événement

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Le sourire avant la grimace

Publié le 14/06/2018

Avant de se joindre au blocage du dépôt de carburant strasbourgeois, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont assuré la promotion du « manger local » sur le parvis du Parlement européen de Strasbourg. Une opération Sourire organisée à l’occasion des portes ouvertes de l’institution.

« Pourquoi manger local ? » À l’entrée de la tente tenue par les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, un panneau énumère huit raisons qui plaident pour une alimentation de proximité. Consommer des produits frais et de saison, soumis à de strictes règles de production, favoriser le lien entre producteurs et consommateurs, générer moins de transport, donc moins de pollution, sont quelques-uns des arguments mis en avant. Une cinquantaine de Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin étaient mobilisés dimanche 10 juin sur le parvis du Parlement européen de Strasbourg pour relayer ces arguments auprès du grand public, venu découvrir l’institution. Par leur opération Sourire, les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin s’associent aux portes ouvertes du Parlement européen, en cette année européenne du patrimoine culturel, qui constituait le thème de cette édition 2018. Si la forme a changé au fil des ans, leur participation reste marquée par la convivialité et la bonne humeur. Dès le matin, une trentaine de membres du syndicat s’activaient pour monter la tente, installer les tables et les bancs, monter les fours à tartes flambées et le barbecue. « Le menu est 100 % local », soulignait Julien Koegler, nouveau président des JA 67. Tartes flambées, grillades, boissons et chaleur estivale : tout était à l’unisson. Sur l’écran géant, placé en face de la tente des Jeunes Agriculteurs, défilent les visages de plusieurs parlementaires européens. Anne Sander y défend sa conception d’une Europe ouverte. Avec d’autres députés français et allemands de divers groupes politiques, elle a accepté de dialoguer et d’échanger avec le grand public dans l’hémicycle. Une opération Sourire plus politique, à moins d’un an des élections européennes de mai 2019. Dieter et Monika ne s’attardent pas devant le four à tartes flambées : venus d’Offenbourg, ils s’apprêtent à visiter le Parlement européen pour la première fois. Comme eux, Guillaume et sa compagne aspirent à découvrir le fonctionnement de cette institution qu’ils connaissent mal, bien qu’étant tous les deux Strasbourgeois. L’agriculture locale, en revanche, ils la connaissent et ils l’apprécient puisqu’ils s’approvisionnent chaque semaine au marché de Neudorf, où sont présents plusieurs producteurs de la région. Peu avant midi, tout est prêt pour le rush de 13 h : c’est à ce moment-là que les premiers visiteurs sortent généralement de l’édifice, sacs remplis de documents sur les institutions européennes, mais le ventre vide et le gosier sec. Donc particulièrement réceptifs au message porté par les JA…

3e édition d’Agriculture de demain

« Se projeter vers l’avenir »

Publié le 08/06/2018

La troisième édition d’Agriculture de demain a été inaugurée en grande pompe le 30 mai dernier au lycée agricole d’Obernai. Élus et responsables professionnels ont salué unanimement une manifestation qui se veut un « tremplin » pour l’avenir de la profession agricole.

