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Concours de la race montbéliarde

Championnes en devenir ?

Publié le 23/05/2018

Plutôt qu’un concours, c’est un show qu’a réalisé l’Esat du Sonnenhof à Bischwiller. Encadrés par le responsable d’exploitation, Jean-Marie Schoenel, les pensionnaires de l’Esat du Sonnenhof ont présenté quatre génisses sur le ring.

Le saviez-vous ? La montbéliarde est la deuxième race laitière française après la prim’holstein. Six élevages sont inscrits au contrôle de performance dans le Bas-Rhin. Les troupeaux font en moyenne 60 vaches laitières qui produisent 7 657 litres de lait par an, avec un TB de 40,4 ‰ et un TP de 34,2 ‰. « La montbéliarde a été façonnée pour être une race mixte, explique Luc Voidey, directeur technique d’Élitest. Elle s’adapte à tous les systèmes d’élevage. » La ferme du Sonnenhof à Bischwiller est un élevage emblématique de cette race dans notre région. Son troupeau, qui se compose de 50 vaches laitières, produit une moyenne annuelle de 9 000 l de lait par vache, avec un TB de 39 ‰ et un TP de 34,4 ‰. « Quel élevage ! » s’est écrié Luc Voidey, qui officiait comme juge pour ce miniconcours. Sur les quatre génisses en concours, deux sont des filles de CAT Java, championne espoir à Eurogénétique 2017, meilleure mamelle et championne espoir au Sommet de l’élevage en 2017 et championne jeune et meilleure mamelle au Concours général agricole de Paris 2018. CAT Java est elle-même la fille de CAT Haïda, grande championne et meilleure mamelle du concours montbéliarde de Swiss Expo 2018. C’est le cas de CAT Madame, issue du taureau Idrolic. Solidité, largeur de poitrine et profondeur de flanc caractérisent cette « superbe génisse » qui se classe première de ce concours. CAT Najah, issue du taureau Fabio, arrive en deuxième position. Une génisse très équilibrée, très solide, selon Luc Voidey. « Elle est moins développée que la première, mais quel style ! » CAT Maude (père Hobiwan) arrive en troisième position, devant CAT Neige (père Jipix), « qui a une belle carrière en perspective ». « Un grand bravo à l’équipe de l’Esat du Sonnenhof et à son responsable, Jean-Marie Schoenel, président du syndicat de la race montbéliarde », a ajouté Rémy Bierbaum, technicien Élitest.

Concours de clippage et de présentation

Les filles aux premiers rangs

Publié le 23/05/2018

Au concours de clippage comme à celui des jeunes présentateurs, ce sont les filles qui s’adjugent les premières places.

Yoann Henrion n’en est pas revenu : le juge des concours de clippage et de présentation, qui intervenait samedi soir au festival de l’élevage, ne s’attendait pas à voir défiler autant de jeunes sur le ring. Ils étaient environ 80 : fils et filles d’éleveurs, copains, copines, camarades de lycée, stagiaires. « Non seulement ils étaient nombreux, mais ils avaient un excellent niveau. Même les plus jeunes connaissaient les règles de la présentation », commentait Yoann Henrion à l’issue de la soirée. Premiers à défiler, les 12 jeunes ayant suivi les deux journées de formation de l’école des jeunes présentateurs, courant avril à la ferme Wilt de Dachstein. C’est là qu’ils ont appris toutes les astuces pour préparer des vaches aux concours : toilettage, clippage, marche devant un public… Ils sont jugés à la fois sur la mise en valeur de l’animal, mais aussi sur leur façon de le présenter au juge, de le faire défiler dans le calme et de ce point de vue, les meilleurs candidats sont ceux qui forment un véritable duo avec leur animal. Yoann Henrion désigne d’abord les trois meilleurs de chaque section, puis fait revenir dans le ring les quatre arrivés en tête pour une nouvelle confrontation. Les quatre jeunes filles - Claire Cousandier, Morgane Wendling, Marie Goos et Lydie Gloeckler - défilent une nouvelle fois sous l’œil du juge qui doit les départager. Pour y parvenir, il introduit une difficulté supplémentaire en demandant à chaque meneuse de changer de génisse. Après de longues minutes de suspens, son choix est fait : il attribue la première place à Morgane Wendling, d’Ingenheim, et la seconde à Marie Goos, de Blaesheim. Il salue le « travail remarquable » effectué par les deux filles d’éleveurs, qui ont réussi une mise en valeur « homogène et de qualité ». « Époustouflé » Vient ensuite le tour des jeunes présentateurs qui ont fait le choix de la race simmental. Camille Seemann se détache des autres candidats. Un bon maintien de l’animal, grâce à un licol en cuir, un défilé dans le calme et dans le respect des règles de présentation lui font remporter le premier prix dans cette catégorie. Les jeunes présentateurs qui ont fait le choix de défiler avec une génisse prim’holstein, plus nombreux, sont répartis en sept sections. La première, entièrement féminine, rassemble des bouts de chou dont la plupart ont moins de 10 ans et sont accompagnés par leurs parents. Yoann Henrion est « époustouflé par leur professionnalisme, leur concentration et leur envie de bien faire ». Les autres sections se succèdent dans le ring, avec des candidats un peu plus âgés et déjà expérimentés. Le juge règle le rythme du défilé, ordonnant d’un geste l’arrêt des animaux ou leur mise en rang. Tout en restant attentifs aux consignes, les candidats veillent aux réactions de leur génisse et s’efforcent de bien replacer leurs membres ou de corriger leur ligne de dos quand le besoin s’en fait sentir. La bonne maîtrise de l’animal, la fluidité des déplacements et le naturel font la différence. Au classement, tous les premiers prix de section échoient à des filles. Et lorsque le juge doit faire un choix entre les deux premières de chaque section, il décerne le premier prix à Salomé Vieux, tandis que Julie Wendling et Mathilde Goos obtiennent le deuxième et le troisième prix.

