commercialisation

Association de production animale de l’Est (Apal)

Au service des éleveurs

Publié le 30/12/2017

Basée à Pulnoy, en Meurthe-et-Moselle, l’Apal propose une large gamme de services à ses adhérents, qu’ils soient éleveurs bovins ou ovins.

L’Association de production animale de l’Est (Apal) organisait une réunion à l’intention des éleveurs alsaciens, mardi 12 décembre à Melsheim. L’association regroupe plus de 1 600 éleveurs en Alsace, Lorraine et Champagne, précise son président, Stéphane Peultier. Ceux-ci sont répartis en deux sections, la section bovine (la plus importante) et la section ovine. L’Apal compte aussi un collège acheteurs regroupant 52 commerçants en bestiaux privés. Il est présidé par Daniel Dreyfuss, par ailleurs dirigeant de la société Dreyfuss, partenaire de Socobeval, et vice-président de l’Apal. Organisation de producteurs non-commerciale, l’Apal dispose d’une équipe de 20 salariés qui interviennent notamment dans la qualification des élevages pour la charte des bonnes pratiques d’élevage et leur accompagnement dans les démarches qualité, comme le label rouge ou certaines filières d’approvisionnement régionales. Trente éleveurs alsaciens ont adhéré à l’Apal au cours de l’année écoulée, précise Aline Barrois, sa directrice, ce qui porte le nombre de nouvelles adhésions à 125 dans toute la zone couverte par l’association. Un nouveau technico-commercial, Jérémy Herr, a été embauché, il est en charge de l’Alsace et de l’est de la Moselle. Les technico-commerciaux proposent toute une série de services, comme la mise en œuvre du plan sanitaire d’élevage (PSE). Grâce à un partenariat avec Est Élevage, la structure qui gère les données des exploitations, toutes les informations concernant les médicaments préventifs délivrés dans le cadre du PSE sont automatiquement renseignés dans le carnet sanitaire : le numéro de lot, la date de péremption, le délai d’attente et même la posologie s’y inscrivent, l’éleveur n’ayant plus qu’à sélectionner les animaux traités. Par la suite, ces informations restent disponibles, que l’éleveur commande ou non ses produits auprès de l’Apal. Cette fonctionnalité apporte un réel soulagement sur le plan administratif, indique Aline Barrois. Les technico-commerciaux de l’Apal proposent également une large gamme de petit et de gros matériel d’élevage, à la fois pour les élevages bovins et ovins : matériel d’hygiène, fourches, clôtures, brise-vent, matériel de pesée et de contention, tubulaires… Conseils alimentaires et bilans de lots Une équipe purement technique est également en place à l’Apal. Ses prestations, accessibles au forfait, vont du conseil en nutrition au diagnostic bâtiment, en passant par le suivi des prairies, la gestion des intercultures et le suivi technico-économique. Les techniciens de l’Apal réalisent des analyses de fourrages et utilisent un logiciel pour calculer les rations. Ils sont à même d’apporter des solutions pour transformer ou aménager un bâtiment, améliorer la ventilation ou la circulation des animaux. Dans un contexte où les éleveurs cherchent à baisser les coûts alimentaires, ils délivrent des conseils quant à l’entretien et à la fertilisation des prairies, à l’implantation d’intercultures (méteils, prairies multi-espèces) qui constituent des ressources fourragères de qualité. Enfin, en se basant sur un outil mis au point par l’Institut de l’élevage, ils fournissent une analyse technico-économique de l’élevage ou de l’atelier, ce qui « permet à l’éleveur de se situer et de trouver des pistes de progrès pour améliorer ses marges ». Dans le même esprit, mais avec un outil basé sur les chiffres fournis par les commerçants en bestiaux, les techniciens de l’Apal peuvent également réaliser des bilans de lots pour différentes catégories d’animaux (babies, vaches, génisses). L’Apal organise un certain nombre de formations à l’intention de ses adhérents : il y en a eu onze cette année, sur des sujets tels que l’autonomie alimentaire, la gestion des pâturages ou la reproduction. Ces formations doivent permettre aux éleveurs de gagner en efficacité : en matière de reproduction, par exemple, il y a d’importantes marges de progrès. En charolais, l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) est de 397 jours chez les éleveurs de l’Apal, ce qui est supérieur de 27 jours à la moyenne de la race. « On se bat pour créer des filières et dégager de la valeur et on s’aperçoit qu’il y a dans les élevages des vaches qui sont là à ne rien faire, argumente Stéphane Peultier. 