commercialisation

À Ernolsheim- lès-Saverne

Perrine et son magasin

Publié le 28/04/2023

Agricultrice à Ernolsheim-lès-Saverne, Perrine Ludwig a ouvert un magasin de vente directe en novembre. Elle a organisé des portes ouvertes le dimanche 23 avril afin de faire découvrir un bel outil de travail qui est aussi l’aboutissement d’une installation réussie.

En bio depuis 1999, l’EARL Ludwig pratique la vente directe de ses produits carnés depuis un certain temps, sous forme de colis. La création du magasin de vente directe est le fruit de l’installation de Perrine Ludwig sur la ferme familiale, en 2021. « Mon objectif était de vendre 100 % de notre production en direct », indique la jeune femme. Un objectif en passe d’être atteint avec l’ouverture du point de vente, qui permet d’augmenter la part du volume qui part en filière courte. Il faut dire que le magasin de Perrine Ludwig a de quoi attirer le chaland : niché dans la verdure, bardé de bois, il s’intègre dans le cadre verdoyant d’Ernolsheim-lès-Saverne. Situé au bord de la route qui devient l’artère principale du village, il dispose de places de stationnement facilement accessibles. Dans le local de vente, Perrine Ludwig a soigné la déco, et choisi avec soin les produits partenaires. Les fruits et les jus de fruits sont issus des arbres haute-tige qui parsèment les 164 ha de prairie (pour 169 ha de SAU) de la ferme. Il y a aussi du miel d’apiculteurs d’Ernolsheim-lès-Saverne et de Romanswiller, des produits de la minoterie Burggraf Becker, des condiments des Jardins du Rottweg à Mertzwiller, des yaourts de la ferme Tiergarten à Bouxwiller, des fromages des Trésors de Célestine à Bubach, du vin du domaine Fleck à Soultzmat… Si cosy et gourmand soit-il, le local de vente n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car, derrière lui, se situe dans le sens de la marche en avant dicté par les normes sanitaires : un vestiaire, une salle de transformation, deux chambres froides, une pour la viande brute, une pour les produits transformés, un local de stockage, et une plonge. Dans cet outil de travail flambant neuf, Perrine, son père Jean-Michel et sa mère Lydie, s’activent, avec l’aide d’un boucher, pour découper et transformer la viande bovine, ovine et les poulets de chair bio produits par leurs soins. Perrine n’oublie pas de citer son époux, Christophe, et sa sœur, Marion, qui œuvrent aussi à la bonne marche de l’affaire familiale. Au final, les consommateurs trouvent un étal garni de morceaux de viande brute, mais aussi de transformations froides (merguez, saucisses à frire, poitrine de veau farcie…) Et des poulets. Il y a même de la « préparation de viande hachée », à ne pas confondre avec de la « viande hachée », « parce que je mets du sel dedans, pour la conservation, du coup il faut bien faire la distinction », précise Perrine Ludwig, qui vend aussi des steaks hachés et de la viande hachée, mais « ces produits sont fabriqués et surgelés par l’abattoir, et je les vends surgelés », précise-t-elle encore. Y aller Pour découvrir le magasin et la ferme de Perrine Ludwig et sa famille, rendez-vous  les trois premiers week-ends de chaque mois, les vendredis de 16 h 30 à 19 h 30, et les samedis de 9 h 30 à 12 h 30. Et, pour en savoir plus sur la ferme Ludwig, ses pratiques et productions, retrouvez un article plus complet dans le supplément Cultivar Élevage du mois de mai.    

Association de la bourse de commerce de Strasbourg

Antoine Wuchner succède à Jean-Laurent Herrmann à la présidence

Publié le 02/06/2022

L’association de la bourse de commerce de Strasbourg, qui rassemble des acteurs du marché des céréales, a organisé sa traditionnelle journée des grains vendredi 6 mai à Strasbourg. L’occasion pour les différents maillons de parler business, bilan, perspectives, enjeux. Et cette année, d’entériner la succession entre Jean-Laurent Herrmann et Antoine Wuchner à la présidence de l’association.

