événement

Publié le 01/03/2018

Plusieurs raisons objectives expliquent que les vignerons et metteurs en marché du vignoble alsacien se sont fait discrets cette année à VinoVision. Un salon appelé à un bel avenir. Puisqu’en 2019, VinoVision et ViniSud se tiendront à Paris juste après les Word Wine Meeting, pour former la Wine Week.

Se tenait la semaine dernière à la Porte de Versailles la deuxième édition du salon VinoVision, salon des vignobles septentrionaux, avec 340 exposants regroupés dans le hall 4 du Parc des expositions. « Nous sommes un petit salon assez cosy, avec un service proche de l’exposant, un lieu facile d’accès, très facile pour l’Europe de proximité, à 2 heures de Londres, 1 h 30 de Bruxelles », explique Chantal de Lamotte, directrice du salon. « Mais la septentrionalité sans l’Alsace… », poursuit-elle un peu interrogative. Car il est vrai que, cette année, les opérateurs du vignoble alsacien se sont fait plutôt discrets et dispersés, comparé à la Loire, venue en force, la Bourgogne avec ses crus mythiques, le Beaujolais ou la Champagne. Plusieurs raisons à cela, explique Thierry Fritsch, conférencier au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) : « La petite récolte, mais surtout, le vignoble se focalise cette année sur Millésimes Alsace en juin prochain, et sur Prowein, où pas moins de 80 opérateurs feront le voyage ». Récompense aux fidèles Cependant, avec la force de Comexposium, l’organisateur, VinoVision est appelé à devenir un très grand salon. Il est donc important d’y prendre ses marques. « Le prix était de 217 €/m2, avec une remise (de rebooking) à prix garanti sur 2019 », annonce Chantal de Lamotte. Car en 2019, l’événement va prendre une tout autre ampleur : la Wine Week, un événement à la mesure des Vinexpo et autres Prowein, puisque ViniSud et VinoVision se tiendront de concert, ce qui monopolisera deux halls, les bâtiments 4 et 7 de la Porte de Versailles, du dimanche 10 au mardi 12 février 2019. Alors, Paris deviendra en ce début 2019 la capitale des vins français, puisque plus de 20 000 visiteurs, grossistes, distributeurs, importateurs, des plus grandes zones d’achat de vins et spiritueux du monde, seront attendus des 2 000 exposants espérés. Autant dire, que la Wine Week offrira une visibilité exceptionnelle pour ceux qui veulent exporter. Et déjà en 2018, mais surtout en 2019, plusieurs manifestations se tiennent et se tiendront en marge de l’événement. Et en premier lieu, le World Wine Meeting, où là encore, il est bon d’être présent, car il attire à lui un fort visitorat étranger. Cette année, il se déroulait à partir du mercredi 14 février, ce qui permettait aux importateurs et autres agents d’enchaîner sur ViniSud à partir du dimanche 18 février. Sur le principe, les rendez-vous d’affaires sont préprogrammés avec des déjeuners, dégustations, dans les salons de l’hôtel du Collectionneur, un cinq-étoiles à quelques encablures des Champs Élysées. Donc rendez-vous en 2019 pour la Wine Week.

Publié le 07/02/2018

Lancé à l’occasion des 60 ans de la Route des vins d’Alsace, le slowUp a attiré l’an dernier 40 000 visiteurs. Alsace Destination Tourisme en confie à présent l’organisation aux acteurs locaux, qui se sont constitués en association le 24 janvier dernier.

Avec 40 000 visiteurs enregistrés l’an dernier, le slowUp Alsace est la manifestation touristique qui attire le plus de monde dans la région en une seule journée. Elle a été lancée en 2013 pour célébrer les 60 ans de la Route des vins d’Alsace, avec un principe simple : faire redécouvrir une portion de cette route mythique - 31 km - en réservant son accès aux piétons, marcheurs, cyclistes, cavaliers, et à toutes les personnes non-motorisées. Aucune voiture n’étant admise ce jour-là sur le circuit, les visiteurs peuvent profiter en toute tranquillité des attraits de la Route des vins et de la Véloroute du vignoble, située au pied du Haut-Kœnigsbourg : entre Châtenois, Bergheim et Sélestat, plusieurs parcours de difficultés différentes sont accessibles. Ce jour-là, les communes, les associations et partenaires locaux se mobilisent pour proposer des animations sur neuf places festives jalonnant l’itinéraire. Le slowUp ayant atteint sa vitesse de croisière, Alsace Destination Tourisme (ADT), qui en était l’initiateur, a décidé de passer le relais en confiant son organisation aux acteurs locaux. Une association a été créée dans cet objectif le 24 janvier à Scherwiller, sous l’égide d’ADT et de son président, Max Delmond. Baptisée slowUp Alsace de la Route des vins, elle réunit l’ADT, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la communauté de communes de Sélestat, une dizaine de communes des deux départements, ainsi que la société Batorama. « Cette manifestation a pris beaucoup d’ampleur depuis qu’elle a été créée », expliquait Max Delmond lors de l’assemblée constitutive, rappelant que le premier slowUp a rassemblé 15 000 personnes et que son succès s’est amplifié d’année en année. Il était donc temps que « les territoires s’emparent de cet événement touristique ». ADT, qui reste présent en tant que membre fondateur de la nouvelle association, continuera à apporter son savoir-faire : il assurera notamment la promotion du slowUp lors des différentes manifestations et salons auxquels il participe, précise Marc Lévy, directeur d’ADT. Préserver la convivialité Ce passage de relais ne devrait pas changer l’état d’esprit de la manifestation : « Nous souhaitons garder l’ambiance du slowUp qui a l’avantage d’être une manifestation en accès gratuit », précise Pierre Bihl, maire de Bergheim, élu vice-président de la nouvelle association. Il souhaite notamment maintenir le caractère convivial de cette journée dont l’intitulé résume très bien l’esprit (slowUp est une contraction de slow down & pleasure up, qui signifie « ralentit l’allure et augmente le plaisir »). Son collègue Marcel Bauer, maire de Sélestat et également vice-président, voit dans la mobilisation des communes, de leurs élus et des associations, un signe très positif pour l’avenir du slowUp, qui va pouvoir continuer à se développer. Jusqu’à un certain point en tout cas : au-delà de 50 000 visiteurs, les questions de sécurité et de maintien de l’accès à certains sites comme le Haut-Kœnigsbourg et les parcs animaliers voisins, deviendraient problématiques, reconnaissent les élus. Les syndicats viticoles sont en tout cas plus motivés que jamais, témoigne Olivier Sohler, maire de Scherwiller, élu président de l’association. Leurs stands collectifs ont les faveurs des visiteurs du slowUp qui, n’étant pas motorisés, peuvent apprécier les vins d’Alsace en toute sécurité.

