A la une

Publié le 23/12/2022

L’année 2022 sera la plus chaude jamais observée en Alsace depuis le début des relevés météo fiables en 1924. Elle détrône ainsi… 2018 et 2020 avec un excédent annuel de +2 °C par rapport à la moyenne. Une rétrospective de Christophe Mertz, notre partenaire météo d'Atmo-Risk.

Plus de 90 % de l’année s’est déroulée sous des températures au-dessus des normales de saison, et de nouveaux records de chaleurs ont été battus. Une nouvelle année qui vient confirmer les tendances climatiques en cours, entre chaleur omniprésente, froid de plus en plus rare, et sécheresse estivale… L’hiver 2021-2022 est inexistant. Le gel est rare et le mois de février 2022 connaît déjà un très fort excédent de douceur. Après une période de gel début mars, localement assez marqué (- 8 °C à Meyenheim le 8 mars et - 5,5 °C à Entzheim le 9, soit la température la plus basse depuis le 1er janvier), une première flambée de douceur a lieu en fin de mois avec plus de 23 °C le 28 mars. Le mois d’avril est à nouveau marqué par des gelées tardives, parfois marquées. Ainsi, on relève - 4,9 °C à Entzheim le 4 avril. Les dégâts agricoles sont heureusement une nouvelle fois plutôt limités en Alsace, relativement épargnée par rapport à d’autres régions comme la Normandie, la Champagne, la Bourgogne ou même le Languedoc, où les pertes sont parfois très importantes. Un été au sec La chaleur et la sécheresse s’installent dès le mois de mai. Il fait 34,6 °C le 20 mai, ce qui représente un nouveau record absolu de chaleur pour un mois de mai en Alsace. Logiquement, il s’agit du mois de mai le plus chaud jamais observé, avec une température maximale moyenne de 24,9 °C, digne d’un mois de juillet normal. La pluie se fait rare, il ne tombe que 10 à 20 mm en général. En juin, la chaleur reste omniprésente, le temps est souvent lourd et orageux. On bat à nouveau des records de chaleur absolus pour un mois de juin, avec 37,7 °C mesurés le 20 juin. Le soir du 26, de violents orages éclatent sur la région. Ils provoquent l’une des plus violentes chutes de grêle en Alsace depuis une bonne dizaine d’années. Plus de 50 communes, notamment dans le Bas-Rhin, sont impactées par des grêlons de 3 à 7 cm de diamètre. Duppigheim, Geispolsheim ou encore Innenheim sont les plus dévastées, avec de gros dégâts sur les véhicules, les toitures et la végétation. Le vignoble est localement touché. En juillet, la canicule s’installe. On bat, pour le troisième mois consécutif, le record mensuel absolu de chaleur, avec 38,4 °C le 19 juillet. C’est du jamais vu. La moyenne des températures maximales dépasse 29 °C, soit des valeurs dignes de Barcelone ou de Naples. Dans le même temps, il ne tombe pas une seule goutte pendant plus de 20 jours consécutifs, et parfois sur la quasi-totalité du mois, hormis de très rares orages le 20 juillet. Le mois d’août est caniculaire. C’est le second mois d’août le plus chaud derrière 2003. On relève jusqu’à 38 °C en début de mois tandis qu’aucune pluie significative ne tombe avant le 15 août. La plupart des cours d’eau connaissent à nouveau des étiages exceptionnels, parfois les pires jamais connus. Le mois d’août 2022 termine avec un excédent faramineux de +5 °C par rapport à la normale. La moyenne des températures maximales, supérieure à 30 °C, est digne de Valence ou Séville. Ainsi, l’Alsace vient de connaître un été, qui, dans le climat non réchauffé du XXe siècle, était digne de l’Andalousie ou de la Sicile. Le mois de septembre, même s’il débute sous une forte chaleur, permet de retrouver des conditions plus normales pour notre région et la saison. De plus, les pluies sont de retour et permettent une lente amélioration sur les déficits hydriques. Le mois d’octobre ressemble quant à lui à une fin d’été. Les orages sont de retour, et parfois spectaculaires. Des tornades se produisent dans le nord du pays mais épargnent l’Alsace. Les températures dépassent encore régulièrement les 25 °C quasiment jusqu’à la Toussaint. Ainsi, il fait encore 27 °C à Meyenheim le 28 octobre et 26 °C le 29, soit les jours de chaleur les plus tardifs observés à ce jour. Noël tout doux Le gel quant à lui, attendra début décembre pour se généraliser. C’est là aussi les dates d’apparition du gel les plus tardives jamais observées à ce jour. Viennent alors une dizaine de jours froids. Grâce à quelques centimètres de neige au sol, les températures baissent parfois jusqu’à -15 °C du côté de Gresswiller, Gougenheim ou Sainte-Croix-aux-Mines. Il faut alors remonter à décembre 2010 pour retrouver des conditions aussi froides à cette période de l’année. Dans l’ensemble, ces températures n’avaient plus été mesurées depuis 2012 ou très localement en février 2018 et 2021. Cette période froide sera d’ailleurs rapidement effacée par le fort redoux de Noël.    