L’association de la bourse de commerce de Strasbourg est une institution discrète, mais efficace. Elle regroupe des acteurs de la filière céréalière rhénane, ses adhérents venant aussi bien de France que d’Allemagne, de Suisse, du Luxembourg, de Belgique, ou encore des Pays-Bas. Ce sont des producteurs de semences et de produits phytosanitaires, des organismes stockeurs, des courtiers, des transporteurs, des transformateurs… « La bourse de commerce est une structure nous permettant de travailler sur des sujets transversaux, afin d’adopter des positions communes pour défendre les revenus de chaque maillon de la chaîne », indique le nouveau président Antoine Wuchner. Responsable d’Eurépi et de la filière houblon au Comptoir agricole, il a indiqué vouloir créer des groupes de travail pour capitaliser sur « l’intelligence et la volonté » des membres de l’association afin « d’apporter des réponses concrètes » aux thématiques qui seront portées par ces groupes de travail. Elles restent à affiner mais il sera question de compétitivité, de contraintes environnementales (lire encadré), de logistique, de nouvelles filières, sans oublier la loi Egalim 2… Egalim 2 : la filière céréalière amère La filière céréalière est particulièrement impactée par la loi Egalim 2. David Dutruch, courtier au sein de la société alsacienne Bloch & Rehs, spécialisée dans le courtage de céréales dans le bassin rhénan, explique en quoi la loi Egalim 2, telle qu’elle est écrite actuellement, est préjudiciable à sa profession. « Nous sommes des intermédiaires de commerce, indépendants des deux parties. Notre rôle est notamment de rapprocher l’offre des organismes stockeurs, négoces privés et coopératives agricoles ; de la demande des meuniers, semouliers, amidonniers, éthanoliers, fabricants d’aliments du bétail… », présente-t-il. 80 % des flux générés par l’activité de Bloch & Rehs transite en péniche sur le Rhin, dans un marché concurrentiel. David Dutruch replace son activité dans une perspective historique : « Avant d’être dématérialisées, les bourses de commerce étaient des lieux d’échanges physiques entre acheteurs et vendeurs. Leur dématérialisation s’est traduite par une plus grande visibilité des marchés. Aujourd’hui, tout le monde peut suivre comment les prix évoluent sur les marchés à terme, en fonction de l’offre et de la demande. Cela contribue à la grande volatilité des marchés des matières premières, dont les mouvements figurent parmi les plus compliqués à comprendre, car ils sont régis par de très nombreuses variables explicatives : la météo, les taux de change, la géopolitique … « Nous évoluons dans un monde de risques. Aussi des outils ont été mis en place pour transférer les risques. Quand nous établissons un contrat, nous spécifions pour quel produit, quelle quantité, quelle est la période d’exécution, nous fixons des conditions de paiement, un prix… Tout est noté, acté dans les contrats et, s’ils sont signés par les deux parties, c’est qu’ils conviennent à tout le monde. La loi Egalim 2 vient se greffer sur ce système, et dit qu’on peut revenir sur un prix qui avait été acté. Ce qui revient à dire que le contrat ne vaut rien », décrit David Dutruch. Il ne remet pas en question l’utilité de la loi dans d’autres filières, qui pâtissent de relations inégales avec la grande distribution. « Il y a eu des abus, et il faut agir pour mieux encadrer certaines pratiques, comme la vente à perte. Mais il y a le Code du commerce, des lois qui encadrent les relations commerciales et, dans la filière céréalière, des outils et des stratégies de gestion des risques qui existent et qui fonctionnent, comme des assurances, qui couvrent les risques de hausse et de baisse des prix. » Aussi, pour le courtier, dans la filière céréalière, la loi Egalim 2 « ne sert à rien ». Pire, « elle est néfaste car elle casse les contrats et les rapports de confiance en disant qu’il est possible de revenir en arrière ». La profession s’est donc adaptée, notamment en faisant des contrats pour des périodes d’exécution de trois mois au lieu de six, pour ne pas qu’un prix qui avait été acté puisse être révisé. Mais les courtiers français doivent expliquer cette spécificité française à leurs partenaires étrangers, ce qui complique les échanges. « Nous faisons tout pour ne pas perdre nos clients », indique David Dutruch, qui remarque, que la loi est « compliquée à mettre en place, et présente notamment de nombreuses zones d’ambiguïtés ».

Ferme Saint André à Friedolsheim

Local, bio et solidaire

Publié le 21/04/2022

Chantier d’insertion et entreprise adaptée, la ferme Saint André concocte chaque semaine quelque 600 paniers de fruits et légumes bios cultivés par ses salariés. La ferme cherche à déployer son activité au gré d’un point de vente strasbourgeois. Il s’agit d’absorber une production qui augmente, et d’améliorer le processus d’insertion professionnelle des salariés.

