commercialisation

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace

Promouvoir une expression libre et créative

Publié le 18/10/2018

Pour la seconde année consécutive, les jeunes vignerons indépendants d’Alsace ont organisé une dégustation de vins de leurs terroirs. Lundi 15 octobre, 33 domaines ont présenté l’expression de leur travail et leur philosophie viticole aux professionnels, aux sommeliers et aux chefs étoilés d’Alsace.

La première édition avait connu une belle réussite. Elle a donc été renouvelée. Le concept est simple. Les jeunes vignerons sont réunis dans une même salle (à l’hôtel Val Vignes à Saint-Hippolyte), placés par ordre alphabétique. Sur une table, un document présente le domaine avec une photo du vigneron. Juste à côté, des vins avec cinq formules. Et les viticulteurs attendent les visites des professionnels. La dégustation et les échanges se déroulent simplement et dans la convivialité. « Les jeunes vigneron (ne) ont tous (toutes) moins de 35 ans ou moins de 10 ans d’installation. Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace se charge de la logistique. Chaque vigneron est là avec ses vins. Nous avons envoyé pas moins de 800 courriers aux restaurateurs alsaciens. Nous avons également convié des sommeliers, des étudiants des CFA de Colmar et d’Illkirch et les chefs étoilés d’Alsace », explique Alain Renou, directeur du Synvira. Une aide bienvenue qui doit permettre aux jeunes vignerons de trouver de nouveaux débouchés, d’organiser leurs contacts et de mettre en place leurs futures ventes de vins d’Alsace. L’un des premiers à avoir répondu présent est Michel Husser, président de l’association des Étoiles d’Alsace depuis septembre 2017. « Je suis venu pour une première prise de contact. Nous sommes en relation tout au long de l’année. Les jeunes vignerons accompagnent les chefs étoilés avec la « formule jeunes ». C’est avec cet état d’esprit que je suis venu faire de nouvelles rencontres, découvrir des vins et enfin faire ma sélection. Chaque vigneron a son propre style. Je fais donc mon travail. Tout au long de l’année, nous avons tous de moins en moins de temps. Cette journée est idéale pour le prendre, et discuter entre passionnés. Je viens de déguster un pinot gris de Denis Hebinger. C’est une première belle découverte », assure Michel Husser. Priorité au collectif Denis Hebinger, jeune vigneron d’Eguisheim, se définit comme le responsable et/ou le porte-parole des jeunes vignerons indépendants d’Alsace, structure informelle. « Notre force, notre état d’esprit, c’est le collectif », précise-t-il. Avec d’autres, il a été à l’initiative de ce groupe, fondé il y a deux ans et demi. « Nous sommes là pour défendre les vins d’Alsace et de terroir, nés d'une agriculture raisonnée. Nous sommes quasiment tous en production biologique, en conversion ou en biodynamie. Nous assumons des vins à petits rendements avec une maturité un peu poussée. Notre objectif est de faire des vins secs car nous estimons que les vins d’Alsace doivent refléter leurs terroirs qui sont divers. Nous assumons pleinement cette extrême diversité qui s’exprime par les cépages, mais aussi par les terroirs. Enfin, notre groupe s’oppose aux VCI et au projet d’irrigation ». Il donne en exemple sa propre bouteille où cépage et terroir sont mis en avant sur l’étiquette de la même façon. Il se félicite de la réussite de cette dégustation depuis deux ans. « Ce partenariat avec les chefs étoilés est une excellente chose. C’est pertinent que les vins des jeunes vignerons soient mis en valeur auprès de nos futurs clients. Pour nous, c’est une passerelle intéressante pour l’avenir. Nous sommes là pour valoriser notre image et proposer des vins de qualité », ajoute Denis Hebinger. Un travail précis Les jeunes vignerons présents sont originaires de toute la route des vins d’Alsace : de Westhoffen à Soultz en passant par Mittelwihr. C’est dans cette commune viticole que Laurent Scheidecker, 28 ans, est installé sur le domaine familial depuis 2014. « Il est important de participer à une telle manifestation pour promouvoir les vins d’Alsace et faire connaître nos vins aux professionnels. Les vins que je présente sont réalisés après un travail très précis. Plutôt qu’un désherbage total des vignes, je préfère l’alternance du labour et de l’enherbement des rangs. De telles pratiques culturales obligent la vigne à plonger ses racines plus profondément dans le sol et, par conséquent, à exprimer au mieux la complexité du terroir. Ce terroir que l’on retrouve dans les vins présentés ». Il propose un riesling Grand Cru Mandelberg 2016 sec : « Il représente parfaitement l’image de Mittelwihr avec son climat particulier », assure-t-il. À côté, un muscat Grand Cru Froehn 2017 de Zellenberg : « Je veux montrer qu’un muscat travaillé peut exprimer la typicité du cépage et la puissance du terroir », complète le jeune vigneron qui insiste enfin sur son rouge. « Il s’agit d’un pinot noir Rouge d’Alsace 2016 sec. Le rouge est en plein essor dans la région. De tels vins ont leur place dans la gastronomie française », conclut Laurent Scheidecker. Cette journée réussie sera complétée par deux dégustations pour le grand public, qui se dérouleront le jeudi 25 octobre aux Catherinettes à Colmar et le jeudi 15 novembre à l’hôtel du département à Strasbourg.