Ovinpiades des jeunes bergers

Un ticket pour Paris pour Emmanuelle et Noah

Publié le 22/12/2022

Mercredi 7 décembre la bergerie de Théo Heim, à Mietesheim, accueillait les épreuves de la finale territoriale Alsace des ovinpiades des jeunes bergers. Emmanuelle Fauth et Noah Kaiser, du lycée agricole d’Obernai remportent la compétition, et un ticket pour Paris, où ils représenteront l’Alsace lors de la finale nationale qui se déroule au Salon international de l’agriculture.

« Dans les prochaines années, plus d’un éleveur de brebis sur deux partira à la retraite. En 2022, seulement, 49 % de la viande ovine consommée sur le territoire est produite en France, le reste est importé. Pour assurer le renouvellement des générations et le maintien de sa production, la filière ovine propose près de 10 000 emplois d’éleveurs dans la prochaine décennie. En ovin lait comme en ovin viande, la filière recherche des jeunes motivés pour travailler dans un secteur où les débouchés sont réels », indique Inn’ovin, qui réunit l’ensemble de la filière ovine, dans son communiqué de présentation des ovinpiades des jeunes bergers. Créer des vocations d’éleveurs ovins, c’est tout l’objectif de cette compétition, qui existe depuis maintenant 18 ans au niveau national. Pas facile pour cette production, qui a longtemps été considérée comme un parent pauvre de l’agriculture, notamment en Alsace. Et pourtant, il est possible de vivre de la production ovine. En atteste le parcours de Théo Heim (lire en encadré), et le soutien que le Crédit Mutuel, partenaire de la manifestation, accorde volontiers aux installations et aux créations d’ateliers de diversification ovins. Pour un renouvellement des générations d’éleveurs de moutons Cette année, en raison du nombre élevé de participants - une cinquantaine d’élèves venus des lycées agricoles d’Obernai et de Rouffach - le nombre d’épreuves a été réduit. Les candidats ont dû évaluer l’état de santé des brebis, noter leur état corporel et effectuer un parage d’onglons dans un temps imparti, sous l’œil attentif des jurés : éleveurs, professeurs ou partenaires de la filière. « Certains aspects, comme la reproduction, le tri, que nous n’avons pas eu le temps d’aborder avant les épreuves, seront repris plus tard », précise Emmanuel Roesch, enseignant au CFA d’Obernai. Après quasiment toute une journée d’épreuves, les élèves sont rassemblés devant la bergerie de Théo Heim pour la proclamation des résultats. Noah Kaiser, d’Oberbronn, et Emmanuelle Fauth, de Mackwiller, tous deux élèves au Legta d’Obernai sont les deux vainqueurs de ces ovinpiades des jeunes bergers. Ils auront la chance de concourir pour le titre de meilleur jeune berger de France 2023, lors de la finale nationale, qui se déroulera le samedi 25 février 2023, au Salon international de l’agriculture à Paris. Ils seront rejoints par les champions des territoires de Champagne-Ardenne et de Lorraine. La région Grand Est sera donc représentée par six finalistes face à 34 autres candidats.  

Section départementale des anciens exploitants du Bas-Rhin (SDAE)

Une année riche en satisfactions

Publié le 22/12/2022

Pour les représentants des anciens agriculteurs, l’année s’achève sur un sentiment de satisfaction. Une avancée majeure a été obtenue avec la reconnaissance d’une inégalité flagrante avec les autres catégories socioprofessionnelles. Dès 2026, la retraite des agriculteurs sera calculée sur les 25 meilleures années de carrière. Plus localement, ils ont été sur tous les fronts pour faire avancer leurs revendications.

