événement

Publié le 11/05/2018

Emma Morier va participer pour la première fois aux concours de présentation et de génisses du festival de l’élevage, ce week-end à Brumath. À 14 ans, cette fille d’éleveur lorgne sur l’événement depuis plusieurs années.

Dans quelques jours, elle défilera au centre du ring. La fin d’une attente de plusieurs années. Car en 2017 et 2016, Emma Morier a suivi les concours du festival de l’élevage de Brumath depuis les gradins. Samedi soir, elle participera à l’épreuve de présentation et dimanche à celle des génisses prim’holstein. Elle sera la première de la famille à inscrire son nom sur la liste des compétiteurs. Ce qui lui a donné envie de se lancer ? « Sa jument qu’elle adore brosser, peigner », croit savoir Laurent, un papa très fier. Pourtant, ce week-end, pas de cheval, mais une génisse pour accompagner sa fille. Nina, une prim’holstein de 7 mois. « On l’a habituée à marcher dans un espace fermé, je la savonne, je la brosse », explique Emma. École des jeunes présentateurs et conseils d’anciens Pour s’entraîner, elle a participé à la journée de formation des jeunes présentateurs, mi-avril à Dachstein. Et puis, Laurent compte aussi sur les anciens pour délivrer leurs bons conseils en fin de semaine. Lui ne pourra pas vraiment aider sa fille car il n’a « jamais eu le temps de participer ». Quoi qu'il en soit, ce chef d’un élevage de cent vaches laitières, à Donnenheim, portera un regard connaisseur sur les performances d’Emma. Mais quel que soit le résultat, l’émotion sera au rendez-vous. Une belle manière de conclure une année bien chargée pour Emma. Elle va passer son brevet des collèges en juin avant de partir en classe de seconde générale à Haguenau. Car si cela ne tenait qu’à elle, Emma commencerait des études agricoles. Pourtant, vu la conjoncture économique et son âge, ses parents préfèrent lui donner « une année supplémentaire pour réfléchir et décider de son avenir. » Très bien. Mais avant ça, il y aura les grandes vacances. Ouf !  

Publié le 10/05/2018

Coup de tonnerre dans la communauté des éleveurs du Grand Est. Le salon Cœur d’élevage, qui devait se tenir du 21 au 23 juin prochain au Parc des expositions de Colmar, a dû être annulé par les organisateurs, faute de participants, de financement, mais aussi d’organisation et d’entente entre les professionnels.