430 jours d’IVV sur un troupeau de 100 vaches, c’est 7 000 € de perdu ! Une vache est faite pour faire un veau vivant et sevré par an ! » Veau sous la mère : reprendre le chantier L’Apal a monté une filière veau sous la mère voici quelques années. L’objectif est de produire un veau rosé issu de vache allaitante, toute la conduite du lot étant orientée vers la production d’une viande claire, mais pas rouge. Cette production, qui nécessite une conduite d’élevage très pointue, est rémunératrice : 7 €/kg pour 150 kg de carcasse, soit l’équivalent du prix d’un broutard à 5 mois. Malheureusement, l’an dernier, il a été difficile de parvenir à la couleur de viande désirée, d’où la réduction du nombre de points de vente intéressés. « Il faut reprendre ce chantier, insiste Stéphane Peultier. Si on veut vraiment créer de la valeur, toute la filière doit se mettre en marche. C’est un produit qualitatif, un veau qui vit en liberté, avec sa mère, il y a une histoire à raconter. » Le président de l’Apal souligne également la nécessité d’expliquer aux bouchers que la viande produite dans les conditions prévues par le cahier des charges est tendre et savoureuse, même si elle est plus foncée que prévu. Thomas Urban, administrateur à l’Apal, approuve : dans les cinq points de vente où elle est commercialisée, les chefs bouchers sont convaincus par le produit. L’Apal les a d’ailleurs emmenés dans les fermes pour qu’ils puissent voir le travail réalisé par les éleveurs. Reste à pouvoir livrer des animaux toute l’année. Les adhérents de l’Apal sont également engagés dans la production de viande limousine destinée aux magasins Lidl : le distributeur recherche des vaches et génisses de 330-400 kg maximum. Au-delà de ce poids, une réfaction s’applique. À un éleveur qui s’en indigne, Daniel Dreyfuss répond que la contrainte du poids vient du fait que Lidl vend sa viande en barquettes, d’où la nécessité de carcasses pas trop lourdes. Ce partenariat permet tout de même aux éleveurs d’être présents dans tous les magasins Lidl du Grand Est, avec leur photo sur les emballages, indique Stéphane Peultier. Le distributeur a même prévu d’imprimer 350 000 sacs à l’effigie des limousines du Grand Est pour le prochain Salon international de l’agriculture. 566 animaux limousins ont été livrés depuis avril, avec une plus-value moyenne de 212 €, qui a profité à 129 éleveurs. Goûtez l’Alsace : 500 animaux la première année L’Apal est impliquée dans bien d’autres filières, dont certaines bénéficient d’un signe officiel de qualité ou d’un label régional : limousine Blason prestige, bœuf blond d’Aquitaine, charolais et salers label rouge, bœuf du Grand Est, Viande du coin… Chacune de ces filières répond à un cahier des charges spécifique et génère un surcroît de rémunération, pas toujours suffisant aux yeux des éleveurs. « Depuis le 1er janvier, nous avons reversé 400 000 € de plus-value en ferme », indique le président de l’Apal. En Alsace, l’association est à l’initiative de la marque « Goûtez l’Alsace - S’esch güat », développée en lien avec les bouchers haut-rhinois de la Sabreco. Démarrée courant 2016 avec 2 à 3 bêtes par semaine, cette filière a écoulé 500 animaux de races à viande dès la première année. Le débouché est actuellement compris entre 10 et 15 bêtes par semaine et l’Apal espère bien que les bouchers bas-rhinois vont à leur tour adopter cette marque, qui répond à la demande d’une viande produite en Alsace.