L’histoire de la ferme Saint-André est longue, et empreinte de solidarité. Dans les années 1930, les Sœurs de la Divine Providence en héritent. Elles en font une école. Dans les années 1970, elles relancent l’activité agricole du site, qui ne s’était jamais complètement arrêtée, pour en faire un lieu d’accueil, d’abord pour de jeunes citadins en difficulté, puis pour des boat people, des personnes incarcérées… Les années 1990 voient la création d’une Entreprise adaptée (EA) sur laquelle s’appuient des activités de transformation des produits agricoles. Et les années 2000 celle d’une entreprise d’insertion (EI), à destination des personnes éloignées de l’emploi. En 2015, Sœur Béatrice, cheville ouvrière historique de la ferme, prend sa retraite. La ferme rencontre aussi des problèmes financiers, liés à l’architecture des financements des entreprises d'insertions et à des problèmes de rendements liés a l’eau. Une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) est alors créée et reprise par les salariés et la Fédération de Charité. Une étape transitoire avant la reprise de la structure par Caritas, en juin 2020. Depuis 30 ans, la ferme est conduite dans le respect du cahier des charges de l’agriculture biologique. Actuellement, les 25 ha de SAU se ventilent entre 12 ha de maraîchage, 4 ha de céréales, 4 ha de prairies, et 1 ha de forêts et vergers. Grâce aussi à 4 500 m2 de serres, la ferme produit une vaste gamme de légumes. Mais elle est plus particulièrement connue pour sa production de fraises, endives, asperges et pleurotes biologiques. Plus récemment, la ferme a mis en place une parcelle conduite en permaculture et replante des vergers, avec des arbres qui seront conduits en gobelets, pour éviter les risques liés au travail en hauteur. Les céréales, notamment de l’épeautre, sont transformées en pâtes et farines, dont une partie alimente la boulangerie de la ferme. Les pains qui y sont confectionnés sont destinés aux paniers des clients de la ferme, ainsi qu’aux repas des salariés. La ferme emploie 50 salariés, dont sept permanents : quatre encadrants, un chef d’exploitation et deux personnes en charge des aspects comptables, administratifs et d’accompagnement social. Un effectif qui a considérablement évolué ces dernières années, puisque la ferme est passée de 15 salariés en 2020 à 50 en 2022. La ferme Saint André est donc la plus grande entreprise de la commune. Une entreprise d’insertion avant tout Les produits de la ferme sont écoulés par deux canaux. Un magasin de vente à la ferme, ouvert deux jours par semaine, dont les clients sont essentiellement les salariés et les habitants du secteur. Des paniers de fruits et légumes, livrés par les soins de la ferme dans un rayon de 50 km autour de Friedolsheim. « Nous proposons une formule très flexible. Chaque semaine, en fonction de nos stocks et de la maturité des produits, nous élaborons un panier de base, que les clients recevront s’ils ne procèdent à aucun changement. Nous essayons de les varier, pour ne pas lasser les clients. Ils peuvent aussi enlever ou ajouter des produits selon leurs besoins, à condition de commander un minimum de produits », explique Freddy Mathis, responsable de la ferme depuis mars 2020. Le prix des paniers est calculé en fonction de la valeur réelle des produits qu’ils contiennent. Chaque semaine, entre 500 et 600 paniers sont préparés par les salariés en insertion, c’est-à-dire qu’ils réceptionnent les commandes, conditionnent les produits… « Du fait de la flexibilité de notre formule, chaque commande est unique et est traitée individuellement », pointe Véronique Pfister, responsable des ventes. Les paniers sont livrés du mardi au vendredi, le jour de livraison étant imposé par l’organisation des tournées. Une bonne moitié est livrée à Strasbourg. Ces dernières années, la ferme a consenti des investissements en mécanisation et en irrigation afin de sécuriser sa production face aux aléas climatiques. Un réseau d’irrigation a ainsi été élaboré, à partir d’un branchement sur le réseau d’eau potable. « L’objectif n’est pas d’irriguer à outrance, mais plutôt d’assurer les levées », précise Freddy Mathis. Suite à ces investissements, le potentiel de production a augmenté. Pour absorber cette hausse de la production, la ferme cherche maintenant à accroître ses ventes. Deux pistes sont travaillées : le développement de la vente par paniers, et l’ouverture d’un point de vente dans la capitale alsacienne, puisque c’est là que se situent près de la moitié des clients de la ferme. « Il ne faut pas perdre de vue que notre activité principale n’est pas la production, mais l’insertion. Or, actuellement, le maraîchage est l’activité qui emploie le plus de salariés. Mais ce n’est pas celle qui procure le plus de débouchés à l’issue du contrat d’insertion. Il y a davantage de postes dans des missions de transformation, de logistique, de livraisons. Or pour l’instant, ces missions n’occupent qu’une dizaine de salariés à la ferme », explique Freddy Mathis. D’où la volonté de déployer l’activité de la ferme sur des créneaux qui demandent de la main-d’œuvre sur ces missions pourvoyeuses d’emplois. Actuellement, les encadrants de la ferme sont en période de prospection. Avec les moyens d’une entreprise d’insertion, accéder à un local au cœur de Strasbourg s’annonce compliqué. Aussi ne sont-ils fermés à aucune formule. Une possibilité pouvant être de s’adosser à une structure existante.

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