commercialisation

Chou à choucroute

Les producteurs au désespoir

Publié le 24/08/2018

Des choux à choucroute à peine plus gros que des pamplemousses… De mémoire de producteur, on avait rarement vu ça ! Les fortes chaleurs qui persistent depuis six semaines ont ruiné les espoirs des producteurs alsaciens qui comptaient sur une belle récolte pour le lancement officiel de la toute nouvelle IGP choucroute d’Alsace.

Laurent Heitz, président du Syndicat des producteurs de chou à choucroute d’Alsace, est formel : pour les variétés semi-tardives dont la récolte va démarrer dans une quinzaine de jours, les prévisions de rendement sont amputées de 30 %, et même de 50 % dans certains cas. Lorsque la température dépasse 30 °C, les spores se ferment et la végétation s’arrête, explique-t-il. Le chou ne grandit plus. Et cela fait six semaines que cela dure… « Plusieurs producteurs subissent la double peine, poursuit-il. Leurs parcelles étaient inondées au printemps, entraînant une asphyxie des racines. Puis les fortes chaleurs ont entraîné un arrêt végétatif total. Certaines parcelles ne seront même pas récoltables. » Pour le président des producteurs de chou à choucroute, la situation est pire qu’en 2003 et 2015. « Le plus pénalisant, ce n’est pas le manque d’eau, mais ces températures extrêmes. Pour que la culture soit rentable, il faut que le rendement atteigne 80 t/ha. En dessous, on perd de l’argent. On est loin du compte… » La saison avait plutôt bien commencé, avec des rendements allant jusqu’à 65 ou 70 t pour les variétés précoces dans les plus belles parcelles. « Mais pour les variétés semi-tardives, c’est une tout autre affaire. D’autant que la pourriture commence à s’installer. » Les parcelles irriguées, en particulier, sont fortement touchées. L’eau stagne dans les feuilles basses, ce qui favorise le développement des champignons. « Nous avons dû réaliser plusieurs traitements fongicides. Un surcoût non négligeable, d’autant que le prix du carburant a flambé. » Le président craint en outre que l’état sanitaire des choux à choucroute ne se détériore très rapidement et « qu’on n’arrive pas à rentrer toute la récolte assez vite ». Consentir une hausse du prix du chou à choucroute Comment sortir de ce marasme ? « Nous demandons que la grande distribution limite les promotions sur la choucroute. Et que les choucroutiers acceptent une hausse des prix pour compenser la perte de rendement et le surcoût lié à l’irrigation. Il faudrait atteindre 100 € la tonne, soit 25 € de plus que le prix habituel. » L’écœurement des producteurs alsaciens est réel, souligne Laurent Heitz. Il redoute que les surfaces ne diminuent encore dans les prochaines années. « Le réchauffement climatique que nous vivons menace l’avenir de cette culture en Alsace. Le chou n’aime pas le chaud. Même en irriguant, on ne peut pas compenser la perte de rendement. »

Brasserie L’Alcolyte à Blienschwiller

Brasseurs et expérimentateurs

Publié le 16/08/2018

La microbrasserie l’Alcolyte a effectué une démonstration de brassage de malt de tritordeum, une nouvelle céréale, sur le stand FW Courtiers et associés le 1er août lors de la journée du parc agricole.

Non sans un brin d’humour en rapport à l’orthodoxie rigoriste des instances de prévention en addictologie, ils ont appelé leurs bières « La notoire », « L’anonyme » et « La chronique », avec, au bas de chaque étiquette, un commentaire narquois, invitant à la dégustation modérée mais dans l’esprit du bien vivre ensemble : « La rousse de la fortune », « Assieds-toi on n’est pas pressé », « Toujours en retard sauf pour ma blonde »… Et, pour couronner le tout, leur microbrasserie en micro-entreprise s’appelle L’Alcolyte. Micro… plus tout à fait ! Cela fait 3 ans que Jérémy Wolfrom d’Itterswiller, salarié viticole, et Pierre Freyermuth de Blienschwiller, étudiant à l’École de management à Strasbourg et à Neoma (ex ESC Reims), se sont lancés dans la brasserie, sur un simple pari entre copains. Et le succès de l’entreprise des deux amis d’enfance est déjà au rendez-vous. Si bien qu’ils cherchent un local pour rassembler toutes leurs activités, de brassage, élevage, et conditionnement. Ils brassent par batch de 200 litres « des bières légères, bien houblonnées à cru, peu chargées, et d’une grande buvabilité » : « On essaie de faire des trucs jeunes et modernes ». Pour l’heure, faute de boutique, les bières de l’Alcolyte sont diffusées sur des points de vente, une dizaine en tout, des restaurants et des bars locaux, des points de vente à la ferme, et ils proposent aussi des fûts. La nouveauté, c’est la pils « Esprit de pils » pour l’été. Mais c’est la blanche, « L’anonyme » qui était proposée à la foire. Viendront prochainement une kriek à la cerise fraîche, une bière en barrique… Mercredi 1er août, les deux jeunes microbrasseurs se sont lancés dans une expérience de brassage de tritordeum, une céréale issue du croisement entre du blé dur et une orge chilienne, qui résiste bien au stress hydrique. Les deux brasseurs découvrent cette nouveauté, mais ses promoteurs tentent de lancer une filière en France. Avis donc aux agriculteurs, et aux transformateurs potentiels de cette farine et de ce malt d’un nouveau genre !