Châtaigniers d’Alsace

Des bardeaux pour débouché

Publié le 12/10/2018

En Alsace, des châtaigneraies s’étendent sur quasiment toute la bordure du Piémont vosgien. Mais ces forêts sont insuffisamment valorisées au regard des propriétés du bois de châtaignier. Un atelier de fabrication de bardeaux de châtaignier vient d’entrer en fonctionnement à Saverne, procurant un nouveau débouché à cette essence locale.

Dans le châtaignier, c’est un peu comme dans le cochon : tout est bon ! Les châtaignes, bien sûr, mais aussi le miel, et son bois. Des jeunes tiges utilisées pour le plessage aux plus nobles grumes, employées en charpente, en menuiserie, en ébénisterie, où l’essence est réputée tant pour ses propriétés répulsives envers les insectes que pour son imputrescibilité. Une autre utilisation traditionnelle du châtaignier est la fabrication de bardeaux, sortes de tuiles fabriquées en bois fendu, ce qui assure un écoulement optimal de l’eau à leur surface. Ces bardeaux ou tavaillons (les premiers étant plus grands et savoyards, les seconds plus petits et jurassiens) sont utilisés aussi bien pour couvrir un mur qu’une toiture. Historiquement, ils sont fabriqués en épicéa ou en mélèze dans les zones montagneuses. L’usage de bardeaux n’est pas à proprement parler une tradition alsacienne. Par contre, le châtaignier était utilisé pour fabriquer les « Schendel », cette languette de bois qui assure l’étanchéité du joint entre deux tuiles lors de la pose de « Biberschwanz » (tuile alsacienne en queue de castor) en couverture simple. Un projet social et solidaire « Le châtaignier est historiquement peu utilisé en charpente en Alsace », constate Bernard Zapf, président d’Entraide Emploi, qui a créé un atelier de fabrication de bardeaux pour mieux valoriser les châtaigneraies alsaciennes. Entraide Emploi est une association d’entreprises et d’associations d’insertion qui, en 2017, employait 34 permanents et quelque 340 personnes en situation d’insertion sur le territoire de Saverne, dans des activités aussi variées que l’entretien d’espaces verts, la fabrication d’emballages industriels, le bûcheronnage… « Nous affichons un taux d’insertion de 64 % pour 2017 », souligne Bernard Zapf, qui précise que l’association accompagne 698 personnes dans le cadre d’un suivi social (demande de RSA, allocations). « En 2017, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 3,9 millions d’euros. » C’est le directeur d’Entraide Emploi, Raymond Kern, qui a eu l’idée de créer cet atelier avec Jean Braud, ingénieur sylvicole retraité, membre du conseil d’administration d’Entraide Emploi et ancien président d’Alternative Bois, l’une des associations fondatrices d’Entraide Emploi. Entre l’idée et la confection des premiers bardeaux au début du mois de septembre, deux ans se sont écoulés. Les porteurs du projet ont notamment effectué un voyage d’étude en Touraine, pour s’imprégner de la technique de fabrication. Le projet a bénéficié de subventions du Pays de Saverne Plaine et Plateau dans le cadre du programme Territoires à énergie positive, « puisqu’il va dans le sens de la construction BBC, du retour à l’emploi, des circuits courts », note Jean Braud. Et le Parc naturel régional des Vosges du Nord a apporté son soutien au montage du dossier. Pour l’instant, l’atelier est hébergé à la Maison des entrepreneurs de Saverne, dans un local mis gratuitement à disposition par la Communauté de communes pour deux ans. Cette activité emploie deux personnes, dont Christian Durrenbach, chef d’atelier, menuisier charpentier de métier, et un salarié en insertion. L’atelier s’approvisionne en bois issu des châtaigneraies locales, via la coopérative sylvicole Cosylval, « qui mobilise d’ores et déjà quelque 500 m3 de châtaigniers par an », précise Claude Hoh, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Il estime qu’il est possible de prélever 1 000 m3 de châtaigniers par an sans compromettre la régénération de ces forêts. Production locale pour usage local En Alsace, quelques réalisations ont déjà utilisé des barbeaux : la pyramide qui abrite le local de vente d’Entraide Emploi au siège de Monswiller a été rénovée il y a un an avec des bardeaux de red cedar (Sequoia sempervirens). À quelques encablures de là, la salle des fêtes de Gottenhouse est couverte de tavaillons de châtaigniers, et l’Ehpad de Thal-Marmoutier, dirigé par Bernard Zapf, de tavaillons de mélèze. Le nouvel atelier a déjà honoré ses premières commandes : 24 m2 de tavaillons pour habiller les joues de chiens-assis situés sur la toiture du château de La Petite Pierre en cours de rénovation, et 150 m2 de tavaillons pour l’Écomusée d’Ungersheim. Découvrez ce nouvel atelier en vidéo :  

