Région Grand Est
Une journée très politique
Région Grand Est
Publié le 02/03/2018
Lors de la visite de Jean Rottner au Salon de l’agriculture, mardi 27 février, la politique a été au cœur des débats. Politique agricole, polémique médiatique et question alsacienne ont jalonné le marathon.
« C’est un moment politique aussi, bien sûr. » Jean Rottner ne s’y trompe pas. Le salon permet avant tout d’exposer les gros sujets du moment. Le Parc des expositions de Paris se transforme d’ailleurs en grand village politique et médiatique. Image parfaite, le numéro un du Grand Est vient de se télescoper avec son homologue de la région Auvergne-Rhône-Alpes et président de parti, Laurent Wauquiez. Accolade, échange de banalités devant les caméras. Pas un mot sur la polémique entourant les propos de l’Auvergnat devant des étudiants de l’École de management de Lyon. Jean Rottner n’est pas là pour ça. Et puis, il n’a « pas besoin de venir ici pour parler à Laurent Wauquiez. » Épisode terminé. Le plan loup sur la table Place aux sujets du moment. Le plan loup par exemple. Présenté le 19 février par le gouvernement, il hérisse le poil du monde agricole. La nouvelle réglementation prévoit d’atteindre une population totale de 500 loups, contre 360 aujourd’hui. De plus, le plan prévoit d’indexer le nombre d’abattage de loup sur la croissance de l’espèce, mais n’abolit pas les plafonds autorisés, comme le demandaient les éleveurs. « Je suis dépité de voir que des agriculteurs pensent à arrêter à cause du loup », compatit Jean Rottner. Mais il est surtout en colère car la gestion des tirs de loups incombe désormais aux Régions. En effet, les décisions seront prises au niveau régional afin de mieux répondre aux réalités du terrain. Mais le président de la grande région y voit une autre raison. « On nous refile la patate chaude. » En outre, la politique agricole internationale s’est imposée dans les discussions. Via le ministre wallon de l’agriculture, invité de cette journée inaugurale. Sur l’accord entre l’UE et le Mercosur, l’élu marque sa différence. « Au nom de la défense de l’automobile et de ses AOP/IGP, je crains que la France ne soit plus laxiste sur la nécessité de protéger les éleveurs de bovins viande », s’inquiète René Collin. Avant de revenir à un sujet plus consensuel. La coopération entre régions frontalières. « Nous avons récemment signé un accord avec le Grand Est et la Rhénanie-Palatinat, explique le ministre. Nous avons l’objectif d’améliorer l’économie entre ces régions, de manière circulaire. » Au sujet de la Pac, le responsable estime que l’agriculture ne doit pas devenir un sujet accessoire des autres politiques. « Il doit y avoir un budget suffisant pour la cohésion des territoires, mais aussi pour l’agriculture. » « L’Alsace peut apprendre » Retour à un sujet local. L’éternelle question de la place de l’Alsace dans le Grand Est a déboulé assez vite sur la table. En même temps, tous les ingrédients étaient réunis pour aborder le sujet. Un Premier ministre, un président de région et le préfet en charge de mener la concertation sur l’avenir de l’Alsace (Jean-Luc Marx) réunis pendant deux jours dans un périmètre d’un kilomètre carré. Sans compter l’absence des présidents du Bas-Rhin et du Haut-Rhin qui n’ont pas souhaité s’associer à cette journée. Malgré tous ces signes prémonitoires, Jean Rottner le nie. Non, aucun rendez-vous n’est prévu pour discuter du sujet. « L’Alsace peut s’exprimer, mais elle ne le fait pas en dehors de la région, lâche-t-il, fidèle à sa position. Ce n’est pas huit départements plus deux, mais dix ensemble. » L’élu préfère surtout mettre en avant les possibilités de coopération entre les territoires. « L’Alsace peut apprendre de l’expérience champenoise au sujet de l’accès au marché international, commente-t-il. La Champagne, elle, peut prendre exemple sur les territoires alsaciens en ce qui concerne le tourisme rural. » Et Rottner de se féliciter de voir les deux territoires travailler ensemble au sein de l’Inra sur le secteur viticole. Un cas de figure qui offre une image plus séduisante de la région.