Rencontre avec les parlementaires européens

Ne pas brader l’agriculture

Publié le 21/12/2017

Suite à l’appel de la FNSEA à se mobiliser contre les accords de libre-échange la semaine du 11 décembre, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont profité de la tenue d’une session parlementaire à Strasbourg pour faire part de leurs inquiétudes quant à l’avenir de l’agriculture française.

La délégation, composée de Fabien Metz, Laurent Fischer et Philippe Boehmler pour la FDSEA, et de Thomas Gillig et Julien Jacob pour les JA, a pu échanger avec les eurodéputés Anne Sander, Michel Dantin, spécialiste des questions agricoles, et Franck Proust, en charge des questions de commerce international. Les accords Ceta et Mercosur ont concentré la grande partie des discussions. Philippe Boehmler a expliqué que « le choix a été fait de ne pas venir avec des tracteurs devant le Parlement, afin de privilégier le dialogue. Mais sur le terrain, la tension est palpable. » En effet, les agriculteurs français sont déboussolés. D’un côté, dans le cadre des États généraux de l’alimentation, ils sont encouragés à une montée en gamme des produits agricoles pour répondre à la demande des concitoyens. D’un autre, l’Union européenne voudrait ouvrir les frontières et mettre en concurrence les agriculteurs européens avec ceux de pays où les règles sont beaucoup moins strictes ! Près de 130 000 t de viande bovine pourraient atterrir sur le marché européen. « Il s’agit d’une filière en difficulté où le renouvellement des générations est déjà problématique. Un accord comme celui-ci pourrait anéantir les efforts des agriculteurs », a souligné Julien Jacob. Mercosur : un risque de déséquilibrer des filières Fabien Metz et Laurent Fischer ont détaillé les conséquences que pourrait avoir l’ouverture de contingents non taxés respectivement pour les filières sucre-éthanol et volailles. « La proposition de contingent éthanol dans le texte actuel représente 40 % des volumes produits en Europe, c’est incompréhensible. Le Brésil est le premier pays exportateur d’éthanol, on risque de déstabiliser toute une filière, du planteur de betteraves aux usines de distillation », a expliqué Fabien Metz. Pour Laurent Fischer, « le constat est identique en volaille, le Brésil est un grand pays producteur qui risque de perturber le marché ». D’autant plus que la France importe déjà plus de 40 % de sa consommation, notamment en restauration hors domicile (60 %). On risque d’ailleurs de retrouver ce poulet dans les cantines et la restauration où la traçabilité est la moins bonne. « Est-ce vraiment ce qu’attendent les consommateurs ? C’est une remise en cause du modèle agricole à la française », a conclu Thomas Gillig. Une vigilance française Franck Proust, originaire du Gard, en charge de ces questions au Parlement européen, a tenu à rassurer les représentants agricoles. « Cette question de l’exception agricole est particulièrement importante à nos yeux, nous ne voulons pas d’un accord déséquilibré. Il y a un enjeu à trouver des accords avec des pays où la croissance est importante, car en Europe elle stagne entre 0 et 2 %. Avec le désengagement des États-Unis, l’Europe a des marchés à conquérir, mais l’agriculture ne doit pas être la variable d’ajustement de ces accords. » Les députés français en sont conscients mais sont globalement isolés sur le sujet selon le député. Dans le cadre du Mercosur, la France et l’Irlande ont pris la tête d’un groupe de onze pays attentifs sur les questions agricoles, mais il s’agit principalement de petits pays de l’Est, moins influents. Toutefois, des leviers d’action existent. D’abord dans le cadre du Mercosur, la lettre de mission de négociation date de 1999. Depuis, les pays - le Brésil notamment - ont beaucoup évolué économiquement. « Les conditions de l’accord doivent donc être revues, c’est en tout cas notre position », a indiqué Franck Proust. Autre moyen d’action, vérifier la capacité des pays à produire et à contrôler la qualité des productions. « Sur ce point, les pays du Mercosur sont fragiles », a ajouté Michel Dantin, qui a depuis obtenu la mise en place d’une mission d’enquête parlementaire suite aux scandales de la viande avariée au Brésil. Attention au Brexit Michel Dantin a attiré l’attention des responsables agricoles sur le Brexit. « Les accords Ceta et Mercosur sont évidemment importants, mais les enjeux du Brexit sont colossaux. » Par exemple, le contingent de viande bovine discuté dans l’accord Mercosur représente 100 000 tonnes équivalent carcasse (teq), ce qui est déjà beaucoup. Mais, à titre de comparaison, le Royaume-Uni importe à ce jour 2 Mteq en provenance des pays de l’Union européenne. Si, après le Brexit, le Royaume-Uni préfère s’approvisionner hors UE, ces 2 Mt ricocheraient sur le marché communautaire avec des conséquences désastreuses. Par ailleurs, qu’adviendra-t-il des parts des contingents réservés aux Anglais dans les accords commerciaux actuels ? Par exemple, 50 % du contingent d’ovins néo-zélandais étaient destinés au Royaume-Uni. Après le Brexit, il ne faudrait pas que le Royaume-Uni discute un nouvel accord bilatéral avec la Nouvelle-Zélande sans que celui avec l’UE soit revu à la baisse. D’importantes discussions auront lieu dans les prochains mois sur le sujet et la vigilance est de mise. Avant de conclure, Philippe Boehmler a insisté sur les problématiques de surtransposition des normes en France. « L’exemple récent du glyphosate est parlant. L’Europe annonce une interdiction dans cinq ans, trois heures plus tard le président de la République, Emmanuel Macron s’empresse de dire que la France le fera dans trois ans. C’est incompréhensible ! »