Festival de l’élevage

« Un rendez-vous incontournable »

Publié le 18/05/2018

Doudounes et bonnets de laine étaient de sortie, dimanche au plan d’eau de Brumath. Qu’importe ! Dans le ring, l’ambiance était au beau fixe. Autour des barrières de sécurité, un public nombreux s’est agglutiné tout au long de la journée pour encourager les éleveurs. Les élus ont eux aussi bravé les frimas pour participer à cette grande fête agricole.

Sur le coup de midi, personnalités politiques et responsables agricoles n’ont pas hésité à faire le déplacement, pour l’inauguration officielle de cette manifestation placée sous la présidence d’Anne Sander, députée européenne. Marc Schneider, le président du comité d’organisation du festival de l’élevage, s’en est félicité. « Vous pouvez admirer le fleuron de l’élevage bas-rhinois et discuter avec les éleveurs qui vous transmettront leur passion », a-t-il souligné avant d’ajouter : « Merci aux éleveurs haut-rhinois et mosellans qui se sont joints à nous. » « J’ai peur que le soufflé ne retombe » Si la conjoncture s’est un peu améliorée, les prix restent bas, a-t-il poursuivi. « Dommage, avec toutes les contraintes qu’on nous impose, que nos produits ne soient pas mieux valorisés. On avait placé beaucoup d’espoirs dans les États généraux de l’alimentation (EGA), mais j’ai peur que le soufflé ne retombe. Mesdames et Messieurs les élus, aidez-nous à pousser le carrosse pour faire avancer l’agriculture. » Étienne Wolf, maire de Brumath et vice-président du Conseil départemental du Bas-Rhin, a fustigé la manifestation des animalistes - une soixantaine d’entre eux s’étaient regroupés à l’entrée du plan d’eau. « Pourquoi ne pas s’engager plutôt dans une démarche humanitaire pour venir en aide à ceux qui, à travers le monde, vivent dans des conditions très précaires ? » Il a assuré les éleveurs et, partant, les agriculteurs, du soutien du Département. « Nous restons à vos côtés dans la difficulté. » Au nom des organisations agricoles, Denis Ramspacher, vice-président de la Fédération nationale des producteurs de lait, a félicité Marc Schneider d’avoir pris la relève de Jean Bernhard, « rassembleur des éleveurs depuis des années ». Plus largement, il a remercié tous ceux qui participent à la réussite de ce festival, les syndicats d’élevage, la Chambre d'agriculture, Conseil Élevage, Élitest, le Comptoir agricole, ainsi que les autres partenaires. Il a souligné la participation importante des jeunes éleveurs, que ce soit lors du concours de présentation le samedi ou des concours de race le dimanche. « C’est d’autant plus important que d’ici quelques années, 50 % de la production laitière va changer de main. Certains de ces jeunes vont s’installer, d’autres vont agrandir leur cheptel, et donc investir. » « Si les agriculteurs se sont tellement mobilisés pour les EGA, c’est qu’ils n’arrivent pas à vivre de leur métier, a insisté Denis Ramspacher. Un tiers d’entre eux vivent avec moins de 350 €/mois. » Mais le socle de départ semble avoir été oublié, au profit du bien-être animal, de la segmentation des marchés… Le syndicaliste met en garde : « Nous ne pouvons intervenir que sur le marché intérieur, au risque de mettre en péril nos exportations. Et, de toute façon, nous ne ferons jamais le poids face aux distributeurs. Vous ne pourrez pas les empêcher de s’approvisionner à l’étranger… » Autre source d’inquiétude, la Politique agricole commune. La proposition de la Commission européenne de réduire de 5 % le budget de la Pac est tout simplement inacceptable. « En cette période difficile, l’agriculture a besoin de tous les soutiens », a affirmé Denis Ramspacher. Race stabiliser : une introduction réussie « Au-delà de la fête de l’élevage, c’est la fête du monde agricole. Un lieu de débat, d’échanges, un rendez-vous incontournable », a souligné Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est. Et les sujets de débat ne manquent pas, car l’agriculture est malmenée de tous les côtés… Aussi est-il