnemental ou de bien-être animal. « L’alimentation de nos vaches laitières est sans OGM, nous récupérons l’eau chaude sur le tank à lait et nous avons un variateur pour économiser de l’électricité. Cet été, nous avons aussi installé une cuve de 12 000 litres pour récupérer l’eau de pluie destinée, entre autres, à nettoyer la salle de traite. Et la traçabilité de notre lait est irréprochable. » Une liste à la Prévert pour rappeler aux politiques le « sérieux » du monde agricole quand il s’agit de se remettre en question et d’évoluer. Dans cette optique, le Gaec Saint-Jacques envisage la possibilité de se convertir en agriculture biologique. « On a demandé une étude pour voir si c’était viable ou pas. Ce qui est compliqué quand on se lance là-dedans, ce sont les années de conversion. Donc on verra bien. Ce qu’on sait déjà en revanche, c’est qu’il faudrait garder une vingtaine d’hectares de maïs en cas de conversion. Quoi qu’on puisse dire sur cette culture, elle reste une sécurité pour de nombreuses exploitations alsaciennes », précise Sébastien Stoessel. Sur l’écoulement de leur production en circuits courts, les deux cogérants du Gaec Saint-Jacques sont en revanche un peu plus catégoriques. « Chez nous, vendre notre production laitière uniquement par ce biais est impossible, tout comme notre production d’œufs. On en produit 30 000 par jour. Sur ce nombre, seuls 600 sont vendus chaque jour grâce à notre distributeur automatique accessible aux consommateurs. Les filières courtes sont une solution, mais ne peuvent pas être la solution pour tous », considère Sébastien Stoessel. Il est vrai qu’avec les différents scandales liés aux marges des grandes surfaces, ou les problèmes de traçabilité (lasagnes à la viande de cheval ou dernièrement Lactalis), les GMS et par extension les filières longues ont perdu un peu de crédit aux yeux du grand public. Un contexte qui favorise le « boom » de la vente directe. Pourtant, la grande distribution est plus que jamais « indispensable » à l’agriculture, note André Bastady, gérant de la ferme Prim’Vert. « Nous produisons des œufs alsaciens, plein air, pour le marché alsacien. Sans les grandes surfaces, nous ne pourrions pas les vendre à une telle échelle. » Un produit identifié, ultra local et de qualité mais vendu dans le « grand magasin », ou comment appliquer les codes des filières courtes dans des filières plus longues. Une recette qui semble porter ses fruits à en juger par le succès des yaourts A Güeter, cette marque lancée par des éleveurs laitiers du Sundgau et de Lorraine. En un peu plus de deux mois, 150 000 pots ont été vendus dans 200 enseignes de grande distribution. Et d’ici quelques semaines, ce sont 1 000 enseignes qui les proposeront à leurs clients. Une réussite qu’a tenue à mettre en avant Michel Rohrbach, responsable de la section lait de la FDSEA du Haut-Rhin, et l’un des instigateurs de cette marque de yaourts pour le coup 100 % régionale. « C’est un vrai yaourt Grand Est, avec du lait d’ici et de Lorraine, transformé à Nancy et avec des saveurs de nos territoires comme la pomme cannelle ou la mirabelle. C’est un produit de qualité, qui a une bonne image et qui permet de rémunérer le producteur à 50 centimes le litre de lait. Avec lui, nos éleveurs sont de nouveau motivés, et surtout fiers de voir leurs produits si appréciés par le public. » Associer le rural et l’urbain Cette dynamique positive, les élus invités samedi matin ont également pu la constater au sein du Gaec de la Verdure, à Ranspach-le-Haut, dont ils ont visité la nouvelle nurserie. Un bâtiment moderne et confortable qui a bénéficié de l’aide aux investissements pour la modernisation des bâtiments d’élevage, dont 35 938 euros financés par les Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural). Un soutien loin d’être anodin car, comme tient à le rappeler Sébastien Stoessel, « l’aide de la Région détermine parfois si la banque nous suit ou pas dans un projet ». Il se félicite aussi que les démarches liées au Plan bâtiment sont plus simples pour les exploitants depuis qu’il est géré par la Région Grand Est. « En tant que responsables professionnels, on est moins sollicités par les agriculteurs. C’est là qu’on voit si cela fonctionne ou pas. Il faut que ça continue dans ce sens. Aujourd’hui encore plus qu’hier, on a besoin de ce Plan bâtiment. » De nouveaux projets vont en bénéficier prochainement assure Patrick Bastian, président de la commission agriculture à la Région. « Un centre de conditionnement d’œufs regroupant 21 éleveurs de volailles va bientôt ouvrir à Brumath. Cela démontre une nouvelle fois le dynamisme de cette filière en Alsace. » Tous ces projets qui voient le jour dans les élevages alsaciens sont autant d’initiatives à soutenir politiquement pour préparer l’avenir insiste le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. « Dans les dix prochaines années, un éleveur sur deux va partir en retraite. C’est avec ce type d’initiatives qu’on peut redonner de la confiance aux jeunes qui souhaiteraient s’installer. » La présence des élevages dans des territoires comme le Sundgau est un enjeu « vital » pour Jean Rottner. Mais pour maintenir cette activité agricole dans le temps, les exploitants devront innover d’une façon ou d’une autre. « C’est ce que montrent les différentes initiatives que vous nous avez présentées aujourd’hui. Il faut être agile pour créer de nouveaux produits et de nouveaux modes de commercialisation. Il y a une vraie nécessité d’innovation désormais, pas seulement technologique, mais bien plus vaste. Cette innovation, c’est aussi l’association du monde urbain avec le monde rural. On a tous besoin des uns et des autres. Et la Région Grand Est, plus que jamais, se doit de rester dans la proximité avec ses territoires pour les accompagner dans leur développement. »