ID3A-Fraîcheur d’Alsace et Hyper U

La garantie du prix, du volume et de la fraîcheur

Publié le 17/12/2017

Grâce à la contractualisation signée le 8 décembre avec Système U, l’exploitation ID3A-Fraîcheur d’Alsace a la garantie d’un prix fixe et rémunérateur pour ses salades et persils pour les trois années à venir. Pour l’enseigne de grande distribution, échaudée par la récente pénurie de beurre, c’est un bon moyen de sécuriser ses approvisionnements tout en répondant à la demande croissante du « manger local » exprimée par les consommateurs.

Le 8 décembre, l’exploitation ID3A-Fraîcheur d’Alsace, située à Balgau, a signé avec l’enseigne Système U une contractualisation garantissant un prix annuel et un volume d’achat, dans un contexte national de rénovation des relations commerciales marqué par les États généraux de l’alimentation et les Assises régionales de l’alimentation menées au niveau du Grand Est. Pendant trois ans, ID3A-Fraîcheur d’Alsace - qui a déjà signé un contrat similaire avec les enseignes Carrefour au mois de juillet - s’engage à livrer 500 000 salades et 300 000 bottes de persil par an aux magasins U. En retour, l’entreprise dirigée par Claude Keller est assurée d’être payée avec un tarif fixe qui lui permet de couvrir ses frais de production, et bien évidemment, de générer une marge. Une avancée saluée par le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert, qui rappelle que l’interprofession travaille depuis des années « aux bonnes relations entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ». Le lien qui unit ID3A-Fraîcheur d’Alsace et Système U n’est pas nouveau ; cela fait 25 ans que les deux entités travaillent ensemble. « Nous avons accompagné le développement de cette enseigne », rappelle Claude Keller qui justifie ce rapprochement par les relations humaines qui se sont tissées. « Le fait de pouvoir échanger, et expliquer quand on a des problèmes, c’est important. Et cela permet d’instaurer progressivement un climat de confiance. » À ce titre, les cosignataires de ce contrat ont prévu de se voir une demi-journée par an pendant les trois ans que dure le contrat pour évoquer ensemble ce qui a fonctionné, et ce qui a moins fonctionné. La contractualisation pour sécuriser les approvisionnements Claude Keller voit cette nouvelle contractualisation comme un accord « gagnant-gagnant-gagnant » : le producteur est assuré d’avoir des prix rémunérateurs, le distributeur a la certitude d’avoir le volume dont il a besoin, et le consommateur la garantie de produits ultra-frais (les salades cueillies le matin sont sur les étals l’après-midi). Surtout, Claude Keller dispose d’une visibilité qui lui donne les moyens de réaliser des investissements, le cas échéant. Du côté de Système U, son vice-président, Dominique Schelcher, souligne que l’enseigne est engagée depuis longtemps auprès des producteurs avec des contractualisations, la limitation des promotions qui prennent des proportions « exagérées », et la définition d’un nouveau seuil de vente à perte. Convaincu de la pertinence d’une telle politique, il espère désormais que la charte d’engagement « pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises », signée le 14 novembre, devienne une loi. Ce qui devrait être le cas étant donné qu’une loi sur « l’équilibre des relations commerciales et la juste répartition de la valeur » pourrait être votée début 2018. En attendant un éventuel texte législatif, le groupe Système U entend bien poursuivre cette politique de contractualisation avec les producteurs. Échaudés par les ruptures des approvisionnements en beurre observés ces dernières semaines, malgré des contrats signés avec des industriels, les dirigeants de Système U ont désormais la ferme intention de sécuriser leurs approvisionnements. « Si on ne le fait pas, on risque d’aller au-devant de difficultés. Demain, cela peut être la viande, les œufs ou les produits bios. C’est pour cela que nous croyons beaucoup aux contrats que nous signons avec des entreprises comme ID3A. Ce n’est que le début pour nous », prévient Dominique Schelcher.

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