Bureland - Sica Les producteurs alsaciens et lorrains

Éclosion d’une unité de conditionnement

Publié le 05/10/2018

La Sica Les producteurs alsaciens et lorrains, groupement régional de producteurs d’œufs, a inauguré son nouveau centre de conditionnement, situé à Bernolsheim. L’outil, qui comprend des équipements de haute technologie, doit permettre de gagner en compétitivité, de mieux structurer la filière et d’absorber la hausse attendue de la production régionale d’œufs, notamment plein air et bios.

Il aura fallu 9,50 M€ d’investissement pour qu’éclose le nouveau centre de conditionnement d’œufs de la Sica Les producteurs alsaciens et lorrains. Avec 5 000 m2 de bâtiments, plusieurs robots high-tech, et un objectif de 190 millions d’œufs emballés annuellement, contre 120 millions auparavant, répartis sur trois sites différents, le projet impressionne par son envergure. Mais Alfred Zacher, président du conseil d’administration, préfère mettre en avant les hommes et les femmes qui ont permis l’aboutissement de ce projet. Il cite : « André Roeckel et Romain Martin, les anciens qui ont mené le bateau jusqu’ici ». Les 15 familles d’éleveurs de poules pondeuses de la région Grand Est intégrés à la Sica : « C’est la solidarité qui règne au sein de ce groupe qui a permis de passer à l’étape supérieure ». Les plus jeunes éleveurs, qui ont porté ce projet à bras-le-corps à coups de vidéos, de maquettes, et de conviction auprès des collectivités locales et des banques. Les salariés, qui ont été bousculés dans leurs habitudes de travail, mis à contribution pour mettre en route l’outil - avec les difficultés inhérentes à ce type d’exercice - mais dont les conditions de travail doivent, à terme, être améliorées. Les nouveaux salariés, qui ont connu le baptême du feu. Les futurs éleveurs, qui vont bientôt venir grossir les rangs de la Sica, puisque quatre nouvelles familles sont annoncées d'ici 2019, avec des modes d’élevage alternatifs pour répondre à l’augmentation de la demande pour ces parts de marché. Des robots et des hommes L’outil en lui-même comprend un local de stockage des emballages et des suremballages. Les œufs sont livrés par camions, sur des palettes déchargées sur des quais de déchargement. Ils sont d’abord stockés dans un local, où ils sont classés par type de production et par date de ponte. Lorsque les œufs partent en conditionnement, la première étape consiste à les extraire des alvéoles à l’aide d’un robot équipé de ventouses. Les alvéoles en plastiques passent dans une laveuse, pour repartir propres chez les éleveurs. Les œufs sont déposés sur un tapis qui les guide vers la zone de mirage, où sont déclassés les œufs cassés, fêlés et sales. Pour les détecter, la ligne est équipée de micromarteaux qui tapotent les œufs : la résonance n’est pas la même pour un œuf fêlé que pour un œuf intact. Pour l’instant les œufs cassés partent à l’équarrissage. Mais ils pourraient trouver un débouché en méthanisation en partenariat avec la société Agrivalor. Les œufs fêlés et sales partent en casserie, en région parisienne ou en Allemagne. Les œufs intacts sont ensuite séparés par calibre, grâce à des pesons, et marqués. En fonction de la demande du client figurent : la date de consommation recommandée (DCR), le code de traçabilité de l’élevage, la date de ponte. En fonction de leur calibrage et de leur marquage, les œufs sont dispatchés dans différentes lignes d’emballage, où ils sont déposés dans des alvéoles en carton. À ce stade, la suite des opérations est encore manuelle : des opérateurs placent les boîtes d’œufs dans des cartons et y apposent l’étiquette de traçabilité. Puis, des robots palettiseurs prennent le relais. À terme, il devrait y en avoir quatre. Traçabilité intégrale L’ensemble du circuit est tracé et informatisé. Chaque lot d’emballage est accompagné d’une fiche de traçabilité qui est scannée en sortie de dépôt, afin de pouvoir remonter jusqu’au fournisseur en cas de défaut de fabrication, et