Le président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, Laurent Wendlinger, est le premier à regretter cette annulation. « Le projet était ambitieux et devait prendre la suite d’Eurogénétique. Une des complexités de cette manifestation semble précisément être son ampleur. Tous les partenaires économiques et financiers ne sont visiblement pas prêts à s’inscrire dans un projet aussi important. Et le lien n’a peut-être pas été fait suffisamment avec la manifestation spinalienne. » Laurent Wendinger poursuit : « Le parc-expo de Colmar voulait un équilibre financier. Il n’a pas pu être trouvé dans l’immédiat. Un second point important semble avoir posé problème, l’aspect sanitaire. Les normes à respecter sont toujours plus contraignantes. Or il était question d’une manifestation internationale, avec des éleveurs venus de Suisse et d’Allemagne, notamment. Sans cette large vision, Cœur d’Élevage n’aurait pas eu la même dynamique. Pour ma part, je pense toujours qu’il y a de la place pour une manifestation d’élevage d’envergure dans le Grand Est. Nous avons pu en avoir un superbe exemple en 2016 avec la confrontation européenne à Colmar qui a été une belle réussite. Reste à savoir si les gens seront capables de se remobiliser à l’avenir. Et surtout, les partenaires sont-ils prêts à mettre des moyens financiers importants ? Cette année, cela n’a, semble-t-il, pas été le cas. » « Le lieu était idéal » « Le lieu était idéal : de belles infrastructures, plus adaptées que le Parc des expositions d’Épinal où se déroulait le salon Eurogénétique. Mais apparemment, les sponsors et les exposants n’ont pas répondu présent, ou du moins pas suffisamment vite », estime un responsable professionnel bas-rhinois. Trop d’individualisme, pas assez de collectif, telle serait l’une des raisons de cet échec. « L’équipe organisatrice était trop restreinte pour prendre en charge une telle organisation. » « Les organisateurs ne voulaient que des éleveurs dans le comité d’organisation. Mais pour une manifestation de cette taille, il faut s’entourer de toutes les compétences, car c’est un travail titanesque. » Une autre remarque va dans le même sens : « On ne peut pas critiquer la Chambre d’agriculture et réclamer ensuite son soutien. » Une manifestation de trop, en plus de Brumath et de Habsheim ? « Non, car le public visé n’était pas le même. C’était une manifestation à vocation internationale », indique un président de syndicat. Mais les nouvelles contraintes sanitaires (quarantaine) imposées récemment à la participation des animaux étrangers suite à la résurgence de la FCO ont porté le coup de grâce à ces ambitions. « Très peu d’éleveurs étrangers auraient fait le déplacement. » Un autre professionnel précise toutefois : « Il convient d’être prudent sur l’attrait que peut avoir un tel salon sur les éleveurs allemands et autrichiens. On ne peut pas se baser sur le succès de la Confrontation européenne prim’holstein qui reste un événement unique et qui est une affaire de passionnés. » « L’Alsace n’est pas une terre d’élevage » Plusieurs responsables du monde de l’élevage insistent sur le fait que l’Alsace n’est pas une région d’élevage. « Nous n’aurons jamais le même potentiel que l’Ouest (Space) ou le Massif Central (Sommet de l’élevage) pour organiser une manifestation d’élevage. Il y a plus d’éleveurs dans un département breton que dans toute la région Grand Est ! Eurogénétique, c’était 15 000 entrées payantes, là où le Sommet de l’élevage de Cournon en fait 100 000… » Non seulement il y a peu d’éleveurs, mais « tous les acteurs qui gravitent autour du monde de l’élevage (insémination, alimentation, machinisme…) ont beaucoup moins de moyens à déployer qu’en Bretagne par exemple ». De fait, de gros constructeurs ne se sont pas engagés à soutenir la manifestation car ils sont déjà présents au Space, avec une visibilité et une rentabilité garanties. Ce qui n’était pas forcément le cas de Cœur d’élevage. « Pour moi, c’est la chronique d’un désastre annoncé, affirme un technicien. C’est dommage, car c’était une belle vitrine pour l’élevage de la région ! » « Du coup, il manque un grand concours dans l’Est de la France », renchérit un président de syndicat. Pour autant, il ne faut pas baisser les bras et profiter de cette année de pause pour rebondir, mettre en place une organisation plus efficace, s’accordent à dire les personnes interrogées. Les départements du Grand Est invités à Habsheim De son côté, Sébastien Stoessel, président du service élevage de la Chambre d'agriculture, regrette, « comme l’ensemble des professionnels haut-rhinois », l’annulation de la manifestation. « Je ne vais pas revenir sur les conditions qui ont conduit à cette décision. Politiquement, et j’ose l’affirmer, certains n’ont sans doute pas voulu que cela se fasse en Alsace, à Colmar, dans la configuration proposée par Thomas Prinz. Résultat, nous n’avons pas d’événement majeur dans le Grand Est. C’est dommage, et d’autant plus regrettable que cela a cassé une dynamique chez les éleveurs. Car il s’agissait bien d’un projet porté par et pour les éleveurs, adossés à une structure privée. Malheureusement, cette dernière, pour diverses raisons, a pris la décision d’annuler la manifestation. » Une bonne nouvelle, toutefois : « Avec David Butsch et Jean-Philippe Meyer, les présidents des syndicats holstein et montbéliard, nous avons pris la décision, pour l’édition 2018 du concours de Habsheim, d’inviter les départements du Grand Est, à raison de cinq animaux holstein par département. Et pour 2019, d’organiser un concours montbéliard interdépartemental, annonce Sébastien Stoessel. Nous le faisons pour garder une dynamique alsacienne forte, malgré ce revers. Mais aussi par respect pour le temps passé par Thomas Prinz, Franck Guittard et l’ensemble de l’équipe. »

Concours des grands vins blancs du monde

La course à l’or… blanc !

Publié le 13/04/2018

Dix-huit pays ont concouru les 8 et 9 avril pour décrocher les prestigieuses médailles d’or du concours des grands vins blancs du monde. Une édition 2018 étoffée d’un 6e concours, celui des vins blancs de cépage et d’assemblage du monde.