« Nous devons aller dans le sens du raisonné, de l’acceptable, pour laisser des perspectives heureuses aux prochaines générations. » Premier à prendre la parole lors de l’inauguration du salon Agriculture de demain, le maire d’Obernai, Bernard Fischer, donne le ton. Pour lui, cette manifestation créée en 2014 est là pour apporter des réponses à des enjeux « planétaires » comme la qualité des sols. Une problématique que la profession agricole a prise à bras-le-corps ces dernières années et qui dispose encore de grandes marges de manœuvre. Pour le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, la situation est simple : l’agriculture se trouve aujourd’hui à un tournant de son existence. « Les capteurs, la robotique vont révolutionner notre méthodologie. L’évolution technologique qui frappe à nos portes va nous permettre de pratiquer une agriculture plus efficiente, plus respectueuse de l’environnement et aussi plus efficace pour nos agriculteurs. C’est une évolution qui va répondre aux attentes sociétales. » C’est aussi une évolution qui n’a pas d’étiquette accrochée à son dos. À ce salon, on ne parle pas d’agriculture biologique contre un modèle plus conventionnel. Les solutions présentées se veulent transversales. Un élément essentiel aux yeux de Maurice Meyer, président d’Alsace Bio : « Nous sommes ici pour voir ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous différencie. C’est comme ça que notre agriculture pourra évoluer. » À condition de sensibiliser les jeunes générations le plus tôt possible. C’est pour cette raison que la manifestation est organisée depuis ses débuts dans l’enceinte et à proximité des lycées agricoles (Rouffach en 2014 et 2016, Obernai cette année). « Pour nos élèves, c’est une manière d’apprendre autrement. On montre, de manière concrète, ce qui est de l’ordre du réalisable et de l’ordre du non réalisable », souligne le président du lycée agricole d’Obernai, Franck Sander. Reste à profiter de la dynamique existante autour de cette manifestation pour faire des émules dans toute la région. C’est en tout cas l’attente glissée par le président de la Chambre d'agriculture de région Grand Est, Jean-Luc Pelletier. « Ce salon permet à tous les agriculteurs de s’améliorer. Je souhaite qu’il prenne de l’ampleur à l’échelle de notre grande région qui devra résoudre deux défis majeurs : améliorer les revenus de nos agriculteurs tout en répondant aux attentes des consommateurs. » Le député de la sixième circonscription du Bas-Rhin considère pour sa part que ce salon permet à toute la profession de se projeter dans l’avenir. « Il n’y a pas de secteur qui changera plus que l’agriculture. Il y aura des réflexions différentes avec des manières de produire différentes. Mais l’objectif restera le même : nourrir vos concitoyens et continuer à enrichir l’économie. Et nous avons un défi ici, en Alsace, c’est de trouver les voies du développement tout en consommant moins d’espace. Cette réflexion démarre ici. »

Publié le 08/06/2018

La troisième édition du salon Agriculture de demain a refermé ses portes sur un bilan qualitatif unanimement reconnu, mais quantitativement plus mitigé. La manifestation a en effet accueilli à peine plus de 1 000 professionnels aguerris ou en devenir, étudiants ou personnes en reconversion. Et ce, malgré un programme de conférences et d’ateliers de haut vol, un pôle diversifié d’une cinquantaine d’exposants et une météorologie très favorable.

Le thème de cette troisième édition sur la fertilisation était porteur, explique Maurice Meyer, directeur d’Alsace Bio, société partenaire et co-organisatrice de la manifestation. Tous les partenaires ont porté l’événement de façon active, en diffusant très largement les invitations dans leurs réseaux et cela, à l’échelle du Grand Est. On aurait donc pu s’attendre à une fréquentation bien supérieure à celle de 2016. Ce désintérêt montre à l’évidence le malaise croissant d’un secteur en souffrance… Sur les quelque 1 000 professionnels qui ont fait le déplacement sur la manifestation, beaucoup venaient des différents départements de la Région Grand Est (Moselle, Haute-Marne, Vosges), quelques-uns d’Allemagne et de Suisse… d’autres arrivant même de Chine. En effet, une délégation de cinq représentants de l’Université d’agriculture de Pékin était présente les deux jours, d’une part pour y présenter une conférence passionnante sur le développement de l’agriculture biologique en Chine (lire ci-dessous) ; d’autre part pour participer aux différents ateliers démonstrations proposés, qu’ils ont suivis avec attention et intérêt. Un nombre important d’élèves et étudiants étaient également au rendez-vous. Organisé cette année pour la première fois à l’échelle de la Région Grand Est, Agriculture de demain est un rendez-vous professionnel bisannuel, porté par les Chambres d’agriculture Alsace et Grand Est, Arvalis-Institut du végétal, l’Organisation professionnelle de l’agriculture en Alsace (Opaba) et Alsace Bio. « Nous restons convaincus que ce type de manifestation très pointue tant dans le choix des thèmes que dans la qualité de ses intervenants est important pour les professionnels du secteur. Reste à savoir comment l’adapter au mieux pour les motiver à venir plus nombreux. C’est notre prochain défi… nous avons deux ans pour y réfléchir », conclut Maurice Meyer.

Pages

Les vidéos