Porc. Manifestation FDSEA-JA

Respecter le prix de l’alimentation

Publié le 09/01/2018

Vendredi 5 janvier, révoltés par le prix auquel l’enseigne Leclerc bradait du porc français, une délégation de producteurs de porcs a investi le magasin de Marmoutier. Histoire de rappeler que les porcs ne naissent pas sous vide au rayon frais, mais qu’il s’agit d’un produit noble. Qui mérite d’être payé au juste prix.

« L’année dernière nous étions venus pour dénoncer le prix du lait, cette année nous venons pour dénoncer le prix auquel est bradé le porc », note Julien Moureau, animateur à la FDSEA du Bas-Rhin. Les manifestations se suivent et se ressemblent… sans pour autant être suivies d’effets significatifs et durables. Les États généraux de l’alimentation ont entrouvert une porte sur une issue favorable aux producteurs, dont la voix semblait enfin entendue. Porte entrouverte sitôt refermée avec fracas. Le spectacle du rayon boucherie de l’enseigne Leclerc de Marmoutier laisse en effet un goût amer. C’était la promo de la semaine, vigoureusement mise en avant sur le prospectus publicitaire, au même titre qu’aurait pu l’être un lot de 10 paires de chaussettes. Un îlot entier lui est consacré, auréolé de banderoles colorées. Y sont disposés d’imposants jambons, de la longe, du filet mignon… À des prix défiants toute concurrence : 1,29 €/kg d’épaule, 1,59 €/kg de jambon… « Des prix qui ne couvrent même pas nos coûts de production », se désole Jean Kauffmann, responsable du groupe porc à la FDSEA du Bas-Rhin. Car, selon les cours de l’aliment, le prix de revient pour les producteurs oscille autour de 1,45 €/kg. On est donc loin des intentions des États généraux de l’alimentation qui ont conclu à la nécessité de la construction d’un prix rémunérateur pour tous les acteurs de la filière, prenant donc aussi en compte les coûts de production des éleveurs. Une mesure figurant dans une charte, signée par tous les acteurs de la filière. Les mêmes États généraux de l’alimentation concluent à la nécessité de mieux encadrer les promotions, pour en finir avec la guerre des prix que se livrent les grandes enseignes de la distribution. « Nous ne sommes pas contre les promotions, mais là les prix pratiqués sont abusivement bas », déplore encore Jean Kauffmann. Dans les conclusions des États généraux de l’alimentation, il était d’ailleurs aussi question de relever le seuil de revente à perte économique pour les produits alimentaires… Il ne reste plus qu’à attendre la loi issue des États généraux de l’alimentation, dont la promulgation a été annoncée par le président de la République Emmanuel Macron au premier semestre 2018… Pour avoir un produit de qualité, il faut mettre le prix En attendant, cette opération de promotion passe d’autant plus mal que les éleveurs de porcs ont vécu des années difficiles de 2013 à 2016. Cet été-là, le marché du porc s’est enfin redressé, porté notamment par la demande asiatique, ce qui laissait augurer des jours meilleurs pour les éleveurs. Mais si les distributeurs réduisent leur travail à néant, l’embellie pourrait ne pas durer. Une chose est sûre, ces pratiques jettent le flou dans l’esprit du consommateur : « Moi quand je vois du porc à ce prix-là, je me demande bien ce qu’on leur donne à manger… », commente une cliente. Les éleveurs, eux, le savent. Ils savent aussi comment ils ont amélioré leurs pratiques pour proposer un produit sain, tout en améliorant le bien-être des animaux et en réduisant l’impact environnemental de leur activité. Et ils savent aussi que ces améliorations ont un coût, qu’il s’agit de compenser : « Pour avoir un produit de qualité, il faut mettre le prix », martèle Jean Kauffmann. Cela ne passera que par le respect des engagements de tous les acteurs des différentes filières, et par des travaux concertés sur la construction des prix. Retrouvez cette manifestation en images, avec notre interview de Mathieu Schneider, éleveur de porcs à Schwenheim et reponsable du groupe porc chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin :  

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