« Les réunions transmission ont eu un succès incroyable. Nous avons touché 230 personnes : 130 à Strasbourg et 100 à Obernai », déclare Paul Schiellein, président de la SDAE. « Notre section est à l’origine de cette initiative », rappelle son secrétaire, Philippe Wolff. Lancée il y a cinq ans, elle implique la MSA d’Alsace, la Chambre d’agriculture Alsace, le Centre de fiscalité et de gestion, la FDSEA, les JA et la Safer. À la demande de la SDAE, la MSA d’Alsace avait envoyé une lettre individualisée à tous les exploitants agricoles âgés de plus de 55 ans. « Les réunions se sont très bien passées, il y a eu une parfaite harmonie entre les OPA », a constaté Paul Schiellein. Et c’est tant mieux : « Le but visé était d’émettre un message unique et clair sur le sujet de la transmission. » Faciliter la transmission, donner des perspectives aux jeunes agriculteurs qui s’installent… Ces questions sont vitales pour la pérennité de l’agriculture alsacienne, estiment les anciens exploitants. Il y a urgence : 54 % des actifs agricoles devraient partir à la retraite dans les dix prochaines années. « Nous étions parfaitement dans notre rôle de présider ces réunions, estime Daniel Saenger, vice-président. Cela nous a permis d’entrer en contact avec les futurs retraités afin d’assurer l’avenir de notre mouvement. » Une victoire syndicale, mais des zones blanches Au niveau national, les anciens exploitants agricoles ont obtenu une avancée spectaculaire il y a quelques jours. Après avoir approuvé la revalorisation de 4 % de leur retraite de base et de leur retraite complémentaire il y a quelques semaines, les députés viennent d’adopter une proposition de loi visant à calculer la retraite de base des non-salariés agricoles en fonction des 25 meilleures années de carrière. La profession d’agriculteur est aujourd’hui la dernière à calculer la retraite sur l’intégralité d’une carrière et non sur les 25 meilleures années. C’est donc dans un souci d’équité que les députés ont voté cette loi, à une belle unanimité, ce qui mérite d’être souligné. Toutefois, ils ont reporté son application au 1er janvier 2026 pour permettre à la MSA d’effectuer les mises à jour informatiques nécessaires. Cette proposition de loi doit encore être approuvée par le Sénat, mais les anciens agriculteurs sont confiants dans l’issue de ce vote. Pas de cocorico pour autant, prévient Paul Schiellein, car de nombreuses zones blanches subsistent. Les carrières des conjointes d’exploitation, souvent incomplètes, seront-elles concernées par le dispositif ? Y aura-t-il une rétroactivité pour les pensions déjà liquidées ? Et pourquoi avoir reporté à 2026 l’entrée en vigueur de cette loi ? « Même le ministre s’en est ému. Il a demandé à la MSA d’étudier la possibilité d’avancer l’échéance au 1er janvier 2025. » Pour le président de la SDAE, « l’essentiel à retenir est qu’un combat de 20 ans a enfin abouti. C’est une belle victoire syndicale, et ce n’est que justice ! Quoi qu’il en soit, nous serons vigilants sur les décrets d’application et leur mise en œuvre. » Et ils sont bien décidés à continuer le combat pour faire progresser le montant des retraites agricoles actuelles. Premier objectif : obtenir de nouvelles avancées pour les membres de la famille, principalement les femmes, qui ont souvent une carrière incomplète. « La loi Chassaigne 2 marque un début de reconnaissance du travail des conjointes d’exploitant : leur retraite est passée à 741 €/ mois, contre 555 € précédemment, pour une carrière complète. Mais, constate Philippe Wolff, seules 75 % des conjointes retraitées ont bénéficié de cette revalorisation. » À terme, ces retraites devront atteindre 75 % du Smic, soit 967 €/mois, car cela correspond au niveau de l’Aspa (Allocation de solidarité aux personnes âgées), estime-t-il. Lutter contre la désertification médicale Bien vieillir en milieu rural est l’un des fers de lance des anciens exploitants. « Nous continuerons nos actions sur la prévention santé, sur l’autonomie et l’aménagement de l’habitat », explique Christiane Bernard. Mais comment garantir le bien-être des seniors en perte d’autonomie face à une désertification croissante, tant sur le plan des médecins que des aides à domicile ? « Si une personne qui a besoin d’accompagnement ne trouve pas de réponse, la famille se débrouille comme elle le peut et s’épuise rapidement. Il serait temps de définir clairement un plan d’action services à domicile et aide aux aidants », estiment les anciens agriculteurs. Les moyens prévus par le Conseil national de la refondation sont clairement insuffisants pour couvrir les besoins sur le terrain. L’année 2022 a été mise à profit pour dynamiser les partenariats avec différents organismes, comme la MSA d’Alsace et Mutualia, Groupama Grand Est et le Crédit Agricole Alsace Vosges. « Ils sont à notre écoute et, comme ils savent que nos retraites sont faibles, ils nous accordent des tarifs avantageux sur leurs services », affirme Adeline Baur, vice-présidente de la SDAE. Une touche de convivialité Mais, alors que 2023 pointe le bout de son nez, les anciens exploitants préparent déjà la sortie de l’hiver. « Nous inviterons les délégués cantonaux au printemps, avec une touche de convivialité », annonce Daniel Saenger. Et, au lendemain de l’assemblée générale de la FDSEA du Bas-Rhin, le 13 janvier, à laquelle l’ensemble des anciens exploitants sont invités, « le temps sera venu d’organiser les réunions territoriales pour informer nos adhérents sur nos actions », ajoute Paul Schiellein. Au nom des membres du bureau, il remercie Léa Froehlicher, animatrice FDSEA, pour le soutien logistique qu’elle leur a apporté tout au long de l’année. À quelques jours de Noël, les membres du bureau de la Section des anciens exploitants agricoles souhaitent de joyeuses fêtes à l’ensemble de leurs adhérents et, plus largement, du monde agricole et leur expriment leurs meilleurs vœux de santé et de bonheur pour l’année 2023.

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