Publié le 02/01/2018

Quelles règles peuvent guider les achats d’amateurs de vins en général, d’Alsace en particulier ? Petit sondage aléatoire dans une grande surface de la région.

Entre Noël et jour de l’an, c’est une fin d’après-midi tranquille à l’hypermarché de l’enseigne U à Gertwiller. Le rayon vins s’étale sur cinq travées, chargées recto verso sur cinq étages. Trois s’interrompent pour faire de la place à une présentation en casier, en caisse ou en cartons de six. Cet espace n’est pas spécialement pris d’assaut, mais il y a toujours quelqu’un pour circuler dans les allées. La plupart des acheteurs du moment se définissent comme des consommateurs irréguliers. « Je ne suis pas connaisseur » prévient Joëlle, 64 ans, qui choisit dans « un panel restreint » de références. Elle est à la recherche d’un gewurztraminer parce que ce sont « les fêtes et qu’il s’agit d’un moment à partager ». Rémi, 32 ans, n’est pas davantage initié à ses dires, mais il cite sans difficulté six des sept cépages d’Alsace, qu’il juge « tous agréables à boire ». Manon et Pierre-Yves, un jeune couple de vacanciers belges, s’appuient sur le souvenir qu’ils ont de ce que boivent leurs parents et sur les renseignements obtenus via l’application de leur smartphone. Ils ont repéré des vins à leur nom de cépage dans les villages aux alentours, mais sont venus au magasin pour « avoir le choix ». Béatrice, 72 ans, a trouvé un compromis. « Je reste sur ce que je connais » dit-elle. Comme Anthony, 47 ans, occupé à détailler l’étiquette d’un crémant qu’il destine à ses parents qui n’habitent pas la région, et qui reprend les vins qu’il a « déjà bus et appréciés ». La quête de bons crus de ces acheteurs est très variée. Yves, 52 ans, passe en revue les bouteilles alignées pour trouver « un rouge bio d’au moins quatre ans d’âge » car il doit « avoir du caractère ». « J’achète une bouteille une fois tous les deux mois environ. C’est à chaque fois un casse-tête » avoue-t-il. « Il m’arrive encore d’opter pour un traditionnel, mais depuis deux à trois ans je suis plus sensible au mode de production. Tous ces traitements, ce n’est pas bon ». Béatrice délaisse depuis quelque temps le Côtes-du-Rhône « pour changer ». Elle craque volontiers pour un Fronton en raison de son rapport qualité-prix, de son degré alcool « pas trop élevé ». Rémi veut dénicher un Champagne, mais n’écarte pas l’idée de virer vers un crémant. Si Manon est habituée aux vins « légers et fruités » de la Loire, et Pierre-Yves aux rouges italiens, ils chassent ici les vins secs, au contraire de Joëlle ou d’Antoine, 22 ans, acheteur régulier de pinot gris et de gewurztraminer avec du sucre restant. Des Alsace « par chauvinisme » Le budget ne semble pas être un frein. Manon et Pierre-Yves veulent des bouteilles « à offrir et à consommer ». Ils n’ont défini, ni nombre, ni budget. Béatrice se limite à 3-4 € au quotidien, mais confie aussi acheter des lieux-dits, des appellations communales ou des grands crus, forcément plus chers. Consommateur pressé, Antoine ne regarde pas toujours le prix même s’il se fixe un créneau de 5 à 10 €. Yves n’entend pas dépasser les 10 € pour sa bouteille. Joëlle est prête à mettre 13 € pour son gewurztraminer « parce que c’est une dépense que je n’ai pas tous les jours ». Mais monter à 19 € ne la dérangerait pas. Rémi est pour sa part capable de sortir plus de 20 € pour l’ouvrir à la soirée à laquelle il est invité. Les vins d’Alsace profitent-ils de ces bonnes dispositions ? Assurément pour nos consommateurs du jour qui les considèrent comme un élément du patrimoine local. Ils figurent en bonne place dans les caddies, sauf celui d’Yves qui s’approvisionne en direct chez un ami, viticulteur bio. « Je ne connais les Alsace que depuis mon emménagement dans la région il y a un an » indique Rémi. « J’ai été agréablement surpris par les dégustations que j’ai pu faire. À Noël, j’en ai fait profiter mes parents, en Auvergne ». « Nous avons accueilli des amis durant ces fêtes. Nous avons servi beaucoup de blancs d’Alsace pour les leur faire découvrir. Un pinot gris a très bien accompagné un poisson. Toutes les bouteilles ont été bues » enchaîne Béatrice. « J’achète surtout des Alsace. Par chauvinisme sans doute » sourit Joëlle. Antoine partage ce sentiment. « Je suis conditionné depuis l’enfance à boire des vins locaux. Au contraire d’un rouge, une fois, aucun blanc ne m’a jamais déçu ! De plus, acheter local, cela fait tourner l’économie locale ». Anthony, quant à lui s’enflamme : « j’ai un parti pris pour les blancs. Alors quand on les aime, l’Alsace, c’est le paradis ! ».  