important de faire passer des messages d’espoir. Installation, marchés, compétitivité, exportation… Patrick Bastian a rappelé les grands axes de la politique agricole régionale. « Nous venons d’avancer sur le dossier de l’autonomie fourragère des élevages, d’autant plus importante que de nouvelles filières se mettent en place (lait sans OGM, lait de prairie, etc.) » D’autres projets sont dans les tuyaux, comme la création d’un « big data » rassemblant l’ensemble des données des exploitations d’élevage, mais aussi le soutien à l’installation des jeunes et à la génétique ovine. « L’introduction d’une nouvelle race bovine, stabiliser, par l’association Bovinext semble être un succès. Vu le nombre de transplantations d’embryons réalisées, les éleveurs y croient. » Concernant la politique européenne de la France, Patrick Bastian lance une injonction au gouvernement : « Osons, fonçons, prenons des risques ! » Si l’on veut mettre en place une nouvelle politique - NDLR : la politique de défense et de sécurité voulue par Emmanuel Macron -, il faut prévoir de nouvelles ressources et non pas rogner sur le budget de la Pac. Patrick Bastian n’y va pas par quatre chemins : « La gestion des fonds du 2e pilier est mauvaise. Les retards de paiement des aides sont intolérables. » Pour autant, une renationalisation de ces aides serait une grave erreur, estime-t-il. « La Région est à même de gérer les fonds du deuxième pilier, à condition de lui donner les pleins pouvoirs. » Les élections européennes approchent à grands pas, a souligné Patrick Bastian. « Il faut se battre dès maintenant. » En attendant, il a affirmé son soutien à Anne Sander, « qui connaît les rouages, les dossiers ». Martine Wonner était présente l’an dernier à Brumath en tant que candidate aux élections législatives. Aujourd’hui députée de la quatrième circonscription du Bas-Rhin, elle était à nouveau dans le ring cette année, car elle veut connaître la réalité du terrain. « Je sais tous les espoirs que vous placez dans les États généraux de l’alimentation. Il faut que le projet de loi corresponde à ces attentes. Sinon, cela ferait beaucoup de travail pour rien ! Il faut aller vite, car la vulnérabilité des éleveurs et des agriculteurs est réelle. » Encore un peu de patience : le projet de loi sera examiné par l’Assemblée nationale le 22 mai prochain… « L’équipe de France doit aller dans le même sens » « Les élus qui assument leur vote agricole sont toujours moins nombreux, car ils écoutent ceux qui crient le plus fort. Et pour l’instant, ce ne sont pas les agriculteurs… Je me suis engagée au niveau européen pour défendre leurs intérêts », a rappelé l’eurodéputée Anne Sander. Son objectif ? « Défendre tous les modèles agricoles, ne pas imposer un modèle unique. » Son vœu ? Que l’équipe de France aille dans le même sens, ce qui suppose de travailler en complémentarité à tous les niveaux. La baisse annoncée du budget agricole européen n’est pas acceptable, estime-t-elle. « Là aussi, il faut faire entendre la voix de la France ! » Et la renationalisation des aides Pac serait une très, très mauvaise idée. « Là aussi, il faut se battre. Sinon, gare aux distorsions de concurrence ! » Le règlement Omnibus entré en vigueur le 1er janvier 2018 a apporté une série d’améliorations techniques qui doivent simplifier la vie des agriculteurs européens. Il donne notamment aux organisations de producteurs la possibilité de négocier collectivement, quel que soit le secteur de production, les modalités de partage de la valeur sans tomber sous le couperet de la loi sur la concurrence. Concernant les accords commerciaux internationaux, les discussions avec le Mercosur ont été interrompues, car elles étaient préjudiciables à la filière agricole européenne. « Mais n’oublions pas que d’autres accords commerciaux, à l’instar de celui conclu avec le Japon, sont bénéfiques pour l’agriculture française, en particulier pour la filière bovine. »

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