Publié le 29/07/2018

L’agence Claire D sera à nouveau présente dans le Parc Agricole pour présenter l’ensemble de ses créations, dont sa dernière innovation (candidate au Trophée de l’Innovation 2018) : l’impression céramique pour les étiquettes des bouteilles de vin. Une technique qu’utilise déjà la Cave de Turckheim pour « sublimer » ses grands crus.

Il faut parfois peu de chose pour sortir du lot. Pour les étiquettes de vins, une couleur, une forme ou une matière permettent à la bouteille d’attirer l’œil du chaland. C’est la première étape. Après, il faut que cette étiquette soit suffisamment séduisante pour déclencher l’acte d’achat. Belle, oui, sans pour autant être provocante ou tape-à-l’œil. Une équation que tente de résoudre quotidiennement l’agence Claire D depuis 2004 pour ses nombreux clients situés dans le Bordelais, en Champagne et en Alsace. À chaque fois, la réponse apportée est différente. « Avec Claire, on travaille ensemble, progressivement, pour aboutir au résultat espéré », explique Corinne Vonarx, responsable marketing d’Union Alliance Alsace, qui regroupe la Cave de Turckheim et celle du Roi Dagobert. Voilà sept ans que les deux entités travaillent avec Claire Deffarge pour élaborer de nouvelles étiquettes plus « design » et « attractives ». Toute la gamme de la cave du Roi Dagobert y est passée. À Turckheim, le « dernier gros bébé » était la gamme de grands crus. « Nos vins de terroirs n’étaient pas assez mis en avant. On cherchait quelque chose pour les sublimer », poursuit Corinne Vonarx. Plusieurs pistes sont explorées pendant des mois, sans succès. « On était partis sur du nacré, et des étiquettes dessinés avec des motifs complexes. Mais cela n’allait pas. Il manquait le lien avec le terroir, il manquait la magie », confie Claire Deffarge. Et puis, impossible d’être trop novateur pour des bouteilles déjà marquées historiquement et commercialement. « Pour les grands crus, il faut quelque chose de rassurant. Ces bouteilles sont connues depuis longtemps. Il ne fallait pas les dénaturer », justifie Corinne Vonarx. « Raffiner » les codes et couleurs existants La solution sera finalement trouvée « un peu par hasard » après moult essais sur la machine : l’impression sur céramique sur un tout nouveau papier réagissant à la chaleur. « Il a fallu près de trois ans à un industriel italien pour réussir à créer ce papier magique qui est ni mat, ni brillant, mais neutre. Et quand on pose un fer chaud dessus, il devient transparent. Cela a ouvert la porte à de nouvelles possibilités créatives comme l’impression céramique », souligne la créatrice. Seule la lettre du grand cru en question est imprimée selon cette méthode. L’idée étant que la nouvelle étiquette garde les codes et les couleurs de l’ancienne, tout en ajoutant une subtilité qui la rend « sublime » et « raffinée ». Cela fait deux mois que les grands crus commercialisés par la Cave de Turckheim (Ollwiller, Brand, Hengst, Sommerberg) sont vendus avec ce nouvel habillage, plus le pinot noir rouge qui est produit à partir de raisins situés sur des parcelles de grands crus. Ce sont les premiers vins en Alsace à bénéficier de cette technique d’impression sur céramique. La Cave de Turckheim espère maintenant que le succès commercial sera aussi probant que celui rencontré avec les autres bouteilles « rhabillées » par l’agence Claire D, à l’image de la gamme « Racines & Terroirs » de la cave du Roi Dagobert, qui est retenue tous les ans dans les foires aux vins des supermarchés. « Et à chaque fois, ils sont en rupture au bout de quelques jours », se satisfait la responsable marketing de l’Union Alliance Alsace. Il suffisait juste de sortir du lot.

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