C’est au Palais des congrès à Strasbourg que la directrice des salons de Strasbourg Événement, Josiane Hoffmann, et Christine Collins, chef de projets, ont accueilli les 70 membres du jury international du concours des grands vins blancs du monde, les 8 et 9 avril. Dix-huit pays ont participé à cette édition, sous le patronage renouvelé de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), pour ces six concours, riesling, sylvaner, pinot gris, pinot blanc, gewurztraminer, le dernier étant consacré aux vins blancs de cépage et d’assemblage du monde. Christine Collins a précisé aux membres du jury que, pour les vins de cépage et d’assemblage, les critères de dégustation sont « identiques aux autres concours », que « c’est 100 % cépage », dont du chardonnay entre autres, « qu’il faut faire abstraction de son goût personnel et ne pas chercher à deviner le cépage ». Exercice pas si facile pour certains. Les dégustateurs internationaux, issus de la viticulture, de l’œnologie, de la sommellerie et de différents métiers ont noté et commenté les échantillons de vins selon leurs aspects visuels et olfactifs, l’impression donnée au palais, celle d’ensemble et la typicité du produit. Un maximum de 30 % des vins peuvent être médaillés, le minimum de 85 points étant requis pour une médaille d’or. Rieslings, impressions contrastées Sur une première série de rieslings, les commentaires ont différé. Le professeur docteur Monika Christmann, présidente de l’OIV, a exprimé sa déception, n’ayant pas eu « d’enthousiasme ». Elle a trouvé ces vins « un peu plats, tellement jeunes, malgré un millésime 2015 ». Wolfgang Hehse, œnologue allemand, a partagé cet avis sur une série de rieslings 2016, qu’il a jugé « moyens ». Justine Schmitt, reine des vins d’Alsace, a jugé des rieslings 2016, « pas assez expressifs » selon elle. Alicia Eckert Diaz, de Colombie, s’est dit déçue : « La qualité attendue dans ce concours de haut niveau n’était pas au rendez-vous ». À l’inverse, Serge Dubs, meilleur sommelier du monde 1989, s’est dit vraiment « épaté » par sa série de rieslings grands crus 2015, « des plus secs aux plus riches, avec de grands écarts de sucre résiduels ». Ils sont différents mais ce sont « des vins dynamiques ». Une série particulièrement belle, avec quatre médailles d’or attribuées a priori, en espérant que « parmi eux figure un vin alsacien » ! Pélagie Herzog, œnologue de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, présidente de table, a pu apprécier une série de rieslings 2017, secs et plutôt réussis, avec trois médailles d’or. Jessica Quillet, Canadienne, a été séduite par la série dégustée, rappelant que ce cépage, « peut produire tellement de choses différentes. En ce dimanche, c’est un bon jour pour les rieslings » ! Le journaliste américain Michael Schaefer, conquis par la série de rieslings 2017, « aromatiques, très typiques », indique qu’il aborde la dégustation « avec un esprit ouvert, pour aller à la rencontre des vins sans idées préconçues ». Quatre maisons alsaciennes primées Cette édition 2018 a consacré les blancs d’Alsace avec quatre domaines alsaciens qui remportent les grands prix des six concours. Pour le riesling du monde, c’est la Maison Wolfberger d’Eguisheim avec un riesling 2015 Sélection de grains nobles. La Maison Welty d’Orschwihr décroche le grand prix gewurztraminer du monde sur un gewurztraminer AOC Alsace 2015 SGN. Pour le pinot gris du monde, le jury a choisi le SGN 2015 de la Maison Scherb Bernard et fils SCEA de Gueberschwihr. Le grand prix sylvaner du monde a été attribué à la maison Ruhlmann-Schutz de Dambach-la-Ville avec son Péché de sylvaner 2016. Le grand prix pinot blanc du monde a été décroché par Vinselekt Michlovsy AS à Ravicela en République tchèque. Le 6e concours des vins blancs de cépage et d’assemblage du monde a été remporté par la Slovaquie qui est distinguée avec un tokay cuvée Slamové vino d’Ostrozovic Spol Sro à Velna Terna.

Pages

Les vidéos