de gérer les stocks. Chaque palette d’œufs est également tracée avec une étiquette informatique, qui permet de savoir de quel éleveur proviennent les œufs qui passent dans la calibreuse. Chaque boîte d’œufs est marquée d’une étiquette portant la DCR, le numéro de centre de conditionnement, le calibre, parfois la date de ponte, et un QR code, qui est lu par les robots palettiseurs, afin que les bons cartons soient placés sur les bonnes palettes. Actuellement, le groupement produit et commercialise 160 millions d’œufs par an sous les marques Bureland, œufs de nos villages, et sous diverses marques de distributeurs. Rien que sous la marque Bureland, la gamme est très diversifiée, avec des œufs datés du jour de ponte, plein air, extra-frais, bio, sol, éleveur engagé… Une segmentation qui tend à démultiplier les types d’emballage et justifie l’investissement dans des équipements adaptés. Bien que très automatisé et informatisé, ce processus emploie tout de même 50 salariés répartis en deux équipes qui permettent de faire fonctionner l’outil de 6 h à 19 h 30. Découvrez le centre de conditionnement en images : Un projet structurant pour la filière Pour Alfred Zacher, une telle réalisation était devenue nécessaire pour « assurer l’avenir de la filière, accueillir une nouvelle génération de producteurs et continuer à rester présent sur tous les tous les créneaux de commercialisation, de la vente directe à la ferme aux GMS, en passant par les grossistes. » Son fils, Mathias, avance d’autres arguments qui ont pesé en faveur de la construction de cet outil : la nécessité de moderniser des installations vieillissantes, d’anticiper les évolutions réglementaires, d’améliorer les conditions de travail, les performances économiques, l’impact territorial et environnemental… Le projet n’aurait pas vu le jour sans l’engagement de plusieurs personnes. Alfred Zacher cite notamment Étienne Wolff, maire de Brumath et conseiller départemental, qui a facilité l’implantation du site dans la zone industrielle de Brumath Nord, soit au centre des trois anciens sites de conditionnement - qui sont aussi les plus gros fournisseurs du centre de conditionnement - et à proximité des axes routiers. Patrick Bastian qui, surmontant une prudence initiale liée au montant de l’investissement, a fait avancer le projet : « Ce qui m’a convaincu, c’est que ce projet contribue à renforcer une filière. Car derrière ce centre, il y a des couvoirs, des fabricants d’aliments, des éleveurs… Tout cela méritait d’investir. Et ses trois porteurs de projets ont fait preuve de beaucoup de pragmatisme et de professionnalisme. » Il a donc œuvré pour obtenir un soutien de la Région Grand Est. Soutien qui s’est avéré supérieur à celui que pouvait octroyer la seule Région Alsace : « Ça a ouvert l’horizon, et les banquiers ont suivi », rapporte-t-il. Jean Rottner, président de la Région Grand Est, confirme : « La Région dispose d’un budget ciblé pour soutenir les industries agroalimentaires, les nouvelles technologies… Avec votre projet, vous avez coché un certain nombre de cases, ce qui vous a permis de bénéficier d’une aide de 1,35 M€ sur un budget total de 4,50 M€. » Alfred Zacher remercie également Jean-Michel Staerlé, responsable de développement à l’Adira, le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole et Alsabail qui ont contribué au financement du projet, ainsi que les familles Martin, Roeckel et Zacher qui, en se portant caution, « se sont lancées dans l’aventure en engageant leurs propres deniers ». Après les tâtonnements du début, l’outil est désormais rodé. La certification International food standard (IFS) a été obtenue en août 2018, l’agrément sanitaire a été accordé suite à l’inspection de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) début septembre, et le site a été audité avec succès par un important client fin septembre. Le chiffre d’affaires est attendu en hausse, à près de 12 M€.

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