Publié le 01/01/2018

Le fabricant de cartons d’emballage Smurfit Kappa nourrit de grandes ambitions pour le vignoble alsacien et est décidé à contribuer à la valorisation des vins d’Alsace, par des cartons plus personnalisés et améliorant la qualité de service.

L’arrivée d’Hervé Frey, ancien commercial pour les grands opérateurs en vins d’Alsace, chez Smurfit Kappa à Colmar coïncide avec la volonté pour le premier fabricant français de solutions d’emballages carton de se renforcer sur le marché dédié aux vins d’Alsace. En axant son offre en caisses-cartons à bouteilles vers plus de personnalisation et en améliorant le service à la clientèle acheteuse de vin et l’identité marketing du domaine viticole, Smurfit Kappa ambitionne de « devenir l’interlocuteur privilégié des vignerons, en leur apportant des solutions personnalisées et en contribuant ainsi à la valorisation des vins d’Alsace », expliquent Marielle Maître, directrice des sites de Smurfit Kappa Colmar et Besançon, et Hervé Frey. Pour les responsables colmariens de cette cartonnerie, il y a clairement une carte à jouer : « Actuellement, la caisse 6 vrac standard repiquée classiquement domine le marché. Or il y a une possibilité d’ajouter de la valeur, d’autres régions le font. Nous pouvons accompagner le vigneron dans la définition de sa charte graphique jusqu’au carton final et lui proposer de « re-looker » intégralement sa gamme en intégrant ainsi son image graphique sur l’ensemble de ses emballages carton, tout en y associant notre expertise en termes de conception packaging », explique Hervé Frey. Entre un gewurztraminer générique et un grand cru, l’écart de prix relativement peu élevé, de l’ordre de 2 à 4 €, lui fait penser que la qualité de l’emballage carton doit contribuer à améliorer la valeur ajoutée et les ventes des viticulteurs alsaciens. Pour mener à bien son ambition, Smurfit Kappa annonce qu’il va installer un showroom dans son unité de Bennwihr Gare. Le vigneron viendra puiser dans son imagination et co-élaborer l’emballage-carton qui lui convient avec un designer, il pourra même innover. Comme d’ailleurs, il le fait avec les microbrasseurs qui ont des solutions très avant-gardistes et valorisantes. Des solutions ergonomiques Si 70 % des vins d’Alsace sont en vente muette, il n’en reste pas moins que même en grande distribution, pendant les foires aux vins ou pour des mises en avant, la caisse joue un rôle d’image important… Bouteille couchée ou debout, Smurfit Kappa apporte aujourd’hui une diversité de solutions qui permettent de panacher différents formats entre la flûte et le crémant, par exemple, ceci grâce à des solutions de calage. Smurfit Kappa Colmar propose également des solutions d’emballages sécurisées pour les expéditions par la messagerie, le modulopost, jusqu’à 12 bouteilles, qui d’ailleurs a été testé au préalable au crash test du centre d’Épernay. Ou encore, des solutions plus ergonomiques pour les cavistes ou le transport dans les salons de vignerons indépendants… « Nous avons aussi des solutions pour l’export, jusqu’à 12 bouteilles, pour les CHR. En fait, il faut adapter la réponse à chaque circuit », explique l’ancien vendeur pour les grands metteurs en marché de vins d’Alsace. Smurfit Kappa envisage enfin de « garantir la paix de l’esprit » de ses clients, c’est-à-dire de proposer des solutions allant de la création aux solutions de stockage, de manière à ce que le vigneron puisse disposer en temps et en heure des cartons pour ses expéditions et qu’il n’y ait pas de rupture d’approvisionnement.

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